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Naftali Bennett, chef du parti « BeYahad » (« Ensemble » en hébreu) et ancien Premier ministre, lors d'une interview accordée au Times of Israel, au siège de son parti, le 11 juin 2026. (Crédit : Yitzhak Ledee/Times of Israel)
Naftali Bennett, chef du parti « BeYahad » (« Ensemble » en hébreu) et ancien Premier ministre, lors d'une interview accordée au Times of Israel, au siège de son parti, le 11 juin 2026. (Crédit : Yitzhak Ledee/Times of Israel)
Interview

Bennett au ToI : « Si ce gouvernement reste au pouvoir 4 ans de plus, notre société n’existera plus »

Alors que les États-Unis et l’Iran s’apprêtent à signer un accord, l’ex-Premier ministre dénonce la stratégie de Benjamin Netanyahu vis-à-vis de l’Iran et son recours aux « guerres de longue haleine » ; il fustige « l’État dans l’État » haredi, qu’il accuse de provoquer un « suicide national »

Alors que les États-Unis sont en train de finaliser leur accord-cadre avec l’Iran en vue de mettre fin au conflit – accord dont la signature est prévue dans les prochaines heures ou dans les prochains jours – l’ancien Premier ministre Naftali Bennett a lancé une attaque virulente contre la stratégie globale de Benjamin Netanyahu face au régime iranien et face à ses proxys.

Dans une interview approfondie qu’il a accordée au Times of Israel, Bennett a dénoncé « l’approche globale » de Netanyahu et il a critiqué « cette guerre très longue » menée sur plusieurs fronts. S’il est élu cet automne, a-t-il promis, il mettra en œuvre ce qu’il appelle depuis longtemps sa « doctrine de la pieuvre » – un plan d’action pluriannuel qui vise à accélérer l’effondrement d’un « régime corrompu, vieux, incompétent et déconnecté » à Téhéran, tout en veillant à ce que le dit-régime ne se dote jamais de l’arme nucléaire.

« Israël n’a jamais eu pour doctrine de mener une guerre permanente, ce qui épuise la société israélienne, ce qui épuise les réservistes, l’économie et ce qui nuit considérablement à notre image internationale », a-t-il déclaré.

Mais selon Bennett, le problème avec le Premier ministre actuel ne se limite pas à la question iranienne. À quatre mois et demi d’une des élections « les plus cruciales », affirme-t-il, de l’Histoire d’Israël, Bennett déclare que Netanyahu a tout simplement perdu la capacité de gouverner, de gagner des guerres, de rétablir l’ordre public, d’intégrer les ultra-orthodoxes dans la société israélienne et de redorer le blason d’Israël sur la scène internationale.

S’adressant au Times of Israel jeudi au siège de la campagne de « BeYahad », le nouveau parti qu’il dirige désormais avec l’ancien Premier ministre Yaïr Lapid, Bennett a noté qu’Israël faisait face à « un moment existentiel » et il a averti qu’un nouveau mandat du gouvernement actuel laisserait le pays sans économie, sans société et sans position internationale viables.

« Quatre années supplémentaires avec ce gouvernement, et nous n’aurons plus ni économie ni société », a-t-il affirmé. « Netanyahu n’en est plus capable. Il ne parvient pas à gagner des guerres. Il nene parvient pas à lutter contre la criminalité. Il ne parvient pas non plus faire baisser les prix. Il nene parvient pas non plus intégrer les ultra-orthodoxes à la société israélienne ».

« La question des Haredim va tout simplement nous anéantir. Nous n’aurons plus aucune position à l’international. Nous devons agir maintenant. »

« Il n’en est tout simplement plus capable », a-t-il affirmé à propos de Netanyahu.

Il ne parvient pas à gagner des guerres. Il nene parvient pas à lutter contre la criminalité. Il ne parvient pas non plus faire baisser les prix. Il nene parvient pas non plus intégrer les ultra-orthodoxes à la société israélienne.

Parcours vers le courant politique dominant

L’entretien a eu lieu au cœur du quartier high-tech de Raanana, dans des bureaux qui ressemblent moins à un quartier général de campagne politique traditionnel qu’à une start-up israélienne : un étage en hauteur, des vitres impeccables, des espaces de travail ouverts, une vue imprenable sur la région de HaSharon et un espace de coworking qui grouille d’animation, avec les membres de l’équipe de campagne qui vont et viennent. Ce cadre convient parfaitement à Bennett, ancien entrepreneur du secteur des technologies, qui parle encore aujourd’hui de leadership, de stratégie et de gouvernance en termes d’exécution, de gestion et de résultats.

À l’entrée, une rencontre fortuite avec Yaïr Zivan, conseiller de longue date de Lapid pour les affaires étrangères et la communication, a mis en évidence la nature de la nouvelle alliance : la fusion du véhicule politique nouvellement formé par Bennett pour les élections de cet automne, qui n’a jamais adopté de nom définitif, avec Yesh Atid, la machine politique mieux financée et bien établie de Lapid, qui est dotée d’une organisation sur le terrain, de députés en exercice et d’une infrastructure de campagne.

Un partenariat qui n’a surpris personne. Et la tête de cette liste d’aliance s’est imposée tout naturellement. Bien sûr, Lapid reste une figure centrale de l’alliance, mais c’est Bennett qui est assurément le candidat au poste de Premier ministre.

Les premiers sondages invitent toutefois à la prudence. Au cours des semaines qui ont suivi l’annonce de la fusion, les sondages ont indiqué que l’alliance ne générait pas d’effet multiplicateur. Au contraire, une partie du soutien a semblé se détourner de « BeYahad » pour s’orienter vers Gadi Eisenkot, l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, à la tête du nouveau parti Yashar, et autre candidat de premier plan au poste de Premier ministre d’Israël.

Le chef du parti et ancien Premier ministre Naftali Bennett lors d’une interview accordée depuis le siège de son parti, à Raanana, le 11 juin 2026. (Crédit : Yitzhak Ledee/Times of Israel)

Le message visuel est révélateur dans le bureau de Bennett. Sur une table d’appoint, à côté d’un petit drapeau israélien et d’une photo de famille encadrée, se trouvent des figurines représentant les fondateurs d’Israël : David Ben Gurion, Golda Meïr et Théodore Herzl, penchés au-dessus du célèbre balcon de Bâle. À proximité, un petit tableau aux couleurs vives représente Ben Gurion dans des tons orange et bleu éclatants, le drapeau d’Israël s’élevant derrière lui au-dessus d’un paysage spectaculaire.

Pour un homme politique qui s’est fait un nom à la tête du mouvement pro-implantations et qui est devenu le premier Premier ministre israélien à porter la kippa, cette absence de symboles traditionnels du sionisme religieux est frappante. On ne trouve ici aucun portrait de rabbins éminents, aucune image des implantations, aucun repère visuel évident de l’univers idéologique dont il est issu. Au contraire, son bureau reflète le langage de l’État israélien traditionnel : le Premier ministre, l’idéologue fondateur, la déclaration d’indépendance, l’égalité civique, la démocratie libérale et les institutions nationales.

