Emplois fictifs : La police recommande que May Golan soit traduite en justice
La ministre du Likud est accusée d'avoir créé des emplois fictifs pour des proches et de les avoir rémunérés sans qu'ils n'aient effectué le moindre travail
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Mercredi, la police a recommandé que la ministre de l’Égalité sociale, May Golan (Likud), soit poursuivie en justice, car elle est soupçonnée d’avoir créé des emplois fictifs au sein de son ministère pour des proches, des amis et des collègues influents, qui n’ont effectué aucun travail concret, mais ont tout de même perçu un salaire de l’État.
La police a annoncé avoir achevé son enquête pénale sur les accusations portées contre cette responsable politique du Likud et avoir transmis le dossier au parquet général.
Les enquêteurs de l’unité des crimes majeurs Lahav 433 ont enquêté sur Golan, soupçonnée de corruption, de fraude et d’abus de confiance, au sujet de ces prétendues embauches frauduleuses.
Un haut responsable de l’unité a déclaré à la chaîne N12 que les preuves découvertes dans cette affaire étaient suffisantes pour que les procureurs engagent des poursuites.
Les forces de l’ordre ont rendu l’enquête publique en septembre dernier, après plusieurs mois d’investigation sous couverture.
Après avoir examiné les conclusions de la police, les procureurs décideront s’il y a lieu de poursuivre la ministre.
L’affaire a éclaté au grand jour en septembre lorsque la police a perquisitionné le bureau de Golan et arrêté six de ses collaborateurs.
Elle a été accusée de népotisme généralisé et d’activités de collecte de fonds douteuses dans un reportage de la chaîne N12 diffusé en janvier 2025. Un mois plus tard, la police a obtenu l’autorisation d’ouvrir une enquête sur la ministre.
Parmi les personnes embauchées par Golan pour des postes fictifs figurait l’épouse d’un conseiller juridique de longue date, gérante d’une entreprise de toilettage pour chiens, mais également inscrite comme salariée du ministère. L’avocat lui-même a été payé plusieurs milliers de shekels pour préparer des documents juridiques qui n’ont jamais été déposés.
Dans un autre exemple, le reportage citait un conseiller stratégique ayant reçu 250 000 shekels pour un travail effectué au profit de Golan. La fille du partenaire sentimental de ce conseiller s’était vu attribuer un poste au sein du ministère de Golan. Elle y travaillait à distance en tant que « coordinatrice » et ne s’y serait jamais présentée.
L’enquête a également révélé des irrégularités au sein de l’organisation à but non lucratif de Golan, « The Hebrew City », qui menait campagne contre les migrants.
Ministre de la droite, figure connue du grand public pour avoir mené une campagne contre l’hébergement de migrants en situation irrégulière dans son quartier, au sud de Tel Aviv, elle nie toute malversation.
Elle a refusé de se soumettre à l’interrogatoire de la police et aurait emmené sa mère précipitamment au milieu d’une séance d’interrogatoire en septembre.
Par ailleurs, réagissant aux recommandations de la police d’entamer des poursuites judiciaires, la ministre de l’Égalité sociale a déploré une « chasse aux sorcières politique dopée aux stéroïdes », tout en clamant qu’elle n’avait commis aucun crime.
Elle a affirmé être persécutée par une « junte » après avoir révélé des actes de corruption.
« Dès que l’on a su que je dénonçais les scandales et les crimes qui effraient tant la junte, et que je dévoilais ses plus sombres secrets, ils ont décidé de me poursuivre par tous les moyens », a-t-elle écrit sur X.
Elle a accusé les enquêteurs de la police de se comporter comme la mafia sicilienne, et de priver ses connaissances de tout moyen de subsistance.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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