Arrestation d’un avocat lié à May Golan dans une enquête pour détournement de fonds
La police perquisitionne les bureaux du ministère de l'Égalité et arrête certains collaborateurs soupçonnés de fraude ; une plantation de marijuana découverte chez une conseillère
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Lundi matin, la police a arrêté un avocat et placé plusieurs autres suspects en détention dans le cadre d’une enquête visant la ministre de l’Égalité, May Golan, et ses associés, soupçonnés de fraude, de détournement de fonds du ministère et d’autres délits financiers.
Les enquêteurs enquêtent depuis des mois sur cette députée de droite, mais c’est la première fois que les forces de l’ordre rendent publique l’affaire qui la concerne.
Les agents prévoyaient d’interroger Golan en tant que suspecte, a rapporté la chaîne publique Kan, peu après l’annonce par la police d’une série de perquisitions au domicile de ses collaborateurs et au ministère de l’Égalité, à Jérusalem.
La ministre et ses collaborateurs sont soupçonnés de fraude, d’utilisation abusive de fonds publics à des fins privées, de création de postes fictifs au sein du ministère de l’Égalité et de dissimulation de sources de financement. Selon la police, tout cela aurait été fait par le biais d’ONG et de systèmes gouvernementaux utilisés comme « outils pour détourner illégalement des fonds ».
Golan, une figure de proue du Likud qui s’est faite connaître en menant campagne contre les migrants illégaux dans son quartier, au sud de Tel Aviv, réfute ces accusations. Son bureau n’a pas encore répondu à une demande de commentaires concernant les derniers développements de l’enquête.
La police prévoyait de présenter l’avocat, qui avait précédemment occupé le poste de conseiller parlementaire auprès de Golan, devant le tribunal de Rishon LeZion afin de demander la prolongation de sa détention.
Parmi les personnes placées en garde à vue se trouvait une conseillère de Golan. Lors de la perquisition de son domicile à Yavne, la police a découvert une plantation de marijuana qui, selon des informations publiées dans la presse israélienne, appartiendrait à son mari.
Les personnes interpellées ont été emmenées pour être interrogées dans les locaux de Lahav 433, l’unité anticorruption de la police spécialisée dans les crimes majeurs.
L’enquête sur l’utilisation présumée abusive des fonds du ministère par Golan a été ouverte en février dernier à la suite d’un reportage de la chaîne N12 l’accusant d’avoir créé des emplois fictifs pour des amis et des collègues influents qui n’effectuaient en réalité aucun travail au sein du ministère.
Parmi ces prétendus employés figurait l’épouse du conseiller juridique de longue date de Golan, qui tient un salon de toilettage pour chiens, mais qui était également répertoriée comme employée salariée dans son cabinet. Un peu plus tôt cette année, la chaîne N12 avait rapporté que l’avocat avait lui-même reçu des milliers de shekels pour préparer des documents juridiques qui n’ont jamais été déposés.
Le reportage l’accusait également d’utiliser ses assistants parlementaires à des fins personnelles, en violation du protocole de la Knesset, affirmant qu’ils avaient été envoyés pour conduire sa mère, lui acheter de la nourriture, récupérer des colis et distribuer des cadeaux à ses amis.
Fin août, la chaîne N12 a rapporté que Golan et plusieurs personnalités impliquées dans des groupes israéliens de protection sociale auraient manigancé un accord selon lequel son ministère verserait de l’argent à ZAKA pour un programme officiellement destiné à aider les personnes âgées, alors qu’en réalité, cet argent lui reviendrait, ainsi qu’à ses associés.
Plus tôt cette année, la police a reçu l’autorisation du bureau de la procureure générale d’enquêter sur Golan pour des soupçons de népotisme généralisé au sein de son bureau et de méthodes douteuses de collecte de fonds pour une ONG anti-migrants qu’elle a fondée.
Cette décision avait alors suscité une vive réaction de la part de Golan et de certains politiciens de la coalition, qui avaient accusé Gali Baharav-Miara et le procureur de l’État, Amit Aisman, d’appliquer la loi de manière sélective à l’encontre des politiciens de droite.
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