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Le chef de l'opposition Benjamin Netanyahu, stylo à la main, à son siège à la Knesset lors d'une session plénière le 11 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef de l'opposition Benjamin Netanyahu, stylo à la main, à son siège à la Knesset lors d'une session plénière le 11 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

12 points à retenir des mémoires de Netanyahu

Le futur Premier ministre évoque aussi Clinton et Biden, remercie un compagnon d’armes de lui avoir sauvé la vie et confie avoir écrit en partie à la Knesset

Le chef de l'opposition Benjamin Netanyahu, stylo à la main, à son siège à la Knesset lors d'une session plénière le 11 octobre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans sa toute nouvelle autobiographie, Bibi: My story, publiée le 18 octobre dernier, le futur Premier ministre Benjamin Netanyahu passe en revue sa carrière militaire et politique, avec une attention toute particulière pour les présidents des États-Unis avec lesquels il a été en relation.

Il critique l’ex-président américain, Barack Obama, dont il affirme qu’il a eu tort à deux reprises, la première fois sur la question palestinienne et la seconde, sur les intentions nucléaires iraniennes, et qu’il a manqué de respect au Premier ministre d’Israël.

Il livre ce qu’il présente comme un aveu de Bill Clinton, disant que l’administration américaine avait fait tout son possible pour empêcher sa première victoire électorale, en 1996.

Il détaille la manière dont Joe Biden a contribué, lorsqu’il était vice-président, à l’apaisement des relations avec l’administration Obama.

Il affirme également que le président Biden lui a confié, lors du conflit de Gaza en 2021, que le parti démocrate n’était plus aussi fermement pro-israélien.

Et il raconte sa version des faits concernant l’échec « cuisant » de son projet d’annexion de 30 % de la Cisjordanie, dans le cadre de la proposition de paix israélo-palestinienne de 2020 faite par l’ex-président américain Donald Trump.

Netanyahu s’en prend également à la coalition Naftali Bennett-Yair Lapid, qui est parvenu à l’évincer du pouvoir en 2021.

Il conteste également le récit donné par celui qui fut à la fois son rival et collègue, Ehud Barak, d’une célèbre opération de sauvetage menée par l’unité militaire Sayeret Matkal, à laquelle ils appartenaient tous les deux, il y a de cela 50 ans.

Le livre oscille constamment entre vie personnelle et vie publique du dirigeant le plus pérenne d’Israël, à mi-chemin entre réflexion et discours politique.

L’ouvrage fourmille d’informations sur les coulisses des affaires nationales et mondiales, de réflexions sur sa vie de famille et de violentes charges contre ses adversaires et tous ceux qui, selon lui, veulent lui nuire.

Voici 12 thèmes, révélations et analyses à retenir de l’autobiographie de Netanyahu.

1. Netanyahu remercie un compagnon d’armes de lui avoir sauvé la vie

Plus de 50 ans après les faits, Netanyahu remercie enfin le compagnon de l’unité d’élite de Tsahal, Sayeret Matkal, qui lui a sauvé la vie lors d’une opération au canal de Suez, au début de l’année 1968.

Ils traversaient le canal à bord d’embarcations pneumatiques Zodiac lorsque leur unité a essuyé des tirs. Netanyahu a immédiatement suggéré à ses camarades de sauter à l’eau, où ils seraient plus en sécurité.

Mais Netanyahu avait oublié qu’il avait un sac de munitions de 20 kilos sur le dos. Il a commencé à couler, est remonté par deux fois à la surface avant de « tendre la main vers la surface » et d’être secouru.

Jusqu’à très récemment, il ignorait qui lui avait saisi la main, jusqu’à ce qu’il reçoive un message de son sauveur, Israël Nir : « Nir écrit : ‘J’étais assis à côté de Bibi sur le deuxième bateau quand les coups de feu sont partis. Nous avons tous sauté dans le canal. Malheureusement pour lui, Bibi avait les munitions MAG sur le dos. Il a coulé comme une pierre. Comme il ne parvenait pas à remonter, je lui ai saisi la main et l’ai aidé à remonter à la surface, pour qu’il reprenne son souffle. Ensuite, on m’a aidé à le monter à bord du bateau’. »

Netanyahu poursuit : « Des dizaines d’années plus tard, avec beaucoup de retard, je peux enfin remercier mon sauveur, mon compagnon d’armes Israël Nir, qui l’a bien mérité. »

2. Il affirme qu’Ehud Barak n’a été qu’un « spectateur » dans le sauvetage du vol de la Sabena

Netanyahu n’est pas tendre avec l’ex-Premier ministre Ehud Barak, qu’il accuse de s’être donné le beau rôle dans le sauvetage des passagers du vol 571 de la compagnie belge Sabena Airlines, pris en otage par des terroristes palestiniens à l’aéroport de Lod (aujourd’hui l’aéroport Ben Gurion), en mai 1972.

Le lieutenant Benjamin Netanyahu serre la main du président Zalman Shazar à sa résidence, le 1er novembre 1972 (Crédit : GPO/Flash90)

Barak commandait alors l’unité des forces spéciales Sayeret Matkal qui a effectué le sauvetage. Netanyahu, qui était chef d’équipe au sein de cette unité, a pris part à l’opération, au cours de laquelle il a été malencontreusement blessé par des tirs amis.

« Ce sauvetage a été un grand événement en Israël. Tous les seize (soldats), nous avons été présentés au président, Zalman Shazar, entre autres honneurs. Comme l’Unité était secrète, notre nom ne pouvait être révélé…ce qui n’était pas le cas d’Ehud Barak, ravi que les journaux parlent de lui », écrit Netanyahu.

