Tsahal approuve des protocoles réglementant les conditions de service des Haredim
Cette directive, en préparation depuis plus d'un an, vise à permettre à davantage d'ultra-orthodoxes de s'engager tout en conservant leur niveau de religiosité tout au long de leur service
Alors que le gouvernement s’efforce de faire adopter une législation accordant de nouvelles exemptions du service militaire aux hommes ultra-orthodoxes, l’armée israélienne a déclaré mardi avoir approuvé de nouveaux protocoles encadrant le service des soldats haredim.
Selon Tsahal, cet ordre de l’état-major général était en préparation depuis plus d’un an et a récemment été approuvé par le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir. Il a également été rédigé en coordination avec le ministère de la Défense et présenté au ministre de la Défense, Israel Katz, a indiqué l’armée.
Confrontée à une pénurie de main-d’œuvre, Tsahal a expliqué que cette directive visait à permettre à davantage d’hommes ultra-orthodoxes de s’engager dans l’armée tout en conservant leur niveau de religiosité tout au long de leur service.
Zamir a déclaré que l’augmentation du nombre de recrues haredim était « une nécessité opérationnelle essentielle ».
Tsahal s’efforce depuis des années d’intégrer les membres de la communauté ultra-orthodoxe, mais sans directives contraignantes, en s’appuyant plutôt sur la politique interne du Directorat des Ressources humaines. La nouvelle directive, émanant de l’état-major, a une autorité contraignante et impose une supervision des conditions de service des soldats haredim.
Cette directive ne s’applique qu’aux hommes ultra-orthodoxes qui s’engagent dans l’une des trois nouvelles filières de service désignées. Les Haredim qui choisissent de servir dans une unité ne faisant pas partie de ces nouvelles filières ne pourront pas bénéficier de ces nouveaux protocoles.
La première filière de service se nomme « Magen », qui signifie « bouclier » en hébreu. Les soldats ultra-orthodoxes sont affectés à une équipe non mixte au sein d’une unité qui compte également des soldates. Les unités de cette filière sont pour la plupart non combattantes, telles que les services de renseignement.
La deuxième nommée « Herev », qui signifie « épée » en hébreu, est entièrement séparée selon le sexe pour les soldats ultra-orthodoxes, comme le bataillon Netzah Yehuda de la Brigade Kfir ou l’unité des techniciens de l’armée de l’air pour les Haredim. Les commandants de ces unités sont généralement des hommes observant un mode de vie ultra-orthodoxe ou religieux, et les femmes peuvent servir sur la même base dans divers autres rôles.
Enfin, « David » regroupe toutes les unités dont le personnel est exclusivement masculin et observe un mode de vie religieux. La seule unité relevant actuellement de cette filière est la Brigade Hasmonéenne, et toute nouvelle unité devra être approuvée individuellement par le chef du Directorat des Ressources humaines.
L’ordre de l’état-major général détaille également les droits supplémentaires dont bénéficient les soldats ultra-orthodoxes, comme les temps de prière, le respect des règles de la casheroute, une déclaration d’allégeance à Tsahal en lieu et place d’un serment, etc.
L’armée s’engage à ce que le service militaire des autres groupes de population, en particulier des femmes, ne soit pas affecté par l’intégration de soldats haredim, « sauf dans les cas expressément autorisés par la directive ».
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