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  • Le plus grand mémorial sur le site de l'ancien camp de concentration de Plaszow, dédié à toutes les victimes du fascisme. (Crédit : Jason Francisco)
    Le plus grand mémorial sur le site de l'ancien camp de concentration de Plaszow, dédié à toutes les victimes du fascisme. (Crédit : Jason Francisco)
  • La zone située juste à l'extérieur du camp de concentration de Plaszow avant (à gauche) et après (à droite) l'abattage des arbres pour faire place à un futur musée. (Crédit : Action Rescue for Krakow ; Krakow Residents Association)
    La zone située juste à l'extérieur du camp de concentration de Plaszow avant (à gauche) et après (à droite) l'abattage des arbres pour faire place à un futur musée. (Crédit : Action Rescue for Krakow ; Krakow Residents Association)
  • Une partie de l'ancien cimetière juif situé sur le site du camp de concentration de Plaszow à Cracovie, en Pologne. (Crédit : Jason Francisco)
    Une partie de l'ancien cimetière juif situé sur le site du camp de concentration de Plaszow à Cracovie, en Pologne. (Crédit : Jason Francisco)
  • Magda Rubenfeld Koralewska (devant) lors d'une visite à pied du site de l'ancien camp de concentration de Plaszow à Cracovie. (Crédit : Stan Baranski/FestivALT)
    Magda Rubenfeld Koralewska (devant) lors d'une visite à pied du site de l'ancien camp de concentration de Plaszow à Cracovie. (Crédit : Stan Baranski/FestivALT)
  • Un mémorial du camp de concentration de Plaszow dédié aux victimes juives du site. (Crédit : Jason Francisco)
    Un mémorial du camp de concentration de Plaszow dédié aux victimes juives du site. (Crédit : Jason Francisco)

Un groupe juif cherche à bloquer le projet de commémoration du camp nazi de Cracovie

Par crainte d’une réaction antisémite, certains juifs locaux se joignent à des résidents et à des militants écologistes pour s’opposer au projet municipal

KRAKOW, Pologne – Soixante-quinze ans après la fin de la Shoah, les passants qui se promènent sur le site de l’ancien camp de concentration de Plaszow, dans la banlieue de Cracovie, n’ont peut-être aucune idée de l’importance de la zone.

Beaucoup de ceux qui viennent promener leur chien, faire du vélo ou pique-niquer sur les buttes herbeuses ignorent que le site contient des fosses communes, des vestiges de la barbarie nazie et non pas un mais deux cimetières juifs en grande partie détruits.

Aujourd’hui, les autorités municipales s’efforcent de changer cet état de fait avec un projet de construction d’un musée commémoratif à proximité du site et de commémorer comme il se doit les atrocités commises sur cette bande de terre de 37 hectares. Mais ce projet a suscité l’ire des résidents locaux, des militants écologistes et d’au moins un groupe juif.

Les habitants des environs du camp s’inquiètent de l’afflux de touristes, les groupes de défense de l’environnement sont furieux de l’abattage de centaines d’arbres et le groupe juif FestivALT craint que les réactions locales à l’idée ne fomentent l’antisémitisme et ne provoquent des tensions inutiles. Depuis le début de l’année, le site est déjà devenu un foyer de tensions. Des plaintes ont été déposées concernant l’installation de bancs publics non autorisés et un groupe environnemental a organisé de nombreuses manifestations pour protester contre la démolition des arbres.

Magda Rubenfeld Koralewska, co-directrice du collectif artistique juif FestivALT, a déclaré que son organisation soutient la création d’un mémorial sur le site, mais estime que les responsables de la ville n’ont pas consulté correctement les résidents ou les groupes juifs sur les plans. La poursuite de la construction, dit-elle, ne fera qu’engendrer davantage d’animosité parmi les résidents des zones entourant le camp.

Le dialogue lors des réunions de consultation locales, dit-elle, était souvent houleux et inconfortable.

