Un millier de personnes sur la Place des Otages pour les 24 ans de l’otage Alon Ohel
Le jeune homme, otage à Gaza depuis plus d'un an, est un passionné de piano
C’est chaudement vêtues, pour faire face à la fraîcheur de cette soirée d’hiver, qu’un millier de personnes se sont retrouvées Place des Otages, à Tel Aviv, pour fêter les 24 ans d’Alon Ohel – dont c’est là le deuxième anniversaire aux mains du Hamas.
Il y a des hot-dogs à manger et de la sangria chaude à boire, les péchés mignons d’Alon, a expliqué un des animateurs de la soirée.
Sur scène, une banderole géante annonce : « Nous savons que tu nous reviendras en vie, pour que nous te couvrions de tendresse. »
Un homme revêtu d’un t-shirt du Forum des familles d’otages a interprété des ballades douces en hébreu, accompagné par un pianiste sur la Place. Alon est lui-même un passionné de piano. Le chanteur de pop israélienne Ivri Lider, qui fête son anniversaire le même jour qu’Ohel, a lui interprété quelques titres.
La veille, les proches d’Ohel ont reçu le premier signe de vie de sa part depuis son enlèvement au festival de musique Nova, le 7 octobre 2023.
Dimanche soir, la mère d’Alon, Idit, a révélé à la chaîne N12 que les ex-otages avaient dit que son fils était séquestré sous terre, dans un tunnel du Hamas, ligoté, affamé, souffrant de blessures non soignées, causées par des éclats d’obus à l’épaule et au bras, presque aveugle.
Depuis la Place des Otages, elle a reproché au gouvernement de ne pas avoir entamé de pourparlers sur la deuxième phase du cessez-le-feu et de l’accord sur les otages à Gaza, alors qu’Alon devrait être relâché sous peu.
Elle a précisé qu’après avoir eu des nouvelles de son fils, elle avait – avec ses proches – été contactée par de hauts responsables du monde entier, à l’exception d’ « un gouvernement dont les représentants n’avaient pas pris la peine de nous parler – le gouvernement israélien », ce à quoi la foule a réagi par des huées.
Ce signe de vie est une « pièce de plus du puzzle qu’est notre horrible quotidien » depuis l’enlèvement d’Alon le 7 octobre 2023.
Elle a apostrophé le gouvernement pour dire: « Comment, après tout ce que vous avez vu, après les témoignages que vous avez entendus, pouvez-vous laisser perdurer la situation ? », a-t-elle questionné.
« Comment se fait-il que le Conseil des ministres ne se soit pas réuni hier pour acter le retour des prochains otages ? Qu’attendez-vous, pour l’amour du ciel ? », a-t-elle poursuivi. « Comment pensez-vous que nous puissions croire, ce soir encore, à ces slogans vides de sens sur une prétendue ‘victoire totale’ ? Comment supporter d’apprendre, le désespoir dans l’âme, que les prochaines libérations seront retardées ? »
En anglais, elle a demandé au président américain Donald Trump de « faire tout ce qui est en son pouvoir pour faire en sorte que cet accord soit respecté ».
En s’adressant à son fils, Idit Ohel a dit : « La vidéo que nous avons reçue prouve que tu es toujours en vie », même si elle assure ne pas vraiment avoir besoin de preuves.
« On nous a parlé de grande force, de ta détermination », a-t-elle ajouté. « De ta volonté d’aider ceux qui en ont besoin. »
« Les gens nous demandent d’où nous vient notre envie de continuer à nous battre », a-t-elle conclu. « Je sais qu’elle nous vient de toi… toi le garçon fou de piano. »