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Après s’en être pris aux victimes du 7-Octobre, Yinon Magal traite cette fois Eisenkot de « singe »

Yashar compare la remarque au discours controversé de 1981 sur les "chahchahim", qui avait insulté les électeurs du Likud

Montage photo (de gauche à droite) : Yinon Magal, personnalité médiatique de droite, assistant à une audience à la Cour suprême de Jérusalem, le 9 mai 2025 ; Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et ancien chef d’état-major de l'armée israélienne, s’exprimant lors d’un meeting électoral, à Nordiya, le 31 août 2026. (Crédits : Chaïm Goldberg/Flash90 ; Gili Yaari/Flash90)
Montage photo (de gauche à droite) : Yinon Magal, personnalité médiatique de droite, assistant à une audience à la Cour suprême de Jérusalem, le 9 mai 2025 ; Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et ancien chef d’état-major de l'armée israélienne, s’exprimant lors d’un meeting électoral, à Nordiya, le 31 août 2026. (Crédits : Chaïm Goldberg/Flash90 ; Gili Yaari/Flash90)

Yinon Magal, commentateur politique de droite et animateur de télévision controversé, l’une des personnalités publiques les plus en vue à soutenir le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a qualifié samedi soir, en direct, le principal rival de ce dernier, Gadi Eisenkot, de « singe », dans ce qui peut être largement interprété comme une remarque raciste visant le patrimoine marocain du chef du parti Yashar.

« C’est un singe. C’est un singe. Ça vous amuse qu’il soit mizrahi ? », a déclaré Magal lors d’une discussion avec un invité de l’émission « Les Patriots » qu’il anime sur la Quatorzième chaîne, farouchement pro-Netanyahu.

« Ils ont mis un singe derrière lequel se tiennent tous les élitistes ashkénazes qui le manipulent et lui dictent ce qu’il doit dire », a-t-il ajouté.

« C’est un singe, ils ont mis un Mizrahi marocain, mais vous [dites] : ‘Mais nous vous avons donné un Premier ministre marocain, que vous faut-il de plus ?’ », a ajouté Magal d’un ton moqueur.

Le mot hébreu pour « singe » sert également, dans le milieu criminel, à désigner un homme de paille ou un bouc émissaire, c’est-à-dire une personne qui accepte d’être le visage public de figures de l’ombre et qui, généralement, endosse la responsabilité à leur place, mais aussi, au sens figuré, une marionnette qui apparaît en public mais est contrôlée en coulisses par des élites occultes.

Réagissant dans un communiqué, Yashar a comparé la remarque de Magal à une déclaration tristement célèbre de la personnalité de la télévision Dudu Topaz, qui, avant les élections de 1981, avait qualifié les électeurs du Likud de « chahchahim » lors d’un rassemblement du parti Avoda. Ce terme péjoratif désigne les Juifs d’origine moyen-orientale, connus sous le nom de Juifs séfarades ou Mizrahim. Cette déclaration avait suscité une réponse cinglante de la part de Menachem Begin, alors chef du Likud.

« Quarante-cinq ans après que Dudu Topaz eut qualifié les Mizrahim de chahchahim, un porte-parole de haut rang de Netanyahu, qui gagne sa vie en répandant des mensonges et du venin, traite ce soir de ‘singe’ un candidat au poste de Premier ministre qui rendra Israël aux Israéliens, le chef d’état-major qui a servi le pays pendant quarante-cinq ans et lui a tout donné », a déclaré Yashar.

Le parti d’Eisenkot a accusé ces propos de révéler un « mépris » de longue date envers la communauté séfarade.

« Je n’ai rien à répondre à cette remarque indigne. Le problème, ce n’est pas Yinon Magal, mais la personne qui se cache derrière Yinon Magal », a rétorqué Eisenkot lors d’un meeting de campagne, faisant référence à Netanyahu.

« Mais nous apporterons le changement dans le pays, et nous éliminerons de nos vies le phénomène du ‘magalisme’ et du ‘bardugoisme’ pour bâtir un pays meilleur », a-t-il ajouté, faisant également référence à Jacob Bardugo, un autre commentateur pro-Netanyahu de la Quatorzième chaîne qui figure sur la liste du Likud.

Réagissant dans une vidéo publiée sur ses comptes de réseaux sociaux, Magal a qualifié cette polémique de « fausse » et a affirmé qu’elle n’avait qu’un but électoral. Il a expliqué qu’il utilisait le mot « singe » pour affirmer qu’Eisenkot est une marionnette placée au premier plan, mais qui obéit aux ordres de l’élite ashkénaze – c’est-à-dire d’ascendance européenne – d’Israël.

Dimanche midi, Netanyahu a condamné les propos de Magal, tout en reprochant à Eisenkot de ne pas avoir dénoncé des propos similaires à l’encontre des électeurs du Likud.

« C’est une remarque tout à fait déplacée, et je la condamne », a déclaré Netanyahu à la radio North 104.5 FM.

Il a toutefois également critiqué les propos de la femme d’affaires Galia Albin, qui a récemment suscité la polémique après s’être moquée des électeurs séfarades du Likud lors d’une intervention dans un podcast. Elle avait alors applaudi et scandé avec enthousiasme « Bibi, Bibi, Bibi », en utilisant le surnom de Netanyahu, avant de remettre en question leur capacité à penser par eux-mêmes.

Montage photos (de gauche à droite) : Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assistant à une cérémonie officielle sur le mont Herzl, à Jérusalem, le 5 août 2026 ; le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, participant à une conférence au Centre Peres, à Tel Aviv, le 12 juillet 2026. (Crédits : Chaïm Goldberg/FLASH90 ; Miriam Alster/FLASH90)

« J’aurais aimé que Gadi Eisenkot condamne toutes les remarques de Galia Albin et d’autres personnes qualifiant les partisans du Likud de chimpanzés et de babouins », a déclaré Netanyahu.

« C’est déplacé, et cela aussi est déplacé. »

Albin ne semble pas avoir tenu de tels propos, et on ignore si elle a un quelconque lien avec Eisenkot.

Le Premier ministre a affirmé que les insultes à l’encontre de ses partisans étaient monnaie courante, déclarant : « Même si Yinon a tenu hier des propos qu’il n’aurait pas dû tenir, j’entends chaque jour des propos empreints d’arrogance, de condescendance et de mépris à l’égard des électeurs du Likud. »

« J’aimerais que ce soit un cas isolé. Cela se produit tous les jours, et la quasi-totalité de ces propos vise les électeurs du Likud », a-t-il ajouté.

Netanyahu a également accusé Eisenkot de ne pas condamner ceux qui le qualifient de « traître ».

« Non seulement Gadi Eisenkot ne condamne pas ces propos, mais il s’en sert personnellement contre moi. »

Cette prise de parole de Netanyahu faisait suite aux critiques publiques formulées par Yashar à l’encontre du Premier ministre et du Likud, qui n’avaient pas condamné les propos de Magal.

Yashar avait précédemment demandé pourquoi ni le Premier ministre, ni son parti, le Likud, n’avaient condamné Magal pour ses propos qualifiant le chef du parti de « singe ».

« Plus de 12 heures se sont écoulées depuis la déclaration raciste de Yinon Magal et aucune condamnation n’a encore été publiée au nom de Netanyahu et du Likud », a déclaré le parti.

Parallèlement, Rami Ben-Yehuda, un militant de premier plan du Likud, a publié une vidéo d’Eisenkot dans laquelle le dirigeant de Yashar a été remplacé par un singe.

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