Netanyahu affirme que Barak, dont le rôle a été mineur dans cette opération, l’a savamment mis en scène et orchestré à des fins politiques.

« Au fil des ans, Barak a fait beaucoup de battage autour de cette affaire, publiant à plusieurs reprises cette photo de lui en train de débarquer de l’avion, vêtu d’une salopette blanche, sans jamais préciser qu’il n’avait pas pris part à l’assaut de l’avion », écrit Netanyahu.

« Il n’a été ni plus ni moins qu’un spectateur. Son rôle dans l’assaut a consisté à se tenir debout sur le tarmac et à donner des coups de sifflet. »

Ehud Barak, à gauche, déguisé en technicien lors du détournement de Sabena en 1972, à l’aéroport de Lod (Crédit : Ron Ilan/Archives de l’Armée israélienne)

3. Il dit que Clinton a admis avoir tenté d’empêcher sa victoire électorale en 1996

Netanyahu consacre une grande partie de son livre à ses relations avec les présidents américains, à commencer par Bill Clinton.

Il dit que Clinton, qu’il qualifie volontiers de franc, agréable et pragmatique, a admis, avec toute la bonne humeur qui le caractérise, avoir tenté d’empêcher sa première victoire électorale en 1996, suite à l’assassinat d’Yitzhak Rabin.

« Le President Clinton a été l’un des tout premiers à m’appeler pour me féliciter », écrit-il. « ‘Bibi, je dois t’avouer quelque chose.’ Il rit. ‘Nous avons fait tout notre possible pour t’empêcher de gagner, mais tu l’as emporté, c’est net et sans bavures’. »

Il explique avoir eu le sentiment que l’administration Clinton se trouvait alors sous l’emprise de la « théorie de la centralité palestinienne ».

Cette approche, explique-t-il, « soutenait que les griefs palestiniens étaient au cœur du « conflit du Moyen-Orient », sans aucune considération pour les conflits au Moyen Orient étrangers à Israël.

La Maison Blanche ne voulait pas voir que les violations palestiniennes des accords d’Oslo venaient fondamentalement de leur refus de reconnaître l’existence d’Israël, préférant croire que les griefs palestiniens étaient liés à l’expansion des implantations israéliennes, tout comme ils croyaient que l’antagonisme syrien à Israël était enraciné dans notre présence sur le Golan.

Netanyahu se montre acerbe à plusieurs reprises, dans cet ouvrage, critiquant une approche qui, selon son analyse, « va à l’encontre des faits ».

Il écrit : « Pas besoin d’être un génie pour comprendre que tant que les Palestiniens et d’autres se réfèreraient à une idéologie déterminée à détruire Israël, les retraits israéliens ne feraient pas pour autant advenir la paix. Au contraire, ils n’ont fait qu’alimenter le terrorisme et la guerre, parce que les territoires que nous avons évacués ont été pris par des puissances mues par la volonté de nous détruire, qui nous ont attaqués de plus belle. »

Les collaborateurs de Clinton, « pour la plupart juifs », n’ont pas voulu voir la réalité, explique-t-il.

« La raison pour laquelle les retraits n’ont pas favorisé la paix, disaient-ils, ne tenait pas aux intentions palestiniennes d’éliminer Israël, mais au simple fait qu’il n’y avait pas eu suffisamment de retraits. Cela les conduisait à une deuxième conclusion, implacable. Pour obtenir plus de retraits, il fallait surmonter le véritable ‘obstacle à la paix’, à savoir moi. La politique américaine visait donc à exercer une forte pression sur moi pour que je me retire du territoire ou que je me retire de mes fonctions, ce qu’ils n’avaient pas réussi à faire lors des précédentes élections, mais qu’ils chercheraient à faire à la première occasion. »

Le président américain Bill Clinton (au centre), le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le chef de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, lors d’une réunion trilatérale au passage d’Erez entre Israël et Gaza, en décembre 1995 (Crédit: Avi Ohayun/GPO)

Netanyahu assure que Clinton s’était engagé à faire libérer l’espion américano-israélien, Jonathan Pollard, avant le sommet de Wye Plantation, en 1998, avec Yasser Arafat, mais qu’il était revenu sur sa parole « dans les dernières heures de la conférence, alors que le communiqué final était déjà en cours de rédaction ».

« Je suis désolé de ne pas pouvoir le faire », aurait déclaré Clinton. « Mais je ne peux tout simplement pas libérer Pollard. Le Pentagone et la CIA y sont formellement opposés. George Tenet [le directeur de la CIA] a menacé de démissionner. C’est vraiment impossible. »

Pollard a finalement été libéré en 2015 sous l’administration Trump et a immigré en Israël en 2020. Netanyahu est venu l’accueillir à l’aéroport.

Le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu (à gauche), accueille l’espion américain Jonathan Pollard à l’aéroport Ben Gurion, le 30 décembre 2020 (Courtoisie)

Prompt à le féliciter en 1996, Clinton s’est montré rassurant, trois ans plus tard, « avec bonne humeur, comme d’habitude », lorsque Netanyahu a perdu les élections de 1999 face à Ehud Barak.

« Vous reviendrez au pouvoir à un autre moment», lui a dit Clinton lors d’un appel téléphonique.

Netanyahu écrit : « Sara était d’accord avec lui. De mon côté, j’en doutais ».

4. Il s’est senti « maltraité et méprisé » par Obama

Netanyahu décrit les années Obama comme une période de lutte acharnée, à couteaux tirés, entre lui et le dirigeant démocrate, qu’il présente comme quelqu’un d’idéaliste et plein d’allant, mais également distant, parfois dédaigneux, ignorant des réalités du Moyen-Orient et beaucoup trop disposé à se concilier les bonnes grâces des ennemis d’Israël, que ce soit à Ramallah ou à Téhéran.

