Eisenkot riposte après les moqueries du Likud de Netanyahu sur son niveau d’anglais
"Où était l’excellent anglais de Netanyahu le 7-Octobre ?", lance l’ex-chef de Tsahal, dénonçant une attaque "raciste" menée par Urich, le conseiller "méprisable" du Premier ministre
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Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a riposté mercredi à une campagne menée par le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui l’a accusé à plusieurs reprises de vouloir s’appuyer sur les partis arabes pour former une coalition s’il remportait les prochaines élections, tout en se moquant également de son niveau d’anglais.
Lors d’une interview, Eisenkot a vivement dénoncé cette attaque « raciste » à son encontre, s’interrogeant sur ce que l’excellente maîtrise de l’anglais du Premier ministre avait apporté à Israël le 7 octobre 2023.
La campagne en ligne visant Eisenkot semblait être orchestrée, au moins en partie, par Jonatan Urich, proche conseiller de Netanyahu, principal suspect dans plusieurs enquêtes policières en cours et qui devrait être inculpé pour des infractions à la sécurité.
La plupart des publications d’Urich et du Likud étaient de courtes vidéos, dont certaines comportaient du contenu généré par l’intelligence artificielle (IA), montrant Eisenkot aux côtés des dirigeants de Hadash-Taal et de Raam, avec le slogan : « Il n’y a pas de Gadi sans les Arabes. »
La publication qui a toutefois le plus retenu l’attention était une vidéo de 51 secondes comparant le niveau d’anglais d’Eisenkot à celui de Netanyahu. Publiée par Urich le 8 juin avec la légende « Vous voulez savoir d’où vient son anglais ? » – une référence à une célèbre publicité télévisée pour des cours d’anglais –, elle n’a pas été relayée par les comptes officiels du Likud sur les réseaux sociaux.
La vidéo présente des extraits de différents discours prononcés par Netanyahu sur la scène internationale, notamment aux Nations unies et au Congrès américain, entrecoupés d’images issues d’un unique discours non daté d’Eisenkot aux États-Unis, dans lequel il s’exprime en anglais de manière hésitante, avec un fort accent israélien.
Netanyahu a effectué une partie de sa scolarité secondaire aux États-Unis, où il est ensuite retourné poursuivre ses études universitaires après son service dans Tsahal ; il parle donc un anglais courant, avec un léger accent américain.
La maîtrise de l’anglais par Netanyahu a souvent été présentée par le Premier ministre, ses alliés et ses partisans comme un atout majeur en matière de diplomatie internationale.
רוצים לדעת מניין האנגלית שלו? pic.twitter.com/2cVY0JzJpu
— יונתן אוריך (@jonatanu) June 8, 2026
Eisenkot a évoqué cette campagne et l’implication d’Urich lors d’un entretien mercredi dans le podcast 120 and One de Ynet, la qualifiant d’attaque « raciste » orchestrée par un « individu méprisable », en référence au conseiller de Netanyahu.
« Où était donc l’excellent anglais de Netanyahu le 7 octobre ? », a demandé l’ancien chef de Tsahal. « Nous a-t-il été d’une quelconque utilité ? Absolument pas. »
« Et que vaut aujourd’hui cet excellent anglais lorsqu’il s’agit de renforcer les relations entre Israël et les États-Unis, qui sont au plus bas ? », a-t-il poursuivi.
« Je ne me suis jamais vanté d’avoir un anglais parfait », a poursuivi Eisenkot, « mais je sais parler, lire et écrire. Je me débrouille, et j’ai pris part à de nombreuses réunions sans que cela ne pose problème. »
« J’ai assisté à des dizaines de réunions en anglais avec Netanyahu ; je ne me souviens pas qu’il ne m’ait jamais fait la moindre remarque sur mon anglais », a-t-il noté.
Interrogé par l’animateur du podcast, Eisenkot, fils d’immigrants juifs marocains mizrahim, a reconnu que cette campagne était une entreprise « raciste » menée par des personnes « faibles », intimidées par sa popularité croissante dans les sondages.
« Sur la Quatorzième chaîne, je suis au centre de tous les programmes, à l’exception de la météo », a-t-il plaisanté, en référence à la chaîne de télévision de droite pro-Netanyahu. « Je suppose que cela arrivera dans les prochains jours et qu’ils me tiendront aussi responsable des vagues de chaleur de juin-juillet. »
Ces dernières semaines, Eisenkot a progressé dans les sondages électoraux réalisés par plusieurs médias et instituts, dont beaucoup placent son parti Yashar au coude-à-coude avec BeYahad, la liste commune de l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et du chef de l’opposition Yaïr Lapid.
Un sondage de N12 réalisé la semaine dernière a révélé qu’Eisenkot était légèrement préféré à Netanyahu pour le poste de Premier ministre, 38 % des personnes interrogées le jugeant comme le candidat le plus apte à exercer cette fonction, contre 35 % pour Netanyahu.
Ni Urich ni le Likud n’ont répondu aux critiques concernant leurs moqueries sur l’anglais d’Eisenkot. Urich a toutefois écrit mercredi soir sur X que « le problème n’est pas l’anglais qu’Eisenkot ne maîtrise pas, mais l’arabe dont il a besoin pour former un gouvernement ».
L’affirmation selon laquelle différents responsables de l’opposition s’allieraient au parti antisioniste Hadash-Taal ou au parti islamiste Raam pour former un gouvernement est devenue un argument central du bloc pro-Netanyahu, bien que le Premier ministre ait lui-même auparavant cherché à faire entrer Raam dans son gouvernement. Raam a ensuite participé au gouvernement de rotation dirigé par Bennett et Lapid en 2021-2022.
Aussi, Netanyahu a nommé Roman Gofman chef du Mossad alors qu’il ne parle pas anglais, d’après la chaîne N12.
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