Un homme arrêté pour avoir lancé des salières sur Bennett pendant un déplacement électoral à Bnei Brak
Le tribunal a ordonné le maintien en détention d'un habitant de cette ville haredi jusqu'à dimanche ; une collaboratrice du parti Beyahad de l'ex-Premier ministre, blessée lors de l'incident, a été soignée sur place
Le tribunal de Tel Aviv a ordonné vendredi le maintien en détention d’un homme qui avait été arrêté la veille pour avoir lancé deux salières sur l’ancien Premier ministre et chef du parti Beyahad, Naftali Bennett, alors que celui-ci était en déplacement dans le centre d’Israël, dans le cadre de sa campagne électorale.
Eliya Azard, un habitant de la ville à majorité haredi de Bnei Brak, dans laquelle Bennett tournait une vidéo de campagne, restera en détention jusqu’à dimanche.
Bennett se trouvait dans un restaurant où il enregistrait son émission « Parliament », que son parti diffuse sur les réseaux sociaux, lorsque des manifestants d’extrême droite ont fait irruption, perturbant le tournage.
Les images montrent Bennett assis, en train d’échanger avec de jeunes électeurs haredim, avant que deux salières ne soient lancées dans sa direction. Une membre de l’équipe de l’ancien Premier ministre, qui se tenait à proximité, a été blessée, a fait savoir Beyahad dans un communiqué.
Cette collaboratrice a été prise en charge sur place par les services d’urgence du Magen David Adom.
Sur une autre vidéo relayée sur le réseau social X, on peut voir Bennett évacué du restaurant, escorté par la police et son service de sécurité. Beyahad a par la suite remercié les forces de sécurité pour leur intervention rapide.
Parmi les militants d’extrême droite présents figurait Mordechai David, un provocateur pro-gouvernemental, à qui Bennett déclare dans une vidéo : « Je te conseille de t’enrôler [dans l’armée] dès demain parce qu’à partir du moment où je serai Premier ministre, tu ne recevras plus un seul shekel de l’État. »
David est un criminel condamné qui n’a pas effectué son service militaire dans l’armée israélienne, sans doute en raison de son casier judiciaire.
Le mois dernier, sur une plage, David s’en est pris avec virulence au candidat de l’opposition Gadi Eisenkot, qu’il a accusé d’avoir prôné la capitulation suite au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7-Octobre. L’ancien chef de l’armée israélienne l’a alors remis à sa place, en lui rappelant qu’il n’avait pas lui-même effectué son service militaire.
Cet incident s’est produit alors que Bennett parcourt le pays pour réaliser des épisodes de son émission « Parliament », dans laquelle il s’entretient avec des habitants et aborde des sujets politiques sensibles avec des électeurs de tous horizons, notamment des étudiants haredim en yeshiva, des chauffeurs de taxi, des chefs de petites entreprises et des partisans de la démocratie. Certaines de ces discussions ont parfois donné lieu à des échanges animés.
Dans une interview approfondie qu’il a accordée au Times of Israel en juin, Bennett a expliqué qu’Israël faisait face à « un moment existentiel » et il a averti qu’un nouveau mandat du gouvernement actuel laisserait le pays sans économie, sans société et sans position internationale viables.
« Encore quatre ans avec ce gouvernement, et nous n’aurons plus d’économie, nous n’aurons plus de société », a-t-il déclaré. « La question des Haredim va tout simplement nous mener à la ruine. Nous n’aurons plus aucune crédibilité sur la scène internationale. Nous devons agir maintenant. »
Alors que les Israéliens s’apprêtent à élire un nouveau gouvernement le 27 octobre, le dernier sondage réalisé par Zman Yisrael, le site en hébreu partenaire du Times of Israel, montre que les blocs pro- et anti-Benjamin Netanyahu sont à égalité – et qu’ils sont tous deux loin d’obtenir une majorité de sièges à la Knesset, qui en compte 120.
Selon ce sondage, les deux blocs présumés sont au coude à coude, avec 53 sièges chacun. Les partis dirigés par des Arabes remporteraient les 14 sièges restants – huit pour la Liste arabe unie et six pour le parti Raam. Un résultat qui laisse les deux blocs à huit sièges de la majorité requise, qui est de 61.
En tête du sondage se trouve le parti Yashar d’Eisenkot, avec 23 sièges, suivi de Netanyahu avec 21. Viennent ensuite le parti d’opposition Beyahad de Bennett, avec 12 sièges. Le parti d’opposition belliciste Yisrael Beytenu et le parti séfarade haredi pro-Netanyahu, le Shas, suivent avec 10 sièges chacun.
Alors qu’Eisenkot caracole en tête des sondages, Bennett et Avigdor Liberman, du parti Yisrael Beytenu, ont annoncé leur candidature au poste de Premier ministre.