Un photographe israélien met en lumière l’amour chez les familles queer
Michael Liani fait des vagues sur Instagram avec sa série de portraits israéliens 'LGBTQ+ LOVE'
Le mois de juin est le mois des fiertés, mais pour le photographe Michael Liani, la culture queer, c’est toute sa vie, comme en témoigne sa série de portraits « LGBTQ+ LOVE » qui met en scène des couples LGBTQ israéliens et leurs familles chez eux.
Liani a commencé à travailler sur cette série pendant les premiers mois de la pandémie de coronavirus, lorsque la vie quotidienne a été interrompue par les mesures de confinement.
Tout ce qui restait à Liani, c’était son compte Instagram, la plateforme de réseaux sociaux qui magnifie tout ce qui est visuel.
Masqué, il a enfourché son scooter et s’est rendu chez des dizaines de couples et de familles dans tout le pays, les photographiant chez eux avec leurs proches pour ce qu’il appelle « les archives de l’amour ».
« Je voulais illustrer ce qu’est l’amour pour différentes personnes », a déclaré Liani, 35 ans, qui a été élevé dans une famille marocaine traditionnelle dans la petite ville de Migdal Haemek, dans le nord du pays, et qui vit maintenant à Tel Aviv avec son petit ami.
Bien souvent, les gens ne voulaient pas participer, ou il fallait les convaincre, dit Liani.
« Les gens protègent leur vie privée, et je les comprends », a-t-il déclaré. « La maison est leur espace privé et protégé, surtout si vous êtes homosexuel. »
Mais il voulait dévoiler au monde entier ces vies amoureuses.
Le projet a connu un succès immédiat sur Instagram, étant largement partagé et suivi.
C’était gratifiant, a déclaré Liani.
« Ce n’était pas cool dans ma génération d’être queer, et ce sentiment reste dans votre ADN, il est dans vos os », a-t-il dit. « Il y a encore tellement de peur au sein de la vieille génération, ça me fait pleurer ».
Liani a eu son propre parcours du combattant.
Il a quitté la maison à la fin de son adolescence pour Tel Aviv, où il s’est découvert et a découvert ses talents de photographe.
Liani a fini par obtenir une licence en photographie, puis une maîtrise en arts photographiques à la Bezalel Academy of Arts and Design de Jérusalem.
Son projet final de licence consistait à photographier sa propre famille et la culture queer, créant ainsi de nouvelles archives de son enfance dans une famille marocaine.
« C’est pourquoi la photographie est extraordinaire. C’était une photothérapie avec ma famille », a-t-il déclaré. « Ma famille a mis du temps à accepter qui je suis. Je viens d’une famille traditionnelle. »
La métropole libérale et ouverte de Tel Aviv, dit-il, offre une zone de confort pour la communauté LGBTQ d’Israël, mais ce genre d’environnement n’est pas accessible à tous, et il souhaite en permanence le rappeler à son public.
« Lorsque je portais une jupe étant enfant, il n’existait pas de plateforme qui m’acceptait », a déclaré Liani.
Il trouve aussi que les réseaux sociaux sont un espace plus inclusif que les galeries et les musées, « qui n’en sont pas encore là », a-t-il dit. « Ceux qui financent l’art ne sont pas intéressés par les questions liées à l’identité de genre. »
Liani, quant à lui, aime situer son travail dans la zone grise, laissant aux spectateurs la possibilité de réfléchir et de retenir ce qu’ils veulent de ce qu’ils voient.
« J’apporte simplement une proposition – avec mon point de vue », a déclaré Liani, qui a travaillé comme photographe commercial avant la pandémie, notamment pour des marques de mode.
La série a fait des vagues, apparaissant dans Vogue Italie l’année dernière et dans plusieurs journaux israéliens.
La prochaine étape pour Liani ? Avec un peu de chance, un livre sur « LGBTQ+ LOVE », dit-il.