Un étudiant de Cornell ayant salué le 7 octobre sommé de se rendre à l’ICE
Selon l'ordre des autorités de l'immigration, Momodou Taal est l'une des personnes pour lesquelles un groupe de veille pro-Israël a fait pression pour qu'elles soient expulsées
Un militant anti-Israël de l’Université Cornell a reçu l’ordre de se présenter aux autorités de l’United States Immigration and Customs Enforcement (ICE), ce qui indique que l’administration Trump prévoit de l’expulser.
Momodou Taal, un ressortissant gambien-britannique qui a été brièvement suspendu de Cornell en raison de son activisme anti-Israël, avait intenté une action en justice préventive pour bloquer toute tentative de l’expulser, affirmant que l’administration sanctionnait la liberté d’expression dans sa répression massive des manifestants anti-Israël.
Il a été particulièrement critiqué pour un message publié sur le réseau social X le jour du pogrom du 7 octobre 2023 perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, dans lequel il déclarait « Gloire à la résistance ! ». Dans un autre message publié sur X deux jours plus tard, Taal a de nouveau exprimé son soutien aux atrocités, se déclarant « anti-impérialiste et convaincu que les peuples colonisés ont le droit de résister par tous les moyens nécessaires ».
Ses avocats ont maintenant déposé une demande d’injonction contre le gouvernement, affirmant qu’il avait reçu l’ordre de « se rendre à la garde de l’ICE » dans un bureau du département de la Sécurité intérieure à Syracuse, dans l’État de New York, à environ 80 kilomètres au nord de Cornell. Les partisans de Taal ont manifesté sur le campus cette semaine après avoir repéré ce qu’ils pensaient être des forces de l’ordre devant son domicile.
La plainte déposée par Taal mentionne le fait que le groupe militant pro-Israël Betar US a pris fait et cause contre lui, affirmant avoir transmis au gouvernement les noms de manifestants susceptibles d’être expulsés.
« Betar confirme que @MomodouTaal figurait sur notre liste de djihadistes que nous avons soumise à divers bureaux gouvernementaux pour expulsion », a écrit sur X le groupe vendredi.
« Nous sommes heureux qu’il ait reçu l’ordre de se rendre à @ICEgov. »
Utilisant la formulation « Shalom Momodou », qui reflète un slogan récent de l’administration Trump destiné à être menaçant, le groupe a déclaré qu’il demandait instamment davantage d’expulsions, y compris de « djihadistes naturalisés ».
Le groupe a également déclaré qu’il avait « des raisons de croire » que deux autres militants anti-Israël contre lesquels il a fait pression – Mohsen Madawi, un étudiant palestinien diplômé de Columbia, et Mosab Abu Toha, un poète qui travaille à l’Université de Syracuse après avoir fui Gaza fin 2023 – sont « sur la liste restreinte de ceux qui seront bientôt expulsés ».
On ignore dans quelle mesure le plaidoyer du groupe a fixé des priorités à l’administration Trump alors qu’elle tient sa promesse d’expulser les « sympathisants du Hamas » sur les campus universitaires. Cependant, Mahmoud Khalil, le leader de la manifestation anti-Israël de l’Université de Columbia qui risque l’expulsion bien qu’il soit titulaire d’une carte verte, a été critiqué par le groupe peu avant son arrestation au début du mois.