Bennett porte toujours une kippa tricotée sur la tête. Mais lorsqu’il s’assoit pour l’interview, il ne se présente pas, en premier lieu, comme un homme politique religieux. La pièce qui l’entoure envoie un message clair : Bennett a achevé son parcours vers le courant dominant de la politique israélienne et il veut que les électeurs le remarquent.

Au cours de notre entretien, Bennett, qui a occupé le poste de Premier ministre en 2021-2022 après avoir détrôné Netanyahu, a fait valoir que la dépendance de l’actuel Premier ministre à l’égard de ses partenaires de coalition, Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, l’empêchait d’agir dans l’intérêt national fondamental d’Israël. Ben Gvir et Smotrich, a-t-il déclaré, « causent d’énormes dommages sur la scène internationale par des déclarations et par des actions qui ne servent aucun intérêt réel ; il ne s’agit là que de politique politicienne ».

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors d’une session plénière spéciale en l’honneur de Trump à la Knesset, le 13 octobre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Concernant les relations entre Israël et Donald Trump, Bennett a salué le bilan du président américain à l’égard de l’État juif – citant notamment la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, le transfert de l’ambassade américaine dans cette ville, la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan, l’élimination du chef de la Force Al-Qods, l’unité d’élite à l’étranger du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) iranien, Qassem Soleimani, ainsi que les dommages qui ont été infligés à l’Iran. Cependant, a-t-il souligné, un Premier ministre israélien doit être capable, lorsque la situation l’exige, de « se lever et de garantir la sécurité de son peuple à tout prix ».

Bennett a indiqué qu’il pensait pouvoir nouer une solide relation de travail avec Trump, car tous les deux ont fait leurs armes en dehors de la politique professionnelle.

« C’était un homme d’affaires, pas un politicien de carrière, tout comme moi », a-t-il déclaré.

« Sa vision du monde est la suivante : agissons. Regardons les résultats, pas le processus. Et c’est très précisément ma vision des choses. »

Le projet de loi sur l’étude de la Torah, « une profanation du nom de Dieu »

Bennett a également vivement critiqué la gestion par le gouvernement de la question du service militaire des ultra-orthodoxes, qualifiant l’approche adoptée depuis des décennies par Israël vis-à-vis de l’autonomie des Haredim de « suicide national au ralenti ». Il a déclaré que des générations de responsables politiques avaient permis « la formation d’un État haredi indépendant au sein d’Israël », dans lequel de nombreux enfants de la communauté haredi ne reçoivent aucun enseignement en anglais, en mathématiques, en éducation civique, en démocratie ou en sionisme.« J’aime mes frères et sœurs haredim, mais trop, c’est trop », a-t-il dit.

Bennett a précisé que son plan n’inclurait pas la suppression du droit de vote, l’emprisonnement des réfractaires à la conscription ou l’envoi de « chars à Bnei Brak », mais qu’il mettrait plutôt fin au financement public des écoles qui refusent d’enseigner le programme scolaire de base. Il a expliqué qu’il supprimerait aussi les allègements fiscaux, les subventions pour les crèches et les aides au logement pour ceux qui ne servent pas dans l’armée ou qui ne travaillent pas.

Il s’est montré particulièrement cinglant à l’égard des efforts qui sont actuellement livrés par la coalition qui cherche à inscrire l’étude de la Torah comme priorité nationale dans une Loi fondamentale. Il a affirmé que cette mesure ne visait pas à honorer la Torah, mais à maintenir le flux de fonds publics vers ceux qui refusent de servir ou de travailler.

Des hommes ultra-orthodoxes bloquant une autoroute, près du carrefour de Ganot, le 11 juin 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

« Ce projet de loi n’a qu’un seul objectif : maintenir le flux de milliards de shekels par an qui se déverse sur des individus qui décident délibérément de ne pas servir et de ne pas travailler », a déclaré Bennett.

« Cette législation utilise la Torah comme outil pour obtenir de l’argent. »

Interrogé sur la présence des femmes au combat, Bennett a répondu qu’il soutenait le service des femmes dans l’armée et dans des rôles de combat, partout où Tsahal le jugerait approprié. Évoquant la capitaine Or Moses, commandante adjointe de compagnie à la base d’entraînement de Zikim, qui avait été tuée le 7-Octobre alors qu’elle tentait de secourir un soldat blessé, Bennett a déclaré : « Personne ne peut prétendre me dire que les femmes ne peuvent pas se battre. »

Concernant les violences commises par les résidents d’implantations, Bennett, ancien président du Conseil des résidents d’implantations, a souligné que la grande majorité des Israéliens qui vivent en Judée-Samarie sont des citoyens respectueux des lois qui servent dans l’armée et qui ont subi de longues années d’attaques terroristes. Mais il a condamné « avec la plus grande fermeté » les violences à l’encontre des Palestiniens innocents et des soldats.

« Nous ne sommes pas revenus dans l’État d’Israël, sur la Terre d’Israël, après des milliers d’années, pour avoir des milices et des groupes d’autodéfense », a-t-il affirmé.

« Il n’y a pas de place pour cela. L’ordre public doit régner partout en Israël, que ce soit dans le Néguev, à Bnei Brak, en Galilée ou en Judée-Samarie. Et je rétablirai l’ordre public en Israël. »

S’il est réélu, Bennett se considérera comme responsable non seulement des citoyens israéliens, mais aussi des Juifs du monde entier, à une époque marquée par une montée de l’antisémitisme et par une aliénation croissante à l’égard d’Israël. Il a accusé le gouvernement actuel de « s’être tiré à plusieurs reprises une balle dans le pied », notamment en s’en prenant au mouvement réformé, la plus grande confession juive d’Amérique.

« Ma vision pour Israël est celle d’un État exemplaire et sûr pour le peuple juif en Terre d’Israël », a déclaré Bennett.

David Horovitz, rédacteur en chef du Times of Israel, et Tal Schneider, correspondante politique, interviewant Naftali Bennett, chef de « BeYahad », au siège de son parti, à Raanana, le 11 juin 2026. (Crédit : Yitzhak Ledee/Times of Israel)

« Soyons exemplaires. Brillons parmi les nations. »

Cette interview a été éditée et condensée dans un souci de clarté et de concision.

Times of Israel : Commençons par la situation avec l’Iran. Israël a besoin du soutien des États-Unis [pour faire face à la menace iranienne], mais s’associer à Trump pose de nombreux problèmes. Netanyahu est incapable de rejeter ou de contester quoi que ce soit de ce que dit Trump. Si vous étiez Premier ministre, que feriez-vous différemment ?

Naftali Bennett : Eh bien, tout d’abord, je tiens à dire que le président Trump a vraiment été formidable pour l’État d’Israël. Cela a commencé lors de son précédent mandat, et je ne l’oublie pas. Je ne me concentre pas uniquement sur ce qui a pu se passer la semaine dernière, mais sur l’ensemble de son bilan : la reconnaissance de Jérusalem [comme capitale d’Israël], le transfert de l’ambassade à Jérusalem, la reconnaissance du plateau du Golan [comme territoire souverain israélien], l’élimination de Soleimani [chef de la Force Al-Qods du CGRI], et bien sûr les dommages considérables qui ont été infligés à l’Iran.

