Amnesty accuse Israël de « nettoyage ethnique » en Cisjordanie ; Tsahal rejette ces accusations
L'ONG affirme que les violences systématiques à l’encontre des communautés bédouines ne sont pas le fait de "brebis galeuses", mais "un élément central d’une campagne sanctionnée par l’État"
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Amnesty International a accusé mercredi Israël de mener, depuis trois ans et demi, une campagne de « nettoyage ethnique » soutenue par l’État en Cisjordanie à l’encontre des communautés bédouine et palestinienne vivant de l’élevage, dans le but d’accélérer l’annexion du territoire.
Le rapport d’Amnesty, qui critique fréquemment et de façon virulente Israël, détaille les violences graves commises par des résidents d’implantations extrémistes à l’encontre de ces communautés, ainsi que l’incapacité des autorités israéliennes à poursuivre les extrémistes qui les harcèlent, vandalisent leurs biens et, à de nombreuses reprises, ont gravement blessé ou tué des Palestiniens dans leurs propres villes et villages.
Il détaille également l’augmentation massive de la création de nouvelles implantations par le gouvernement israélien, parallèlement aux avant-postes illégaux établis par les résidents d’implantations, dans le cadre, selon Amnesty, d’un effort visant à chasser les Palestiniens de leurs terres, en particulier dans la Zone C, où Israël exerce – en vertu des Accords d’Oslo – un contrôle total en matière de sécurité et d’administration civile, et qui représente environ 60 % de la Cisjordanie.
L’ONG s’appuie sur des chiffres des Nations unies selon lesquels quelque 117 communautés, principalement bédouines et pastorales, « ont été confrontées à un déplacement total ou partiel entre janvier 2023 et avril 2026 », soit au moins 5 910 personnes déplacées de force, selon Amnesty.
« Au cours des trois dernières années et demie, les autorités israéliennes ont accéléré une campagne de nettoyage ethnique soutenue par l’État en Cisjordanie, déracinant, dépossédant et déplaçant de force des communautés palestiniennes », affirme Amnesty.
Intitulé « Effacer tout ce qui est palestinien : le nettoyage ethnique par Israël des communautés bédouines et pastorales de Cisjordanie », le rapport accuse le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu de se plier au programme nationaliste du mouvement pro-implantations.
« Il a accéléré l’expansion des colonies et l’accaparement des terres, renforcé le soutien financier et logistique aux colonies et armé les colons, permettant ainsi une campagne de violence brutale de la part des colons, avec la complicité de l’État », indique le rapport.
« Ce à quoi nous assistons est une annexion délibérée, menée par l’État, en totale violation du droit international, qui se déroule sous les yeux du monde entier », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.
« Notre rapport révèle que ces abus ne sont pas le fait de quelques ‘brebis galeuses’. La violence des colons est un élément central d’une campagne de nettoyage ethnique sanctionnée par l’État, essentielle au maintien du système d’apartheid israélien. »
Un nombre croissant de groupes de défense des droits de l’Homme qualifient le régime militaire israélien en Cisjordanie d’apartheid, une accusation vigoureusement rejetée par Jérusalem.
Amnesty indique avoir interrogé 45 Palestiniens issus de douze communautés, qui ont été déplacés ou risquent de l’être, ainsi que 19 avocats, des militants ayant été témoins d’incidents de violence commis par des résidents d’implantations, des journalistes et des représentants d’ONG israéliennes et palestiniennes.
En réponse à ce rapport, l’armée israélienne a déclaré que sa mission consistait à « garantir la sécurité de tous les habitants de la Judée-Samarie, Palestiniens comme Israéliens », et a insisté sur le fait que, dans les cas où l’on soupçonne des soldats de ne pas avoir respecté les ordres de Tsahal, ces incidents font l’objet d’un « examen approfondi, et le cas échéant, des mesures disciplinaires sont prises par les commandants ou une enquête pénale est ouverte pour clarifier les circonstances ».
L’armée a ajouté que, lorsque les troupes sont confrontées à des cas de violation de la loi par des civils israéliens, y compris à des incidents violents ou dirigés contre des Palestiniens ou leurs biens, « les troupes sont tenues d’intervenir pour y mettre fin et, si nécessaire, de placer les suspects en détention ou de les appréhender jusqu’à l’arrivée de la police sur les lieux ».
Cependant, les critiques font état d’inquiétudes croissantes quant au fait que les unités de l’armée israélienne chargées de protéger les civils et de déjouer les attaques contre les Palestiniens sont composées de certains de ceux qui seraient à l’origine de ces violences.
Sous l’autorité de Bezalel Smotrich, ministre des Finances et ministre délégué à la Défense, le gouvernement a autorisé la construction d’implantations et la légalisation d’avant-postes sauvages à un rythme sans précédent. De la fin de 2022 à avril 2026, le gouvernement a approuvé ou légalisé 103 implantations, soit une augmentation considérable par rapport aux années précédentes.
Des critiques accusent le gouvernement et les forces de l’ordre de fermer les yeux sur les attaques violentes perpétrées par des résidents d’implantations extrémistes, devenues de plus en plus meurtrières ces dernières années et qui se produisent presque quotidiennement. Les arrestations sont rares et les poursuites judiciaires encore plus rares.
Tsahal a enregistré plus de 867 faits de criminalité nationaliste et de violence commis par des résidents d’implantations en 2025. Le total pour 2024 s’élevait à 682 cas.
Le bureau du Premier ministre et le ministère de la Défense n’ont pas encore répondu aux demandes de commentaires.
la Communauté du Times of Israël !







