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Igor Yarmonov et Galina Gurina dans leur chambre, dans un appartement communautaire d'Ashdod, le 18 décembre 2022. (Crédit : Inna Lazareva/Times of Israel)
Igor Yarmonov et Galina Gurina dans leur chambre, dans un appartement communautaire d'Ashdod, le 18 décembre 2022. (Crédit : Inna Lazareva/Times of Israel)
Interview

Un champion d’échecs handicapé ukrainien risque l’expulsion de son domicile d’Ashdod

Igor Yarmonov et son épouse avaient fui en Israël avec l’aide de passionnés d’échecs du monde entier. Aujourd’hui, leur avenir est plus qu’incertain

Igor Yarmonov, cinq fois champion du monde d’échecs dans la catégorie des joueurs en situation de handicap, est assis dans sa chambre, dans un appartement communautaire d’Ashdod, une ville du sud du pays – un échiquier de voyage déployé sur ses genoux et des valises soigneusement rangées dans un angle de la pièce. Il s’interroge : Où vivra-t-il dans sept jours ?…

Au début de l’année, Yarmonov et son épouse, Galina Gurina, ont fui leur maison dans la ville assiégée de Marioupol, en Ukraine, après un mois et demi de blocus et de bombardements russes, avec des missiles qui avaient fait trembler jusqu’aux fondations de leur immeuble. Mais quand l’un d’entre eux s’était écrasé au dernier étage, le couple avait pris la fuite, inquiet à l’idée que le bâtiment ne finisse par s’effondrer.

« Nous avons prié encore et encore pour que cet enfer se termine », raconte Gurina au Times of Israel.

Aujourd’hui, Marioupol est une ville détruite, réduite à un tas de ruines. Les Russes occupent la ville. Des images par satellite qui ont été diffusées ce mois-ci ont d’ailleurs montré ce qui ressemble à la construction d’une vaste structure militaire – une tentative apparente de la part des troupes du maître du Kremlin de consolider leur position.

Même si Yarmonov et son épouse se sentent en sécurité en Israël, leur vie est instable et le couple est constamment plongé dans l’incertitude – notamment sur une question déterminante : Où vivre ?

« Nous n’avons pas fermé l’œil de la nuit à cause de l’inquiétude », dit Gurina. « On nous a dit, lundi, que nous pourrions nous installer dans une chambre d’hôtel à Jérusalem avec des toilettes partagées, ou dans une chambre située dans une maison communautaire pour les personnes en situation de handicap, quelque part dans le nord d’Israël ».

« Igor est invalide au niveau 1, il est considéré comme handicapé à 100 % et il a de l’asthme bronchique. Il doit rester à proximité d’un hôpital ou d’un médecin en cas de crise d’asthme – il en a fréquemment et elles sont importantes – et il doit pouvoir rester relativement isolé, ne pas vivre à trop grande proximité des autres parce qu’il risque d’attraper une infection qui pourrait entraîner de graves problèmes de santé pour lui », ajoute Gurina.

« Il n’y a aucun traitement pour ce dont nous souffrons », renchérit Yarmonov, qui ajoute que son épouse souffre également d’une intolérance au gluten dûment diagnostiquée. « Le seul moyen de rester en bonne santé, c’est de pouvoir préparer notre alimentation de manière indépendante, de cuisiner pour nous ».

Au début de la semaine, l’État juif a fait savoir qu’il allait expulser 100 Ukrainiens qui vivent actuellement dans les logements publics fournis gratuitement à leur arrivée.

« Le contrat conclu avec l’un des gestionnaires qui héberge les réfugiés de guerre touche à sa fin et des offres alternatives, dans les hôtels, ont été soumises aux locataires qui se trouvent dans l’incapacité de financer leur logement en raison de leur état physique ou d’une maladie », a indiqué le ministère des Affaires sociales. « Cette période de prise en charge publique des réfugiés de guerre se limitait initialement à trois mois et elle a été prolongée, encore et encore ».

