« Les Juifs peuvent rester, les Arabes doivent partir », dit un résident d’implantation armé
Accompagné de soldats de Tsahal, l'homme a tenté d’empêcher des Palestiniens de cultiver leurs terres ; une ONG affirme que l’objectif est leur expulsion
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Un habitant des implantations armé, qui affirmait agir avec une autorité militaire, a chassé la semaine dernière un groupe de militants israéliens des droits humains et d’agriculteurs palestiniens d’un terrain privé situé en zone B de Cisjordanie, affirmant que seuls les Juifs pouvaient y rester et que les Arabes devaient partir.
« Les Juifs sont autorisés à être ici. Les Arabes doivent partir d’ici, c’est une zone militaire fermée », a déclaré le résident d’implantations, qui était masqué et armé d’un fusil d’assaut, aux militants de l’organisation Bnei Avraham et aux agriculteurs de la ville de Tarqumiyah, au nord-ouest d’Hébron.
L’homme était accompagné de trois soldats de Tsahal, tous armés de fusils d’assaut, dont deux semblaient appartenir à une unité de défense régionale composée de résidents d’implantations mobilisés par Tsahal – dont certains membres ont été impliqués dans de graves violences contre des Palestiniens.
Tsahal émet régulièrement des ordres de zone militaire fermée visant des Palestiniens et des Israéliens en Cisjordanie pour diverses raisons. La Haute Cour de justice a toutefois statué en janvier que de tels ordres ne pouvaient viser des militants des droits humains que s’il existait des preuves concrètes qu’ils risquaient eux-mêmes de troubler l’ordre public, et non les résidents d’implantations extrémistes.
Ces ordres ne peuvent pas non plus être émis sur la base de critères ethniques. Le résident d’implantation armé n’a présenté aucun ordre de zone militaire fermée lorsqu’il a sommé le groupe de quitter les lieux, affirmant simplement que celui-ci était « en route ».
Tsahal n’a pas répondu aux demandes répétées du Times of Israel concernant l’identité du résident d’implantation armé ni expliqué pourquoi il était en possession d’un fusil d’assaut fourni par l’armée et pourquoi il affirmait disposer d’une autorité militaire.
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Lors d’un affrontement, et malgré le droit dont jouissent les activistes israéliens aidant des agriculteurs palestiniens à travailler leurs terres, un habitant des implantations armé accompagné de soldats de Tsahal déclare à des Palestiniens et aux activistes des droits humains que seuls les Juifs peuvent rester sur des terres palestiniennes privées situées dans la zone B de la Cisjordanie, à la périphérie de la ville palestinienne de Tarqumiyah, le 5 juin 2026 (Crédit : Autorisation)
Dvir Warshavsky, l’un des responsables de l’organisation Bnei Avraham, a déclaré que l’incident s’était produit vendredi 5 juin, à l’est de Tarqumiyah, sur des terres privées appartenant à des habitants de la ville et situées en zone B de Cisjordanie, où l’Autorité palestinienne (AP) exerce une autorité civile, mais pas sécuritaire.
Warshavsky et d’autres militants de Bnei Avraham s’étaient rendus sur place pour accompagner les agriculteurs de Tarqumiyah et les aider face aux actes de harcèlement répétés et aux tentatives visant à les empêcher de cultiver leurs terres, attribués à des résidents d’implantations extrémistes et à des membres des unités de défense régionales de Tsahal.
Le groupe est parvenu à aider les agriculteurs dans leurs travaux pendant un certain temps avant que des résidents d’implantations et des soldats de Tsahal ne leur ordonnent de quitter les lieux.
Un soldat de Tsahal portant un écusson représentant un crâne et le drapeau israélien, probablement membre d’une unité de défense régionale, est arrivé sur place environ une heure après le début des travaux agricoles, suivi par le résident d’implantation armé et deux autres soldats, qui ont ordonné aux Palestiniens de partir.
« L’armée, c’est moi, alors tais-toi », a lancé l’habitant des implantations armé à un activiste.
