Verdun : 5 000 euros d’amende pour un éloge du maréchal Pétain

'Pendant la Seconde Guerre mondiale, Pétain a sauvé, devant témoins, au moins 700 000 Juifs', avait déclaré Jacques Boncompain le 15 novembre

Le président de l'AMDP (Association pour la défense de la mémoire du maréchal Pétain), Jacques Boncompain (à droite), observant les lieux après une manifestation devant l'église Saint-Jean-Baptiste, où s'est déroulée une cérémonie religieuse « en hommage au maréchal Pétain et à ses soldats », organisée par l'ADMP, à Verdun, dans le nord-est de la France, le 15 novembre 2025. (Crédit : Jean-Christophe Verhaegen/AFP)

L’octogénaire, qui avait organisé une messe « en hommage au maréchal Pétain » à Verdun (Meuse) en novembre, a été condamné mercredi à 5 000 euros d’amende pour avoir affirmé que le chef du régime de Vichy avait « sauvé » des Juifs.

Jacques Boncompain, 85 ans, président de l’Association pour la défense de la mémoire du maréchal Pétain (ADMP), était poursuivi pour « contestation publique de crime contre l’humanité » pour deux propos tenus le 15 novembre, à la sortie de cette messe, devant de nombreux journalistes.

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, Pétain a sauvé, devant témoins, au moins 700 000 Juifs », avait ainsi déclaré le vieil homme, selon une vidéo mise en ligne par le journal L’Est républicain.

Ces propos constituent une « minimisation outrancière du nombre de victimes de la Shoah », a jugé le tribunal, qui a condamné Boncompain pour cette déclaration.

Outre les 5 000 euros d’amende, et dans un souci de « pédagogie et de prévention de la récidive », l’intégralité de la décision sera affichée dans le tribunal pendant deux mois, a indiqué la présidente, qui en a lu les motivations en audience publique.

Boncompain a toutefois été relaxé partiellement pour une autre phrase prononcée dans laquelle il déclarait que Pétain était « le premier résistant de France » : le tribunal n’a pas pu, sur la base des éléments fournis, notamment une vidéo compilant plusieurs de ses propos devant l’église, déterminer à quel moment cette phrase avait été prononcée par le prévenu et ainsi caractériser l’infraction.

Boncompain n’était pas présent lors de l’énoncé du délibéré, ni son avocat.

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