À l’approche de la shemita, la question du cannabis médical fait débat en Israël
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  • Illustration : Sur cette photo du 17 avril 2017, divers produits à base d'huile de cannabis sont exposés dans le bureau du représentant de l'État de Géorgie Allen Peake, à Macon, en Géorgie. (Crédit: AP Photo/David Goldman)
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À l’approche de la shemita, la question du cannabis médical fait débat en Israël

L’année de jachère, observée tous les 7 ans en Israël, reprend en septembre. Quelles implications pour les utilisateurs religieux de l’herbe cultivée localement ?

Yaakov Schwartz est le rédacteur adjoint de la section Le monde juif du Times of Israël

Alors que de nombreux Israéliens se préparent à faire « reposer la terre » au cours de la prochaine année sabbatique agricole, comme le prescrit le Livre de l’Exode, un débat s’est ouvert parmi les autorités rabbiniques pour savoir si le cannabis cultivé localement sera soumis à un ensemble complexe de directives. Les juifs religieux seront-ils autorisés à profiter de cette plante de quelque manière que ce soit tout en observant les lois bibliques de la shemita ?

Le débat découle du commandement biblique selon lequel les habitants de la Terre Sainte doivent observer des cycles de sept ans, culminant par un Jubilé tous les 50 ans, comprenant des lois spécifiques régissant des questions telles que l’annulation des prêts et la restitution des titres de propriété. La plupart des lois, cependant, concernent l’agriculture et comprennent des restrictions sur la plantation, l’entretien, la récolte ou même la revendication de la propriété des cultures qui ont poussé dans son propre champ.

Ces lois bibliques entreront en vigueur au coucher du soleil le 6 septembre, lorsque les Juifs accueilleront la nouvelle année hébraïque 5782. L’impact de ces lois sur les quelque 95 000 bénéficiaires israéliens de cannabis médical, ainsi que sur le nombre inconnu de consommateurs récréatifs, dépend de plusieurs facteurs, notamment du lieu, de la date et de la manière dont le cannabis a été cultivé, du fait que la loi juive considère le cannabis comme une denrée alimentaire et du fait que la culture était destinée à un usage médical.

Le patient israélien moyen a consommé 35 grammes de marijuana par mois – ou 420 grammes par an – en 2020, selon l’Agence israélienne du cannabis médical (IMCA), qui opère sous les auspices du ministère israélien de la Santé.

Israël était le premier importateur mondial de cannabis médical en juillet 2020, mais les 4 000 kilogrammes de marijuana cultivée à l’étranger, qui ne serait pas soumise aux lois bibliques sabbatiques, représentent moins de 10 % du cannabis que les Israéliens devraient consommer en 2021. L’IMCA indique que les Israéliens ont consommé 3 455 kilogrammes de cannabis au cours du mois de mai 2021.

Et si les produits cultivés et récoltés en Israël avant l’année sabbatique peuvent être utilisés sans problème, il est peu probable que les producteurs stockent suffisamment de cannabis pour tenir 12 mois.

Saul Kaye, de l’ICAN, à gauche, et le professeur Raphael Mechoulam, considéré comme le père de la recherche sur le cannabis medical (autorisation)

Selon Saul Kaye, le PDG religieux des initiatives israéliennes CannaTech et iCan en matière de marijuana médicale, le cycle de croissance d’un plant de cannabis de qualité médicale est de neuf à quinze semaines entre la plantation et la récolte. Cela signifie que plusieurs cycles de plantation auront probablement lieu au cours de l’année sabbatique 5782.

M. Kaye explique au Times of Israël que le lien entre le cannabis médical et la septième année sabbatique a pris un caractère d’urgence supplémentaire ces dernières années.

« La première fois que quelqu’un y a vraiment pensé, c’était lors du dernier cycle de shemita [en 2014-2015], car il y avait une certaine quantité de patients », explique Kaye. « Nous en étions alors probablement à 18 000 ou 20 000 patients en Israël, donc la question a manifestement été soulevée.”

L’utilisation de la marijuana à des fins médicales est légale en Israël depuis les années 1990 pour les patients souffrant de maladies graves, mais la dernière décennie a été marquée par une importante augmentation du nombre de bénéficiaires alors que le médicament a gagné un large soutien politique et public. Israël est devenu un pionnier mondial de la culture et de la recherche sur le cannabis médical, tandis que les médecins ont commencé à prescrire du cannabis pour traiter une large gamme d’affections physiques, mentales et émotionnelles, notamment le stress post-traumatique, les troubles gastro-intestinaux, les soins palliatifs de fin de vie, la douleur chronique et l’épilepsie.

