Des images contredisent le récit de la police dans l’arrestation violente d’un procureur arabe israélien
Une vidéo provenant d'une caméra corporelle, divulguée au journal Haaretz, semble montrer des policiers se jetant sur l'avocat quelques secondes seulement après son entrée dans un appartement de Beer Sheva
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Des images qui ont été filmées par une caméra corporelle et diffusées dans la journée de vendredi semblent contredire l’affirmation faite par la police qui a laissé entendre qu’un procureur arabe israélien avait résisté lors de son arrestation quand il avait été passé à tabac par des policiers à son domicile, la semaine dernière.
Le quotidien Haaretz a diffusé des images provenant de la caméra corporelle de l’un des agents impliqués dans l’arrestation violente de Salah Khalil Faisal Naameh, procureur de son état, à Beer Sheva.
Ces images semblent contredire les affirmations qui avaient été faites par la police, qui avait raconté que le juriste avait fait preuve de violence envers les agents, obligeant ces derniers à le frapper pour tenter de le maîtriser.
Sur la vidéo, une tache de sang apparait sur le sol après l’arrestation de Naameh. Le procureur ne semble pas résister à son arrestation.
La police a accusé Naameh et deux de ses proches, qui travaillent pour leur part dans le milieu médical, d’avoir agressé les agents qui s’étaient présentés à l’appartement.
Tous les trois ont rejeté la version des faits qui a été avancée par les forces de l’ordre, disant que les policiers les avaient violentés et arrêtés, la semaine dernière, après être entrés dans leur appartement de Beer Sheva dans le sillage d’une plainte pour tapage nocturne.
כמה סאדיזם יש בקרב השוטרים האלה שפוצצו במכות את הסניגור בפרקליטות דרום סאלח ח׳ליל נעמה בדירתו בבאר שבע.וגם את הרופא ואח מבית החולים סורוקה ששהו יחד בדירה , בטענה לרעש .אגב הם נכנסו לדירה ללא צו.
הוא נזקק לניתוח ארוך . https://t.co/VVvSYUbL4M— Ahmad Tibi (@Ahmad_tibi) May 8, 2026
Naameh, qui travaille pour le parquet du district du sud, a eu une fracture du nez, pour laquelle il a été opéré. Il a également été blessé à un œil et aux deux reins, a fait savoir Haaretz.
Le Département des enquêtes internes de la police (DIPI), qui enquête sur les policiers soupçonnés d’infractions pénales, a lancé des investigations sur cet incident.
L’avocat des trois hommes, Tomer Gonen, a dit à Haaretz que tous les trois étaient assis sur le balcon en écoutant de la musique, le 1er mai, quand ils ont remarqué que trois policiers en civil étaient entrés dans la maison.
Selon le journal, l’un des trois policiers habitait à proximité. Les agents ne leur ont pas présenté de mandat, et les trois hommes leur ont donc demandé de partir. Les agents ont d’abord obéi avant de revenir plus tard dans la nuit avec des renforts.
Lorsque le procureur a aperçu un important groupe de policiers qui portait des casques et des masques à l’extérieur du bâtiment, il a appelé les forces de l’ordre. Il lui aurait alors été conseillé de ne pas ouvrir la porte, mais les agents ont fait irruption dans l’habitation et ils ont violemment interpellé ses occupants, selon Haaretz.
« Ils m’ont piétiné la tête, ils m’ont donné des coups de pied, ils m’ont dit que je ‘résistais à l’arrestation’ et ils m’ont insulté. Pendant tout le trajet, ils m’ont frappé et ils m’ont traité comme le pire des criminels », a indiqué Naameh lors d’une audience, selon Haaretz, en précisant qu’il se présentait tous les jours au tribunal dans le cadre de son travail.
« Je ne croyais pas que la police puisse faire de telles choses », a-t-il ajouté.
Le père du procureur, Khalil Naameh, a confié à la station de radio Nas, dont le siège est à Nazareth, que les policiers avait continué à violenter physiquement son fils dans la voiture et au commissariat de police alors que leurs caméras corporelles étaient éteintes.
Avant la diffusion de la vidéo, les forces de l’ordre avaient affirmé que Naameh et ses deux proches avaient agressé les agents alors qu’ils tentaient de régler à l’amiable le problème de tapage.
« Les trois hommes présents dans l’habitation ont commencé à s’en prendre à eux, à résister et à les bousculer, tout en refusant d’obéir aux instructions qui leur étaient données par les agents », a expliqué la police dans un communiqué. « À un certain moment… les agents ont été agressés par les suspects, et des renforts ont été appelés sur les lieux ».
Haaretz a noté que cet incident a créé des tensions dans les relations entre la police et le bureau du procureur du district du sud – dont les employés croient la version des faits de leur collègue.
Plusieurs enquêtes du DIPI ont été ouvertes ces derniers mois contre des agents de police soupçonnés de violences à l’encontre de citoyens arabes israéliens.
Dans une affaire datant du mois de janvier, les enquêteurs ont lancé des investigations sur plusieurs agents soupçonnés d’avoir abattu un homme lors d’un raid nocturne à Tarabin al-Sana. Ils avaient ensuite détruit les preuves.
L’enquête est actuellement en cours.
Des investigations examinent également les agissements de quatre agents de la Garde nationale qui sont soupçonnés d’avoir agressé deux Bédouins lors de fouilles aléatoires à Tel Sheva.
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