« Les Juifs ont le droit d’être ici. Les Arabes doivent partir ; c’est une zone militaire fermée », a-t-il poursuivi. Il n’a toutefois présenté aucun ordre en ce sens, affirmant que celui-ci était en cours de préparation par le commandant local de Tsahal.
« Ça va mal finir. Vous, les Juifs, vous pouvez rester ici, récolter le blé, ramasser l’avoine, faire ce que vous voulez. Les Arabes ne resteront pas ici », a-t-il déclaré à un autre activiste.
Selon Warshavsky, un autre groupe de résidents d’implantations extrémistes est alors arrivé dans les environs, est entré à Tarqumiyah et a harcelé les habitants jusqu’à l’arrivée de la police des frontières.
La police des frontières a ensuite forcé les militants de Bnei Avraham et les agriculteurs palestiniens à se regrouper dans une zone clôturée, où ils sont restés plusieurs minutes, avant d’ordonner également aux extrémistes juifs de quitter les lieux. Elle a ensuite présenté un ordre valide de zone militaire fermée et demandé aux activistes de partir.
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La police des frontières a maintenu, après l’arrivée de résidents d’implantations extrémistes dans le secteur, des activistes israéliens des droits humains et des agriculteurs palestiniens dans une zone clôturée de Tarqumiyah, en Cisjordanie, le 5 juin 2026. (Crédit : Autorisation)
« Ce que nous avons vu vendredi était la reconnaissance explicite du véritable objectif du projet des avant-postes agricoles illégaux, à savoir l’expulsion des Palestiniens de leurs terres », a déclaré Warshavsky.
« Nous sommes ici pour aider les Palestiniens à récupérer les terres qui leur ont été volées et pour empêcher que certains puissent s’emparer des terres d’autrui en toute impunité. »
Les unités de défense régionales sont composées de résidents d’implantations de Cisjordanie mobilisés par Tsahal après les attaques du 7 octobre pour protéger les implantations. Nombre de leurs membres ont néanmoins été filmés en train de commettre de graves actes de violence et de harcèlement contre des communautés palestiniennes locales.
L’habitant des implantations armé était peut-être un coordinateur civil de sécurité, un responsable habilité par un ordre militaire à assurer la sécurité d’une implantation donnée et disposant de différents pouvoirs, notamment celui de retenir ou d’arrêter des personnes et de procéder à des fouilles.
Tsahal n’a pas confirmé l’identité des personnes relevant de son autorité et impliquées dans l’incident.
Warshavsky a déclaré que les habitants de l’est de Tarqumiyah avaient été chassés de leurs terres par des résidents d’implantations extrémistes venus d’un avant-poste agricole illégal voisin peu après le pogrom et les massacres perpétrés par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, et la guerre qui a suivi à Gaza.
Les activistes de Bnei Avraham ont commencé à accompagner les agriculteurs de Tarqumiyah lorsqu’ils allaient travailler leurs terres, afin de leur assurer une certaine protection. Ils ont toutefois eux aussi été régulièrement confrontés aux forces de Tsahal, qui les dispersaient à l’aide de gaz lacrymogène et d’autres moyens.
Selon Warshavsky, l’Administration civile, un département du ministère de la Défense, a autorisé les agriculteurs à cultiver leurs terres, mais ceux-ci continuent, selon lui, d’en être régulièrement expulsés par les unités de défense régionales de Tsahal.
Plus de 120 avant-postes illégaux ont été établis par des résidents d’implantations radicaux en Cisjordanie depuis l’entrée en fonction du gouvernement actuel en décembre 2022, selon les chiffres de La Paix maintenant.
Les responsables et les résidents de ces avant-postes attaquent et harcèlent fréquemment les habitants et les agriculteurs des communautés palestiniennes voisines afin de les contraindre à quitter leurs terres et de les empêcher de les cultiver ou d’y faire paître leur bétail.
la Communauté du Times of Israël !







