Yémen: les employés de l’ONU détenus sont soupçonnés d’espionnage pour Israël et les US

L'ONU avait annoncé dimanche la détention d'au moins onze de ses employés, quelques jours après la mort de responsables rebelles dans des frappes israéliennes à Sanaa

Des Yéménites brandissant des pancartes anti-Israël et anti-États-Unis, dans la capitale Sanaa, contrôlée par les Houthis, le 29 août 2025. (Credit : Mohammed Huwais/AFP)

Les employés de l’ONU arrêtés dimanche au Yémen par les rebelles houthis sont soupçonnés d’espionnage au profit des Etats-Unis et d’Israël, a affirmé jeudi un haut responsable houthi à l’AFP, sous couvert d’anonymat.

« Les employés des Nations unies arrêtés sont accusés d’espionnage au profit de l’agression américaine et israélienne, et toute personne dont l’accusation sera confirmée sera traduite en justice », a affirmé ce responsable du ministère des Affaires étrangères des Houthis ayant requis l’anonymat.

L’ONU avait annoncé dimanche la détention d’au moins onze de ses employés au Yémen, quelques jours après la mort du Premier ministre des Houthis et onze autres responsables rebelles dans des frappes israéliennes à Sanaa, la capitale aux mains des rebelles depuis 2014.

Ces insurgés soutenus par l’Iran, qui contrôlent de larges pans du Yémen, détenaient déjà des dizaines d’employés des Nations unies et de plusieurs organisations humanitaires depuis juin 2024.

A cette époque, les Houthis avaient justifié leur arrestations par la découverte d’un « réseau d’espionnage américano-israélien » opérant sous couvert d’organisations humanitaires, des accusations fermement rejetées par l’ONU.

Fin janvier, huit salariés de l’ONU avaient été arrêtés, dont l’un est décédé depuis en détention.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné dimanche les « détentions arbitraires » de ses employés au Yémen et appelé à leur « libération immédiate et inconditionnelle ».

Après la mort du Premier ministre des Houthis, les rebelles ont mené une série d’arrestations dans les territoires sous leur contrôle.

Depuis le début de la guerre à Gaza, déclenchée par l’attaque du groupe terroristes islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, les Houthis, dont le slogan est « la mort de l’Amérique, la mort d’Israël [et] la malédiction sur les Juifs », ont multiplié les tirs de drones et de missiles contre Israël et des navires marchands qui lui sont liés au large du Yémen, en affirmant agir en solidarité avec les Palestiniens.

En représailles, Israël a frappé leurs positions à plusieurs reprises.

read more: