Israël en guerre - Jour 192

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Shachar Levy, qui s'est fait connaître sous le nom de DawnLev sur les réseaux sociaux. (Autorisation)
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Shachar Levy, qui s'est fait connaître sous le nom de DawnLev sur les réseaux sociaux. (Autorisation) •
Interview

Une star des réseaux sociaux use de sarcasmes pour combattre la propagande anti-Israël

L’impertinente Shachar Levy – alias DawnLev – utilise sa notoriété pour créer du contenu pro-Israël viral qui invite à s’interroger saur la guerre entre Israël et le Hamas

La courte vidéo virale « Queers for Palestine » a recueilli des millions de vues sur Instagram et TikTok depuis sa mise en ligne le 22 octobre dernier sous forme d’une conversation à trois entre « You », « Israel » et « Hamas » – le tout joué par une jeune rouquine, star des réseaux sociaux, plus connue sous le nom de DawnLev.

Le personnage de You – « n’importe quel libéral qui soutient le Hamas » – se présente au groupe terroriste palestinien et dit vouloir aider le peuple palestinien.

« Oh, nos boucliers humains ? », demande le Hamas. « Nous avons utilisé le peuple palestinien de Gaza pour nous protéger pendant que nous essayons de tuer autant de Juifs que possible. »

Le personnage du Hamas explique ensuite toutes les choses horribles qu’il fait en tant que groupe terroriste et comment ses valeurs contredisent directement tout ce que la gauche représente.

C’est sarcastique, rafraîchissant et extrêmement percutant sur les plateformes qui sont les principales sources d’information de millions d’adolescents et de jeunes adultes.

La tête et les jambes qui se cachent derrière le personnage de DawnLev, c’est Shachar Levy, qui assure avoir toujours su qu’elle serait une artiste, dès son enfance en Australie. Mais jusqu’au massacre de 1 200 personnes par le Hamas en Israël et à l’enlèvement de 253 otages, le 7 octobre dernier, Levy assure qu’elle ne se serait jamais imaginée en première ligne de la lutte numérique, comme elle l’est depuis la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas qui s’en est suivie.

@dawnlev

This is exactly what goes through my mind every time any member of the LGBTQ+ community, feminist or 
“liberal” supports the horrible acts of Hamas. ????️‍???????????? For anyone about to comment “Free Palestine” down below, special thanks in advance for commenting! Your interactions help with engagement and so all you’re really doing is helping promote the video and share it with more people. Thank-you for supporting Israel! We love you too! If you don’t agree with what I say, you’re just disagreeing with facts. I get it. The truth F*CKING hurts, I understand why you’re in denial. But let’s be very clear: by supporting Hamas, you are MOST DEFINITELY *not* supporting the civilians in Gaza, you’re supporting ISIS, and honey – you’re next. #Hamasisisis #FreePalestinefromHAMAS #IstandwithIsrael

♬ original sound – ????????‍???? Shachar levy ????️

Depuis, Levy s’est fait un nom en tant qu’ambassadrice officieuse et bénévole de la hasbara (la communication pro-Israël), en diffusant d’habiles démentis de mythes courants sur Israël et l’armée israélienne, ainsi que des séquences de « bonnes nouvelles » destinées faire sourire au milieu d’horribles mises à jour sur les guerres.

Ses vidéos les plus réussies sont des sketches dans lesquels les personnages, tous incarnés par Levy, discutent de la manière compliquée dont Israël et le Hamas sont chacun représentés dans les médias internationaux. Les personnages sont souvent des anthropomorphismes tels que « les informations », « le monde » et « le Hamas ».

Ses vidéos sur TikTok et Instagram atteignent régulièrement plusieurs centaines de milliers de vues.

« Cela aide vraiment les gens mentalement », dit Levy. « J’ai reçu le message ‘Tu es la première à m’avoir fait sourire depuis X temps’ tellement de fois que j’y suis presque désensibilisée. »

Elle constate que le monde est également désensibilisé aux horreurs commises par le Hamas : bien que les terroristes se soient filmés en train de commettre des atrocités le 7 octobre lorsqu’ils ont envahi Israël depuis la bande de Gaza, de nombreuses personnes dans le monde ont depuis nié ou minimisé ces atrocités.