Au moment de l’incident du Mavi Marmara, en 2010, lorsqu’une flottille a tenté de briser le blocus naval israélien sur Gaza, des commandos israéliens sont montés à bord du navire et ont été violemment attaqués. Au cours des échauffourées, 10 militants turcs ont été tués.

Netanyahu accuse Obama d’avoir fait sauter le « bouclier » diplomatique d’Israël en raison de préoccupations infondées sur la légitimité internationale des États-Unis.

« Il ne voulait pas que les États-Unis prennent ouvertement une position de leader que d’autres pays suivraient. Il estimait que l’Amérique devait ‘mener l’orchestre depuis les coulisses’ », accuse Netanyahu.

Sur la question des Palestiniens, dès le début de sa présidence, j’ai compris que « peu importe ce que je disais, peu importe les gestes de conciliation que je faisais, le géant Obama allait essayer de m’emmener vers la création d’un État palestinien sur les lignes de 1967 », écrit Netanyahu.

On l’aurait assuré qu’Obama « avait secrètement promis [au chef de l’Autorité palestinienne] Mahmoud Abbas d’établir un État palestinien à part entière avant la fin de son mandat ».

Lorsque les deux hommes se sont rencontrés pour la première fois en 2007, écrit Netanyahu, le futur dirigeant américain lui a d’emblée paru « très concentré, plaisant et attentif ».

Mais au fil de la présidence d’Obama, il dit avoir noté les signaux révélateurs d’une vision du monde très empreinte « d’anticolonialisme ».

« J’étais sur et certain qu’Obama ignorait l’existence des archives historiques qui établissent que s’il y a un ‘colonialisme’ en Israël, c’est bien celui pratiqué des siècles plus tôt par les Arabes contre les habitants de cette terre, les Juifs », écrit-il.

Il dit avoir craint que les propos d’Obama, lors de la primaire de 2008, ne portent « un coup » fatal à son parti du Likud.

« Il existe un clivage au sein de la communauté pro-israélienne », a déclaré Obama aux dirigeants juifs à Cleveland, « qui dit qu’à moins d’adopter une approche pro-Likud inébranlable envers Israël, vous êtes anti-Israël. Ceci ne peut pas être la seule mesure de notre amitié avec Israël. »

Netanyahu a vu cela comme un aveu politique, montrant la préférence d’Obama pour un bord politique plutôt qu’un autre (on reprochera plus tard à Netanyahu d’en faire autant en matière de politique américaine).

« Pendant près de trente ans de vie politique, je me suis toujours gardé de toute allusion aux partis politiques américains, sauf lorsque j’ai pris conscience du soutien bipartite à l’alliance israélo-américaine », écrit Netanyahu.

« En faisant cela, je leur ai certainement évité des coups. Ce que je me suis bien gardé de faire, Obama vient pourtant de me le faire. »

Le président américain Barack Obama, (à droite), et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pendant une réunion dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, le 9 novembre 2015. (Crédit : AFP/ Saul Loeb)

Lors de leur première réunion à la Maison Blanche en 2009, Netanyahu a déclaré qu’Obama « avait retiré les gants ».

« En présence de ses collaborateurs, il a clairement dit que les États-Unis ne toléreraient pas de nouveaux blocages ou obstructions dans le processus de paix, ne laissant aucun doute sur la partie qui, selon lui, en était responsable. »

Netanyahu dit avoir senti que le président s’était engagé dans « une sorte de campagne choc » pour lui faire comprendre que les pressions passées sur les dirigeants israéliens, pour toutes les questions relatives au conflit, « avaient été des amabilités comparées à ce qu’il me réservait ».

« Le Premier ministre d’Israël était traité comme un petit voyou de quartier »

Netanyahu assure qu’Obama lui a dit plus tard, en privé : « Je veux que vous geliez immédiatement toute nouvelle construction dans les zones au-delà des frontières de 1967. Pas une brique de plus ! »

« Barack, ai-je dit, la moitié des habitants de Jérusalem vivent au-delà de ces lignes. Je parle de près de deux cent mille personnes. Vous pensez vraiment que nous allons arrêter de construire dans des quartiers comme Gilo ? Ce sont des parties intégrantes de Jérusalem, comme Georgetown fait partie de Washington. »

« C’est exactement ce que je veux dire », a-t-il déclaré. « Pas une brique, nulle part. Gilo aussi. »

« De toute évidence, Obama et ses collaborateurs voulaient me mettre la pression et m’intimider en montrant que les règles du jeu avaient changé », écrit Netanyahu.

Il assure avoir dit à Obama « que ses exigences draconiennes » en matière de constructions, notamment à Jérusalem-Est, « étaient moralement mauvaises et contre-productives, que le conflit israélo-palestinien était enraciné dans le refus palestinien d’accepter un État juif et non dans les implantations et que le fait d’étouffer un quart de million de personnes n’était ni juste ni faisable. Tout cela est tombé dans l’oreille d’un sourd ».

Il confie ensuite qu’au moment de quitter le Bureau ovale, Obama lui a dit : « Vous savez, les gens me sous-estiment souvent. Mais je viens de Chicago : j’ai eu des adversaires difficiles. »

La couverture de l’autobiographie de Benjamin Netanyahu, « Bibi : mon histoire », publiée en octobre 2022 (Autorisation)

Netanyahu ajoute ensuite, à la manière d’une énigme : « Il a ensuite dit quelque chose de totalement déplacé qui m’a profondément choqué. »

Sans donner le détail de ce qu’Obama est supposé avoir dit, il qualifie le message de « sans équivoque »,
« blessant » et « très préoccupant ».