Igor Yarmonov dans sa chambre, dans un appartement communautaire d’Ashdod, le 18 décembre 2022. (Crédit : Inna Lazareva/Times of Israel)

Cette nécessité de partir à brève échéance est le dernier des nombreux problèmes rencontrés par le couple depuis l’arrivée en Israël – des difficultés qu’ils partagent avec les plus de 14 500 autres Ukrainiens, en particulier des femmes et des enfants, qui sont venus se réfugier dans le pays mais qui ne sont pas éligibles à la citoyenneté sous les dispositions de la Loi du retour.

Contrairement à l’Europe, où les Ukrainiens qui ont fui la guerre ont habituellement obtenu le statut de réfugiés, un accès libre aux transports publics et à l’aide social et des cours de langue, les réfugiés entrent dans la catégorie des « touristes » au sein de l’État juif. Il n’est nullement garanti qu’ils seront autorisés à rester dans le pays à long-terme et ils dépendent d’un réseau de bénévoles quand ils ont besoin d’une aide ou d’une assistance de base.

La chambre actuelle du couple se trouve dans un trois pièces occupé par deux autres Ukrainiens et leurs enfants en bas âge. Elle a été fournie par Tzav Hashaa, un groupe d’aide humanitaire qui travaille sous la direction du ministère des Affaires sociales.

De plus, le couple reçoit, chaque mois, des bons à hauteur de 2 000 shekels, que Gurina complète par l’allocation qu’elle touche pour son handicap en Ukraine (environ 180 shekels par mois). Yarmonov ne peut plus toucher, pour sa part, son allocation handicapé, la carte de sa banque ukrainienne étant temporairement bloquée. Pour le reste, leur survie est assurée par des bénévoles et par des personnes de bonne volonté, qui leur font livrer des colis alimentaires.

« Le propriétaire d’une usine de fabrication de charcuterie est récemment venu nous donner des produits, à nous et à d’autres », explique Gurina avec reconnaissance.

Des réfugiés israéliens et ukrainiens débarquant d’un vol de secours à l’aéroport international Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 3 mars 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les bénévoles israéliens ont pu aussi obtenir des fonds par le biais d’un financement participatif, achetant à Yarmonov une chaise roulante électrique, cette année, et des semelles orthopédiques, ce qui lui facilite la marche.

« Le plus grand problème, c’est que nous n’avons aucune assurance santé », déplore Gurina, qui ajoute que le couple fait appel à Terem, le dispensaire israélien, pour tous ses besoins urgents en matière de santé – si Yarmonov souffre d’une crise d’asthme, par exemple.

« Pour faire des check-ups réguliers concernant nos maladies, nous avons besoin d’une assurance santé – mais nous ne pouvons pas nous le permettre », regrette-t-elle.

Gurina dit vouloir apprendre l’hébreu pour mieux s’intégrer dans la vie locale mais le programme Ulpan – qui propose des cours de langue en immersion – est une dépense difficile à envisager pour le moment. Et trouver le temps nécessaire est un autre défi car cela signifierait qu’elle devrait laisser Yarmonov, dont elle s’occupe à plein temps, seul. Demander le statut de réfugié – une demande qui n’est que très rarement acceptée en Israël – exige de recourir aux services d’un avocat.

« Nous ne savons tout simplement pas ce qui va advenir de nous. Nous savons que si la guerre se termine, Israël nous renverra en Ukraine dans les deux semaines suivantes – et que se passera-t-il à ce moment-là ? Où irons-nous ? Notre ville a été détruite. Nous n’avons plus de chez nous », s’exclame Gurina.

Des réfugiés ukrainiens à destination d’Israël à l’aéroport de Chisinau, en Moldavie, le 18 mars 2022. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

« Le prince des échecs »

Cela fait 55 ans que Yarmonov défie les pronostics.

Il s’est accroché à la vie dès sa naissance, étranglé par le cordon ombilical qui s’était enroulé autour de son cou quatre fois et qui l’a privé suffisamment longtemps d’oxygène pour le laisser handicapé pour le reste de sa vie.

Après la naissance de Yarmonov, les médecins de la maternité étaient venus voir ses parents avec des documents, leur conseillant de « laisser leur fils » à l’adoption ou de l’envoyer vivre dans une maison accueillant les enfants soviétiques, affirmant qu’il ne marcherait jamais et qu’il ne pourrait jamais vivre sans une aide extérieure.