C’est dans ce climat difficile en ligne que Levy – une habituée des réseaux sociaux – s’est aventurée, quelques jours seulement après le massacre du 7 octobre.

« J’ai une vingtaine d’années d’expérience à ce jour », a déclaré en riant la jeune femme de 26 ans au Times of Israel.

De l’anglais à l’hébreu et vice-versa

La carrière de Levy en tant que créatrice de contenu à plein temps a été établie bien avant que la guerre entre Israël et le Hamas n’éclate. Ses vidéos ont décollé dès les premiers jours de la pandémie de COVID-19. Mais, comme elle le révèle dans un message TikTok de 2023 où elle se présente en hébreu, elle crée du contenu vidéo depuis son enfance.

Lorsque la pandémie a frappé, elle a commencé à faire des vidéos quotidiennement, principalement en anglais, mais n’avait alors rencontré qu’un succès limité.

« Lorsque je suis passée à l’hébreu, s’est-elle souvenue, les gens ont commencé à le remarquer ».

Les gens ont notamment adoré sa série « Conversations avec mes règles« , des sketches dans lesquels elle explore sa relation avec son cycle mensuel avec un humour pince-sans-rire et du sarcasme.

Image tirée d’une vidéo de Shachar Levy. (Crédit : Shachar Levy)

Levy est née en Israël et y a vécu jusqu’à l’âge de 6 ans. Peu après la naissance de sa petite sœur, au plus fort de la Seconde Intifada en 2003, ses parents ont décidé de déménager à l’étranger. À l’époque, l’Australie avait des frontières relativement ouvertes et une procédure simple d’obtention de la nationalité.

« Nous parlions hébreu à la maison », a raconté Levy. « J’avais un mode de vie très israélien. »

Pourtant, elle se sentait très australienne, et le retour à la vie en Israël, neuf ans plus tard, a été difficile.

À 15 ans, Levy est entrée au lycée dans un pays dont elle parlait la langue, mais n’avait pas grand-chose en commun avec ses nouveaux camarades.

Elle a essayé de retourner en Australie pendant quelques mois en 2017, mais est revenue en 2018.

« Je pensais que cela résoudrait tous mes problèmes », a-t-elle expliqué. « Ça n’a pas été le cas. »

Bien qu’elle ait toujours l’impression de louper quelque chose – n’ayant pas eu une enfance israélienne typique – Levy a commencé à se sentir beaucoup plus connectée à la société israélienne à partir du 7 octobre.

« J’ai l’impression d’avoir rattrapé tellement d’histoire. C’est fou. »

La guerre a également entraîné un changement notable dans les vidéos de Levy. Quelques jours après le massacre du 7 octobre, elle a commencé, depuis son appartement de Tel Aviv, une nouvelle série intitulée « Good News » (« Bonnes nouvelles »), dans laquelle elle décrit les bonnes choses qui se passent dans le monde malgré les horreurs du récent massacre et de la guerre qui s’en est suivie.

« La création de contenu m’a vraiment aidée (…) Les gens pensaient que [Good News] devait avoir un impact sur d’autres personnes. C’était juste pour que je me sente saine d’esprit », a-t-elle admis.

Mais la série « Good News » n’était pas tout à fait adaptée à Levy.

« Créer des sketches et écrire des scénarii me manquait vraiment. C’était mon truc. Puis, un soir, j’ai eu une révélation. »

Image tirée d’une vidéo de Shachar Levy. (Crédit : Shachar Levy)

Divertir et informer

Levy a raconté qu’en regardant des vidéos de défense des intérêts d’Israël, elle a remarqué que beaucoup d’entre elles étaient très simples et un peu ennuyeuses, et qu’elles ne suscitaient pas d’intérêt en ligne.

« J’ai donc posté l’une des premières vidéos sur ‘Queers for Palestine’ et elle a explosé. Elle a été visionnée 3 millions de fois en deux jours. Je me suis dit que j’avais trouvé un filon », a-t-elle raconté.

Depuis, le travail de Levy a changé l’esprit et l’humeur des gens.

« J’ai reçu tellement de messages de personnes qui étaient très pro-palestiniennes et qui m’ont dit : ‘Attendez, vous m’avez donné un point de vue différent’, et qui ont commencé à faire des recherches à la suite de mes vidéos », a-t-elle dit.

