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  • Image principale : « Daughters of Deborah, (Les filles de Déborah) », monument dédié aux femmes soldats tombées au combat à Petah Tikva, septembre 2025 (Crédit : Tal Schneider/The Times of Israel)
    Image principale : « Daughters of Deborah, (Les filles de Déborah) », monument dédié aux femmes soldats tombées au combat à Petah Tikva, septembre 2025 (Crédit : Tal Schneider/The Times of Israel)
  • « Yad La’isha HaLochemet » (« Monument à la femme combattante »), à l'intérieur de l'école pratique Shikmim près du village de Nitzan, septembre 2025 (Crédit : Tal Schneider/Times of Israel)
    « Yad La’isha HaLochemet » (« Monument à la femme combattante »), à l'intérieur de l'école pratique Shikmim près du village de Nitzan, septembre 2025 (Crédit : Tal Schneider/Times of Israel)
  • Monument commémorant les soldats tombés au combat de l'unité du Dôme de fer, avril 2025 (Crédit : Armée de l'air israélienne)
    Monument commémorant les soldats tombés au combat de l'unité du Dôme de fer, avril 2025 (Crédit : Armée de l'air israélienne)
  • Une partie du mémorial dédié aux 16 soldates chargées de la surveillance tuées le 7 octobre 2023 près de l'avant-poste de Nahal Oz (Crédit : Tal Schneider/The Times of Israel)
    Une partie du mémorial dédié aux 16 soldates chargées de la surveillance tuées le 7 octobre 2023 près de l'avant-poste de Nahal Oz (Crédit : Tal Schneider/The Times of Israel)

7-Octobre : nouveaux monuments en l’honneur des soldates israéliennes tombées au combat

De Nahal Oz aux « Daughters of Deborah » de Petah Tikva, de nouveaux monuments témoignent de la reconnaissance tardive par Israël du sacrifice des femmes au combat

Image principale : « Daughters of Deborah, (Les filles de Déborah) », monument dédié aux femmes soldats tombées au combat à Petah Tikva, septembre 2025 (Crédit : Tal Schneider/The Times of Israel)

Sur une colline surplombant la communauté du kibboutz Nahal Oz et la base militaire adjacente du même nom, à la frontière avec Gaza, les proches de 16 soldates tombées au combat ont érigé un mémorial en l’honneur de leur service, le 7-Octobre.

Depuis cet emplacement surélevé, les visiteurs peuvent contempler, en direction de l’ouest, Gaza-City et le quartier de Shejaiya, où les ruines sont visibles de l’autre côté de la frontière.

C’est en gravissant la colline, qui sert de poste d’observation, qu’on comprend à quel point le service rendu par ces soldates était essentiel. Depuis ce poste de surveillance, on peut imaginer le système PASCAL, la technologie de surveillance numérique qu’elles utilisaient, et prendre la mesure de leur contribution cruciale à la sécurité d’Israël.

Mais là encore, un fossé douloureux apparaît : les informations transmises par les jeunes femmes ont été ignorées par le haut commandement, conduisant à la catastrophe la plus meurtrière de l’histoire d’Israël.

Ce mémorial est l’un des deux nouveaux sites érigés au cours de l’année 2024, dans le cadre de la nouvelle orientation en vigueur dans les espaces publics : la commémoration des femmes soldats tombées au combat.

Une évolution nécessaire dans un pays constamment en proie à des attentats terroristes et à des guerres, et en particulier après l’attaque barbare du Hamas, le 7 octobre 2023, contre le Néguev occidental, lorsque des milliers de terroristes ont franchi la frontière de Gaza, envahissant des communautés israéliennes et des bases militaires. Cette attaque surprise a entraîné la mort au combat d’un nombre record de femmes, tant le jour du massacre que lors du conflit qui a suivi.

Une partie du mémorial dédié aux 16 soldates chargées de la surveillance tuées le 7 octobre 2023 près de l’avant-poste de Nahal Oz (Crédit : Tal Schneider/The Times of Israel)

C’est en janvier 2025 que le Times of Israel s’est rendu sur ce site, quelques jours avant la libération de cinq agentes de surveillance qui avaient été prises en otage par le Hamas. Quelques semaines plus tard, à la mi-mars, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait décidé de ne pas poursuivre la deuxième phase des négociations sur le cessez-le-feu, ordonnant à l’armée de reprendre les combats. Depuis lors, la zone a été déclarée zone militaire fermée, et toutes les tentatives visant à y retourner se sont soldées par un échec.