Yuval Landschaft, directeur de l’Agence israélienne du cannabis médical. (YouTube)

« Quand nous parlons du nombre de personnes recevant du cannabis médical, nous parlons de licences, pas d’ordonnances, car cela relève de la loi sur les drogues dangereuses », précise Yuval Landschaft, directeur de l’IMCA. « En Israël, nous avons près de 100 000 patients qui obtiennent du cannabis à usage médical par le biais de pharmacies avec leur licence –
93 675, pour être exact. Mais c’était il y a deux jours – aujourd’hui, c’est probablement plus. Vous pouvez le vérifier sur notre site web ». (Au moment de la publication, le site de l’IMCA indiquait qu’à la fin du mois de mai, 94 830 licences avaient été délivrées en Israël).

Qu’est-ce que la shemita exactement ? Comment le cannabis médical est-il cultivé en Israël ? Et comment les consommateurs de cannabis pourraient-ils être affectés par les lois sabbatiques ? L’explication suivante devrait aider à répondre à toutes les questions.

L’étirement de la septième année

Les racines de la shemita se trouvent dans les commandements bibliques qui stipulent que les terres situées dans les limites historiques de la Terre d’Israël doivent rester en jachère pendant une période de 12 mois, une fois tous les sept ans, en s’abstenant d’effectuer certaines activités agricoles telles que l’ensemencement des champs ou la taille des vignes.

Les lois ne s’appliquent qu’aux terres qui faisaient partie de l’ancien royaume israélite. Des régions telles que la ville d’Eilat, qui se trouvent dans l’Israël moderne mais ne faisaient pas partie des frontières d’origine, en sont donc exemptées.

La Bible elle-même interdit des activités telles que la plantation, l’élagage et la récolte, tandis que les Sages ont adopté des restrictions supplémentaires pour empêcher les gens de commettre des erreurs ou de bénéficier « accidentellement » de récoltes qui « ont poussé toutes seules » lorsque personne ne regardait. Pour dissuader les gens de transgresser clandestinement les lois et de prétendre que des cultures résiduelles ont poussé sans avoir été activement plantées, les rabbins ont émis un édit général appelé sfi’hin interdisant aux gens de manger tout produit annuel – c’est-à-dire des cultures qui doivent être ressemées chaque année – même si aucune loi de shemita n’a été transgressée pour faciliter leur croissance.

Illustration : Grenades rouges rubis de Rosh Pered, poussant près de Binyamina, juste au nord de Césarée (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

En raison de la formulation biblique, les rabbins font également une distinction entre les cultures comestibles et les cultures non comestibles, ces dernières bénéficiant d’une plus grande indulgence en cas de questions.

Pendant l’année de la shemita, les agriculteurs n’ont pas le droit d’empêcher les étrangers d’accéder à leurs champs, et tout produit issu de cultures pérennes, comme les arbres fruitiers, est considéré comme libre d’accès. En fait, dans l’ancien temps, il était courant que les gens se promènent dans des champs étrangers, cueillant et mangeant ce qu’ils voulaient.

La loi n’a cependant pas été conçue pour être utilisée de manière abusive. Les produits cultivés pendant la shemita sont porteurs d’une sainteté inhérente appelée kedouchat chviit, littéralement, « sainteté de la septième année », et doivent être traités avec un respect particulier. Cela signifie qu’ils ne peuvent pas être préparés ou utilisés de manière inhabituelle, transportés hors de la Terre Sainte ou jetés sans raison.

Il convient de noter que les lois susmentionnées ne représentent que quelques-unes des nombreuses restrictions de la shemita, qui font en outre l’objet d’une myriade d’interprétations par diverses autorités rabbiniques.

Illustration : Des ouvriers assis sur un tracteur au kibboutz Ruhama, en Israël, en octobre 2016. (Crédit : Ran Ferdman)

S’adapter à l’époque

La plupart des sages soutiennent que les lois n’ont le statut de commandement divin (plutôt que rabbinique) que lorsque la majorité des juifs mondiaux résident en Israël. Mais une partie d’entre eux vont plus loin, estimant que le système judiciaire biblique doit également être en place pour que le statut divin s’applique.

Même si la shemita est aujourd’hui un commandement purement rabbinique, elle est rigoureusement observée par de nombreux Juifs israéliens. Avec toutes ces lois, il peut sembler surprenant que l’Israël moderne, un pays de plus de 9 millions d’habitants, ne souffre pas de pénuries alimentaires majeures tous les sept ans.

Heureusement, pour chaque décret rabbinique, il existe une faille rabbinique qui permet de régler certains soucis. Au cours de la première implantation juive avant 1948 dans la dernière moitié du 19e siècle et la première moitié du 20e siècle, les Juifs ont été confrontés à un choix difficile : renoncer aux lois de la shemita ou faire face à la famine.

