Une policière promue après l’accord de Ben Gvir
Ruti Hauslich, que le ministre d'extrême droite a accusée d'avoir trompé une commission de la Knesset, a été promue au grade de commandante par le chef de la police
La police israélienne, au terme d’une bataille juridique, a promu mercredi une officière dont l’avancement était bloqué depuis l’été dernier par le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir.
Ruti Hauslich est désormais commandante, un grade qui lui a été décerné par le chef de la police israélienne, Danny Levy, qui a salué ses « compétences dans ses fonctions précédentes » et l’a félicitée pour « son intégrité et ses principes ».
Cette promotion est intervenue après que Ben Gvir a accepté, le mois dernier, d’approuver la promotion de Ruti Hauslich et de revenir sur sa décision, suite à l’intervention d’un juge du tribunal de Jérusalem qui l’avait exhorté à reconsidérer sa position dans le cadre d’une audience consacrée à la requête déposée contre lui par Ruti Hauslich.
Hauslich, chargée des enquêtes liées à l’incitation à la haine au sein de la division des enquêtes et du renseignement de la police, a été la deuxième femme commissaire dont Ben Gvir a refusé de valider l’avancement, contre l’avis des hauts gradés.
Le ministre d’extrême droite avait accusé Hauslich d’avoir induit en erreur une commission de la Knesset lors d’un débat sur les enquêtes pour incitation à la haine, au motif qu’elle n’avait pas relayé la position de la police du district de Jérusalem durant son témoignage devant les députés.
L’avocat de Hauslich, dont l’argumentation a été retenue par le juge, a toutefois contesté cette affirmation, soutenant que sa cliente avait fait ce qu’on attendait d’elle lors de cette réunion, à savoir présenter la position de la division au sein de laquelle elle travaille, la division des enquêtes et du renseignement, qui est chargée des enquêtes pour incitation à la violence.
L’avocat a en outre affirmé que l’obstruction opposée par Ben Gvir s’inscrivait dans une série de « conflits plus larges entre le ministre et certains responsables de la division des enquêtes et du renseignement ».
En mars, le tribunal de Jérusalem a ordonné à Ben Gvir de signer la promotion de la commissaire Rinat Saban, qui avait témoigné dans le procès pour corruption du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Selon le juge chargé de l’affaire, le refus de Ben Gvir était vraisemblablement motivé par des « considérations étrangères à l’affaire ».
Le mois dernier, la Haute Cour de justice a demandé à Ben Gvir, au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à la procureure générale de parvenir à un accord permettant de limiter toute influence abusive de Ben Gvir sur le travail de la police.