En fin de compte, il y a des moments où un Premier ministre israélien doit se lever et garantir la sécurité de son peuple à tout prix – et je suis certain que le président Trump respecte cela. Tout comme il comprend qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour protéger la vie des Américains, nous devons protéger la vie des Israéliens.

D’un point de vue plus général, je pense que je serais en mesure de nouer d’excellentes relations avec le président Trump, car nos parcours sont très similaires. Il était un homme d’affaires, pas un politicien de carrière, tout comme moi.

Je n’étais pas un politicien de carrière. Je me suis d’abord lancé dans les affaires, j’ai fait avancer les choses. Et sa vision du monde est la suivante : agissons, regardons les résultats, pas le processus, et c’est précisément ma vision des choses. Au niveau régional, je pense également que les affaires et l’économie devraient constituer le principal vecteur de la diplomatie. D’un point de vue commercial, je chercherais également à conclure des accords régionaux de manière très offensive et énergique. Je mettrais également en place un gouvernement et un cabinet bien plus positifs qui nous permettraient d’y parvenir.

Car à l’heure actuelle, avec des gens comme [Itamar] Ben Gvir [chef du parti d’extrême-droite Otzma Yehudit et ministre de la Sécurité nationale], qui provoquent des crises internationales tous les trois jours, et avec un Netanyahu incapable de les rappeler à l’ordre, toute possibilité de progrès est considérablement entravée.

Montage photos (de gauche à droite) : Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir ; des militants de la Global Sumud Flotilla en détention, au port d’Ashdod, le 20 mai 2026. (Crédit : Capture d’écran/Compte X d’Itamar Ben Gvir)

Mais si Trump avait appelé et qu’il vous avait dit : « Faites demi-tour immédiatement », auriez-vous pu agir différemment de Netanyahu ?

Le film n’a pas commencé là. Vous présentez une scène spécifique, mais le film a commencé bien plus tôt.

Si l’image d’ensemble avait été celle d’un gouvernement pragmatique – d’un gouvernement qui ne portait pas atteinte sans raison à la réputation internationale d’Israël – si elle avait été celle d’un gouvernement axé sur les affaires, la technologie, la normalisation et l’action, alors l’opinion publique américaine aurait été différente, les pressions sur Trump auraient été différentes, tout aurait été différent.

Je refuse donc de me projeter dans la situation que vous avez décrite, car je me serais efforcé de créer un tout autre contexte.

Netanyahu comprend ce que vous et moi comprenons. Il sait que Ben Gvir [et son collègue Smotrich, chef du parti HaTzionout HaDatit et ministre des Finances] causent d’énormes dommages sur la scène internationale avec des déclarations et des actions qui ne servent aucun intérêt réel ; il ne s’agit là que de politique politicienne.

Mais Netanyahu a perdu sa capacité à gagner – dans de nombreux domaines, pas seulement dans celui-là.

Par exemple, nous menons ce qu’eux aiment appeler « une guerre sur sept fronts ». Nous n’avons pas assez de soldats, mais il est incapable de mobiliser les 20 000 soldats haredim qui nous manquent. La population sioniste est déjà à bout : 90 % des sionistes, qu’ils soient laïcs ou religieux, sont mobilisés. Les ultra-orthodoxes sont proches de zéro.

Nous prenons une position, nous la quittons après avoir combattu et après avoir versé notre sang pour la conquérir, puis nous devons la reprendre trois fois, car nous n’avons pas assez de soldats [pour la tenir en permanence]. Netanyahu est incapable de mobiliser les soldats nécessaires, car les Haredim le contrôlent.

Le chef du parti « BeYahad » et ancien Premier ministre Naftali Bennett lors d’une interview accordée au Times of Israel, au siège de son parti, à Raanana, le 11 juin 2026. (Crédit : Yitzhak Ledee/Times of Israel)

Tout serait donc différent avec un gouvernement placé sous ma direction, avec un bon gouvernement – je serais très ferme sur la sécurité nationale et sur les intérêts de notre pays. Je n’ai pas changé d’avis. Ce qui est sûr également, c’est que je n’aurais pas un groupe de ministres se comportant de manière aussi stupide et aussi néfaste.

Imaginons un autre scénario, qui pourrait bien se produire. Selon Trump, les États-Unis pourraient signer un accord avec l’Iran d’un jour à l’autre. Cet accord pourrait inclure un gel de quinze ans de l’enrichissement de l’uranium, le déblocage de fonds pour l’Iran, sans aucune disposition concernant ses missiles balistiques ni ses proxys terroristes. Un tel accord pourrait être signé cet été, puis, en octobre, vous pourriez devenir Premier ministre et hériter de cet accord. Vous avez récemment déclaré que c’était le début d’une « vague » d’attaques iraniennes contre Israël. Mais en tant que Premier ministre, vous ne pourriez pas vous opposer à un président américain en exercice, tout comme Netanyahu est incapable de le faire.

Je vais vous faire part de ma stratégie et de la manière dont je gérerais la situation, quelle qu’en soit l’issue.

Depuis 2017, j’ai défendu au sein du cabinet de sécurité, puis en tant que ministre de la Défense, et plus tard en tant que Premier ministre, ma thèse – cette thèse que j’appelle la « doctrine de la pieuvre ». Cela remonte à bien avant que l’on se soit rendu compte que l’Iran était l’épicentre de la plupart des problèmes au Moyen-Orient et en Israël – et avant que l’on se rende compte que nous avons, au cours des vingt dernières années, fait preuve d’une grande imprudence en continuant à nous concentrer sur les tentacules de la pieuvre – c’est-à-dire sur le Hezbollah et sur le Hamas – plutôt que sur sa tête. En tant que Premier ministre, j’avais amorcé un changement de cap en prenant de nombreuses mesures contre la tête de la pieuvre, non seulement en ce qui concerne le nucléaire [les efforts de l’Iran], mais dans tous les domaines.

Des manifestants pro-régime brandissant des drapeaux iraniens et du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, à Téhéran, en Iran, le 7 juin 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

Je considère que les relations entre Israël et l’Iran sont similaires à celles que nous avions observées entre les États-Unis et l’Union soviétique après la Seconde Guerre mondiale, jusqu’en 1989 : nous avons ainsi une démocratie dynamique face à un régime corrompu, vieux, incompétent et déconnecté de la réalité, avec une population [civile] respectable.

En tant que Premier ministre, j’ai appris que le régime iranien finira par s’effondrer, mais je ne sais pas quand. Pour poursuivre l’analogie, nous pourrions bien être en 1987, juste avant la désintégration de l’Union soviétique, mais nous pourrions tout aussi bien être en 1960.

Voici donc ma stratégie : nous devons adopter une stratégie pluriannuelle et à long terme visant à accélérer l’effondrement du régime, non seulement par des actions militaires, mais aussi en veillant à ce qu’il ne se dote pas d’une arme nucléaire. Avec le Mossad et d’autres services, j’avais lancé une trentaine d’actions différentes, pas seulement des bombardements. Je parle d’actions économiques, de cyberattaques, d’actions ouvertes et secrètes.

