Un père endeuillé accuse Israël d’être « gouverné par le mensonge »

Eyal Eshel, père d'une soldate tuée le 7-Octobre, dénonce les mensonges des autorités et les menaces de mort pour ses critiques face aux failles sécuritaires

Eyal Eshel, père endeuillé, s’exprimant lors d’une manifestation et d’une cérémonie commémorative, sur la Place Habima, à Tel Aviv, le 18 avril 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Eyal Eshel, dont la fille Roni fait partie des 16 soldates chargées de la surveillance tuées sur la base de l’armée israélienne de Nahal Oz, le 7 octobre 2023, accuse les autorités et l’armée d’avoir menti à plusieurs reprises aux familles de victimes et se dit la cible de menaces de mort en raison de ses critiques des défaillances du gouvernement.

« Nous ne sommes pas dans un pays gouverné par le droit — nous sommes gouvernés par le mensonge », a déclaré Eshel lors de la conférence « Droit et Mensonges » à Tel-Aviv. « Je suis investi d’une mission, et Roni m’a confié la tâche de remettre les choses en ordre. »

Avant le pogrom du Hamas, les soldates chargées de la surveillance à Nahal Oz, principalement de jeunes femmes, avaient à plusieurs reprises – mais sans aucun effet – dit à leurs supérieurs que des terroristes étaient en train de s’entraîner en vue d’une attaque.

« Je suis tourmenté de ne pas être venu la sauver », a confié Eshel. « Personne n’est venu les sauver parce qu’on leur a menti. Et après tout cela, je maintiens qu’aujourd’hui encore, on continue de nous mentir. »

Depuis le 7-Octobre, Eshel a fait l’objet d’attaques en ligne et de menaces de mort, principalement de la part de partisans du gouvernement qui s’en prennent aux familles endeuillées qui critiquent la gestion du drame.

La police a identifié et interrogé un des hommes qui l’avait menacé, a-t-il expliqué, mais l’a remis en liberté avec une simple injonction d’éloignement du domicile des Eshel pendant 21 jours.

Il a ajouté avoir vécu « trois années saturées de fausses informations. On continue de nous mentir, et cela ne fait que prendre de l’ampleur. »

« Ce n’est pas moi qui ai créé cela — c’est l’État. Nous sommes un pays corrompu. Nous mentons au monde entier. La quasi-totalité du monde ne nous supporte plus parce que nous mentons », a affirmé Eshel.

Favorable à la mise en place d’une commission d’enquête d’État sur les défaillances du 7-Octobre, ce à quoi le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’oppose catégoriquement, ce père endeuillé a déclaré : « Je veux que la vérité éclate au grand jour. Je veux faire comprendre à tout le monde que le miroir est brisé, que l’on ne peut plus le réparer, qu’il faut le remplacer. J’espère que c’est ce qui va se passer. »

Exhortant les électeurs à choisir des dirigeants qui disent vraiment la vérité, Eshel a indiqué qu’il continuerait se battre pour que « le monde entier sache que le 7-Octobre est notre échec ».

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