Magda Rubenfeld Koralewska (devant) lors d’une visite à pied du site de l’ancien camp de concentration de Plaszow à Cracovie. (Crédit : Stan Baranski/FestivALT)

Il y avait cette rhétorique du genre : « Pour la mémoire juive, nous devons sacrifier notre façon de vivre, et vous donnez la priorité à leurs besoins plutôt qu’aux nôtres », se souvient-elle. La co-directrice de FestivALT, et originaire de Cracovie, a déclaré qu’elle ne pensait pas que tous les résidents qui protestaient étaient antisémites, « mais c’est l’atmosphère qui a été construite, qui ne permettait pas aux résidents [de sentir qu’ils] avaient un quelconque pouvoir. De plus, le manque de transparence a vraiment dégénéré en quelque chose de vraiment, vraiment négatif ».

« On pouvait en quelque sorte sentir cet air d’antisémitisme dans ces consultations », a ajouté Rubenfeld Koralewska. « Je n’avais jamais rien vu de tel auparavant, d’aussi agressif et d’aussi épais ».

Mme Rubenfeld Koralewska a dit qu’elle n’était pas sûre de l’étendue des consultations de la ville avec d’autres groupes rabbiniques et juifs, en particulier sur la sécurisation des zones supposées contenir des fosses communes.

Mais le grand rabbin polonais Michael Schudrich, qui dirige également la Commission rabbinique polonaise des cimetières juifs, a déclaré que la commission était « très impliquée » dans les activités menées sur le site de Plaszow.

« Nous avons fait en sorte que les deux cimetières d’avant-guerre sur lesquels Plaszow a été construit soient sécurisés et protégés », a déclaré Schudrich. « Nous sommes en train de sécuriser la zone de toutes les fosses communes ».

Il a ajouté que la zone où le bâtiment du musée sera construit – et où les arbres ont été coupés – « ne se trouve pas sur la zone des cimetières d’avant-guerre ni des fosses communes. »

Le grand rabbin de Pologne, Michael Schudrich, s’exprime lors d’un événement à Varsovie, en Pologne, dimanche 8 septembre 2019. (Crédit : AP Photo/Czarek Sokolowski)

Schudrich a toutefois noté que la commission est « sensible aux préoccupations écologiques. » Il a dit être conscient des heurts entre les responsables du musée et les résidents et les groupes environnementaux, et il encourage « les deux parties [à] s’asseoir pour trouver une solution sage. »

Les responsables de la ville ont également fait remarquer qu’en plus de consulter Schudrich et la commission rabbinique, Tadeusz Jakubowicz – le président de la communauté juive de Cracovie, et un natif de Cracovie qui a été emprisonné à Plaszow dans son enfance – siège également au conseil du musée.

Les autorités affirment que la majorité des demandes des résidents locaux sont prises en compte dans les plans.

La ville de Cracovie a un « engagement fort tant envers les victimes et les habitants de Cracovie qui se souviennent encore de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah qu’envers les habitants contemporains de Cracovie et la communauté internationale », a déclaré Robert Piaskowski, le plénipotentiaire pour la culture du maire de Cracovie.

Les Juifs veulent que les arbres soient coupés

M. Piaskowski a déclaré que les principales demandes des participants aux consultations portaient sur l’accès gratuit et sans billet au site, sur la non-clôture de la zone et sur la non-élimination de la verdure sur l’ancien site du camp de concentration. Ces préoccupations, a-t-il dit, sont prises en compte dans les plans de la ville.

La question qui a fait le plus les gros titres, cependant, est une série de protestations contre l’abattage de centaines d’arbres sur la zone qui abritera le futur bâtiment du musée. Quelques jours après une manifestation organisée sur le site du camp de concentration au début du mois, le vice-maire de Cracovie, Andrzej Kulig, a confirmé aux militants que l’abattage des arbres était terminé.

