Un commentateur de la Quatorzième chaîne réitère son insulte visant Eisenkot

'Choisissez Bibi, pas le singe', a déclaré Yotam Zimri dans l'émission 'Les Patriots' au cours d'une conversation sur le soutien apporté par Donald Trump à Benjamin Netanyahu

Montage photos (de gauche à droite) : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assistant à une cérémonie officielle sur le mont Herzl, à Jérusalem, le 5 août 2026 ; le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, participant à une conférence au Centre Peres, à Tel Aviv, le 12 juillet 2026. (Crédits : Chaïm Goldberg/FLASH90 ; Miriam Alster/FLASH90)

Au lendemain de la polémique déclenchée par Yinon Magal, commentateur de la Quatorzième chaîne, qui avait qualifié en direct de « singe » le favori de l’opposition Gadi Eisenkot, un autre intervenant de la même émission a repris cette insulte, provoquant des rires dans l’assistance dimanche soir.

Magal a essuyé une avalanche de critiques, y compris de la part de son homme politique préféré, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, pour cette remarque que beaucoup ont qualifiée de raciste, car Eisenkot est d’origine marocaine.

Magal a utilisé cette insulte dans le cadre d’une discussion sur l’origine ethnique d’Eisenkot et a déclaré que l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne était « manipulé » par les Ashkénazes.

Yotam Zimri, un autre invité de l’émission-débat « Les Patriots » de la Quatorzième chaîne, a répété cette insulte lors de l’émission de dimanche soir, au cours d’une conversation sur le soutien apporté par le président américain Donald Trump à Netanyahu.

« Il a également dit : ‘Choisissez Bibi, pas le singe’ », a déclaré Zimri, provoquant l’hilarité de ses co-invités. Magal, qui a lui aussi ri, a défendu cette remarque, faisant valoir qu’il ne l’utilisait pas dans un contexte raciste, mais qu’il s’agissait d’une référence à un terme issu du milieu criminel désignant la « marionnette » ou le bouc émissaire de quelqu’un.

Le mot hébreu pour « singe » sert également, dans le milieu criminel, à désigner un homme de paille ou un bouc émissaire, c’est-à-dire une personne qui accepte d’être le visage public de figures de l’ombre et qui, généralement, endosse la responsabilité à leur place, mais aussi, au sens figuré, une marionnette qui apparaît en public mais est contrôlée en coulisses par des élites occultes.

Yashar a comparé la remarque de Magal à une déclaration tristement célèbre de la personnalité de la télévision Dudu Topaz, qui, avant les élections de 1981, avait qualifié les électeurs du Likud de « chahchahim » lors d’un rassemblement du parti Avoda. Ce terme péjoratif désigne les Juifs d’origine moyen-orientale, connus sous le nom de Juifs séfarades ou Mizrahim. Cette déclaration avait suscité une réponse cinglante de la part de Menachem Begin, alors chef du Likud.

« Quarante-cinq ans après que Dudu Topaz eut qualifié les Mizrahim de chahchahim, un porte-parole de haut rang de Netanyahu, qui gagne sa vie en répandant des mensonges et du venin, traite ce soir de ‘singe’ un candidat au poste de Premier ministre qui rendra Israël aux Israéliens, le chef d’état-major qui a servi le pays pendant quarante-cinq ans et lui a tout donné », a déclaré Yashar.

Le parti d’Eisenkot a accusé ces propos de révéler un « mépris » de longue date envers la communauté séfarade.

Réagissant dans une vidéo publiée sur ses comptes de réseaux sociaux, Magal a qualifié cette polémique de « fausse » et a affirmé qu’elle n’avait qu’un but électoral. Il a expliqué qu’il utilisait le mot « singe » pour affirmer qu’Eisenkot est une marionnette placée au premier plan, mais qui obéit aux ordres de l’élite ashkénaze – c’est-à-dire d’ascendance européenne – d’Israël.

Dimanche midi, Netanyahu a condamné les propos de Magal, tout en reprochant à Eisenkot de ne pas avoir dénoncé des propos similaires à l’encontre des électeurs du Likud.

« C’est une remarque tout à fait déplacée, et je la condamne », a déclaré Netanyahu à la radio North 104.5 FM.

Il a toutefois également critiqué les propos de la femme d’affaires Galia Albin, qui a récemment suscité la polémique après s’être moquée des électeurs séfarades du Likud lors d’une intervention dans un podcast.

Elle avait alors applaudi et scandé avec enthousiasme « Bibi, Bibi, Bibi », en utilisant le surnom de Netanyahu, avant de remettre en question leur capacité à penser par eux-mêmes.

« J’aurais aimé que Gadi Eisenkot condamne toutes les remarques de Galia Albin et d’autres personnes qualifiant les partisans du Likud de chimpanzés et de babouins », a déclaré Netanyahu.

« C’est déplacé, et cela aussi est déplacé. »

Albin ne semble pas avoir tenu de tels propos, et on ignore si elle a un quelconque lien avec Eisenkot.

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