« C’est la somme du mépris et des mauvais traitements infligés au dirigeant élu d’une fière nation vieille de quatre mille ans qui m’a remis sur pied. Monsieur le Président, lui ai-je dit lentement, je suis sûr que vous pensez ce que vous avez dit. Mais je suis le Premier ministre d’Israël et je ferai tout ce que je dois faire pour défendre mon pays. »

Deux ans plus tard, à la veille d’une nouvelle rencontre sanguinaire entre la Maison Blanche et Obama sur la question palestinienne, Netanyahu dit avoir préparé une réponse de quatre minutes sur les raisons pour lesquelles Israël n’accepterait jamais la solution promue par Obama, consistant en un retour aux lignes d’avant 1967 avec des échanges de terres. Il précise que les éléments de langage de sa main ont subi quelques corrections cosmétiques pour éviter un incident diplomatique.

« ‘Jamais de la vie’ », ai-je dit au président et au monde [dans le Bureau ovale en 2011]. Une paix basée sur l’illusion s’écrasera sur les rochers des réalités du Moyen-Orient. Pour qu’il y ait la paix, il faut au préalable que les Palestiniens reconnaissent certaines réalités fondamentales. »

Obama et ses collaborateurs n’ont pas apprécié cette démonstration publique.

Ron Dermer lors d’une interview sur scène lors d’une conférence organisée par le média « Makor Rishon » le 9 mai 2021. (Capture d’écran/Facebook)

Netanyahu écrit qu’un collaborateur de la Maison Blanche a demandé à l’ambassadeur israélien aux États-Unis, Ron Dermer, alors que Netanyahu parlait « Votre patron fait-il toujours la leçon aux gens dans leur bureau ? » « Seulement quand les gens s’en prennent à son pays », lui a répondu Dermer.

5. Il s’est rendu compte en 2013 qu’il était peu probable qu’Obama attaque l’Iran

Netanyahu assure qu’en plus de l’engagement d’Obama à favoriser l’émergence d’un État palestinien « au mépris des conséquences pour la sécurité d’Israël », le président américain avait également adopté une
« ligne douce » vis-a-vis l’Iran.

Il explique que pour ses négociations avec l’Iran, Obama utilisait des techniques tirées de son expérience de militant communautaire à Chicago, où il « cherchait celui qui faisait régner la terreur » dans l’idée de conclure un accord avec lui.

Obama avait en effet travaillé plusieurs années à la tête d’une organisation communautaire chargée de venir en aide aux populations des quartiers défavorisés de Chicago, coutumière d’actions communautaires telles que des sit-in pour exiger le retrait de l’amiante de logements sociaux.

« Fidèle à son expérience de militant communautaire à Chicago, Obama cherchait systématiquement à identifier la personne difficile afin de conclure un accord avec lui et de pacifier le quartier », écrit Netanyahu, sans autre précision.

« Le fait qu’Obama n’ait pas fait preuve de fermeté au moment où tant d’Iraniens mouraient dans les rues et ait caché les négociations en cours avec l’Iran [de ce qui allait devenir l’accord nucléaire de 2015] à un allié proche comme Israël, en dit long sur ses tendances et préférences », ajoute l’ex-Premier ministre israélien.

Au moment de la visite du président américain en Israël en 2013, dit Netanyahu, il a pris conscience qu’il était très peu probable qu’Obama utilise la force militaire pour stopper le programme nucléaire iranien.

Le président américain Barack Obama (à gauche) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à l’aéroport Ben Gurion, le 20 mars 2013 (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)

Il dit avoir une nouvelle fois demandé à Obama « qu’il déclenche une frappe américaine sur les installations nucléaires iraniennes », persuadé que les États-Unis pouvaient « encore empêcher l’Iran de développer des bombes atomiques susceptibles de mettre en danger l’Amérique, Israël et le monde entier. Une action américaine maintenant serait excellente pour les États-Unis et leur président. La réponse d’Obama m’a bouleversé », se souvient-il.

« ‘Bibi’, m’a-t-il dit, personne n’aime Goliath. Je ne veux pas être un gorille de 400 kilos qui se pavane sur la scène mondiale. Nous avons trop longtemps agi ainsi. Nous devons faire les choses différemment. »

Netanyahu s’est dit « abasourdi. Dans ce Moyen-Orient tel que je le connaissais, avec un Iran sur le point d’obtenir l’arme nucléaire et le pivot géopolitique vers l’Asie, j’aurais voulu être un gorille de 600 kilos, pas de 400. »

À ce moment précis, Netanyahu prend également conscience « que les chances d’une action militaire américaine contre les installations nucléaires iraniennes sous Obama sont quasiment nulles. Même s’il décidait d’une action militaire américaine, il était peu probable qu’il l’utilise de manière préventive. Et les Iraniens le savaient. Cela signifiait qu’il mènerait des négociations avec eux sur la question de leurs capacités nucléaires, sans faire usage de sa plus grosse carte. »

Évoquant de nouveau Obama au fil de son livre, Netanyahu le qualifie de
« l’un des dirigeants politiques les plus doués que j’aie rencontrés. Il était intellectuellement très vif, savait clairement ce qu’il voulait et n’en démordait pas. Contrairement à ce qui a pu se dire ici ou là, je ne crois pas que la relation difficile que nous avons eue ait pour cause un problème de personnalité, du moins pas de ma part. »