Les militants écologistes affirment que plus de 500 arbres ont été enlevés, tandis que la ville affirme que 275 arbres ont été retirés d’une zone qui était « envahie par la végétation » et « non gérée », ainsi que 300 autres plants ou buissons. M. Piaskowski a déclaré qu’en réponse, « 295 arbres d’espèces nobles seront plantés dans les environs immédiats du site. » Michal Niezabitowski, directeur du musée de Cracovie, qui supervise l’ensemble du projet, a déclaré que les nouveaux arbres seront plantés par la ville avant la fin de cette année.

La zone située juste à l’extérieur du camp de concentration de Plaszow avant (à gauche) et après (à droite) l’abattage des arbres pour faire place à un futur musée. (Crédit : Action Rescue for Krakow ; Krakow Residents Association)

Après l’abattage des arbres, Action Rescue for Krakow, le groupe qui a organisé la manifestation sur le site, a exprimé sa colère face à cette décision. Selon le groupe, la ville s’est précipitée pour couper les arbres afin d’empêcher toute discussion. « Ils les ont tout simplement abattus et laissés dans cet état pour ne pas nous laisser, à nous les habitants, au moins un petit espace pour discuter de l’avenir de cet endroit », a déclaré le groupe dans un communiqué.

Artur Hofman, président du groupe culturel TSKZ, la plus ancienne organisation juive polonaise, s’est moqué de l’idée que l’abattage des arbres soit un obstacle à la préservation de la mémoire juive sur le site. « Nous vivons une époque idiote », a-t-il déclaré à propos de la récente manifestation. « Tout est sujet à controverse… les jeunes ne connaissent rien à l’histoire ».

Rubenfeld Koralewska a déclaré que dans la série de réunions de consultation qui ont eu lieu – auxquelles ont participé des résidents, des militants et des représentants de musées – elle a eu l’impression que les responsables ont cherché à présenter l’initiative comme étant spécifiquement poussée par des groupes juifs.

« Cela crée une rhétorique du genre ‘Les Juifs veulent que les arbres soient coupés' », a déclaré Rubenfeld Koralewska au Times of Israel, quelques heures avant que la ville ne confirme que tous les arbres avaient déjà été abattus. « Et puis cela va provoquer un retour de bâton qui va résonner, je pense, très négativement dans la communauté pendant longtemps ».

Elle et le groupe FestivALT ont fait pression à plusieurs reprises pour obtenir une pause de 90 jours dans toute activité sur le site avant que les arbres ne soient rasés, mais la demande est finalement tombée dans l’oreille d’un sourd.

Une partie de l’ancien cimetière juif situé sur le site du camp de concentration de Plaszow à Cracovie, en Pologne. (Crédit : Jason Francisco)

Elle craint néanmoins que certains habitants soient tellement en colère face à l’afflux de touristes et au bouleversement du site qu’ils pourraient prendre les choses en main et attaquer les groupes de visiteurs une fois le musée ouvert.

Une lettre de l’un des résidents disait : « Jusqu’à présent, nous avons été gentils avec les touristes, mais ce ne sera peut-être pas toujours le cas », a déclaré Mme Rubenfeld Koralewska, ajoutant qu’elle « exagère peut-être », mais qu’elle craint qu’un résident en colère « lance quelque chose… sur un groupe, en espérant ne blesser personne, mais cela provoquera un énorme retour de bâton ».

    Comme nous nous mettons la communauté à dos, nous pouvons nous attendre à ce que quelque chose se produise…

Ce contrecoup, dit-elle, pourrait amener la ville à revenir sur sa promesse de ne pas clôturer la zone, ce qui « créerait encore plus d’animosité ». La situation, dit-elle, ressemble à une « prophétie qui se réalise d’elle-même : parce que nous nous mettons la communauté à dos, nous pouvons prévoir que quelque chose va se produire ».

Rubenfeld Koralewska souhaite que les plans pour le site ralentissent et soient plus réactifs aux demandes des résidents locaux.