Par exemple, l’une des choses que j’avais préconisées – mais que le gouvernement suivant n’a malheureusement pas mises en œuvre – consistait à faire entrer clandestinement en Iran des dizaines de milliers de récepteurs Starlink, afin que, la prochaine fois qu’un soulèvement local se produirait, le régime ne puisse pas couper Internet. Cela n’a pas été fait.

Je crois que si nous nous engageons dans une mission sérieuse qui visera à accélérer l’effondrement de ce régime horrible, qui finira par s’effondrer de toute façon, nous pourrons précipiter cet effondrement. En même temps, nous devons nous assurer qu’ils ne se dotent pas d’armes nucléaires. Toutes mes actions découleront de cette stratégie simple, mais sophistiquée à mettre en œuvre.

Nous ne connaissons pas les détails de l’accord qui se dessine, mais il est manifeste qu’il existe actuellement un énorme décalage d’intérêts, car Trump doit absolument rouvrir le détroit d’Ormuz et on le voit adopter des positionnements plus souples concernant le travail d’enrichissement de l’uranium et les stocks. Vous pourriez hériter d’un accord qui vous ferait craindre que les Iraniens soient sur le point d’y parvenir, qu’ils aient la voie libre vers la bombe. Vous pourriez vous retrouver dans une situation très difficile.

Ce ne serait pas la première fois que, en tant que Premier ministre, j’hérite de situations désastreuses. Je pense que la stratégie de Netanyahu, cette guerre très prolongée, a été mauvaise.

La doctrine d’Israël n’a jamais été de mener une guerre permanente qui épuise la société israélienne, qui épuise les réservistes, l’économie et qui nuit considérablement à notre image à l’international. Je suis fondamentalement en désaccord avec cette approche. Je procéderais de manière radicalement différente, avec des guerres beaucoup plus rapides et intenses, mais menées à leur terme. J’ajouterai qu’un dirigeant dispose d’un large éventail d’outils. La guerre en est un. L’armée en est un. Mais il faut utiliser de nombreux autres outils : l’outil économique, l’outil technologique, l’outil diplomatique et l’outil de l’opinion publique.

Savez-vous que nous n’avons pas de Directorat de la Diplomatie publique ? En tant que Premier ministre, j’en avais créé un et j’avais nommé à sa tête l’une des personnes les plus talentueuses d’Israël, Elad Tene, qui dirige aujourd’hui le journal Yedioth Ahronoth. C’était une bonne initiative, rapide, agile et intelligente, mais ils l’ont démantelée. C’est comme un menuisier qui essaie de construire une armoire, mais qui n’a qu’un marteau à sa disposition. Il faut d’autres outils, et cette approche qui se concentre uniquement sur la force cinétique est une erreur. J’ai combattu et éliminé de nombreux terroristes du Hezbollah au cours de ma vie. Il est certain qu’après le 7-Octobre, nous devions agir. Mais son approche qui a consisté, en quelque sorte, à faire traîner les choses indéfiniment, a été tout à fait erronée.

Comment comptez-vous normaliser les relations avec l’Arabie saoudite si vous devenez Premier ministre ? Et comment y parvenir sans progresser sur le volet palestinien ?

Je compte faire progresser l’intégration d’Israël dans la région en mettant en place une architecture régionale en matière de sécurité et d’économie, tout en favorisant des initiatives de meilleure compréhension et de coopération interconfessionnelles. L’ouverture vers l’Est offre d’énormes opportunités à Israël. La voie vers l’Est passe par la péninsule arabique.

Quant aux Palestiniens, nous garantirons la sécurité d’Israël tout en préservant la dignité et les moyens de subsistance du peuple palestinien. Ils ne vont aller nulle part, et nous non plus. Nous devrions être suffisamment avisés pour prendre des mesures qui améliorent leur quotidien sans compromettre la sécurité des citoyens israéliens. C’est ce que j’ai fait en tant que Premier ministre, et nous pouvons le refaire.

Des Gazaouis recevant leur aide financière dans le cadre de l’aide allouée par le Qatar, dans une poste, à Gaza-City, le 27 novembre 2019. (Crédit : Hassan Jedi/Flash90)

Concernant le 7-Octobre, auriez-vous pu l’empêcher avec certitude ? Pouvez-vous nous expliquer comment vous auriez procédé ? Et deuxièmement, comment auriez-vous mené les opérations à Gaza de manière plus efficace par la suite ? Vous ne voulez pas non plus de l’Autorité palestinienne à Gaza. Quelle alternative y a-t-il ? Qui serait prêt à risquer sa vie pour affronter le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui refuse de déposer les armes ?

Écoutez, le fait est que cela s’est produit sous la responsabilité de Netanyahu. En histoire, on ne peut jamais dire avec certitude ce qui se serait passé si l’on avait emprunté une autre voie. Je peux vous dire ce que j’ai fait, et ce que j’ai fait différemment de Netanyahu.

Netanyahu menait une politique de confinement à l’encontre du Hamas et du Hezbollah. Ma politique a été celle du «confinement zéro ». À mon arrivée, j’ai frappé le Hamas à chaque tir de roquette. Nous savons aujourd’hui que Yahya Sanwar me méprisait et qu’il disait qu’il ne pouvait pas me cerner, qu’il ne savait pas comment s’y prendre avec moi. Avec Netanyahu, il savait comment faire. Nous savons maintenant qu’ils ont entretenu une correspondance [en référence à un message de 2018 du chef du groupe terroriste du Hamas qui avait été adressé à Netanyahu].

Je n’ai pas laissé le Hamas s’approcher de la barrière [de sécurité] ; eux ont laissé le Hamas vivre sur la barrière pendant de nombreux mois. Je n’ai pas laissé le Hezbollah s’approcher de la barrière ; eux l’ont laissé installer des tentes en territoire israélien. Et lorsque le Hezbollah a mené une attaque terroriste au carrefour de Megiddo, le gouvernement israélien n’a pas réagi.

Le Premier ministre Naftali Bennett rendant visite aux soldats de l’armée israélienne stationnés près de Gaza, le 17 août 2021. (Crédit : Kobi Gideon/Bureau de la presse gouvernementale)

J’ai examiné le moindre détail avec la plus grande minutie. Je me suis rendu sur le terrain, j’ai discuté avec les gens, avec les officiers et avec les citoyens. En ce qui concerne Netanyahu, nous savons aujourd’hui que tous les chefs des services de sécurité étaient venus lui dire, d’abord en privé, puis publiquement, que nous nous dirigions vers une catastrophe d’une ampleur considérable.

Ce qu’ils n’avaient pas, c’était les renseignements précis qui auraient indiqué que les choses se passeraient très exactement comme elles se sont passées – mais les signes avant-coureurs ont été nombreux. Et si le chef d’état-major de Tsahal veut me parler et qu’il me dit qu’il s’agit d’une catastrophe nationale, je le fais venir dans mon bureau en moins de deux minutes. Et en moins d’une heure, je rassemble tous les agents du Mossad, du Shin Bet, jusqu’aux capitaines ; je m’entretiens avec eux.