« Mes parents ont refusé et ils ont répondu : ‘Non, notre fils marchera et il réussira sa vie’, » déclare Yarmonov, racontant son histoire avec l’aide de Gurina.

Ses parents, explique-t-il, ont choisi de lui donner le nom d’Igor en raison du prince Igor, le dirigeant du Rus de Kiev, une confédération de principautés qui a constitué le premier État russe jusqu’à la moitié du 13e siècle.

« Ils avaient des rêves ambitieux pour lui, et ça a été le cas dès le début. Ils ont toujours refusé d’abandonner », ajoute Gurina.

Il s’est avéré que Yarmonov était un enfant d’une grande intelligence. Ses parents l’emmenaient voir des médecins dans des hôpitaux de Moscou et de St Petersbourg et il faisait de gros progrès – allant bien au-delà des tristes prédictions des médecins de la maternité.

Et pourtant, à l’âge de 6 ans, Yarmonov rampait encore sur le sol et il regardait avec envie par la fenêtre les enfants courir sur le terrain de jeu, à l’extérieur. Ce qui avait décidé le père de Yarmonov, lui-même joueur invétéré, à apprendre les échecs à son fils.

Et à partir de ce moment-là, les échecs devaient devenir la passion, l’obsession de Yarmonov – et lui ouvrir les portes d’une brillante carrière.

Igor Yarmonov et Galina Gurina lors des Maccabiades en Israël, au mois de juillet 2022. (Autorisation : Galina Gurina)

« D’abord, il a battu les membres de sa famille, puis les amis et les voisins venus le défier et il est rapidement devenu le champion de son école », note Gurina, son mari intervenant pour donner plus de détails.

En 1990, il avait gagné la première place lors d’un tournoi organisé à Marioupol, l’emportant même sur des joueurs valides. « Ça a été ma plus grande récompense », indique Yarmonov, son épouse expliquant que cette victoire lui avait aussi apporté la certitude qu’il pouvait aller plus loin, très loin.

Il avait obtenu le rang de Maître à l’international et il était devenu ensuite champion du monde de la Fédération internationale d’échecs dans la catégorie des joueurs en situation de handicap à cinq reprises – en 2002, 2013, 2016, 2018 et 2019.

Il a aussi fait partie de l’équipe olympique d’échecs pendant presque deux décennies.

L’invasion russe

La guerre a pris Yarmonov par surprise – comme cela a été le cas de presque tout le monde. Il se préparait alors en vue du championnat du monde de la Fédération internationale des joueurs d’échecs en situation de handicap (IPCA) qui était prévu en Israël, au mois de mai 2022.

« Il y avait eu un si grand nombre d’alertes à la guerre dans le passé », dit Gurina, qui ajoute que depuis 2014, il y avait eu des pénuries alimentaires dans les magasins de Marioupol à au moins huit reprises, sur fond de rumeurs portant sur une invasion russe imminente. « Nous avons pensé que les choses se passeraient ainsi encore une fois et nous avons donc essayé de ne pas nous affoler. »

Lorsque les bombardements ont commencé et que le couple a tenté de prendre la fuite, il n’y avait plus d’essence dans la ville – impossible de remplir le réservoir de la voiture pour s’échapper.

Puis, le 2 mars, dans un contexte de pénurie alimentaire criante et de frappes aériennes croissantes, toutes les routes ont été coupées et le siège de Marioupol a commencé.

L’appartement d’Igor Yarmonov et de Galina Gurina à Marioupol, en Ukraine, dont le dernier étage a été frappé par un missile russe au mois de mars 2022. (Autorisation : Galina Gurina)

« Il n’y avait plus de gaz, plus d’électricité, plus de lumière, plus d’eau, plus de chauffage, plus de téléphone ou de connexion internet reliant au reste du monde, il n’y avait plus rien », se souvient Gurina. « Et le plus difficile à supporter dans tout ça, c’était le manque de lien. Il était impossible, absolument impossible d’appeler à l’aide ».

Et aussitôt que l’électricité a été coupée, entraînant la panne des alarmes installées dans les magasins, ça a été le chaos.