« C’est un processus qui doit se faire par petites étapes, et qui doit se faire progressivement », a-t-elle déclaré. « Après des décennies à ne rien faire avec le site, il s’agit de savoir si nous devons nous précipiter maintenant et vraiment transformer la façon dont le site fonctionne, ou si nous pouvons essayer – pour que cela ait un effet positif à long terme sur la communauté – de nous permettre d’aller un peu plus lentement ? »

Une carte aérienne du site de l’ancien camp de concentration de Plaszow préparée par l’organisation FestivALT. (Crédit : FestivALT)

« En un sens, tout ce processus a été incroyablement, en quelque sorte, révélé par étapes », a-t-elle ajouté. « C’est aussi ce que je pense qui n’aide pas à construire une relation avec notre communauté locale. »

Mais les responsables de la ville et du musée affirment que l’idée germe depuis des années, et que la municipalité ne va de l’avant qu’après une série de consultations avec les résidents, les militants et d’autres groupes impliqués.

Se dépêcher et attendre

Pendant des décennies, le site de l’ancien camp de Plazsow a été largement ignoré. En 2002, il a été inscrit sur la liste des monuments historiques de Pologne, et en 2006, la municipalité de Cracovie a annoncé un concours pour un plan de développement et de commémoration de la zone. En 2017, la ville de Cracovie a signé une lettre d’intention avec le ministère polonais de la Culture pour créer une institution, supervisée par le musée de Cracovie, pour commémorer le site de Plaszow.

En 2018, le plan du site a été modifié pour s’adapter au plan d’un mémorial supervisé par le musée de Cracovie, et au début de 2020, a déclaré M. Piaskowski, les consultations publiques avec les résidents sur le site ont été achevées. Le 1er janvier de cette année, l’organisation qui supervisera finalement le Museum KL Plaszow a été officiellement formée. Selon les responsables de la ville, de nouveaux appels d’offres seront lancés l’année prochaine, la construction commencera en 2023 et le musée devrait ouvrir ses portes aux visiteurs en 2025.

Le camp a été construit sur le site de deux cimetières juifs et exploité par les nazis entre 1942 et 1945. Les nazis ont détruit la plupart des preuves du camp et de ses activités, mais les historiens pensent que près de 8 000 Juifs ont été assassinés et que le site abrite plusieurs fosses communes. Le célèbre commandant SS Amon Göth, qui supervisait le camp, était connu pour le traitement sadique qu’il réservait aux prisonniers et pour les avoir arbitrairement abattus tous les jours.

Selon M. Piaskowski, le projet de mémorial prévoit de « laisser le site de l’ancien camp aussi inchangé et authentique que possible. »

Le plus grand mémorial sur le site de l’ancien camp de concentration de Plaszow, dédié à toutes les victimes du fascisme. (Crédit : Jason Francisco)

Il a précisé que les plans prévoient uniquement l’ajout de plaques d’information sur les sites concernés, notamment les fosses communes, la construction d’un musée adjacent au camp avec une exposition permanente sur l’histoire du site, ainsi qu’un parking pour les bus de tourisme, et la restauration de la tristement célèbre « Maison grise », qui était autrefois utilisée par la société d’enterrement juive Hevra kadisha et qui a été cooptée pendant la guerre comme logement pour les fonctionnaires SS.

M. Niezabitowski a déclaré que l’objectif était de « préserver et de gérer la zone » de l’ancien camp. Les terrains qui faisaient autrefois partie de Plaszow, a-t-il ajouté, seront traités comme le « véritable témoin de la mort et de la souffrance des victimes. »

M. Piaskowski a noté que vers la fin de la guerre, « les nazis ont ordonné que les corps des victimes extraits des fosses communes soient brûlés. » « Par conséquent, a-t-il ajouté, [puisque les] cendres des personnes assassinées ont été dispersées sur toute la zone, la zone du camp est officiellement un cimetière ».