C’est ma façon de faire : aller au fond des choses, et ne pas me contenter de dire « Tout va bien » ou quelque chose de ce genre pour la forme.

Nous savons aussi qu’en 2023, avant le 7-Octobre, avec la refonte du système judiciaire, ce qui s’est passé en Israël et la manière dont le gouvernement s’est comporté – en disant en substance à la moitié d’Israël : « Nous vous méprisons ; si vous êtes des libéraux, si vous n’avez pas voté pour moi, alors vous n’êtes que des personnes qui vous pavanez avec votre Rolex au poignet, et nous allons vous écraser. » Ce sont les propos qui ont été tenus par des ministres du gouvernement : « Vous savez, nous allons nous venger de vous ».

Des manifestants protestant contre la refonte du système judiciaire, à Tel Aviv, le 30 septembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Nous savons maintenant que cela a considérablement affaibli le système immunitaire d’Israël. Et, semaine après semaine, Israël est devenu de plus en plus faible. Nous savons que nos ennemis ont suivi cela et qu’ils ont attendu le moment où nous étions en situation de grande faiblesse pour nous attaquer.

Est-ce que quelque chose de similaire pourrait se produire sous ma direction ? Je pense que les chances sont bien plus faibles, considérablement plus faibles, compte tenu de tout ce que j’ai dit. Je ne diviserai pas Israël. J’ai unifié Israël. J’ai été assidu. J’ai également adopté une position bien plus ferme envers nos ennemis que Netanyahu.

Le Premier ministre sortant d’Israël, Benjamin Netanyahu, serrant la main de son successeur, le nouveau Premier ministre Naftali Bennett, après une session extraordinaire consacrée au vote sur la formation d’un nouveau gouvernement, à la Knesset, à Jérusalem, le 13 juin 2021. (Crédit : Emmanuel Dunand/AFP)

En ce qui concerne la deuxième partie de la question, comment régler rapidement la situation à Gaza ?

Je peux aborder les aspects tactiques. J’avais suggéré très tôt un siège différencié. À l’époque, cela avait semblé prendre plus de temps, mais cela aurait en réalité été beaucoup plus simple. Nous aurions isolé certaines zones, nous aurions imposé un siège total sur ces zones, nous aurions laissé les civils sortir et piégé les terroristes. J’avais même annoncé cette idée publiquement, si je me souviens bien, le 27 octobre 2023. Je pensais que c’était beaucoup plus judicieux. Le siège est un outil utilisé depuis des milliers d’années avec une grande efficacité. Je m’y serais pris de manière intelligente : la moitié de Gaza aurait été déclarée territoire ennemi, les civils auraient été autorisés à en sortir, mais un processus de filtrage aurait été mis en place, puis la zone aurait été asséchée et les terroristes débusqués dans les tunnels.

Cette approche n’a pas été retenue, ce qui est légitime. Une autre approche a été adoptée. Je pense qu’elle a été plus sanglante, mais nous ne le saurons jamais.

Mais ce n’est pas mon argument principal. Mon argument principal, c’est que la gestion d’un pays ne se limite pas à la seule dimension militaire, mais qu’il existe de nombreuses autres dimensions.

Lorsqu’un ministre déclare bêtement que nous allons « atomiser » Gaza, le pays paie un lourd tribut sur la scène internationale, sans aucun bénéfice, et épuise son crédit ; puis, au moment où vous en avez réellement besoin pour des questions concrètes et sérieuses, vous n’avez plus de crédit.

« J’ai dirigé un bon gouvernement. Nous avons réduit la dette, nous sommes passés pour la première fois depuis une génération d’un déficit à un excédent budgétaire, et nous avons diminué la criminalité. Je sais comment gérer les choses. »

Tout aurait été différent si nous avions eu un gouvernement compétent et sérieux. Je pense que même mes plus grands détracteurs s’accordent à dire que le gouvernement que j’ai dirigé était efficace. J’ai dirigé un bon gouvernement. Nous avons réduit la dette, nous sommes passés, pour la première fois depuis une génération, d’un déficit à un excédent budgétaire, et nous avons diminué la criminalité. Je sais comment gérer les choses.

En substance, ce que je dis au peuple israélien, c’est que nous nous trouvons à un moment décisif. Quatre années supplémentaires avec ce gouvernement, et nous n’aurons plus ni économie ni société. La question des Haredim va tout simplement nous anéantir. Nous n’aurons plus aucune crédibilité internationale. Nous devons agir maintenant.

J’ai fait quelque chose qui, je crois, n’avait jamais été fait auparavant par un Premier ministre aspirant à un second mandat. Je ne suis pas le premier Premier ministre à revenir : Ben Gurion est parti, puis il est revenu ; Rabin, Netanyahu, tous sont revenus avec une plus grande habileté politique, et je ferai de même.

Mais ces dix-huit derniers mois, j’ai préparé des plans pour résoudre les problèmes fondamentaux d’Israël : la question des Haredim, celle des Bédouins, l’ordre public, le problème majeur de la criminalité et du chaos, le coût de la vie, le coût du logement, la sécurité, l’éducation, et la santé. Tous mes plans sont prêts. Cette fois-ci, les cent premiers jours de ce gouvernement seront cent jours qui changeront le cours de l’histoire.

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid (à droite) et l’ancien Premier ministre Naftali Bennett lors d’une conférence de presse annonçant une liste commune baptisée « BeYahad » (« Ensemble » en hébreu) en vue des prochaines élections législatives, à Herzliya, dans le centre d’Israël, le 26 avril 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Vous avez tous les plans ; la grande question est : aurez-vous une coalition pour les mettre en œuvre ? Vous vous attendiez probablement à ce que je vous pose des questions sur [le chef du parti Raam] Mansour Abbas [un partenaire clé de la coalition Bennett-Lapid de 2021-2022], car il a dit : « Je suis prêt à envoyer des gens faire leur service national, je crois au caractère juif et démocratique de ce pays (même s’il est musulman pratiquant), je crois aux valeurs de la déclaration d’indépendance ». Si les ultra-orthodoxes vous disaient : « Nous croyons au sionisme, nous acceptons le caractère juif et démocratique d’Israël, nous acceptons la conscription [dans Tsahal], vous seriez ravi de vous asseoir avec eux [dans votre coalition]. Mais quand il dit cela, parce qu’il est musulman, vous et vos collègues l’écartez [comme partenaire de coalition potentiel].

Je ne décide pas d’intégrer ou non des personnes [dans ma coalition] en fonction de leur couleur de peau ou de leur origine. J’établis des principes, et ces principes sont les suivants : il faut être sioniste, donc soutenir Israël en tant qu’État juif et démocratique, soutenir la conscription pour tous, soutenir l’établissement d’une constitution fondée sur la déclaration d’indépendance, soutenir la création d’une commission d’enquête nationale sur les événements du 7-Octobre. Et pour l’instant, Mansour ne remplit pas certains de ces critères.

Il les remplit, et il ne va pas non plus s’associer à Balad [au sein de la Liste arabe unie].