Mais, poursuit-il, « l’adhésion d’Obama au narratif palestinien s’est manifestée de manière extrême, non seulement par la conduite d’une politique erronée, mais aussi par des attaques personnelles. Il n’a fait aucun cas de notre histoire et a manqué de respect au dirigeant élu d’Israël, qui avait l’audace de ne pas être d’accord avec lui. Je doute qu’il ait parlé et agi avec d’autres comme il l’a fait avec moi. »

Dans un passage particulièrement sévère, Netanyahu écrit : « Obama et les membres de son administration ont constamment dénigré les motifs de mon opposition à l’accord dans des briefings à la presse. Pour eux, j’étais un petit politicien à l’esprit étroit qui manœuvrait pour ma seule survie politique. L’un d’eux a même dit un jour à un journaliste américain que je n’étais qu’une « merde de poulet ». Ceci de la part de gens qui n’ont jamais risqué leur vie sur un champ de bataille et dont la survie politique dans le système présidentiel américain ne pouvait être contestée qu’une fois tous les quatre ans, et non toutes les semaines, comme dans le système parlementaire israélien.

6. Il dit avoir berné les forces de l’ordre égyptiennes pour sauver la vie d’Israéliens assiégés à l’ambassade

Le 9 septembre 2011, quelques mois après la chute du président égyptien Hosni Moubarak, emporté par le printemps arabe, des milliers de manifestants menaçaient de prendre d’assaut l’ambassade d’Israël au Caire et de tuer la petite équipe de diplomates qui s’y trouvait retranchée.

Netanyahu écrit comment une ruse leur a sauvé la vie.

« Les manifestants avaient fait voler en éclats le mur extérieur et étaient sur le point de pénétrer à l’intérieur du bâtiment. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’ils n’atteignent l’étage de l’ambassade », écrit Netanyahu.

« J’ai contacté les Israéliens de l’ambassade et parlé au responsable. Comment t’appelles-tu ? ai-je demandé. « Yoni », m’a-t-il répondu », le même nom que le regretté frère aîné de Netanyahu, qui commandait Sayeret Matkal et a trouvé la mort lors du sauvetage d’Entebbe en 1976.

« J’étais stupéfait. »

Netanyahu poursuit : « Une fois de plus, des Israéliens avaient besoin d’être protégés et sauvés en Afrique. Cette fois, ce n’était pas Yoni qui allait les sauver, mais c’est Yoni qui avait besoin d’être secouru. Je devais trouver un moyen de le faire sortir, lui et ses collègues, à temps.

« ‘Monsieur le Premier ministre’ », a dit Yoni, « nous sommes retranchés dans une pièce à l’intérieur. S’ils parviennent à entrer dans le bâtiment, nous nous barricaderons avec des meubles pour les retarder. Nous avons des Uzi : nous nous battrons jusqu’au bout. »

« Yoni, lui ai-je dit, accroche-toi. Nous allons tous vous sortir de là.» Je ne savais pas comment m’y prendre.

Des manifestants égyptiens démolissent le mur de béton protégeant l’ambassade d’Israël au Caire, le 9 septembre 2011. (Crédit : AP/Amr Nabil)

Lorsque les violents émeutiers sont entrés dans le bâtiment, le chef du Shin Bet, Yoram Cohen, était au téléphone avec le chef des forces de l’ordre égyptiennes. Il lui demandait instamment d’intervenir.

Netanyahu a eu une idée : « Dites-lui », ai-je dit, « que des hélicoptères israéliens sont en route pour Le Caire. »

C’était une ruse. J’avais envoyé deux hélicoptères à l’aéroport du Caire pour aller chercher les familles des diplomates. Mais je voulais que les forces de l’ordre égyptiennes croient qu’un commando israélien atterrirait au sommet du bâtiment et effectuerait un sauvetage au cœur du Caire, ce qui serait inacceptable pour eux.

« Les forces de l’ordre égyptiennes ont fini par intervenir, sur les instructions de Cohen. Ils ont pénétré à l’intérieur du bâtiment. Les émeutiers étaient sur le point de défoncer la porte de l’ambassade. Ils sont arrivés à temps. Yoni et ses collègues ont pu être sauvés. »

7. Il dit que Kerry l’a invité en Afghanistan voir les militaires formés par les États-Unis

Lorsque John Kerry était Secrétaire d’État, les États-Unis ont proposé de former les forces de l’ordre de l’Autorité palestinienne à la surveillance du territoire palestinien, dans la perspective d’un futur État.

À ses yeux, la formation donnée par les États-Unis en Afghanistan était la preuve de la viabilité de son projet. Il est allé jusqu’à inviter Netanyahu à se rendre en Afghanistan pour se faire une idée.

Netanyahu se rappelle avoir répondu que peu de temps après qu’Israël a quitté Gaza, ces mêmes forces de l’ordre de l’Autorité palestinienne avaient cédé devant les terroristes du Hamas.

« Cette fois, c’est différent », aurait rétorqué Kerry. « C’est nous qui les formerions. »

Le Secrétaire d’Etat américain a poursuivi sur sa lancée et invité Netanyahu en Afghanistan : « Bibi, je veux organiser une visite en toute discrétion en Afghanistan. Vous y verrez par vous-même l’excellent travail que nous avons fait pour préparer l’armée afghane à prendre le contrôle du pays une fois que nous serons partis. »

« John », a répondu Netanyahu, « à la minute où vous quitterez l’Afghanistan, les talibans se débarrasseront des militaires que vous aurez formés. »

En effet, poursuit-il, en 2021, « c’est exactement ce qui s’est passé. Après le départ des États-Unis, l’armée afghane s’est effondrée en l’espace de quelques jours.