Ce mémorial était en réalité une initiative privée, lancée par les proches des victimes, en partenariat avec le groupe Fields Instead of Fences et avec l’aide du Fonds national juif KKL-JNF. Le gouvernement israélien, malgré ses nombreux ministères (Patrimoine, Diaspora, Diplomatie publique, Néguev et Galilée, etc.), n’a pas encore mis en place de projets commémoratifs gérés par l’État.

Vestiges du centre de contrôle de l’avant-poste de Nahal Oz, septembre 2025 (Crédit : Tal Schneider/The Times of Israel)

Aujourd’hui, il est presque impossible d’entrer dans la salle des opérations calcinée de la base de Nahal Oz, dans laquelle de nombreuses jeunes femmes ont été tuées. Ceux qui parviennent à obtenir l’autorisation sont alors confrontés à une expérience bouleversante. C’est pourquoi le mémorial du poste d’observation est devenu une étape incontournable pour ceux qui souhaitent se recueillir devant leur héritage.

Des échanges tendus sont actuellement en cours entre les parents endeuillés et l’armée israélienne sur la meilleure manière de célébrer la mémoire des 54 victimes de l’avant-poste de Nahal Oz.

Les visites guidées de la base incluent encore le centre de commandement et les positions exactement tels qu’ils étaient le 7 octobre, calcinés et noircis comme du charbon. Les proches des soldats tombés au combat craignent qu’un jour l’armée ne décide de démolir les vestiges de cette installation, désormais symbole de défaillance.

Aujourd’hui, de nombreux visiteurs viennent voir (avec l’accord préalable de l’armée israélienne uniquement) l’avant-poste, pénétrant même dans l’abri renforcé où de nombreuses soldates ont été assassinées, et où sept officiers de surveillance ont été enlevés.

Si la base n’est désormais plus opérationnelle en tant que poste avancé, les traces de la bataille restent omniprésentes : impacts de balles, mitrailleuses et traces d’explosions de roquettes. Les travaux de préservation sont complexes, notamment en raison de la dégradation des matériaux ainsi que du risque d’effondrement du toit en amiante.

Le parc éducatif Roni Park, créé en mémoire de Roni Eshel par ses parents dans sa ville natale de Tzur Yitzhak, septembre 2025. (Crédit : Tal Schneider/The Times of Israel)

D’autres projets commémoratifs ont par ailleurs été lancés. Les parents de la sergente Roni Eshel, la première soldate de surveillance originaire de la ville de Tzur Yitzhak à avoir été tuée, ont créé un jardin pédagogique en sa mémoire. Le conseil municipal leur a alloué une partie du parc municipal, où les enfants jouent quotidiennement.

Eyal et Sharon, les parents d’Eshel, ont obtenu deux postes PASCAL originaux auprès du ministère de la Défense, ont construit un abri en bois et installé des panneaux explicatifs autour, transformant l’endroit en un espace ouvert aux jeunes désireux d’en savoir plus sur leur fille et ses camarades.

 Un mémorial pour les soldats du Dôme de fer tués le 7 octobre

Monument commémorant les soldats tombés au combat de l’unité du Dôme de fer, avril 2025 (Crédit : Armée de l’air israélienne)

Près du cimetière du kibboutz Reïm, une communauté proche de la frontière avec Gaza également envahie par le Hamas, un monument a récemment été érigé à la mémoire de trois soldats qui ont contribué au fonctionnement du système de défense antimissile du Dôme de fer : la capitaine Sahar Saudyan et ses soldats, les sergents Nativ Kuzaro et Binyamin Gavriel Yona.

Au matin du 7 octobre, vers 9 h 30, Saudyan a quitté la batterie du Dôme de fer à bord d’un véhicule militaire, afin de livrer des missiles intercepteurs supplémentaires. Deux de ses soldats l’accompagnaient. Sur la Route 234, entre Reïm et Urim, ils ont été pris en embuscade par des tireurs du Hamas, qui les ont abattus.

Le monument, baptisé « Le Dôme des Trois » (The Dome of Three), a été construit à l’initiative du réseau de la défense aérienne et du bataillon 947, dans lesquels les trois militaires servaient. L’armée de l’air israélienne a subi 20 pertes ce jour-là et dans les semaines qui ont suivi, la plupart au sein de son unité d’élite Shaldag et de l’unité 669, la force de sauvetage aérien. Saudyan et ses deux soldats ont été les premières victimes du Dôme de fer.