Écoutez, je ne parlerai pas des personnes, mais des principes. Tout parti qui soutient ces principes, c’est-à-dire qui soutient Israël en tant que patrie du peuple juif dans un État démocratique, doit se définir clairement ainsi.

Yaïr Lapid (à gauche) de Yesh Atid, Naftali Bennett (au centre) de Yamina et Mansour Abbas (à droite) de Raam s’accordant pour former une coalition, à laquelle se joindront cinq autres partis, le 2 juin 2021 (Crédit : Raam)

Donc, s’il dit tout cela, clairement, vous vous assiérez avec lui ?

Je parle de tous les principes que j’ai énoncés. Actuellement, ce n’est pas le cas – mais cela concerne tous ceux qui seront amenés à soutenir ce que je viens de dire. Comme je l’ai dit, il ne s’agit pas d’une question d’origine. Si un Arabe est sioniste et qu’il soutient le service militaire, c’est autre chose. Je parle de principes, pas de personnes.

Pensez-vous que les personnes qui ne se sont pas présentées au service militaire, comme l’exige la loi, devraient être privées de leur droit de vote et/ou de leur droit d’être élues ?

Je pense qu’il faut être réaliste, et j’ai un plan très clair, un plan que j’ai élaboré au cours des dix-huit derniers mois. Il ne comprend pas cet élément, car il est inutile.

Je vais vous dire ce qu’il comprend. La question des Haredim va bien au-delà de la conscription. Je dirais même que le problème principal est bien plus vaste et bien plus important.

Au cours des 49 dernières années, des générations de politiciens ont permis la formation d’un État haredi indépendant au sein d’Israël, un État dans l’État. Dans cet État, en ce moment même, alors que nous parlons, 30 % des enfants juifs ne reçoivent pas d’enseignement en anglais et en mathématiques à l’école. On leur enseigne qu’il vaut mieux mourir que d’aller à l’armée. On les éduque contre le sionisme, contre la démocratie et contre nos valeurs fondamentales. Le refus de la conscription n’est que le résultat de tout cela.

Nous sommes engagés dans un suicide national au ralenti. Et je voudrais juste vous donner une autre donnée. Quand mon fils, David, aura mon âge, près de 50 % des jeunes de 18 ans seront haredim.

Il a maintenant 15 ans ?

Il a 14 ans.

C’est un peu le phénomène de l’iceberg dans le lointain – parce que, vous savez, les choses ne se feront pas du jour au lendemain. Et aujourd’hui, 14 % des Israéliens sont ultra-orthodoxes.

J’aime mes frères et sœurs haredim, mais trop, c’est trop. Je voudrais vous donner un autre chiffre. En moyenne, chaque famille sioniste, c’est-à-dire juive et non-haredi, verse 6 000 shekels de plus au gouvernement chaque mois qu’elle n’en reçoit en services. À l’inverse, chaque famille haredi reçoit 4 000 shekels de plus qu’elle n’en paie. Et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. C’est le moment.

Il ne s’agit donc pas seulement de la conscription ; il s’agit de sauver l’avenir d’Israël. C’est la dernière igne droite où nous avons encore une liberté d’action.

« Je ne financerai pas une école qui n’enseigne pas l’ensemble du tronc commun… Je ne vous donnerai pas un shekel d’allocation si vous ne travaillez pas, si vous ne vous engagez pas dans l’armée. »

Voici mon plan : il ne s’agit pas de les mettre en prison, d’envoyer des chars à Bnei Brak ou de forcer les enfants à apprendre la démocratie par la force. Cela ne marchera pas. Je ne crois pas à la coercition.

C’est très simple : nous ne financerons pas un État [haredi] indépendant. Je ne financerai pas une école qui n’enseigne pas l’ensemble du tronc commun, pas seulement les mathématiques et l’anglais, que je considérais déjà comme essentiels, mais ce ne sera pas tout. Il faudra enseigner les mathématiques, anglais, mais aussi l’éducation civique, la démocratie, le sionisme.

Vous voulez enseigner à vos enfants : « Nous mourrons, mais nous ne nous enrôlerons pas ? »… Très bien, trouvez un terrain, achetez-le, construisez une école, engagez des enseignants, faites-le à vos frais. Construisez une école privée ; nous ne la financerons pas.

Vous ne voulez pas travailler toute votre vie ?… Très bien, je ne peux pas vous forcer à travailler. Je ne vous donnerai pas un seul shekel d’allocations, de réduction d’impôts municipaux, d’allègement de prêts immobiliers ou de subventions pour la garde d’enfants. Pas un seul shekel. Vous ne faites pas votre service militaire ?… Très bien. Je ne financerai pas un seul shekel.

Des ultra-orthodoxes étudiant à la yeshiva Ateret Shlomo, à Rishon Lezion, le 11 juin 2025. (Crédit : Shlomi Cohen/Flash90)

En même temps, ce que je vais faire, et qui n’a jamais été tenté, c’est ce que j’appelle le « modèle de Brooklyn ». À Brooklyn, il y a des Haredim. Or, à ma connaissance, les États-Unis ne leur accordent pas d’allocations pour les études en yeshiva, ni de subventions pour la garde d’enfants ; ils ne leur proposent pas de programmes de prêts immobiliers à taux réduit ; ils ne leur donnent rien. Nous allons donc appliquer le modèle de Brooklyn à Bnei Brak. Et ça fonctionne.

Nous avons mis en place un système tellement déformé, tellement absurde, mais il est devenu la norme – car nous avons gardé la tête dans le guidon et nous ne nous sommes jamais réveillés pour nous demander : « Mais qu’est-ce qu’on a bien pu faire là ? » Il est donc temps de changer les choses.

Ce que je vais faire : dans chacune de ces trois voies, à savoir l’éducation, l’emploi et le service, nous mettrons en place une passerelle magnifique, irrésistible.

Nous ne combattrons pas les Haredim, nous les sauverons. Cette passerelle sera extraordinaire. Des écoles publiques haredim dans lesquelles 60 % du programme correspondrait à ce que j’ai dit et 40 % à l’étude du Talmud. Chaque école en Israël proposera 40 % [de matières spécialisées telles que] l’informatique, la musique ou les sciences de la nature, mais chaque enfant apprendra l’anglais, les mathématiques, l’étude de la Bible, l’éducation civique et le sionisme. Soit dit en passant, cela s’appliquera aussi bien aux Juifs qu’aux Arabes. Tout le monde apprendra ces matières de base. Vous n’êtes pas d’accord ? Vous pouvez créer votre propre école privée.

Il en va de même pour le travail. Nous mettrons en place des programmes de formation professionnelle pour ces personnes. Et dans l’armée, il faudra sortir des sentiers battus.

Permettez-moi de vous présenter une idée que je défends : construire des yeshivot le long des frontières jordanienne et du Sinaï. Tous les cent kilomètres, une yeshiva serait installée : les étudiants y étudieraient huit heures, assureraient la garde de la frontière huit heures (ce qui libérerait nos réservistes), puis ils y dormiraient huit heures. Nous pourrions ainsi les héberger.