Un combattant taliban dans le cockpit d’un avion de l’armée de l’air afghane, à l’aéroport de Kaboul, le 31 août 2021, après le retrait militaire des États-Unis (Crédit : Wakil Kohsar/AFP)

Netanyahu écrit : « Les États-Unis pouvaient se permettre de quitter l’Afghanistan, malgré les conséquences tragiques pour le peuple afghan, à nouveau sous la coupe des talibans, parce que ce pays se trouvait à des milliers de kilomètres de distance de l’Amérique. En revanche, le retrait israélien de vastes zones de Judée-Samarie aurait ouvert la porte aux islamistes à quelques milliers de mètres seulement de toutes nos grandes villes. »

Il précise : « Les responsables américains ont à plusieurs reprises sous-estimé le pouvoir des islamistes tout en surestimant systématiquement le pouvoir de leurs alliés non islamistes. À moins que les deux soient également déterminés à se battre et mourir pour défendre leur pays, les islamistes finissent toujours par l’emporter. Tant que les forces de l’ordre israéliennes tiendraient les territoires voisins d’Israël, les islamistes seraient tenus à distance. Lorsque nous nous sommes retirés de ces territoires, les islamistes ont toujours pris le relais : c’est le cas du Hezbollah au Liban ou du Hamas à Gaza. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec le Secrétaire d’État américain John Kerry à Jérusalem, le 6 novembre 2013. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Netanyahu évoque Kerry à un autre moment, dans le cadre des pourparlers avec l’Iran, dans lesquels le Secrétaire d’Etat jouait un rôle majeur.

Il se souvient d’avoir reçu un message de sa part au moment des obsèques de Shimon Peres, en 2016, événement auquel ont pris part un très grand nombre de dirigeants venus du monde entier.

« Dites à Bibi », a écrit Kerry dans un message transmis par un dignitaire israélien, « que s’il veut des obsèques comme celles-ci, il ferait bien de changer de politique. »

« Dites à Kerry, répondis-je au messager, que ce ne sont pas mes obsèques qui me préoccupent, mais celles d’Israël. »

8. Il reconnaît « avoir été maladroit » en parlant des électeurs arabes qui allaient se ruer « en masse » vers les urnes

Netanyahu assure n’avoir eu aucune intention de saper le droit de vote des Arabes israéliens avec le message très controversé diffusé le jour des élections de 2015, mettant en garde contre le fait que les électeurs arabes
« se ruaient en masse » vers les urnes.

Netanyahu écrit qu’ « une ONG appelée V15, avec une visée clairement politique et composée d’anciens conseillers d’Obama, avait mené une campagne anti-Likud sur des fonds étrangers – de l’ordre de plusieurs millions de dollars – dont quelque 300 000 dollars versés par le Département d’État américain lui-même » afin de mobiliser les électeurs contre lui.

« Le jour de l’élection, V15 est passé à la vitesse supérieure en mettant l’accent sur les communautés arabes et juives desquelles le Likud était totalement absent. »

Ses propos, explique-t-il, venaient en réaction à cette campagne et au taux de participation dont il avait pris connaissance.

« J’ai regardé sur Internet et dans la presse, je voulais que mes soutiens aillent voter. À midi, j’ai reçu des informations du terrain faisant état d’une participation massive des partis arabes, qui ont toujours été anti-Likud et anti-sionistes. Dans un appel de dernière minute à nos électeurs, j’ai tiré la sonnette d’alarme », explique Netanyahu.

Dans l’une des affaires criminelles pour lesquelles il est actuellement jugé, des collaborateurs de l’ex-Premier ministre auraient dit au rédacteur en chef du site d’information Walla de laisser ce message « alarmiste » en avant sur le site pendant toute la durée du scrutin.

« Les mots que j’ai utilisés étaient ‘les électeurs arabes se ruent vers les isoloirs’. J’aurais dû écrire ‘les électeurs des partis arabes antisionistes [sic] se ruent vers les isoloirs et si vous ne venez pas voter, nous perdrons les élections’ », déclare l’ex-Premier ministre.

Benjamin Netanyahu dans un message le jour des élections, le 17 mars 2015, disant que les électeurs arabes étaient très nombreux à aller voter. (Capture d’écran : YouTube)

« Ce que j’ai dit a été présenté comme une insulte et une remise en cause du droit de vote des Arabes israéliens. Il n’en est rien. Des Arabes israéliens ont voté pour le Likud, et je leur en sais gré, pour cette élection comme pour toutes les autres », assure Netanyahu.

« Pour autant, j’étais conscient d’avoir été maladroit et je ne voulais pas que l’on pense que je remettais en cause le droit de vote de qui que ce soit. Aussi, je me suis réuni avec les dirigeants arabes pro-sionistes dans les quarante-huit heures qui ont suivi afin de leur présenter mes excuses et de dissiper le malentendu que mes propos avaient pu causer. Malgré tout, on me reproche encore cet incident. »

Plus tard, à l’occasion d’un autre scrutin, Netanyahu a demandé l’installation de caméras à l’intérieur de bureaux de vote dans les villes arabes, affirmant que la fraude électorale y était massive.

9. Il explique comment « les choses ont mal tourné » pour son plan d’annexion de terres de Cisjordanie, dans le cadre du plan de Trump

Les moments difficiles de ses relations avec les administrations démocrates contrastent fortement avec ce qu’il dit du mandat de Donald Trump.

Netanyahu reconnaît à Trump le mérite d’avoir pris la décision de se retirer de l’accord nucléaire iranien, d’avoir reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y avoir transféré l’ambassade américaine, d’avoir reconnu la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan et négocié les accords d’Abraham.

