Via des haut-parleurs, des familles d’otages tentent d’être entendues par leurs proches
Des membres des familles d'otages retenus par le Hamas ont franchi la frontière de Gaza avant de rebrousser chemin
Plusieurs parents d’otages ayant participé à une manifestation près de la frontière de Gaza ont symboliquement franchi la clôture du périmètre et ont tenté de courir vers leurs proches détenus dans la bande de Gaza, avant de suivre les appels des forces de sécurité à retourner au kibboutz Nirim.
Une vidéo filmée sur place montre environ une vingtaine de parents franchissant la clôture et se dirigeant à grandes enjambées vers la barrière frontalière de Gaza, vêtus de tee-shirts portant des empreintes de mains ensanglantées et portant des pancartes disant « Leur sang est sur les mains du gouvernement » ainsi que des affiches avec les visages de leurs proches.
« Si le gouvernement ne les ramène pas, nous les ramènerons. Si le gouvernement ne veut pas conclure d’accord, alors nous les récupérerons », a déclaré un membre de la famille qui s’est identifié sous le nom d’Omri.
D’autres ont hurlé « Sauvez-les ».
« Dans leur grande douleur, les familles ont franchi la clôture de Gaza et couru vers la bande de Gaza pour se rapprocher le plus possible de leurs proches », a déclaré le Forum des familles des otages et disparus dans un communiqué, évoquant la frustration engendrée par onze mois d’appels infructueux au gouvernement pour qu’il parvienne à conclure un accord de « trêve contre libération d’otages ».
En réalité, ils ne se sont pas approchés de la frontière de Gaza et ont répondu aux appels de l’armée qui leur demandait de faire demi-tour.
« Je ne sais toujours pas si c’était la bonne décision de ne pas continuer à se diriger vers Gaza », a déclaré Gil Dickmann, cousin de l’otage Carmel Gat, à Ynet. « La prochaine fois, nous serons plus nombreux – des centaines, des milliers – et nous ne nous arrêterons pas. »
Les membres de familles d’otages se sont rassemblés jeudi matin à la frontière de Gaza pour appeler, crier et hurler dans de puissants haut-parleurs, dans l’espoir que leurs proches retenus en captivité puissent entendre leurs paroles.
Avec des mots de prière, des supplications à Dieu et, parfois, des reproches au gouvernement israélien, les parents, les frères et sœurs, les enfants et les grands-parents ont appelé leurs proches, retenus en otage depuis 328 jours dans les tunnels et autres cachots de Gaza.
« Edan Alexander », a appelé Varda Ben Baruch, la grand-mère du soldat seul de 20 ans originaire de Tenafly, dans le New Jersey, qui a été enlevé par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre. « C’est grand-mère et grand-père, tu es notre âme, tu nous entends ? Idanaleh ! Maman et papa t’attendent, nous sommes inquiets pour toi et nous attendons ton retour à la maison. Sois fort, tu es fort, survis, nous faisons tout ce que nous pouvons pour toi et pour tous les autres otages. »
« Nimrod, c’est papa, nous sommes ici à la frontière », a clamé Yehuda Cohen, dont le fils, Nimrod, a été pris en otage le 7 octobre sur la base militaire de Nahal Oz alors qu’il servait au sein du Corps blindé mécanisé.
« Je ne renoncerai pas tant que tu ne seras pas rentré à la maison, je parcourrai le monde jusqu’à ce que nous ayons un accord qui te libérera, toi et les autres otages. »
Certains parents sanglotaient, comme Shira Albag, mère de Liri Albag, 19 ans, l’une des soldates de surveillance retenues en captivité. La sœur de Liri a hurlé dans le micro, la suppliant de tenir bon.
Eli Shtivi, père de l’otage Idan Shtivi, drapé dans un talit – ou châle de prière juif – a appelé son fils, lui disant qu’Israël renoncera à contrôler le corridor stratégique dit de « Philadelphi » pour que lui et les autres otages puissent rentrer chez eux, faisant référence à l’un des points d’achoppement dans les pourparlers actuelles sur l’accord de « trêve contre libération d’otages ».
« C’est maman, Hersh », a appelé Rachel Goldberg-Polin en anglais, s’adressant à son fils, l’otage israélo-américain Hersh Goldberg-Polin, qui a été capturé dans un abri non loin du festival Supernova le 7 octobre.
« Nous sommes le 328e jour. Nous sommes tous ici. Toutes les familles des 107 otages restants », a-t-elle dit en le bénissant, expliquant à son fils qu’elle lui donne la bénédiction traditionnelle qu’elle offre lors de ses prières du matin et du vendredi soir.
« Que Dieu te bénisse et te garde. Que la lumière de Dieu brille sur toi et que Dieu te fasse grâce. Que tu puisses toujours ressentir la présence de Dieu en toi et puisses tu trouver la paix », a déclaré Rachel.
Après avoir appelé les captifs par l’intermédiaire de puissants haut-parleurs, « les familles, dans leur grande douleur, ont franchi la clôture de Gaza et ont couru vers la bande de Gaza pour se rapprocher le plus possible de leurs proches », a déclaré le forum, citant onze mois d’appels infructueux au gouvernement pour qu’il parvienne à la conclusion d’un accord de « trêve contre libération d’otages ».
Il est estimé que 103 des 251 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre se trouvent toujours à Gaza, y compris les corps de 33 otages dont le décès a été confirmé par l’armée.
La guerre a éclaté lorsque quelque 3 000 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre, tué près de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Le Hamas avait relâché 105 civils au cours d’une trêve d’une semaine fin novembre. Quatre captives avaient été remises en liberté précédemment. Sept otages vivants ont été secourus par les soldats et les dépouilles de 30 otages ont été récupérées, notamment celles de trois Israéliens qui ont été tués accidentellement par l’armée.
Le Hamas détient également les corps sans vie de deux soldats tombés au combat, Oron Shaul et Hadar Goldin, depuis 2014, ainsi que deux civils israéliens, Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, qui seraient encore en vie après être entrés dans la bande de leur propre gré en 2014 et en 2015 respectivement.