Un Magritte du Musée d’Israël en réparation à cause d’une pomme de pin
« Le Château des Pyrénées », donné au musée dans les années 1980, a été endommagé par un jeune garçon qui a percé la toile lors d'une visite en famille
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

C’est une pomme de pin égarée qui a transpercé « Le Château des Pyrénées », le célèbre chef-d’œuvre surréaliste de René Magritte qui trône généralement au beau milieu des collections permanentes du Musée d’Israël.
Il y a plusieurs semaines de cela, un jeune garçon venu au musée avec sa famille a transpercé la toile avec une aiguille de pin ramassée dans le jardin de sculptures du musée.
Selon le personnel du musée, il ne lui a fallu que quelques secondes pour transpercer la toile, avant qu’un gardien ne se rende compte de ce qui se passait.
L’œuvre est actuellement en cours de réparation et restauration dans le laboratoire de conservation du musée.
Sharon Tager, qui dirige le service des laboratoires de conservation du musée, a déclaré à Haaretz que la restauration du tableau prendrait plusieurs semaines.
Selon ses explications, la toile va être réparée, suite à quoi les couches de peinture à l’huile seront soigneusement traitées pour rendre imperceptibles les dégâts infligés à l’œuvre.
Le tableau de Magritte n’était pas sous verre ni protégé par alarme, le musée souhaitant préserver l’expérience visuelle et permettre aux visiteurs de s’approcher le plus possible des œuvres.
Le Château des Pyrénées, 1959
Huile sur toile, 200 x 145 cm
Musée d’Israël, Jérusalem
Don de Harry Torczyner, New York
B85.0081
Dans ce cas, le jeune visiteur s’est approché d’un peu trop près.
« Le Château des Pyrénées », qui représente un grand rocher surmonté d’un château suspendu dans un ciel bleu au-dessus d’une mer agitée, est exposé au Musée d’Israël depuis 1985.
Il s’agissait à l’origine d’une œuvre de commande, destinée à masquer la vue qu’avait de la fenêtre de son bureau new-yorkais un ami cher de l’artiste, l’avocat et amateur d’art Harry Torczyner.
L’artiste belge et son ami et mécène juif Torczyner, s’étaient rencontrés en 1957.
Torczyner, qui avait fui la Belgique pour New York avec son épouse Marcelle Siva Torczyner à cause des nazis, avait commandé le château des Pyrénées et son rocher d’espoir, surmonté d’un château.
« VIVE MAGRITTE !… ‘Le Château des Pyrénées’ flotte majestueusement et fièrement. Il est superbe… et intact ! Les vagues de la mer du Nord m’apportent de l’air frais et de la joie. Pour le moment, le tableau est accroché au mur, le temps qu’un cadre sur mesure, en cours d’installation, vienne obturer la fenêtre », avait alors écrit Torczyner.
Le tableau est resté dans le bureau de Torczyner pendant une vingtaine d’années, n’en sortant qu’en de rares occasions pour être présenté lors d’expositions.
C’est en 1985 que Torczyner a décidé de faire don de cette œuvre au Musée d’Israël à l’occasion de son vingtième anniversaire.
« Aujourd’hui, Le Château des Pyrénées est sur le point de quitter mon bureau pour Jérusalem », avait alors écrit Torczyner. « Il va faire un autre voyage dans le temps et l’espace, car je lui ai fixé une trajectoire aussi nécessaire que les éléments que Magritte avait jugés nécessaires pour sa peinture. À Jérusalem, le Château des Pyrénées rejoindra d’autres rochers, tours et murs magiques. »
Mais aussi des aiguilles de pin.
la Communauté du Times of Israël !