Sur tous ces sujets, l’ex-Premier ministre dit avoir joué un rôle clef.

Il se garde d’évoquer trop longuement les émeutes inédites au Capitole du 6 janvier, le refus de Trump de concéder sa défaite électorale en 2020 ou encore sa colère face à la décision de Netanyahu de féliciter Biden pour sa victoire.

En revanche, il a à cœur de revenir sur le désaccord entourant son plan d’annexion de grandes portions de la Cisjordanie, en janvier 2020.

Dans un livre publié cette année, le conseiller principal de Trump, Jared Kushner, a écrit que l’annonce de Netanyahu, lors de la cérémonie d’annonce du plan de paix de la Maison Blanche, avait choqué le président, qui n’était pas prêt à accepter un tel geste, susceptible de faire échouer sa proposition d’entrée de jeu.

De l’avis de Kushner, Netanyahu aurait été incité à faire cette annonce par l’ambassadeur américain en Israël de l’époque, David Friedman, qui avait pris des libertés inconsidérées et assuré que Washington soutiendrait l’annexion d’environ 30 % de la Cisjordanie.

Dans son autobiographie, Netanyahu conteste cette version des faits, assurant que la seule raison pour laquelle il avait accepté de se rendre à Washington pour le dévoilement du plan de paix, alors que la campagne électorale battait son plein en Israël, était qu’il avait reçu une lettre de Trump dans laquelle ce dernier promettait de reconnaître immédiatement le contrôle israélien sur ces zones.

« Jared et David m’ont assuré qu’en échange de l’accord d’Israël pour négocier sur la base du plan Trump et de la sanctuarisation du territoire désigné par les États-Unis pour un futur État palestinien pendant au moins quatre ans, le président Trump reconnaîtrait immédiatement le contrôle israélien sur plus de 30 % du territoire », écrit Netanyahu, ajoutant que cela était indiqué dans une lettre reçue du président le jour de la cérémonie.

Deux sources qui ont pu avoir accès à cette lettre ont déclaré au Times of Israel, cette année, que les États-Unis avaient ajouté une série de conditions à remplir par Israël pour obtenir le soutien de Trump sur la question de l’annexion.

L’une d’elles exigeait qu’Israël « adopte officiellement des plans territoriaux détaillés » conformes à la carte du plan de paix, par lesquels il s’engagerait à ne pas construire de nouvelles implantations dans les zones de Cisjordanie délimitées par la proposition, dans la perspective d’un futur État palestinien.

Netanyahu n’a manifesté ni procédé à aucune « adoption formelle » du plan de paix lorsqu’il a déclaré, lors de la cérémonie de dévoilement du 28 janvier 2020 à la Maison Blanche, qu’Israël étendrait bientôt sa souveraineté à toutes les implantations de Cisjordanie ainsi qu’à la vallée du Jourdain.

Le président américain de l’époque, Donald Trump, à droite, regarde le Premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, à gauche, lors d’un événement dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, le 28 janvier 2020, au cours duquel Trump a dévoilé sa vision « De la paix à la prospérité » pour un accord israélo-palestinien. (Crédit : AP/Susan Walsh)

Peu après la cérémonie, Netanyahu avait déclaré aux journalistes qu’il soumettrait la proposition d’annexion au prochain Conseil des ministres, cinq jours plus tard, ce qui lui aurait laissé très peu de temps pour adopter formellement le plan de paix.

Il n’a a aucun moment fait mention de la nécessité d’adopter formellement le plan de paix, très impopulaire auprès de la plupart des dirigeants favorables aux implantations– un élément clé de sa base politique –.

Ces derniers étaient opposés au principe de la création d’un État palestinien semi-contigu et semi-souverain aux côtés d’Israël.

Dans son livre, Netanyahu explique que « quelque chose a très mal tourné » après l’annonce de l’annexion et que la Maison Blanche a « fait machine arrière » en l’espace de quelques heures.

« Je ne sais toujours pas ce qui s’est passé exactement. David et Jared n’ont-ils pas expliqué au président la nature de l’engagement qu’il venait d’annoncer publiquement et qu’il avait signé dans un échange de lettres avec moi ? »

« Quelle qu’en soit la raison, cela n’aurait pas du se passer ainsi et cela m’a coûté très cher. J’avais pris un engagement et je l’ai tenu. J’avais accepté de négocier sur la base du plan Trump dévoilé à la Maison Blanche. Ce n’était pas facile pour moi, politiquement, mais je l’avais fait. J’ai respecté ma part du marché. Ce que les Américains n’ont, eux, pas fait », écrit Netanyahu.

De Trump, Netanyahu dit que son « imprévisibilité lui a valu de nombreux changements parmi ses collaborateurs et les alliés de l’Amérique, habitués au soutien pérenne et réfléchi des présidents américains. Mais il a fait de bonnes choses sur la scène internationale en déstabilisant les adversaires de l’Amérique et en instillant la peur chez ses ennemis. En tant que Premier ministre d’Israël, j’ai considéré qu’il était de mon devoir de naviguer prudemment au sein de ce nouvel environnement que Trump avait imposé à Washington, afin de faire progresser la sécurité et les intérêts vitaux d’Israël et de parvenir à la conclusion de quatre accords de paix historiques. J’ai pu le faire parce que Trump a adopté une approche radicalement nouvelle du rétablissement de la paix. Il n’a pas tenu compte de l’orthodoxie bureaucratique : il était prêt à sortir des sentiers battus. »

Louant la position « audacieuse » de Trump sur l’Iran, il dit de lui qu’il a été « un véritable pionnier » et que leurs années ensemble « ont été les meilleures de la relation israélo-américaine… Nous avons prouvé de manière concluante que si vous voulez la paix par la force, vous obtenez les deux. »

10. Il dit que Biden a admis que la position du Parti démocrate avait évolué sur Israël

Netanyahu écrit à plusieurs reprises sur la question du soutien et de l’amitié de Joe Biden pour Israël, ses bonnes dispositions et son rôle déterminant dans l’apaisement de certaines tensions avec le président Obama, dont il était le vice-président.