Je suis pratiquant, je suis un homme de foi. Je crois. J’étudie la Torah. J’aime la Torah. Ce n’est pas contre la Torah. C’est pour la Torah. Ce qu’ils ont fait mercredi en [faisant avancer] ce projet de Loi fondamentale qui laisse entendre que l’étude de la Torah [équivaudrait au service national] est le plus grand tort qu’on ait pu faire à la Torah. Nous avons la Torah depuis 3 300 ans, sans Loi fondamentale.

Expliquez-moi clairement. Pourquoi est-ce un outrage et une atteinte à la Torah d’affirmer qu’une personne qui étudie la Torah à plein temps apporte la même contribution essentielle à l’État juif qu’un soldat dans l’armée ?

« JPour autant que je m’en souvienne, je n’ai jamais vu de bataille dans la Torah où l’ennemi, qu’il s’agisse des Madianites ou des Philistins, se précipite vers nous et où nous nous mettons à étudier la Torah pour être sauvés. Nous nous battons toujours. Nos plus grands héros étaient des combattants. »

Tout d’abord, le judaïsme et la Torah elle-même n’ont jamais prétendu que l’étude de la Torah vous sauvait de vos ennemis. J’étudie beaucoup la Torah. Je peux vous raconter toutes les batailles de Josué, d’Abraham, de Gideon, de Jephthé, du roi Saül et du roi David. Pour autant que je m’en souvienne, je n’ai jamais vu de bataille dans la Torah où l’ennemi, qu’il s’agisse des Madianites ou des Philistins, se précipite vers nous et où nous nous mettons à étudier la Torah pour être sauvés.

Nous nous battons toujours. Nos plus grands héros, tous ceux que j’ai mentionnés, étaient de grands combattants.

Tous nos plus grands héros travaillaient : Abraham, Moïse, Rashi, Rambam. Rashi était vigneron, Rambam était médecin et Rabbi Yohanan était cordonnier. Ils travaillaient tous. Tout ce discours sur une société qui s’isole du monde pour se consacrer uniquement à l’étude de la Torah est une vision nouvelle et déformée de la Torah. C’est un non-sens et c’est une profanation du nom de Dieu.

Tous nos grands rabbins, y compris le Rambam, affirment que l’utilisation de la Torah pour gagner de l’argent constitue la plus grande profanation du nom de Dieu. Les Haredim n’ont pas besoin d’une loi pour accorder un statut spécial à la Torah. Ils se moquent des lois d’Israël. Aujourd’hui, ils prétendent qu’il s’agit simplement d’un projet de loi symbolique. Ce n’est pas du tout symbolique. Son seul objectif est de renouveler le versement de milliards de shekels par an à des personnes qui décident délibérément de ne pas servir et de ne pas travailler. Voilà. Ce projet de loi utilise la Torah comme moyen d’obtenir de l’argent. C’est la plus grande profanation du nom de Dieu qui soit.

Certains rabbins affirment qu’un homme enrôlé dans l’armée pour combattre ne peut pas servir aux côtés de femmes. Récemment, Smotrich a déclaré, je crois, lors d’une réunion de faction : « Si ma fille me demande quoi faire, je lui dirai : ‘Ne sers pas du tout dans l’armée, et surtout pas dans des rôles de combat’. Vous avez deux filles. Que diriez-vous à vos propres filles ? Leur recommanderiez-vous de s’engager dans l’armée ? De servir dans des rôles de combat ? Qu’en pensez-vous, vous, des femmes au combat ? Certains rabbins disent qu’il ne faut pas servir dans les chars à cause des femmes.

Tout d’abord, je soutiens le fait que les femmes servent dans l’armée, et qu’elles servent au combat partout où Tsahal estime que c’est la bonne chose à faire. J’ai étudié les événements du 7-Octobre et j’ai rencontré des centaines de soldates, d’officières et de civils qui ont combattu ce jour-là. J’ai mené l’enquête et, à maintes reprises, j’ai rencontré des combattantes remarquables qui ont sauvé des vies, le 7-Octobre comme par la suite.

Par exemple, la défunte capitaine Or Moses, commandante adjointe de compagnie à la base d’entraînement de Zikim. Elle et les officiers qui servaient à ses côtés ont dit aux soldats en formation à la base ce jour-là : « Réfugiez-vous dans les abris. Nous vous protégerons. » Ils sont ensuite sortis au combat et ils ont tué des dizaines de terroristes. À un moment donné pendant la bataille, un soldat près d’Or a été blessé. Elle a crié : « J’ai besoin d’un tir de couverture. Je vais aller le chercher. » Elle s’est précipitée pour le secourir et elle a été tuée au cours de cette tentative.

Que personne ne vienne donc me dire que les femmes ne peuvent pas se battre. Je connais notre histoire. Je connais les récits du Palmach (la force de combat d’élite de la milice pré-étatique Haganah), de Hannah Senesh et de Sarah Aaronsohn, qui étaient membres de la résistance clandestine NILI.

La capitaine Or Moses, tuée par des terroristes dirigés par le Hamas sur la base de Zikim le 7 octobre 2023 alors qu’elle tentait de sauver la vie de ses camarades soldats. (Crédit : Armée israélienne)

Il faut maintenant faire preuve de bon sens et affecter des femmes à des rôles de combat là où Tsahal le juge approprié. Mes filles iront à l’armée, c’est certain.

Vous êtes un ancien président du Conseil des résidents d’implantations. Shabbat après Shabbat, et d’autres jours aussi, des gens sortent des implantations pour attaquer des Palestiniens innocents. C’est terrible, et le Conseil des résidents d’implantations ne le dénonce pas. Qu’est-il advenu de ce mouvement ? Et plus largement, le judaïsme orthodoxe, dans sa composante libérale, est en si forte régression en Israël ! Où sont-ils ? Existe-t-il une majorité silencieuse de Juifs qui se revendiquent d’une religion de tolérance et d’amour du prochain ?

Je tiens à être clair. La grande majorité des Israéliens qui vivent en Judée-Samarie sont des citoyens ordinaires et respectueux. Ils servent dans l’armée, ils respectent la loi et ils ne recourent pas à la violence. C’est la très grande majorité des quelque 550 000 Israéliens qui ont été confrontés au terrorisme le plus grave au fil des ans.

Je condamne avec la plus grande fermeté les violences à l’encontre des innocents et des soldats, ainsi que toute violation de la loi. Nous ne sommes pas revenus en Israël, sur la Terre d’Israël, après des milliers d’années, pour voir apparaître des milices et des groupes d’autodéfense. Il n’y a pas de place pour cela. La loi et l’ordre doivent régner partout en Israël, que ce soit dans le Néguev, à Bnei Brak, en Galilée ou en Judée-Samarie. Et je rétablirai la loi et l’ordre en Israël.

