Quatre pays adoptent de nouvelles sanctions contre les violences des résidents d’implantation
La Grande-Bretagne a annoncé qu’une action conjointe avec la France, le Canada et la Norvège visera les "réseaux finançant et facilitant les attaques des colons" ; Israël a riposté, affirmant que cette mesure ne fera qu’attiser l’antisémitisme
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

La France a interdit l’entrée sur son territoire au ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, à quatre dirigeants d’organisations du mouvement pro-implantations et à 21 extrémistes juifs violents, a annoncé mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, alors que plusieurs pays ont introduit de nouvelles sanctions à l’encontre des partisans du mouvement pro-implantations et à l’encontre des groupes jugés responsables des violences lancées à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie.
Israël a réagi avec colère à ces initiatives, accusant les pays impliqués dans ces nouvelles mesures de favoriser l’antisémitisme par le biais de politiques anti-israéliennes.
Dans une déclaration qui a été postée sur le réseau social X, Barrot a vivement critiqué Smotrich qui a activement promu l’annexion de la Cisjordanie et la « recolonisation » de Gaza. Il a en outre accusé le ministre d’extrême droite, qui occupe également un poste au sein du ministère de la Défense, de pousser à « l’effondrement économique de l’Autorité palestinienne, avec ses conséquences néfastes sur la population palestinienne ».
« Quatre dirigeants d’organisations du mouvement des colonies et vingt-et-un colons violents » sont également interdits de territoire français, a annoncé le haut-diplomate, qui a averti que les politiques menées par Israël en Cisjordanie étaient des politiques « que la grande majorité de la communauté internationale, fermement attachée à la solution à deux États, ne peut accepter ».
Par ailleurs, mardi, la France, aux côtés de la Grande-Bretagne, du Canada et de la Norvège, a annoncé une action coordonnée assortie de sanctions à l’encontre de plusieurs partisans du mouvement pro-implantation et entités, en réponse à « l’expansion record des colonies et à la montée de la violence chez les colons de Cisjordanie ».
Des sanctions qui visent à perturber les flux financiers qui ont « permis à des groupes de colons extrémistes d’agir en toute impunité » en Cisjordanie, a précisé un communiqué du gouvernement britannique, avec des sanctions coordonnées « contre les réseaux qui finançent et qui facilitent les attaques des colons à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie ».
Cette initiative a également été coordonnée avec la Nouvelle-Zélande et avec l’Australie, qui ont annoncé de nouvelles sanctions la semaine dernière, a précisé le Royaume-Uni.
Le communiqué a fait savoir que les entités et les individus qui ont été pris pour cible étaient The Farms Association, Ahavat Gilad, Ari Yshag, Artzenu, Shivat Zion Lerigvey Admata, Eyal Hari Yehuda et Itamar Yehuda Levi.
Dans son communiqué, le gouvernement britannique a réaffirmé que la poursuite de l’expansion des implantations compromettait la viabilité d’une solution à deux États, avec des niveaux records de violence des colons « qui cherchent délibérément à détruire les foyers et les moyens de subsistance des Palestiniens en Cisjordanie ».
Il a également réitéré son appel au gouvernement israélien en le sommant de mettre un terme à l’expansion des implantations, de réprimer les violence des extrémistes juifs, de poursuivre les responsables et de lever les restrictions actuelles qui pèsent sur le fonctionnement de l’économie palestinienne.
« Le Royaume-Uni n’hésitera pas à prendre de nouvelles mesures si la situation ne s’améliore pas », a-t-il averti.
La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a officiellement annoncé ces mesures au Parlement dans la journée de mardi. Elle a souligné que « l’expansion des colonies et la violence des colons sont illégales et elles constituent une menace fondamentale pour la viabilité d’une solution à deux États, ainsi que pour la paix et la sécurité à long terme des Palestiniens et des Israéliens ».
Elle a également exhorté les entreprises et les citoyens britanniques à s’abstenir de mener des activités financières dans les implantations israéliennes de Cisjordanie, que la plupart de la communauté internationale considère comme illégales.
« J’ai renforcé nos directives en matière de risques commerciaux afin qu’elles soient claires et sans ambiguïté : si vous êtes un citoyen ou une entreprise britannique, vous ne devez mener aucune activité économique ou financière dans les colonies israéliennes illégales », a expliqué Cooper au Parlement.
« Nous estimons que les groupes de colons violents ne doivent pas pouvoir tirer profit des terres qu’ils ont saisies aux Palestiniens », a ajouté Cooper, qui a précisé que si le gouvernement israélien avait condamné certaines violences, « ces paroles sont bien creuses quand la responsabilité n’est guère engagée ».
Les détracteurs accusent le gouvernement israélien et les forces de l’ordre de fermer les yeux sur les attaques violentes qui sont perpétrées par les partisans du mouvement pro-implantation – des attaques qui sont devenues de plus en plus meurtrières ces dernières années et qui se produisent presque quotidiennement.
Les arrestations des auteurs de ces violences sont rares et les poursuites judiciaires le sont encore davantage.
L’armée a recensé 867 incidents de crimes nationalistes et de violences commises par des partisans du mouvement pro-implantation en 2025. Il y en avait eu 682 en 2024.
En Israël, le ministère des Affaires étrangères a riposté contre les nouvelles sanctions. Il a annoncé qu’il « rejetait avec fermeté » les mesures punitives, affirmant que ces dernières alimentaient l’antisémitisme.
« Israël rejette avec fermeté les mesures honteuses qui ont été adoptées par des gouvernements étrangers à l’encontre de citoyens, d’entités et d’un ministre du gouvernement israéliens », a commenté le ministère des Affaires étrangères, qui a accusé les pays concernés de tenter « d’imposer un positionnement politique s’agissant du droit des Juifs à s’installer en Terre d’Israël et s’agissant du conflit israélo-palestinien – sous couvert de mesures prises contre la violence ».
Il a en outre condamné « l’échec retentissant », a-t-il dit, de ces gouvernements « à lutter contre l’antisémitisme qui sévit dans leurs propres pays », notant que « les politiques anti-israéliennes du type de celles qui ont été adoptées aujourd’hui ne font qu’attiser cet antisémitisme ».
« Étonnamment, ces gouvernements n’ont pas non plus imposé de sanctions ni pris de mesures contre les phénomènes qui alimentent véritablement la violence – les salaires versés par l’Autorité palestinienne aux terroristes », a poursuivi le ministère, faisant référence à une politique controversée de l’Autorité palestinienne qualifiée de « pay-for-slay » (payer pour tuer) par ses détracteurs – une pratique que Ramallah a prétendu avoir abandonnée, même si Israël affirme qu’elle continue à être appliquée.
la Communauté du Times of Israël !