À propos de Biden en 2021, en revanche, il écrit qu’il n’a pas mâché ses mots pour exiger un cessez-le-feu et mettre fin à la guerre de mai à Gaza.

« Bibi, je dois vous dire qu’il y a une énorme pression ici », écrit Netanyahu, rappelant Biden.

« Cela n’a plus rien à voir avec le Parti démocrate de Scoop Jackson », allusion au sénateur fortement et ouvertement pro-israélien dont le long mandat avait pris fin dans les années 1980.

« Je suis coincé : il faut mettre fin à tout cela au plus vite. »

Ces propos semblent contradictoires avec tout ce que Biden a pu dire publiquement concernant la politique israélienne et le parti Démocrate.

Lorsqu’on lui a demandé, dans une interview à un réseau d’information israélien cette année, s’il craignait que le parti ne prenne ses distances avec son soutien inconditionnel à Israël, Biden a indiqué que seuls quelques Démocrates étaient sur cette ligne et qu’ils avaient tort.

« Il est inconcevable que le Parti démocrate, ou même une partie importante du Parti républicain, prenne ses distances avec Israël », a affirmé Biden.

Le président américain Joe Biden (à gauche) serre la main du chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, à la résidence du président à Jérusalem, le 14 juillet 2022 (Crédit : GPO)

Netanyahu assure ne pas avoir cédé, lors de cet appel téléphonique avec Biden en 2021, tout en reconnaissant qu’il n’aurait pas été en position de prolonger les hostilités comme cela avait été le cas lors de la guerre de 2014.

Il a réussi à obtenir de Biden l’engagement que les États-Unis reconstitueraient les réserves d’intercepteurs du système de défense antimissile Dôme de fer, utilisés pendant cette guerre d’une durée de 11 jours.

Cela aura finalement pris plus de temps que prévu en raison de l’opposition de plusieurs députés dits progressistes du parti Démocrate.

11. Il accuse le « gouvernement des Frères musulmans » de Bennett d’être responsable de la montée du terrorisme

Netanyahu a quelques mots pour le gouvernement sortant d’Israël, une coalition de partis couvrant tout le spectre politique, unis pour l’essentiel par leur conviction que le chef du Likud devait être démis de ses fonctions.

Il se montre particulièrement dédaigneux envers son successeur au poste de Premier ministre, Naftali Bennett.

« Il se présente comme un homme de droite, mais je me suis rendu compte, avec le temps, qu’il n’en était rien. Il voulait seulement la célébrité et le pouvoir : sa volonté [en 2013] d’exclure un segment important de la droite pour nouer une alliance opportuniste avec Lapid l’a montré. »

« La plupart des analystes occidentaux disent de cette coalition qu’elle a favorisé l’unité en Israël, mais c’est exactement le contraire qui s’est passé », affirme Netanyahu.

« Cette coalition a laissé de côté la majorité de l’électorat juif et conclu une alliance avec le parti des Frères musulmans, dont la charte et le conseil islamiste au pouvoir prônent officiellement la disparition de l’État juif. »

En fait, le membre de la coalition Mansour Abbas, président du parti islamiste Raam, a dit accepter l’existence d’Israël en tant qu’État juif et encouragé les Arabes israéliens à en faire autant. Il les a en outre invités à se concentrer sur leurs besoins quotidiens et à mettre de côté les préoccupations nationalistes relatives l’audience Palestiniens.

Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid (à gauche), le leader de Yamina, Naftali Bennett (au centre ) et le leader de Raam, Mansour Abbas, signent un accord de coalition le 2 juin 2021. (Crédit : Autorisation de Raam)

Dans son livre, Netanyahu rend le gouvernement sortant responsable du regain de terrorisme enregistré cette année, affirmant que « des Israéliens ont dû cacher leur drapeau face à des émeutiers palestiniens qui brandissaient celui de l’OLP » dans « plusieurs villes et universités du pays ».

Il assure que ce gouvernement a été préjudiciable à la fois à l’économie israélienne et à la lutte contre les activités nucléaires de l’Iran, mais qu’il lui a permis d’écrire ses mémoires.

« De cela, je lui serai toujours reconnaissant. »

12. Il a écrit une partie du livre lors des débats budgétaires a la Knesset

Dans la partie “Remerciements” de son ouvrage, Netanyahu dit avoir écrit le livre à la main, au cours des neuf mois qui ont suivi son départ du poste de Premier ministre, l’an dernier.

Le député et chef de l’opposition, Benjamin Netanyahu, dans la partie
« quarantaine » de la Knesset lors d’un vote sur le budget de l’État, le 2 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Il est pour le moins surprenant de lire qu’il aurait rédigé une partie de cet ouvrage à la Knesset, lors des débats budgétaires menés par la coalition de Bennett, alors même qu’on lui attribue la responsabilité d’avoir empêché l’adoption du budget avant l’effondrement de sa coalition en 2020-2021.

« Une partie de ce manuscrit a été rédigée dans des endroits parfois inattendus », conclut-il, « notamment en plénière de la Knesset, lors de débats budgétaires incroyablement longs ».

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