« Les gens brisaient les vitres, ils entraient dans les boutiques et ils prenaient tout ce qu’ils pouvaient trouver. Igor et moi avions besoin de prendre régulièrement des médicaments, et nous n’en avions presque plus. J’allais dans les pharmacies, le matin, prenant garde à ne pas marcher sur les morceaux de verre, cherchant quelque chose qui pourrait nous aider et que les pilleurs auraient laissé derrière eux – mais tout avait déjà été pris », continue-t-elle.

A ce moment-là, il n’y avait presque plus rien dans les magasins – mais les files d’attente, devant les boutiques, restaient « plus longues que celle des visiteurs qui se rendent au mausolée de Lénine, » poursuit Gurina.

Avec leurs voisins, ils avaient réussi à survivre en faisant la cuisine sur un feu improvisé, allumé à l’entrée de leur immeuble.

Une résidente regarde les dégâts issus des combats sur un bâtiment d’habitation situé près de l’usine Illich Iron & Steel Works Metallurgical Plant, la deuxième entreprise métallurgique d’Ukraine, dans un secteur contrôle par les forces séparatistes russes à Marioupol, en Ukraine, le 16 avril 2022. (Crédit : AP Photo/Alexei Alexandrov)

« Nous avons creusé un trou, nous avons placé quelques briques et, sur les briques, la grille d’un four empruntée à un voisin – et ainsi, nous avons pu faire bouillir de l’eau, cuisiner de la bouillie, nous faire du thé. On préparait tout ce qu’on avait réussi à trouver. On échangeait aussi des produits avec nos voisins – du riz contre des pommes de terre, par exemple – mais le manque commençait à se faire ressentir chez tout le monde », se rappelle-t-elle, ajoutant qu’au début de la guerre, le couple stockait suffisamment de produits alimentaires dans le frigo pour une semaine environ.

Le temps passant, en plus de la faim est venu le froid. « Même l’eau que je conservais dans la baignoire commençait à se recouvrir d’une couche de glace », note Gurina, montrant des photos de l’appartement dont les fenêtres étaient recouvertes de coussins pour tenter de conserver un peu de chaleur à l’intérieur.

Dans l’appartement d’Igor Yarmonov et de Galina Gurina à Marioupol, une fenêtre est recouverte de coussins comme protection contre les bombardements et contre le froid à la fin du mois de février 2022. (Autorisation : Galina Gurina)

« Les gens abattaient tous les arbres du coin pour les utiliser pour les cheminées », explique Gurina. « Une crèche locale avait offert aux habitants de prendre tout ce dont ils avaient besoin et, pour notre part, nous avons pris quelques chaises pour les enfants – qui ont bien brûlé. Nous avons aussi fait brûler des livres pour avoir un peu chaud ».

Et dans ce chaos indescriptible, Yarmonov avait continué à jouer. « Les échecs lui ont sauvé la vie », s’exclame Gurina, expliquant que le jeu avait offert un échappatoire temporaire face au combat quotidien pour la survie.

Dans l’incapacité d’entrer en contact avec Gurina à Marioupol, sa sœur, Svetlana, qui habite Moscou, avait réussi à arranger l’évacuation du couple, qui avait été alors pris en charge par les services de secours de la république populaire autoproclamée de Donetsk, dans l’Est de l’Ukraine, qui est soutenue par la Russie.

« Un petit minibus rempli de femmes enceintes, de personnes en situation de handicap et de mères avec de très jeunes enfants est arrivé et nous sommes montés à bord, Igor et moi », indique Gurina.

Le bus avait quitté Marioupol le 9 avril.

Et de Marioupol, le couple était arrivé à Uspenka, toujours en Ukraine. Tous deux avaient ensuite franchi la frontière et ils ont été emmenés à Taganroge, dans le sud de la Russie, où ils avaient passé trois jours. Ils étaient ensuite partis pour Moscou pour retrouver Svetlana.

L’appartement d’Igor Yarmonov et de Galina Gurina à Marioupol avant la guerre, en 2022. (Autorisation : Galina Gurina)

De Marioupol à Moscou

Dans la capitale russe, ils s’étaient retrouvés dans un appartement agréable qui surplombait une école maternelle dont les enfants poussaient des cris joyeux, avec des arbres intacts bordant les rues et des magasins débordant de denrées alimentaires. Un choc complet, explique Gurina.