Capitaine Sahar Saudyan. (Crédit : Armée israélienne)

Daughters of Deborah

Au parc Moreno, près des musées, dans la ville de Petah Tikva et à côté de la salle à manger abandonnée du kibboutz Givat HaShlosha, un nouveau monument dédié aux femmes combattantes a récemment été inauguré. Il s’agit des « Daughters of Deborah » (Filles de Déborah).

Au centre du site se dresse une statue en bronze de quatre mètres de haut, réalisée par le sculpteur Sam Phillip, représentant deux personnages : l’un, une combattante de 1948 munie d’un vieux fusil à crosse en bois ; l’autre, une soldate du 7 octobre équipée d’un gilet pare-balles, d’une mitraillette et d’un casque.

« Daughters of Deborah », un monument dédié aux femmes soldats tombées au combat à Petah Tikva, septembre 2025 (Crédit : Dr Avishai Teicher/PikiWiki Israel)

Ce sont la World Zionist Organization, la municipalité de Petah Tikva et Jewish American Society for Historical Preservation qui sont à l’origine de ce monument conçu et construit alors que les cinq soldates du poste d’observation étaient encore retenues captives par le Hamas. Au moment de son inauguration en juin 2025, ils étaient rentrés chez eux. Une plaque a été ajoutée en l’honneur des soldats tombés au combat.

Yaakov Hagoel, président de la World Zionist Organization, a déclaré au Times of Israel que les organisateurs avaient débattu de l’emplacement du monument : « Nous voulions l’installer dans une grande ville, dans un endroit bien en vue. À Petah Tikva, il se trouve à proximité des mouvements de jeunesse des Scouts et de Hashomer Hatzair et de plusieurs musées municipaux, dans un quartier où se rassemblent de nombreux adolescents.

« Commémorer les femmes est important pour nous, au sein de la Zionist Organization », a-t-il poursuivi. « Le mouvement a accordé le droit de vote aux femmes dès sa fondation à Bâle, en 1897, plusieurs décennies avant de nombreux pays occidentaux. »

« Aujourd’hui, nous voyons des femmes combattantes, les victimes et les héroïnes civiles de la guerre », a ajouté Hagoel. « Nous avons été témoins d’un immense courage, le 7 octobre et après. La statue place ainsi, côte à côte, une combattante de 1948 et une soldate moderne. Ce lien est essentiel pour nous. »

Une histoire d’héroïsme et d’héroïnes

Peu de monuments ont jusqu’à présent été dédiés à l’héroïsme des femmes au combat. Avant la création de l’État et au cours des premières années d’Israël, les femmes ont très activement participé aux milices clandestines et à la Haganah, la principale organisation de défense juive. Mais leur mémoire n’a guère été préservée.

Parmi les exceptions figurent le mémorial du kibboutz Sdot Yam dédié à Hannah Szenes, parachutiste juive d’origine hongroise capturée et exécutée par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que la stèle, dans le Néguev, érigée en hommage à Miriam Shachor, combattante du Palmach tuée pendant la guerre d’indépendance de 1948.

Trois autres combattantes du Palmach, Tamar Baumgart, Leila Yosef et Miriam Osia, toutes tuées à l’âge de 18 ans, n’ont été honorées que 68 ans plus tard, lorsqu’une plaque en leur mémoire a été posée à proximité du kibboutz Dorot.

Même dans les grands mémoriaux comme Tel Hai, dans le nord d’Israël, Mishmar HaYarden, en Galilée ou le Monument aux défenseurs de Negba, dans le sud, les noms des femmes sont inscrits aux côtés de ceux des combattants hommes. Dans l’imposante statue de Nathan Rapoport érigée en 1953 à Negba, le sculpteur a même inclus la figure d’une secouriste militaire.

« Yad La’isha HaLochemet » (« Monument à la femme combattante »), à l’intérieur de l’école pratique Shikmim près du village de Nitzan, septembre 2025 (Crédit : Tal Schneider/Times of Israel)

En réalité, jusqu’à ces dernières années, un seul site en Israël était entièrement consacré aux combattantes. Il s’agit du « Yad La’isha HaLochemet » (« monument aux femmes combattantes »), construit en 1988 à l’intérieur de l’école pratique Shikmim Field School, près du village de Nitzan, à mi-chemin entre Ashkelon et Ashdod.

