Une compagnie israélienne aurait commencé à vérifier les antécédents des équipages de ses vols
Une firme qui n'a pas été identifiée aurait engagé une entreprise pour scruter les réseaux sociaux des équipages étrangers des avions étrangers qu'elle est amenée à louer
Une compagnie aérienne israélienne a pris la décision de ne pas attendre que le Shin Bet prenne des mesures quant au contrôle des équipages étrangers. Elle a engagé une société spécialisée dans la cyber-sécurité, qu’elle a chargée de procéder à une vérification des antécédents des membres d’équipage de ses avions loués, a rapporté vendredi la Treizième chaîne.
Ce reportage, qui n’a pas cité le nom de la compagnie concernée, a fait suite à la révélation d’une série de failles préoccupantes dans les dispositifs sécuritaires israéliens, des failles qui se sont révélées depuis la tentative d’attentat terroriste qui a visé un vol de la compagnie flydubai reliant Dubaï à Tel Aviv.
Dans le cadre d’un accord dit de « location avec équipage » (wet leasing), une compagnie aérienne loue un avion à un autre transporteur, incluant son équipage, les services de maintenance et l’assurance.
Or, les compagnies aériennes israéliennes qui louent des avions étrangers avec leur équipage ne sont pas soumises aux protocoles de sécurité qui sont imposés par l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, laquelle exige la présence d’agents de sécurité armés à bord des vols commerciaux israéliens, l’installation de systèmes avancés de défense antimissile sur les appareils, des contrôles de sécurité spécifiques pour les passagers et les bagages, ainsi que le déploiement de personnel de sécurité israélien dédié dans les aéroports étrangers du monde entier, pour assurer la sécurité des appareils.
Le reportage de la Treizième chaîne indique que cette compagnie aérienne a décidé d’agir plutôt que d’attendre une décision sur la question de la part du ministère des Transports, du Shin Bet et du Mossad.
Selon la chaîne, la compagnie a demandé à une entreprise du secteur des technologies de passer au crible et d’analyser le contenu des réseaux sociaux et les commentaires des quelque 2 500 pilotes et agents de bord employés sur les avions en location avec équipage.
Les contrats de location avec équipage, ainsi que leur pendant « sans équipage » qui ne concerne que l’appareil, sont couramment utilisés dans le secteur aérien, les transporteurs ne disposant pas toujours des flottes nécessaires pour répondre à une demande en constante évolution.
Les compagnies israéliennes, notamment les transporteurs charter Israir et Arkia, s’appuient fortement sur la location avec équipage auprès de transporteurs étrangers.
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En juillet, 70 % des vols d’Arkia et 56 % de ceux d’Israir ont été assurés en location avec équipage, a indiqué la chaîne N12 en début de semaine. Pour Sun D’Or, ce chiffre s’élevait à 5 %. La compagnie nationale El Al a quant à elle affirmé que 5 à 8 % de ses vols étaient opérés par des appareils étrangers.
Les procédures de sécurité relatives à cette catégorie de vols avaient été préalablement approuvées par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a précisé Israir.
Suite à l’incident du vol flydubai, les médias locaux ont rapporté que les services de sécurité israéliens alertaient depuis des années sur le non-respect par le ministère des Transports de ses obligations en matière de contrôles de sécurité auprès des compagnies aériennes étrangères et de leurs équipages à destination d’Israël, ainsi qu’en matière d’inspection des vols israéliens opérés par des transporteurs étrangers. Le ministère des Transports a répondu qu’il ne disposait pas des moyens de renseignement nécessaires.