Procession pour le retour à Bnei Brak de 160 réfractaires au service militaire libérés
Des équipes télévision disent avoir été attaquées ; le parti « Couleur Noire » fait de l'exemption des ultra-orthodoxes son objectif central
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Dimanche soir, des centaines de Haredim ont défilé dans les rues de Bnei Brak en l’honneur des 160 ultra-orthodoxes réfractaires au service militaire libérés de prison militaire.
L’événement était organisé par un tout nouveau parti politique, Couleur Noire, dont le programme tourne autour de la garantie d’exemptions du service militaire.
La communauté ultra-orthodoxe, désignée sous le terme Haredim, refuse dans son ensemble le service militaire et tente de faire inscrire dans le marbre de la loi les exemptions jusque-là accordées à ses membres, du fait de l’opposition des Israéliens qui effectuent eux leur service national obligatoire.
Bien que l’événement ne soit pas présenté comme strictement politique, les organisateurs ont déclaré au début du rassemblement qu’il s’agissait du lancement du parti Couleur Noire, a fait savoir la chaîne N12.
Les réfractaires récemment remis en liberté auraient été détenus dans une prison militaire pendant les fêtes de Rosh HaShana et Yom Kippour. La plupart ont été arrêtés au moment où ils tentaient de quitter le pays pour le pèlerinage traditionnel de Rosh HaShana à Ouman, en Ukraine, ou à leur retour ; selon certaines sources, c’est la preuve qu’il n’y a pas ou peu d’arrestations ailleurs.
Des équipes de journalistes couvrant l’événement ont déclaré avoir été attaquées par des participants et contraintes de quitter la zone. Aucun blessé n’est à signaler.
תהלוכת קבלת פנים לעריקים חרדים שהשתחררו מהכלא הצבאי כעת ברחובות בני ברק pic.twitter.com/13yPXuHNCs
— דניאל גרובייס Daniel Grovais (@daniel_grovais) September 27, 2026
Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, au coude-à-coude dans les sondages avec le Likud, au pouvoir, en vue des élections d’octobre prochain, a accusé le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’encourager le refus de servir.
L’événement de Bnei Brak, a-t-il écrit sur X, est une « procession de la honte pour Netanyahu ».
« Un gouvernement qui encourage le refus de faire son service militaire, néglige la sécurité et, depuis des mois, ne prend même pas la peine d’arrêter les réfractaires, ne peut pas continuer à diriger Israël », a-t-il déclaré.
L’ex-Premier ministre Naftali Bennett, chef du parti Beyahad, a écrit : « C’est exactement pour cela qu’il y a des élections. »
La semaine dernière, des médias israéliens ont indiqué que l’armée et la police israéliennes avaient cessé d’arrêter les ultra-orthodoxes réfractaires au service militaire, du fait, selon certaines sources, des importantes manifestations organisées par les manifestants anti-conscription.
Actuellement, près de 80 000 hommes haredim âgés de 18 à 24 ans sont éligibles au service militaire et ne se sont pas enrôlés. Les services de la procureure générale ont appelé le gouvernement à durcir la mise en oeuvre des ordres de conscription, quitte à procéder à l’arrestation de réfractaires.
En avril dernier, la Cour suprême avait sommé le gouvernement d’expliquer la raison pour laquelle il n’avait pas émis suffisamment d’ordres de conscription destinés aux étudiants de yeshiva haredim pour répondre aux besoins de l’armée, et pour quelle raison il n’avait pas fait appliquer les ordres déjà émis.
En mai, la police israélienne a fait savoir que de nouvelles directives avaient été données aux officiers pour interpeller les réfractaires et attendre que la police militaire vienne les chercher.
En juillet dernier, la coalition a tenté de mettre un terme aux arrestations de haredim pendant sept mois, mais la Cour suprême a privé cette loi d’effet avant qu’elle ne soit promulguée, le temps de statuer sur les recours introduits contre elle.
Les tentatives du gouvernement pour légiférer sur l’exemption généralisée du service militaire en faveur des ultra-orthodoxes ont suscité une vive opposition de la part des réservistes, des conseillers juridiques de la Knesset et d’une grande partie de l’opinion publique.
Les dirigeants ultra-orthodoxes s’opposent catégoriquement à la conscription obligatoire, au motif que le service militaire menace leur mode de vie religieux.
La question demeure très controversée en ces temps de guerre marqués par un manque d’effectifs et la colère des Israéliens qui effectuent leur service militaire et de réserve : elle est même l’un des enjeux majeurs des élections législatives du 27 octobre prochain.
la Communauté du Times of Israël !







