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Les Houthis et l’armée israélienne confirment la mort du Premier ministre dans une frappe israélienne

On ignore à ce stade si le ministre houthi de la Défense, cible clé de l'attaque de jeudi au Yémen, fait partie des victimes

Un homme regarde la télévision qui diffuse des images d'Ahmed al-Rahawi, le Premier ministre du gouvernement houthi, tué lors des frappes israéliennes du 28 août, à Sanaa, au Yémen, le 30 août 2025. (Crédit : Osamah Abdulrahman/AP)
Un homme regarde la télévision qui diffuse des images d'Ahmed al-Rahawi, le Premier ministre du gouvernement houthi, tué lors des frappes israéliennes du 28 août, à Sanaa, au Yémen, le 30 août 2025. (Crédit : Osamah Abdulrahman/AP)

Le Premier ministre du gouvernement houthi du Yémen et plusieurs de ses ministres ont été tués dans une frappe israélienne sur Sanaa, la capitale, a annoncé samedi l’agence de presse dirigée par le groupe en citant une déclaration du chef du Conseil politique suprême houthi, Mahdi al-Mashat.

La frappe de jeudi a par ailleurs fait un certain nombre de blessées, a-t-il ajouté, sans plus de détails.

Plus tard dans la journée de samedi, l’armée israélienne a, à son tour, confirmé que le Premier ministre Ahmed Ghaleb al-Rahwi avait été tué aux côtés de plusieurs membres des autorités militaires et politiques houthies, sans donner de noms. L’issue exacte de la frappe et le sort de certaines des cibles sont encore indéterminés, a-t-elle ajouté.

Vendredi dernier, Israël avait expliqué que la frappe aérienne visait le chef d’État-major du groupe, proche de l’Iran, le ministre de la Défense et d’autres hauts membres des autorités, et qu’elle était en train d’en évaluer le résultat.

Vendredi dernier toujours, la chaîne N12, sans citer de sources, avait indiqué que l’armée israélienne estimait que tout le gouvernement houthi – le Premier ministre et 12 ministres – avait manifestement été tué, mais que l’estimation n’avait rien de définitif.

Dans sa déclaration, Mashat n’a pas précisé si le ministre de la Défense, Mohammed Nasser al-Attafi, faisait partie des victimes.

Al-Rahwi avait pris ses fonctions de Premier ministre il y a de cela près d’un an, mais le chef de facto du gouvernement était son adjoint, Mohamed Moftah, chargé samedi d’exercer les fonctions de Premier ministre.

Rahwi était considéré comme une figure de proue, un peu en dehors du cercle restreint de la direction houthie.

Des combattants houthis participent à un rassemblement anti-Israël hebdomadaire à Sanaa, au Yémen, le vendredi 29 août 2025. (Crédit : AP Photo/Osamah Abdulrahman)

Le ministre de la Défense Israel Katz a laissé entendre, samedi soir, que cette attaque n’était « qu’un début ».

« Il y a de cela deux jours, nous avons porté un coup sans précédent aux hauts responsables de la direction militaro-politique de l’organisation terroriste houthie au Yémen, grâce à une action audacieuse et brillante de l’armée israélienne », a déclaré Katz.

« Le destin du Yémen sera celui de Téhéran – et ce n’est qu’un début », a poursuivi Katz. « Les Houthis apprendront à leurs dépens que les menaces et attaques contre Israël donneront lieu à des représailles sept fois plus graves – et ils ne sauront pas combien de temps cela durera. »

L’armée israélienne a expliqué que ses avions de chasse ont bombardé des infrastructures des environs de Sanaa à l’intérieur desquelles de hauts responsables houthis s’étaient réunis, et que l’attaque était une « opération complexe » rendue possible par la collecte de renseignements et sa propre supériorité aérienne.

Jeudi, des sources proches des services de sécurité israéliens avaient laissé entendre qu’il y avait eu plusieurs cibles, en divers endroits où un grand nombre de hauts responsables houthis s’étaient rassemblés pour regarder un discours télévisé de leur dirigeant, Abdul Malik al-Houthi.

Le chef houthi Abdul Malik al-Houthi prononce une allocution télévisée le 28 août 2025. (Capture d’écran X)

Les Houthis – dont le slogan dit en substance « Mort à l’Amérique, Mort à Israël et maudits soient les Juifs » – ont commencé à s’en prendre à Israël et au trafic maritime en novembre 2023, un mois après le pogrom commis le 7 octobre par le Hamas dans le sud d’Israël.

Les Houthis ont cessé les hostilités lorsqu’un cessez-le-feu a été conclu entre Israël et le Hamas en janvier 2025. Jusque là, ils avaient tiré une quarantaine de missiles balistiques et des dizaines de drones d’attaque et de missiles de croisière sur Israël, dont un qui a tué un civil et en a blessé plusieurs autres à Tel Aviv, en juillet 2024, ce à quoi Israël avait riposté par une première frappe directe au Yémen, suivie depuis de nombreuses autres.

Des Yéménites brandissent des armes et des poignards lors d’un rassemblement à la fois en solidarité avec les Palestiniens et contre Israël et les États-Unis, à Sanaa, la capitale, dirigée par les Houthis, le 29 août 2025. (Mohammed HUWAIS / AFP)

Depuis le 18 mars dernier, date à laquelle Tsahal a repris son offensive contre le Hamas dans la bande de Gaza, les Houthis du Yémen ont tiré 72 missiles balistiques et pas moins de 23 drones sur Israël. Plusieurs de ces missiles ne sont parvenus à destination.

Vendredi dernier, lors d’un point de situation sur les opérations militaires dans la région, le chef d’État-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré : « Les Houthis agissent à la façon d’une branche terroriste de l’Iran : ils continuent d’attaquer Israël et menacent la stabilité régionale et internationale. Notre message est clair : aucune tolérance. »

Les services de renseignement israéliens ont donné des informations en temps réel sur les agissements des chefs houthis, ce qui a permis de mener à bien ce bombardement malgré les lourdes défenses aériennes de la région, a souligné l’armée israélienne.

Le ministre de la Défense Al-Attafi est en poste depuis 2016 et est considéré comme le plus haut responsable militaire de l’organisation, selon N12.

Le ministre houthi de la Défense Muhammad Nasser al-Attafi (Capture d’écran de Aden TV via Wikipédia)

Il aurait de très bonnes relations avec les Gardiens de la révolution iraniens ainsi qu’avec le Hezbollah.

Le chef d’État-major houthi, Muhammad Al-Ghamari, grièvement blessé par une frappe israélienne au Yémen en juin dernier, menée pendant la brève guerre d’Israël contre l’Iran, a également été pris pour cible.

C’est la 16e fois qu’Israël attaque le groupe rebelle soutenu par l’Iran directement sur son territoire, à plus de 1 800 kilomètres de là.

Nurit Yohanan et Stav Levaton ont contribué à cet article.

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