Trump menace « d’aller tuer » les membres du Hamas s’ils « n’arrêtent pas de tuer des gens » à Gaza

'Si le Hamas continue à tuer des gens à Gaza, ce qui n'était pas prévu dans l'accord, nous n'aurons pas d'autre choix que d'aller les tuer', a écrit le président américain

Le président américain Donald Trump prend la parole lors d'une table ronde sur les « Antifa », dans la salle à manger d'État de la Maison Blanche, le 8 octobre 2025, à Washington. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

Donald Trump a menacé jeudi « d’aller tuer » les membres du Hamas s’ils « n’arrêtaient pas de tuer des gens » à Gaza, après avoir dit mardi que les exécutions sommaires menées par le mouvement islamiste palestinien ne le « dérangeaient pas ».

« Si le Hamas continue à tuer des gens à Gaza, ce qui n’était pas prévu dans l’accord, nous n’aurons pas d’autre choix que d’aller les tuer », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il n’a donné aucun autre détail, alors que cette formulation semble suggérer une intervention américaine directe sur le terrain.

Le Hamas a diffusé mardi une vidéo montrant des exécutions sommaires de « collaborateurs » présumés en pleine rue à Gaza-City.

Interrogé à ce sujet le même jour, Donald Trump avait déclaré : « Ils ont tué un certain nombre de membres de gangs et cela ne m’a pas beaucoup dérangé, pour être franc avec vous ».

Il avait déclaré mardi que les Etats-Unis étaient prêts à « désarmer » le mouvement terroriste islamiste palestinien par la force, avant de préciser par la suite qu’il ne serait « pas nécessaire (d’engager des) soldats américains » pour cela.

Le commandant du CENTCOM, l’amiral Brad Cooper, à gauche, et le chef d’État-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, au quartier général de Tsahal, à Tel Aviv, sur une photo dont la publication a été autorisée le 6 septembre 2025. (Armée israélienne)

Mercredi, Brad Cooper, le chef du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, avait déjà appelé le Hamas « à cesser de tirer sur les civils palestiniens ».

Quelques heures plus tard, Trump a déclaré à CNN qu’il faisait « davantage de recherches à ce sujet… Il pourrait s’agir de gangs et plus encore ».

Bien que Trump ait utilisé le « nous » pour parler de ceux qui mettraient à exécution sa menace contre le Hamas, il a précisé par le passé qu’il faisait référence à Israël pour ce type de représailles et que les troupes américaines ne seraient pas nécessaires à Gaza, ce que le président américain a réitéré plus tard dans la journée de jeudi.« Quelqu’un ira » à Gaza, a-t-il déclaré en réponse à la question d’un journaliste, mais « ce ne sera pas nous ».

« Nous n’aurons pas à entrer » dans la bande de Gaza, a poursuivi Trump. « Il y a des gens tout près qui y entreront, ils s’en chargeront très facilement, mais sous notre égide. »

La réticence de la Maison Blanche à envoyer des soldats américains sur le terrain a également suscité du scepticisme quant à la nouvelle Force internationale de sécurité pour Gaza, une force multinationale proposée pour assurer la sécurité dans l’enclave pendant sa reconstruction.

Des membres des forces de sécurité internes fidèles au Hamas déployés dans le camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, alors que les personnes déplacées regagnent Gaza-City, le 12 octobre 2025. (Crédit : Eyad Baba/AFP)

Un diplomate européen a déclaré jeudi au Times of Israel que le rôle mal défini des États-Unis dans ce plan avait dissuadé d’autres pays, en particulier les nations arabes, de s’engager dans cette entreprise, mais il a ajouté que la situation devrait s’éclaircir « dans les prochains jours ».

« D’autres pays ont fait part de leur intérêt à participer, mais nous demanderons d’abord la garantie que les États-Unis s’impliqueront également dans les forces elles-mêmes », a déclaré le diplomate, tout en soulignant que le mandat de la force restait également en suspens.

« S’agirait-il de maintenir l’ordre ? S’agirait-il plutôt d’une mission de formation des forces palestiniennes ? Et dans ce cas, où et combien ? Beaucoup de choses restent floues pour l’instant. »

De la « guerre militaire » à la « guerre des terroristes »

Alors que le Hamas tente de restaurer son emprise dans certaines parties de l’enclave, le chef de la milice Hossam al-Astal, qui opère avec le soutien d’Israël dans la ville méridionale de Khan Younès, a exhorté la communauté internationale à protéger les habitants de Gaza contre le groupe terroriste, qui multiplie les exécutions publiques.

Dans la vidéo obtenue par The Times of Israel, al-Astal a remercié Trump pour ses efforts en faveur du cessez-le-feu, mais a ajouté qu’après avoir sauvé les Gazaouis des bombardements israéliens, le président devait maintenant les sauver du Hamas.

« Le Hamas tue des centaines d’enfants, de femmes, de jeunes et de personnes âgées. Sous quel prétexte ? Nous sommes passés d’une guerre militaire à une guerre terroriste », a-t-il déclaré.

Hossam al-Astal (au centre) est photographié entouré de membres armés de son groupe, « Strike Force Against Terror », sur une photo non datée prise dans la bande de Gaza et publiée sur Facebook. (Crédit : Autorisation de Hossam al-Astal via Facebook)

« Aujourd’hui, le Hamas mène une campagne de terreur contre la population de Gaza, tuant à coups de roquettes. Le Hamas est à 100 % Daesh », a-t-il poursuivi, appelant la communauté internationale à protéger les habitants de Gaza contre le Hamas.

Le chef de la milice a déclaré que sa milice ne « cherchait pas à gouverner Gaza ni à gagner en influence ».

« Nous voulons faire passer la population du régime du Hamas à un régime civil qui servira les intérêts des habitants. Nous voulons la paix et nous voulons vivre. Nous ne combattons pas le Hamas aujourd’hui dans le but de gouverner », a-t-il insisté.

Dans une conversation avec The Times of Israel après l’enregistrement de la vidéo, al-Astal a souligné que son groupe continuait à combattre le Hamas.

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu vendredi après deux ans de guerre avec Israël déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, des journalistes de l’AFP ont vu des membres des forces de sécurité du mouvement islamiste déployés dans plusieurs villes de la bande de Gaza, sur des marchés ou sur des routes.

Elles ont exécuté huit « collaborateurs » présumés d’Israël en pleine rue à Gaza-ville, selon une vidéo diffusée mardi par le Hamas.

La vidéo, dont l’AFP n’est pas en mesure de déterminer dans l’immédiat l’authenticité, la date de tournage ou le lieu, a été publiée lundi soir sur le canal Telegram d’Al-Aqsa TV accompagnée de cette légende : « La résistance [à Israël, NDLR] exécute la peine de mort contre un certain nombre de collaborateurs et de hors-la-loi dans la ville de Gaza ».

On y voit huit hommes les mains liées dans le dos et les yeux ou la tête bandés, être traînés sur une place, être mis à genoux, et alignés avant de se faire abattre, chacun d’une rafale par des hommes armés postés derrière eux alors que la lumière du jour décroît.

La Commission indépendante pour les droits de l’homme (ICHR), organisme créé par l’Autorité palestinienne en 1993, a exigé mardi « la fin des exécutions extrajudiciaires et arbitraires dans la bande de Gaza ».

« La vague d’exécutions extrajudiciaires et de tirs dans les jambes survenue après le cessez-le-feu dans la bande de Gaza ne peut être justifiée en aucune circonstance », a ajouté la Commission, dénonçant « un crime légal et moral » et appelant à ce que les coupables soient traduits en justice et condamnés.

Selon une source sécuritaire palestinienne à Gaza, une « unité de sécurité de la résistance a exécuté » lundi « huit collaborateurs de la famille Doghmoush » dans la ville de Gaza.

Selon des sources concordantes, des affrontements armés entre forces du Hamas et membres du clan Doghmoush, une grande famille palestinienne de la bande de Gaza, ont fait plusieurs morts de part et d’autre vendredi, date de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le Hamas et Israël, et dimanche soir.

Accusant le clan Doghmoush d’être « affilié à l’occupation » et de plusieurs meurtres, une source au sein du ministère de l’Intérieur de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, avait indiqué dimanche soir qu’une soixantaine de membres de cette famille avaient été arrêtés à la suite de ces violents heurts.

Ces derniers jours, « il suffisait d’appartenir à la famille Doghmoush pour se faire tirer dans les jambes, se faire tuer, arrêter ou brûler sa maison », a dénoncé Abou al-Hassan Doghmoush, figure du clan, sur Facebook en rejetant les accusations de collaboration avec Israël.

« Ce matin, pendant de longues heures, de violents affrontements ont opposé les forces de sécurité du Hamas et des membres de la famille Hilles », a témoigné mercredi un riverain, Mohammed, qui refuse de donner son patronyme pour des raisons de sécurité.

La « Force dissuasive », organe récemment créé au sein de l’appareil sécuritaire du Hamas, « mène une opération » pour « neutraliser des personnes recherchées », avait indiqué à l’AFP une source de sécurité palestinienne à Gaza.

« Notre message est clair : il n’y aura pas de place pour les hors-la-loi ou ceux qui menacent la sécurité des citoyens ».

Donald Trump avait déjà été interrogé dimanche sur les opérations menées par le Hamas et avait déclaré : « Ils veulent mettre fin aux problèmes. Ils ont été transparents à ce sujet. Et nous leur avons donné notre accord pour une certaine période de temps. »

La France a, pour sa part, « condamné fermement les exécutions sommaires perpétrées ces derniers jours à Gaza par le Hamas », selon le ministère des Affaires étrangères, après la publication par le groupe terroriste islamiste de mises à mort de personnes présentées comme des collaborateurs d’Israël.

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