Les autorités rabbiniques de l’époque ont suggéré une mesure provisoire consistant à vendre temporairement les terres à des non-Juifs, ce qui, selon de nombreuses personnes, permettrait de contourner les lois de la shemita et de faire pousser des cultures. La pratique se poursuit aujourd’hui, mais de nombreux Juifs orthodoxes remettent en question la validité de cet arrangement.

Selon le rabbin Yosef Zvi Rimon, expert israélien de loi juive et autorité en matière de shemita, il existe une alternative viable.

Rabbi Yosef Zvi Rimon. (YouTube)

« Nous avons une bonne solution proposée avant la fondation de l’État d’Israël par le Chazon Ish, l’une des plus grandes autorités de la loi religieuse », explique Rimon. « Il a présenté la solution au kibboutz Chafetz Chaim selon laquelle on peut faire pousser des cultures dans une serre avec un toit au-dessus, et avoir la plante elle-même déconnectée du sol – on peut la mettre dans un pot sans trous ou avec une plaque en dessous. »

Les lois de la shemita s’appliquent-elles au cannabis ?

Selon le rabbin Eliezer Simcha Weisz, qui siège au Conseil du grand rabbinat israélien, il est « évidemment interdit » de planter du cannabis dans le sol ou de s’en occuper pendant l’année de shemita. En effet, les lois de la shemita interdisent de planter toute plante annuelle, quelle que soit sa destination ou son utilisation, même comme médicament.

Malgré cette interdiction brutale, les lois sur le cannabis et la shemita sont plus floues qu’on ne pourrait le penser.

D’une part, il y a la solution proposée par le Chazon Ish, qui permettrait de planter du cannabis en surface dans des serres, la récolte qui en résulte étant totalement exempte des lois de la shemita.

Un homme serre la main du membre du grand rabbinat israélien, le rabbin Eliezer Simcha Weisz, à Szentendre, en Hongrie, le 22 septembre 2019. (Yaakov Schwartz/ Times of Israel)

« Habituellement, ce que nous faisons, c’est mettre du plastique épais sur le sol, puis mettre le pot par-dessus », explique Rimon à propos des cultures en général. « Ainsi, si vous avez un toit au-dessus, alors vous pouvez planter la marijuana et c’est une solution qui répond aux exigences les plus strictes. »

En outre, en raison de ses propriétés médicinales, le cannabis cultivé dans le sol en contravention avec les lois de la shemita peut toujours être consommé, dit Weisz, malgré l’interdiction susmentionnée du sfi’hin, qui rendrait normalement ces cultures interdites.

« Le cannabis est un analgésique, un sédatif, et a des effets différents sur l’humeur de différentes personnes – mais une personne en pleine santé physique et émotionnelle ne le prendrait pas, il n’est donc pas considéré comme un produit comestible », dit Weisz.

Cette catégorisation permet une plus grande marge de manœuvre lorsqu’il s’agit d’appliquer les lois de la shemita. Par exemple, Maïmonide a écrit que l’interdiction de sfi’hin ne s’applique pas aux produits non alimentaires. En étiquetant le cannabis comme un médicament, il est plus facile de le définir comme une plante non comestible (les catégories non comestible et médicinale ne s’excluent pas mutuellement), et donc la consommation de marijuana cultivée en violation des lois de la shemita est autorisée.

Illustration : De la marijuana médicale au dispensaire Tikkun Olam de Tel Aviv, le 1er septembre 2016. (Melanie Lidman/Times of Israel)

Tout le monde n’est pas entièrement d’accord. Si le consensus rabbinique est que le cannabis peut certainement être médicinal, ce n’est pas nécessairement le cas. Selon Rimon, certaines autorités disent que le cannabis récréatif est comparable au tabac, que beaucoup assimilent à l’ingestion de nourriture en raison de la façon dont la fumée pénètre dans les poumons.

D’un autre côté, Rimon dit, en se faisant l’avocat du diable, « Ce n’est pas quelque chose que vous mangez. Si vous mangez du cannabis [seul], est-il savoureux ? S’il n’est pas comestible, alors il ne devrait pas être classé dans la catégorie des aliments. »

Le directeur de l’IMCA, Yuval Landschaft, affirme que le processus de culture du cannabis médical en Israël est extrêmement pointu. (Courtoisie de l’Israeli Medical Cannabis Agency)

L’argument a d’autres implications. Les plantes comestibles cultivées dans la terre en violation des lois de la shemita contiennent toujours la sainteté de la septième année, ce qui signifie qu’elles ne peuvent pas être utilisées de manière inhabituelle. Ironiquement, cela pourrait potentiellement signifier que les produits de marijuana contenant la sainteté de la shemita doivent être fumés et non mangés – précisément parce qu’ils sont considérés comme une denrée alimentaire à la manière du tabac.

En ce qui concerne le degré de diligence qu’un juif pratiquant doit faire avant d’acheter du cannabis pendant une année sabbatique, « si une personne est malade ou dépendante du cannabis, où il est considéré comme une substance de soutien, il lui est permis d’obtenir du cannabis n’importe où, même en sachant qu’il n’a pas été planté selon les lois de la shemita« , dit Weisz. « Bien qu’une personne doive consulter les autorités compétentes pour s’assurer qu’elle achète son cannabis légalement ».

L’herbe est plus verte

« Il y a deux façons de faire pousser du cannabis », dit Kaye. « Par l’agriculture, qui est cultivée à l’extérieur ou dans des serres dans la terre, ou par l’horticulture, qui implique des tables de culture, des cultures en intérieur – une agriculture « moderne » plus sophistiquée, disons. »

Le cannabis cultivé de manière agricole aurait certainement des implications en termes de shemita, selon M. Kaye. Quant à la voie de l’horticulture, « tout est sujet à débat », dit-il.

Du cannabis de qualité médicale pousse sur des tables en Israël. (Crédit : Agence israélienne du cannabis médical)

« Généralement, en Israël, parce que nous ne sommes qu’un marché médical, nous n’avons que des cultures en seaux [détachées du sol] », dit Kaye, ajoutant que si elle est menée dans les bonnes conditions, cette méthode pourrait contourner les lois de la shemita.

« Je ne sais pas combien de cultivateurs posent les seaux directement sur le sol et combien les posent sur des tables », dit Kaye. « Les producteurs les plus récents et les plus modernes les posent sur des tables, les plus anciens les posent encore peut-être sur le sol. Et si elles sont sur le sol, mais séparées [de la terre] parce qu’elles sont sur du ciment ou autre chose, est-ce suffisant pour la shemita ? Je ne vais pas être le rabbin à ce sujet ».

Kaye estime que « plus de 70 % des producteurs de cannabis cultivent complètement hors sol, éventuellement dans des serres, mais toujours dans un environnement de culture contrôlé, avec des réserves d’eau. »

« Ils n’arrosent pas le sol », précise-t-il. « Ils arrosent toujours un pot qui contient du cannabis. Et le pot est massif – 70, 80, 100 litres de terre. Et ceux qui cultivent complètement en intérieur ne cultivent pas du tout sur de la terre – ils cultivent sur des noix de coco. Pour cela, il n’y a absolument aucune question de shemita« .

Des plants de cannabis de qualité médicale en pot qui poussent en Israël. (Courtesy Israeli Medical Cannabis Agency)

Selon Kaye, deux ou trois des quelque 30 producteurs israéliens opèrent entièrement en intérieur.

« La bénédiction d’Israël est le climat qui nous permet de faire trois, presque quatre, cycles de croissance par an – pas comme dans la nature, en plein champ, où le cannabis n’a qu’un seul cycle de croissance par an », explique Landschaft de l’IMCA. « La méthode de culture israélienne ne peut pas être qualifiée de serre ordinaire. Nous utilisons des serres très précises, modernes et bien construites qui ont des environnements contrôlés comme en intérieur. »

« Les plafonds sont bien étanches et peuvent être contrôlés, vous pouvez procéder sans lumière si vous voulez. Pas dans toutes les exploitations – certaines utilisent encore les anciens systèmes de serres. Mais la plupart des exploitations utilisent cette technologie, et l’ensemble du secteur s’oriente vers la haute technologie. Nous sommes capables de mesurer la luminosité, le niveau d’humidité de l’air, toutes sortes de variables, mais nous utilisons la lumière du soleil qui passe par le toit. Nous sommes donc à l’intérieur, mais avec la possibilité d’utiliser la bénédiction de la nature, le soleil. »

L’expert en shemita Rimon affirme que selon la loi juive, si 90 % des cultivateurs sont connus pour utiliser des méthodes contournant les lois de la shemita, on peut supposer que tout cannabis obtenu est fiable. Cependant, il n’y a actuellement aucune autorité religieuse qui vérifie comment le cannabis médicinal israélien est cultivé.

Des bonbons Choco Buds au cannabis, certifiés casher, en vente dans un magasin d’articles de mercerie de Jérusalem. (Chana Bennett)

Parmi ses habilitations, le grand rabbinat d’Israël supervise la casheroute dans les restaurants ou les usines. Pendant les années sabbatiques, le rabbinat supervise également les divers arrangements qui contournent les lois de la shemita et assure une surveillance pour garantir que les produits étiquetés comme conformes à la shemita le soient effectivement.

Quant à savoir si le rabbinat pourrait un jour étendre ses opérations pour inclure la supervision de la culture du cannabis pendant la shemita, Weisz estime que « le rabbinat pourrait absolument envisager une supervision à l’avenir s’il y a une demande suffisante – et avec le nombre de personnes qui utilisent le cannabis médicinal aujourd’hui, il est probable que la demande émergera ».

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