Vivement les élections !
Les exemples ne manquent pas pour illustrer à quel point les membres de cette coalition doivent partir

Cet édito a été envoyé plus tôt aux membres de la communauté du Times of Israël. Si vous souhaitez recevoir ces éditos dès leur publication, rejoignez notre communauté en cliquant ici.
« Prenez vos responsabilités et disparaissez de nos vies », avait lancé le 11 mai dernier l’ex-otage Rom Braslavski lors d’une conférence de presse organisée à la Knesset par le Conseil d’octobre, un groupe réunissant des familles endeuillées, des anciens otages, ainsi que des habitants de l’enveloppe de Gaza et du nord du pays en proie aux attaques du Hezbollah pro-Iran. « Vous avez sur les mains le sang de toutes les personnes assassinées le 7-Octobre. Et avant de partir, nommez une commission d’enquête nationale qui découvrira ce qui s’est réellement passé ici, afin que cela ne se reproduise jamais. »
Le lendemain, Naftali Bennett avait appelé les partisans désabusés de Benjamin Netanyahu à renverser le parti au pouvoir, à l’instar de ce que le Likud avait fait lui-même lorsqu’il était arrivé au pouvoir en 1977, dans un contexte de colère publique contre le parti Alignement, après l’attaque surprise égypto-syrienne qui avait déclenché la Guerre de Kippour, en 1973. « Tout comme il y a eu un bouleversement historique après l’échec de 1973, nous provoquerons un bouleversement historique après l’échec de 2023. Une révolution de l’espoir », avait promis Bennett qui s’est allié au chef de l’opposition Yair Lapid.
Il est grandement temps que ce gouvernement parte mais il ne faut pas sous estimer le Premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël, qui du haut de ses 76 ans a toujours plus d’un tour dans son sac – et surtout si les règles du jeu imposent que le vainqueur est celui qui parvient à former une coalition. On se souvient de la défaite amère de Tzipi Livni, alors cheffe du parti centriste Kadima, en octobre 2008, qui avait remporté plus de sièges mais qui avait été incapable de former un gouvernement après le départ d’Ehud Olmert. Chaque membre de la Knesset, hormis peut-être les membres des partis arabes anti-sionistes, a vu d’ailleurs sa carrière liée de près ou d’un peu moins près à Netanyahu. Bennett en est un exemple parmi tant d’autres.
Et il l’avait pourtant dit lui-même après que son gouvernement éphémère eut pris fin : tant que Netanyahu est dans le jeu politique, il est très difficile de le détrôner. Et détrôner est bien le mot idoine – ses partisans le confondant volontiers avec un roi d’Israël – un roi qui serait ainsi au-dessus de tout, à commencer par la loi, un roi qui ne pourrait donc pas faire face à ses multiples procès au pénal et pour lesquels il réclame une grâce tout en refusant d’admettre les nombreux méfaits qui lui sont reprochés. Un roi qui ne se soucie pas d’informer son peuple sur ses problèmes de santé. Un roi qui ne pense qu’à régner.
Pourtant ce ne sont pas les raisons qui manquent pour qu’il laisse – enfin – la place.
Depuis la refonte judiciaire enclenchée en janvier 2023, suivie du pogrom du 7-Octobre, chaque membre de cette coalition n’a pas arrêté ne serait-ce qu’une seule seconde de se focaliser sur son siège à la Knesset plutôt que de se focaliser sur les citoyens qu’il est censé représenter. Et les exemples ne manquent pas non plus pour dire à quel point ils n’arrivent pas à la hauteur de ces héros du 7-Octobre qui ont tout quitté en l’espace d’un seul instant pour défendre le pays, faisant face à un danger inédit pour se précipiter au secours des Israéliens du sud, victimes de leur impardonnable négligence. Et comble du comble (du comble) : ils refusent maintenant catégoriquement la création d’une commission pour enquêter justement sur leurs impardonnables négligences.
La refonte du système judiciaire voulue par Yariv Levin avait profondément divisé la nation, faisant descendre chaque semaine des milliers de citoyens dans tout le pays alors que le ministre de la Sécurité intérieure, un voyou ni plus ni moins, qui avait fièrement arraché l’emblème de la voiture d’Yitzhak Rabin, se plaignait que la police ne soit pas assez dure avec les manifestants. Yariv Levin continue encore de saper le système judiciaire du pays et d’affaiblir les institutions démocratiques, refusant de nommer des juges alors que de très nombreux postes sont vacants surtout dans le sud où la criminalité fait rage selon la Cour suprême qui tente de le contraindre à s’exécuter – en vain.
Quant à l’inénarrable Ben Gvir, il est « devenu la figure que les gens associent aux Juifs, et c’est un véritable problème », comme l’a si bien constaté le cinéaste Abraham « Abie » Troen, dont la sœur, Deborah Shahar, et le beau-frère, Shlomi Matias, ont été assassinés au kibboutz Holit lors du pogrom. Le ministre TikTok, qui arbore si fièrement un pin’s en forme de nœud coulant sur sa veste de costume que sa femme a eu la bonne idée d’en mettre un sur son gâteau d’anniversaire, multiplie les controverses du matin au soir. Et la dernière en date avec sa vidéo adressée à ses fidèles (élections oblige) et filmée depuis le bateau où les activistes pro-Hamas étaient détenus, illustre bien le sombre personnage.
Vous avez aussi une autre situation pour le poins grotesque, insensée et profondément injuste : des projets de loi défendus par la coalition pour que les étudiants de yeshiva ne servent pas au sein de l’armée alors que le pays est plongé dans un état de guerre permanent depuis le 7 octobre 2023 et que l’armée répète matin, midi et soir qu’il lui manque des soldats pour défendre le pays…
Sinon vous avez une ministre qui pense que les chiffres fournis par son propre ministère sont des fake-news, un autre qui est interrogé à plusieurs reprises dans une affaire de corruption, et un autre qui veut avoir la mainmise sur toute la presse. Vous en avez aussi une autre qui est accusée d’avoir créé des emplois fictifs pour des proches et de les avoir rémunérés sans qu’ils n’aient effectué le moindre travail. Pas de jaloux chez les députés, quand vous en avez une qui est poursuivie pour avoir révélé l’identité d’un officier de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet sans parler des théories du complot qu’elle répand à chaque instant – et je peux malheureusement continuer encore longtemps.
Mercredi, Simcha Rothman, député du parti HaTzionout HaDatit, a jusqu’à osé déclarer devant une commission de la Knesset que la coalition avait accompli un mandat « formidable ». Je rêve !
« Le gouvernement n’était pas censé survivre une minute après le 7-Octobre, mais il a utilisé toutes les ruses possibles pour s’en sortir, » a déploré samedi Merav Svirsky, la sœur d’Itay Svirsky, otage assassiné à Gaza.
Pas une seule minute.
ÉDITION LIMITÉE : Rejoignez la communauté du Times of Israël pour seulement 6 euros par mois et recevez un sac fourre-tout exclusif Times of Israël orné d’un oiseau emblématique d’Israël.
Choisissez entre le Doukhifat (huppe, orange), oiseau national d’Israël, et le Shaldag (martin-pêcheur, bleu), symbole emblématique de la faune israélienne.
En vous abonnant aujourd’hui, vous profiterez d’une lecture sans publicité, ainsi que d’un accès à des contenus en avant-première, incluant éditos, reportages et interviews.