Levy insiste sur le fait qu’elle ne cherche pas à être un organe d’information ou une source primaire ; elle veut encourager les gens à penser de manière critique et à faire leurs propres recherches.

« J’incite simplement les gens à s’interroger sur les médias et sur la propagande évidente qui sévit dans le monde entier », a-t-elle souligné, ajoutant que ses vidéos ont touché des alliés inattendus.

« J’ai reçu de nombreux messages de Syriens et de Libanais qui ont demandé à rester anonymes et qui soutiennent Israël mais ne peuvent pas en parler ouvertement. »

Levy a développé un personnage particulier, Bethany, qui représente la gauche occidentale pro-palestinienne dans ses sketches et qui s’est avérée être un outil utile.

« Ce personnage a été pour moi un très bon moyen d’exprimer l’autre côté, sans être moi-même. Je peux aussi exposer les faits parce qu’elle pose des questions et que d’autres personnages y répondent », a-t-elle expliqué.

@dawnlev

If I’m being honest, I was very iffy about posting this video. I don’t think it’s my best work, but I hope it provides the message I’m trying to push through. Dealing with people hating us purely out of hatred for Jews and Israelis is one thing, but observing the undeniable hypocrisy of westerners and their one sided care for “human rights” is somehow even worse. ????????‍♀️ . . . . #humanrights #bethany #ucla #interview #humanity #israel #Hamasisisis

♬ original sound – ????????‍???? Shachar levy ????️

Sa série de vidéos sur la guerre a ouvert de nombreuses portes à Levy, l’amenant à collaborer avec les médias israéliens Ynet et Kan. Elle se prépare actuellement à animer des ateliers Zoom avec des Juifs américains sur la manière de créer un contenu en ligne pro-Israël efficace.

Mais la bataille est rude.

« Mes parents n’aiment pas cette idée parce qu’ils pensent que je suis une cible. Et ils n’ont pas tort. »

Au début de la guerre, Levy a reçu des menaces de mort et des messages qu’elle ne souhaite à personne.

« J’ai désactivé mes commentaires pendant un certain temps », a-t-elle dit. « Puis j’ai laissé tomber. Je ne regarde plus mes commentaires. »

Un travail strictement bénévole

@dawnlev

Israel is one of the most expensive countries in the world, most people here are poor or at least living hand to mouth. Why? Because living between counties that constantly fire rockets at you and try to invade your tiny land is really freaking expensive. The iron dome costs a hell of a lot of money, and it’s the only reason more people died in Gaza during the war. If more Israelis died, would you still be standing with Palestine? I wonder… . . . . . #israel #content #contentcreator #IstandwithIsrael #hamamisisis

♬ original sound – ????????‍???? Shachar levy ????️

Il y a aussi l’aspect financier. Levy n’est pas rémunérée pour ses vidéos de défense d’Israël, bien que les pro-Palestiniens l’accusent souvent d’être payée pour diffuser des messages pro-Israël. Elle explique que c’est en partie pour cette raison qu’elle refuse d’accepter de l’argent pour ses vidéos.

Elle a également expliqué qu’elle reçoit fréquemment des commentaires haineux fondés uniquement sur le fait qu’elle mène une vie relativement normale. Les commentateurs anti-Israël tentent de miner son expérience de la guerre, affirmant qu’elle ne doit pas souffrir parce qu’elle s’est fait faire les ongles ou parce qu’elle va au restaurant. Des Israéliens laissent même des commentaires furieux lorsqu’elle publie des vidéos non militantes – pour lesquelles elle est rémunérée – en disant qu’elle est censée se concentrer uniquement sur la guerre.

« C’est mon travail », a-t-elle expliqué. « Je dois créer du contenu en hébreu parce que c’est comme ça que je gagne de l’argent. »

Au-delà du désir de gagner sa vie, Levy affirme qu’elle a bien plus à offrir que de simples vidéos de sensibilisation et qu’elle n’a aucune envie d’être enfermée dans une case.

C’est pourquoi elle est en train de revenir à son contenu habituel, tout en y mêlant quelques vidéos de sensibilisation.

« J’ai de grands projets pour Bethany », a-t-elle dit en plaisantant.

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