 Puisque les cendres des personnes assassinées ont été dispersées sur toute la zone, la zone du camp est officiellement un cimetière.

M. Niezabitowski a déclaré que la zone sur laquelle sera construit le nouveau musée a été « choisie délibérément parce qu’on n’y trouve pas de restes humains » – ni des cimetières juifs d’avant-guerre, ni des victimes du camp de concentration nazi.

Le camp de concentration de Plaszow est également devenu tristement célèbre dans le film de Steven Spielberg de 1993 « La liste de Schindler », et plusieurs scènes du film ont été tournées près du site. L’équipe du film a recréé des parties du camp à proximité, car il ne restait rien de ce qui était en activité pendant la Shoah. Des vestiges du décor du film sont toujours en place sur le site, juste à l’extérieur de l’enceinte de l’ancien camp de concentration.

Mais aujourd’hui, il y a peu de signes des atrocités passées sur le site, et de nombreux résidents utilisent le terrain pour des promenades, des sports et des activités de loisirs. La grande majorité des traces du camp de concentration ont disparu, et ce n’est qu’en 2017 que la ville a installé des panneaux signalant la zone et expliquant son histoire horrible. Un grand mémorial – dédié à toutes les victimes du fascisme – et plusieurs autres monuments et plaques plus petits se trouvent également sur le vaste site, bien que les visiteurs ne les rencontrent pas nécessairement.

Un mémorial du camp de concentration de Plaszow dédié aux victimes juives du site. (Crédit : Jason Francisco)

Après être sortie d’une réunion avec le vice-maire de Cracovie au début du mois, au cours de laquelle les militants ont découvert que les arbres en question avaient déjà été enlevés, Mme Rubenfeld Koralewska a déclaré qu’elle se sentait vaincue et « désillusionnée ».

Mais quelques jours plus tard, elle a déclaré au Times of Israel qu’elle et son organisation allaient accepter l’offre du vice-maire de soumettre leurs suggestions et de prendre part aux futures consultations sur les plans du site, « d’autant plus que nous craignons que ces animosités ne continuent de croître et de saper l’avenir de la commémoration digne de ce site ».

Nous sommes préoccupés par le fait que ces animosités vont continuer à croître et à saper l’avenir de la digne commémoration de ce site.

Bien que FestivALT ne propose pas de plan alternatif, Rubenfeld Koralewska estime que la ville doit repenser la proposition actuelle, en particulier parce que le musée prévu est très petit et qu’il est limité par des lois restreignant la construction sur l’espace vert existant. Le plan actuel, dit-elle, ne laisse pas de place pour des expositions temporaires ou le stockage d’objets ou un lieu pour des événements éducatifs.

« Pourquoi ne pas faire un musée qui va remplir ces fonctions ? » a-t-elle demandé. « Pas sur cette parcelle, mais il y a des parcelles de l’autre côté de la rue… il pourrait y avoir d’autres solutions ». FestivALT, a-t-elle dit, n’a pas « de préférence ; notre préférence est surtout que, quelle que soit la solution, elle soit travaillée avec une variété de parties prenantes. »

Rubenfeld Koralewska a également noté qu’elle n’avait pas l’impression que beaucoup de résidents qui vivent près de l’ancien camp de Plaszow avaient une idée de l’histoire macabre du site. « Pendant des décennies, il n’y avait pratiquement aucun marquage à cet endroit ; il y a quelques monuments éparpillés », a-t-elle déclaré. « C’était un site qui était destiné à être oublié ».

Bien qu’elle regrette le contrecoup de la communauté autour des plans pour le mémorial, elle croit qu’il y a toujours un côté positif à la controverse.

« Malgré le scandale, la conscience de ce qu’est le site est beaucoup plus grande aujourd’hui », a-t-elle déclaré. « Et c’est une grande réussite dans un sens. J’aurais simplement souhaité que nous y arrivions différemment. »

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