« Vous savez, on a eu l’impression d’atterrir sur une autre planète », explique Gurina, qui se souvient de son désir de cuisiner une grande quantité de repas « au cas où ».

Bizarrement – ou peut-être que non – le couple dit avoir peu évoqué la guerre en Ukraine quand il avait été amené à rencontrer des Moscovites chez le médecin, dans les pharmacies ou au salon de coiffure.

« Personne ne nous en parlait, ne disait quoi que ce soit », explique Gurina. « Je pense qu’ils ne réfléchissent pas à ce qui se passe, cela ne semble pas du tout les toucher ».

« Il y a beaucoup d’informations sur la guerre – mais en fait, ils reçoivent des informations très différentes de celles qui sont transmises à tous les autres », ajoute-t-elle avec sarcasme.

Le couple avait reçu des dons de vêtement de la part des amis de Svetlana. La seule allusion à la guerre en Ukraine avait été faite à l’occasion d’un déplacement dans un pressing de Moscou, où Gurina avait déposé son manteau imprégné de suie de Marioupol pour le faire nettoyer.

« Le manteau était tellement sale qu’on nous a dit que normalement, le pressing refuserait de le prendre pour le nettoyer », explique Gurina. « Et pourtant, quand nous sommes allés le rechercher, il y avait une note attachée au manteau à l’intention du pressing : ‘Ce manteau appartient à des réfugiés de Marioupol. Ne le refusez pas’… Voilà. »

Adieu à la Russie

La rencontre la plus grave avec les autorités russes était survenue quand le couple avait dû quitter le pays pour se rendre au championnat d’échecs en Israël, au mois de mai. Le logement, l’invitation et les autres services étaient offerts par la FIDE Israel tandis que les billets d’avion avaient été achetés grâce à une collecte de fonds sur internet. Et pourtant, le couple avait douté de pouvoir embarquer à bord du vol à destination de l’État juif jusqu’à la dernière minute.

« L’avion attendait pour le décollage et nous, nous étions encore retenus pour être interrogés », explique Gurina. « On nous avait pris nos passeports, nos téléphones ; nos messages étaient passés au crible, les Russes notaient des numéros de téléphone variés et autres détails. J’avais la certitude que nous allions rater l’avion et qu’on ne nous laisserait pas partir ».

Photo d’illustration : Des gens marchent au crépuscule à la fin d’une journée chaude dans le centre de Moscou, en Russie, le 26 juillet 2022. (Crédit : AP/Alexander Zemlianichenko)

Quand l’un des agents participant à l’interrogatoire lui avait demandé ce qu’elle pensait « de la situation en Ukraine », elle avait tenté d’abord de choisir ses mots avec soin – mais elle avait été finalement dans l’incapacité de se retenir.

« Je lui ai dit : ‘Je pense que ça a été une erreur énorme, ça n’aurait jamais dû arriver. Et je lui ai dit franchement : ‘Je suis pour la paix. De telles atrocités ne devraient pas arriver au 21e siècle. Pourquoi notre ville a-t-elle donc été effacée de la surface de la Terre ? Pourquoi ? Comment est-ce possible ? Cela n’aurait jamais dû arriver’. »

Les agents sont allés discuter entre eux, puis ils sont revenus demander si le couple avait l’intention de revenir en Russie. « Je leur ai répondu que non et ils nous ont rendu nos passeports », raconte Gurina.

Une nouvelle vie

Yarmonov a participé au tournoi à Ashdod, au mois de mai, prenant la cinquième place. Mais si le couple se sent en sécurité en Israël, leur nouvelle vie est encore remplie d’incertitude.

« Je veux vraiment rester à Ashdod », dit Yarmonov. « Ici, à Ashdod, j’ai déjà des amis qui jouent aux échecs, je représente Israël dans la Ligue et je joue aussi dans l’équipe d’échecs d’Ashdod. »

« Les échecs, c’est sa vie – si vous lui enlevez cela, il ne voudra plus vivre », renchérit Gurina.

Pour le moment, le couple attend une réponse concernant un futur logement.

« Nous prions pour la paix, pour que tout cela se termine – nous vivons au jour le jour – et nous continuons à jouer aux échecs », déclare Gurina.

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