Des résidents d’implantations auraient entravé l’action des pompiers près de Taybeh
Suite à un incendie d'origine présumée criminelle près du village chrétien, des extrémistes juifs auraient tiré des coups de feu et bloqué un camion-citerne, selon un prêtre et la Défense civile de l'AP
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Des pompiers palestiniens ont accusé des résidents d’implantations de les avoir empêchés d’éteindre un important incendie près d’un village chrétien en Cisjordanie, tard dans la nuit de mardi à mercredi.
Cet incident s’est produit dans un contexte de tensions croissantes en Cisjordanie, alors que certains pays occidentaux ont annoncé cette semaine des sanctions à l’encontre de groupes de résidents d’implantations en raison d’attaques violentes contre des Palestiniens.
Le père Bashar Fawadleh, curé de Taybeh, a déclaré que des résidents d’implantations avaient tiré des coups de feu et encerclé des personnes qui tentaient d’amener un camion-citerne sur les lieux pour éteindre l’incendie.
Le porte-parole de la Défense civile de l’Autorité palestinienne (AP), Nael al-Azza, a affirmé que l’armée israélienne avait également empêché temporairement les pompiers d’accéder au lieu de l’incendie, le temps de mettre en place les mesures de sécurité nécessaires.
Selon le père Fawadleh et Azza, les pompiers ont finalement pu atteindre le lieu de l’incendie et le maîtriser, malgré les tentatives des résidents d’implantations pour les en empêcher.
Tsahal n’a pas encore répondu à une demande de commentaires de Reuters et n’a publié aucune déclaration publique à ce sujet.
Cette atteinte présumée serait la dernière en date à avoir visé Taybeh ces derniers mois, où, des résidents d’implantations avaient mis le feu à des voitures dans la région et tagué un bâtiment et un véhicule.
Ce village avait attiré l’attention l’an dernier lorsque l’ambassadeur américain Mike Huckabee s’y était rendu à la suite de précédents incidents de violence commis par des résidents d’implantations. À l’époque, Huckabee, pasteur baptiste ordonné, avait dénoncé cet incendie criminel comme « un acte terroriste » et exigé des « sanctions sévères » à l’encontre des auteurs.
Reuters s’est rendu dans le village mercredi, où de la fumée s’élevait encore d’une vaste zone de colline brûlée. Le père Fawadleh a déclaré qu’il pensait que l’incendie était d’origine criminelle, sans préciser qui, selon lui, en était responsable. Les médias palestiniens ont imputé l’incendie aux résidents d’implantations.
« Ce que nous vivons n’est pas une série d’incidents isolés, mais un schéma continu d’intimidation et de violence injustifiée qui porte atteinte à notre droit fondamental à la sûreté, à la sécurité et à la dignité », a-t-il déclaré dans un communiqué.
???? فيديو | مشهد يوثق اندلاع حريق عقب إشعال مجموعات المستوطنين النيران على أطراف قرية الطيبة، شرق رام الله pic.twitter.com/5F0eB6Dy8b
— وكالة شهاب للأنباء (@ShehabAgency) June 9, 2026
Taybeh est l’un des rares villages chrétiens encore présents en Cisjordanie. L’an dernier, il a reçu la visite du patriarche grec orthodoxe et du cardinal catholique romain de Jérusalem.
Un rapport d’enquête des Nations unies publié mardi a accusé les autorités israéliennes d’être directement impliquées dans des attaques menées par des résidents d’implantations qui ont fait des morts, des blessés et des déplacés parmi la population palestinienne en Cisjordanie.
Tsahal et la mission d’Israël à Genève ont catégoriquement rejeté ces allégations.
L’armée israélienne a déclaré mardi que sa mission consistait à « garantir la sécurité de tous les habitants de la Judée-Samarie, Palestiniens comme Israéliens ».
Elle a ajouté que, dans les cas où l’on soupçonne des soldats de ne pas avoir respecté les ordres de Tsahal, ces incidents font l’objet d’un « examen approfondi, et le cas échéant, des mesures disciplinaires sont prises par les commandants ou une enquête pénale est ouverte pour clarifier les circonstances ».
Depuis les Accords d’Oslo de 1993, la gouvernance en Cisjordanie est divisée en différentes zones délimitant le contrôle israélien et celui de l’AP. Certaines parties de Taybeh se trouvent dans la Zone B, où l’AP assure l’administration civile, mais où le contrôle de la sécurité doit être coordonné avec les autorités israéliennes.
Mardi, la France, le Royaume-Uni, le Canada et la Norvège ont annoncé une action coordonnée assortie de sanctions à l’encontre de plusieurs résidents d’implantations et d’entités, en réponse à « l’expansion record des colonies et à la montée de la violence des colons en Cisjordanie ». Cette initiative a également été coordonnée avec la Nouvelle-Zélande et l’Australie, qui ont annoncé de nouvelles sanctions la semaine dernière, a indiqué le Royaume-Uni.
Tsahal a enregistré plus de 867 faits de criminalité nationaliste et de violence commis par des résidents d’implantations en 2025. Le total pour 2024 s’élevait à 682 cas.
la Communauté du Times of Israël !







