Un conseiller d’orientation arabe dit avoir été arrêté et frappé pour avoir klaxonné une voiture de police

Issam Sharif dit avoir été arrêté violemment, battu pendant sa garde à vue, puis relâché le lendemain matin avec une amende pour envoi de SMS au volant ; le DIPI examine sa plainte

Issam Sharif, conseiller d'orientation à Kafr Yasif, affirme avoir été injustement arrêté et passé à tabac par la police le 15 mai 2026. (Crédit : Autorisation)

Un conseiller d’orientation en lycée arabe a affirmé avoir été arbitrairement arrêté et passé à tabac par les forces de l’ordre dans le nord d’Israël au début du mois, simplement pour avoir klaxonné un policier dont la voiture de service bloquait la rue.

Issam Sharif, originaire du village arabe de Kafr Yasif, dans le nord du pays, a déclaré dans une récente interview accordée au Times of Israel avoir été victime de coups répétés lors de son arrestation et pendant sa détention au poste de police jusqu’au lendemain matin. Des coups qui lui ont laissé des ecchymoses aux épaules, aux bras et au dos.

Sharif a déposé une plainte auprès du Département des enquêtes internes de la police (DIPI), un organisme chargé d’enquêter sur les forces de l’ordre et relevant du bureau du procureur de l’État. Il a annoncé son intention de poursuivre les agents en justice pour obtenir des dommages-intérêts.

Le DIPI examine actuellement l’incident, mais n’a pour l’instant pas ouvert d’enquête pénale, a fait savoir l’agence au Times of Israel dimanche.

Selon Sharif, c’est alors qu’il rentrait chez lui, peu après minuit, le 15 mai, qu’il a croisé une voiture de police arrêtée au milieu de la route. L’un des agents en service se tenait à l’extérieur et semblait discuter avec un groupe de jeunes hommes.

Sharif se souvient s’être arrêté près de la voiture de police et avoir attendu en silence, espérant que le policier le remarquerait et laisserait passer son véhicule.

Au bout d’environ 10 minutes, Sharif a interpellé le policier depuis sa voiture et lui a demandé de libérer le passage. Le policier a refusé, arguant qu’il s’apprêtait à fouiller les hommes.

Sharif a patienté plusieurs minutes supplémentaires tandis que le policier continuait de discuter avec les jeunes hommes, puis il a klaxonné et demandé à passer. Le policier a renouvelé son refus.

D’après Sharif, les jeunes hommes sont finalement repartis sans avoir été fouillés. Le policier s’est alors approché de lui d’un pas décidé, et lui a ordonné de sortir de sa voiture.

« Le policier ne m’a demandé ni ma carte d’identité, ni mon permis de conduire, rien. Il m’a simplement dit de sortir de la voiture », a-t-il ajouté. « Quand je lui ai demandé pourquoi, il a forcé la portière [qui n’était pas verrouillée] et a commencé à me frapper. »

Des ecchymoses sur les épaules et le dos d’Issam Sharif, conseiller d’orientation arabe israélien originaire de Kafr Yasif, causées par la police lors de ce qu’il qualifie d’arrestation illégale, tôt dans la matinée du 15 mai 2026. (Crédit : Autorisation)

Sharif a déclaré avoir riposté pour se défendre alors qu’il se trouvait encore dans son véhicule, poussant le coéquipier de l’agent, qui se trouvait dans la voiture au milieu de la route, à sortir un Taser et à menacer de l’électrocuter.

« Heureusement, la portière de droite était verrouillée et il n’a pas réussi à l’ouvrir. Il s’est contenté de me menacer avec son Taser depuis l’extérieur », a ajouté Sharif.

Sharif, qui a insisté sur le fait qu’il n’avait jamais été arrêté auparavant, a dit que les agents l’avaient sorti de force de son véhicule, lui avaient passé les menottes et l’avaient emmené au poste de police, où il a passé la nuit.

« Je leur ai demandé de m’expliquer pourquoi j’étais en état d’arrestation. Ils m’ont répondu que c’était au policier qui m’avait amené là de m’en informer », a-t-il poursuivi.

Selon Sharif, durant la nuit qu’il a passée au poste, le policier qui l’avait arrêté l’aurait emmené aux toilettes sous prétexte de le fouiller. Mais au lieu de cela, il l’aurait à nouveau roué de coups.

Un autre policier qu’il avait rencontré au poste surveillait la porte, a expliqué Sharif, tandis que le policier qui l’avait arrêté « a détaché sa caméra corporelle, l’a posée sur le rebord du lavabo, puis a recommencé à me frapper ».

Le lendemain matin, un enquêteur de la police a visionné les images enregistrées par la caméra corporelle lors de son arrestation quelques heures plus tôt. Il a ensuite posé à Sharif une série de questions sur le déroulement des faits. Sharif a indiqué avoir été relâché peu après.

La police a infligé à Sharif une amende de 1 000 shekels pour avoir envoyé des SMS au volant, un délit dont il affirme être innocent.

Vue aérienne de Kafr Yasif, le 8 avril 2024. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Après avoir quitté le commissariat, toujours sous le coup de la douleur, Sharif s’est rendu de son propre chef dans une clinique. Les coups qu’il a reçus ne lui ont pas causé de fractures.

La police n’a pas encore répondu à la demande de commentaires du Times of Israel concernant les motifs présumés de l’arrestation de Sharif et les accusations d’agression par des agents.

Cet incident s’inscrit dans une série d’affaires récentes au cours desquelles des policiers ont été accusés d’avoir recouru à une force non justifiée contre des citoyens respectueux de la loi, notamment des Arabes israéliens.

Début mai, des policiers de Beer Sheva auraient agressé, arrêté et cassé le nez d’un procureur arabe israélien, accompagné de deux de ses proches, à la suite d’une plainte pour tapage. Si les policiers l’ont accusé d’avoir agressé les agents venus à son appartement, les images de la caméra corporelle enregistrées lors de l’incident semblent contredire la version des forces de l’ordre.

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