Je tiens à souligner que le gouvernement actuel a vu le nombre d’Israéliens assassinés dans des crimes, juifs et Arabes confondus, doubler. J’en avais fait un projet personnel en tant que Premier ministre. Nous avions réduit le nombre de meurtres de 20 %. En 2022, la première année complète de mon gouvernement, il y avait eu 148 meurtres, grâce à un cabinet spécial chargé de l’ordre public que j’avais mis en place et que j’avais personnellement dirigé. Puis ils ont fait venir ce clown…

Vous voulez dire Ben Gvir…

… et il a démantelé l’équipe que j’avais constituée. En 2023, en l’espace d’un an, 300 Israéliens ont été assassinés dans le cadre d’affaires criminelles. Je ne parle pas du 7-Octobre ; je ne parle pas des meurtres à caractère nationaliste. Et ce chiffre augmente d’année en année.

J’étais PDG dans ma vie antérieure, ce qui m’offre un énorme avantage. Si l’un de mes cadres avait obtenu des résultats aussi catastrophiques, je l’aurais licencié. Mais Netanyahu ne peut pas le faire. Il en est désormais tout simplement incapable. Il a perdu toute capacité à diriger Israël. Il n’arrive à rien. Il a certes des mérites passés. Je ne le déteste pas, loin de là. Mais trente ans après son premier mandat de Premier ministre, il est tout simplement incapable de faire quoi que ce soit. Il ne parvient pas à gagner des guerres. Il ne parvient pas à lutter contre la criminalité. Il ne parvient pas à faire baisser les prix. Il ne parvient pas non plus à intégrer les ultra-orthodoxes au sein de la société israélienne.

J’ai des projets. J’ai la meilleure équipe d’Israël. J’ai en effet fait venir dans mon parti des femmes leaders exceptionnelles, comme Keren Turner, l’ancienne directrice générale légendaire des ministères des Transports et des Finances, ou encore Liran Avisar. D’ailleurs, les femmes constituent la majorité de mon équipe. Je pense qu’en moyenne, elles sont de meilleures gestionnaires et dirigeantes. J’en suis sincèrement convaincu. Je crois qu’ensemble, nous ne nous contenterons pas de redresser Israël. Nous pouvons provoquer une renaissance pour Israël et pour la région. Nous avons la capacité de changer l’avenir de l’État d’Israël pour le mieux.

Une question sur l’antisémitisme. Selon une récente étude du Pew Research Center, 67 % des personnes interrogées dans près de 40 pays à travers le monde ont une opinion défavorable à l’égard d’Israël. Ces chiffres sont effrayants et se traduisent par les attaques et les agressions dont souffrent les communautés juives dans le monde entier. Les hommes ne peuvent plus se promener avec une kippa sur la tête. Des graffitis représentant des croix gammées apparaissent. Il y a des attaques contre des synagogues. Vous avez été ministre des Affaires de la Diaspora. Que feriez-vous ? Concrètement – pas seulement des déclarations.

En tant que jeune garçon ayant grandi aux États-Unis pendant quelques années, à Teaneck, dans le New Jersey, et en tant que personne ayant vécu en Amérique pendant des années, je n’aurais jamais pensé que nous serions confrontés à un tel antisémitisme. Au fil des ans, il y avait des organisations qui luttaient contre l’antisémitisme et je les soutenais, mais je n’avais jamais été confronté à l’antisémitisme.

Le 7-Octobre a été le jour du grand massacre, et le 8 octobre, nous avons vu, bien avant Ben Gvir et tout le reste, comment cette énorme vague d’antisionisme et d’antisémitisme a commencé, avant même la guerre. Ce phénomène a résulté de nombreux facteurs. L’un d’entre eux a été un effort massif, financé par les États – principalement par le Qatar et l’Iran – qui ont investi pendant des années dans les universités et dans les médias pour préparer ce jour.

Des manifestants antisionistes brandissant un drapeau du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, à New York, le 11 mai 2026. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Il y a une véritable bataille, une véritable guerre pour gagner les cœurs et les esprits du monde et de l’opinion publique. Le problème avec cette guerre, c’est qu’elle est à sens unique. Israël n’y participe pas. Le gouvernement israélien n’y participe pas. Je donne des interviews presque tous les jours, sur CNN, NBC, la BBC, etc. Je me suis rendu sur près de cent campus au cours des trois dernières années. Je suis sur le terrain, mais seul, ou avec quelques autres personnes qui font de leur mieux. Israël n’est pas là.

Non seulement Israël n’est pas présent, mais ce gouvernement ne cesse de se tirer des balles dans le pied. Par exemple, lorsqu’une ministre du gouvernement israélien parle du plus grand courant juif aux États-Unis, le mouvement réformé, et affirme que ses membres se marient avec des chiens. Je connais ces gens. Beaucoup d’entre eux se sont battus pour Israël. Ce sont de fervents sionistes qui se soucient d’Israël. Et puis, la ministre May Golan va leur cracher au visage, de manière aussi insouciante que cruelle. Et une fois de plus, Netanyahu ne fait rien.

Il sait le préjudice énorme que cela cause ; il sait à quel point c’est inacceptable, mais il a perdu toute capacité d’agir, car il dépend d’elle. Nous allons donc devoir régler ce problème de manière radicale.

En tant que Premier ministre d’Israël, j’aurai deux casquettes : d’une part, je serai Premier ministre et chef de tous les citoyens israéliens, juifs ou non. Mais, deuxièmement, je serai le chef du peuple juif. Ce ne sont pas des citoyens, je le sais, mais je considère chaque Juif dans le monde comme quelqu’un qui porte un intérêt ou un autre à Israël, qui a une forme de participation à Israël. Moins que nous, pour reprendre une analogie avec le monde des affaires : nous, les Israéliens, détenons des actions privilégiées ; eux, des actions ordinaires. Nous devons les respecter et travailler ensemble. Ma vision pour Israël est celle d’un État exemplaire et sûr pour le peuple juif en Terre d’Israël.

Exemplaire dans la manière dont nous nous gérons. Or, nous en sommes loin aujourd’hui. Nous sommes désormais méprisés par beaucoup. C’est en grande partie injuste. Comme je l’ai dit le 8 octobre, c’était avant que le gouvernement ne commette toutes ces bêtises. Mais cela dépend en grande partie de nous. Soyons exemplaires. Rayonnons sur les nations. Nous devons être un beau pays qui gère ses affaires intérieures de manière exemplaire. Un pays qui prend soin de tous ses citoyens. Je serai le Premier ministre de tous les Israéliens, qu’ils aient voté pour moi ou non. Des Arabes, des Druzes, des Haredim. Je ne haïrai jamais aucun de mes concitoyens et je ne veux pas qu’un seul d’entre eux ait le sentiment que je suis contre lui, comme c’est le cas actuellement pour la moitié de la population.

Et vous pensez pouvoir mobiliser suffisamment d’électeurs ?

Oui, oui. Deux ou trois fois par semaine, j’organise de grandes réunions publiques dans tout Israël, que ce soit à Shoham, Karmiel, Beer Sheva ou Netanya, entre autres. Entre 500 et 1 000 personnes y participent. J’ai mis en place une organisation de base très solide. J’ai montré que je ne me contente pas de parler d’unité, mais que je la mets en pratique. Je me suis allié à Lapid pour envoyer un signal : nous n’avons pas tous les mêmes opinions. Nous avons en réalité des désaccords, mais c’est précisément mon message. Nous devons nous unir pour redresser Israël. Et nous le redresserons.

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