Et le fait que ce site soit l’unique de son type n’était pas un hasard. Depuis la création d’Israël jusqu’au début des années 2000, en effet, il était interdit aux femmes de servir dans des rôles de combat au sein de l’armée israélienne. L’unique exception était alors la sergente-cheffe Keren Tendler, mécanicienne d’hélicoptère tuée lors de la deuxième guerre du Liban en 2006.

Une récente visite à ce « monument aux femmes combattantes » montre combien le chemin à parcourir est encore long. Sur la route menant à Nitzan, un panneau défraîchi indique le site, mais à l’entrée de l’école pratique Shikmim Field School, où se trouve le mémorial, aucune mention n’est faite des femmes combattantes. Et contrairement aux combattantes actives sur le champ de bataille que l’on voit dans les « filles de Déborah », les figures féminines présentées dans le « monument aux femmes combattantes » affichent des formes douces et arrondies.

Quand le Times of Israel s’est rendu sur place, un vendredi matin, la porte était fermée à clé. Il était alors impossible d’accéder à ce site, où se trouve un monument comprenant une sculpture de Shosh Heifetz datant de 1998, au coeur d’un paysage saisissant. Cela signifie donc que toute personne souhaitant visiter les lieux doit soit prendre rendez-vous à l’avance, soit participer à une activité scolaire.

La porte était fermée à clé. Déterminée à entrer, après avoir tourné en rond, j’ai finalement repéré une brèche dans la clôture, près de la porte jaune de Nitzan. En me frayant un chemin à travers les buissons, je suis tombée sur le monument dédié à Mira Ben-Ari, une opératrice radio du Palmach tuée lors de la bataille de Nitzanim, pendant la guerre d’indépendance de 1948.

Le mémorial est installé dans l’enceinte de l’école, à l’endroit même où elle est tombée, non loin de l’impressionnant palais de Nitzanim, une grande demeure datant de l’époque ottomane.

À côté du monument, un panneau portant l’inscription « Hen Eim Hi » (« même si elle était mère »). Ben-Ari, qui était une jeune mère, aurait pu être évacuée lorsque la bataille contre l’armée égyptienne a commencé. Mais elle a choisi de rester et de se battre, et a été tuée au combat. Le film « Image of Victory » d’Avi Nesher, sorti en 2021, raconteur son histoire.

Le site rend également hommage à deux autres femmes tuées au cours de la bataille : Shlomit Dorchin, qui était infirmière, et Deborah Epstein.

Au centre du monument, une grande sculpture en bronze représente des femmes et des filles aux traits délicats et fluides, drapées dans des tissus flottants. L’esthétique est douce, bien loin de l’image des combattantes du Palmach — ou des femmes soldats d’aujourd’hui —, proposant une interprétation différente de leur histoire.

Ceux qui peuvent programmer leur visite pendant les heures d’ouverture de l’école apprécieront très certainement ce site, non seulement pour sa sculpture, mais aussi pour les larges marches en pierre claire qui le relient au palais de Nitzanim. Construit en 1917 par un riche propriétaire de vergers, le palais a depuis été restauré grâce à un important effort de conservation.

Le monument dédié à Mira Ben-Ari, opératrice radio du Palmach tuée lors de la bataille de Nitzanim pendant la guerre d’indépendance de 1948 (Crédit : Tal Schneider/The Times of Israel)

Ce palais était le dernier bastion des défenseurs de Nitzanim. Plus d’une centaine d’entre eux, parmi lesquels sept femmes, furent emmenés du palais jusqu’en Égypte, pour être placés en captivité.

Sur les marches sont gravés les noms d’autres femmes combattantes de l’histoire d’Israël : Sarah Aaronsohn, du réseau d’espionnage clandestin Nili pendant la Première Guerre mondiale ; Hannah Szenes ; Esther Arditi, soldate de l’armée israélienne, surnommée « l’ange en blanc » pour avoir sauvé des pilotes d’un avion en feu en 1954 ; Sarah Cizik, tombée à Tel Hai en 1920 ; et Bracha Fuld, tuée en 1946 lors d’un échange de tirs avec des soldats britanniques à Tel Aviv.

Le palais de Nitzanim. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Si le site est fermé aux visiteurs occasionnels, c’est, a expliqué la Société pour la protection de la nature en Israël qui gère le terrain, dans le cadre d’une politique visant à protéger les sites patrimoniaux contre le vandalisme. Sans clôtures ni restrictions d’accès, ont déclaré les responsables, les visiteurs privés peuvent parfois endommager les monuments.

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