Au mépris des consignes, un millier d’hommes assistent au discours du rabbin Lando

Le porte-parole du rabbin assure que l’événement s’est tenu dans un lieu sécurisé à Bnei Brak, tandis que la police dit l’avoir refusé et en avoir demandé la dispersion

Près d'un millier d'hommes ultra-orthodoxes rassemblés pour une célébration de Pessah, malgré les restrictions imposées par le Commandement du Front intérieur concernant les rassemblements en temps de guerre, à Bnei Brak, le 5 avril 2026. (Crédit : Daniel Nafusi)

Dimanche, plus d’un millier d’hommes ultra-orthodoxes ont assisté à un rassemblement festif dans la ville de Bnei Brak, au centre du pays, animé par le rabbin Dov Lando, chef spirituel du parti Degel HaTorah représenté à la Knesset, et ce, malgré les restrictions imposées par le Commandement du Front intérieur concernant la taille des événements publics en temps de guerre.

Un porte-parole du rabbin Lando a insisté sur le fait que, lors de cet événement qui s’est déroulé à la yeshiva de Machnovka, « le rabbin et l’auditoire se trouvaient dans des espaces protégés ».

Selon les directives du Commandement du Front intérieur, les rassemblements dans le centre d’Israël peuvent accueillir jusqu’à 50 personnes, à condition qu’un abri soit facilement accessible.

Dans un communiqué, la police israélienne a déclaré qu’une première demande d’autorisation pour un événement en plein air avait été rejetée, et qu’après avoir eu connaissance de l’événement clandestin de dimanche soir, où il n’y avait pas de « danger immédiat », les forces de l’ordre avaient « immédiatement » entamé un dialogue avec les organisateurs, et que « à ce stade, l’événement commençait à se disperser ».

L’événement de masse organisé par le rabbin Lando a eu lieu le lendemain seulement de l’accusation portée par le député Moshe Gafni, chef du parti Degel HaTorah, contre la Haute Cour de justice, qu’il a qualifiée d’avoir rendu une décision illégale.

En effet, la Cour avait émis une ordonnance provisoire interdisant de fait aux forces de l’ordre de disperser par la force les manifestations anti-guerre rassemblant moins de 600 participants sur la Place Habima, à Tel Aviv, et moins de 150 participants à Jérusalem, Haïfa et Kfar Saba.

Le rabbin Dov Lando participant à une réunion pour discuter de l’enrôlement des Juifs ultra-orthodoxes dans l’armée, à Bnei Brak, 5 avril 2024. (Crédit : Shlomi Cohen/Flash90)

Dans leur décision, les juges ont accusé la police d’appliquer les restrictions de manière sélective, soulignant le fait que les plages et les centres commerciaux sont régulièrement bondés, alors que la police ne s’est concentrée que sur la dispersion des manifestations, et non sur d’autres rassemblements.

Gafni n’était pas le seul à formuler ces critiques, le ministre de la Justice, Yariv Levin, ayant exhorté le cabinet à ordonner aux forces de l’ordre d’appliquer les restrictions du Commandement du Front intérieur concernant les rassemblements publics, au mépris de la décision de la Cour.

Plusieurs autres députés de la coalition et hauts responsables religieux juifs ont également fustigé la Cour pour avoir cédé aux exigences de la gauche et « permis aux manifestants de faire preuve de mépris envers la loi », selon les termes du parti Otzma Yehudit du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir.

Le Grand Rabbin séfarade David Yosef est allé encore plus loin, qualifiant la Haute Cour « d’ennemie du judaïsme » pour avoir rendu son arrêt à Shabbat, jour du repos juif.

Les avocats de l’Association pour les droits civils en Israël (ACRI) se préparant pour une audience concernant leur recours contre les politiques de la police en matière de dispersion des manifestations en temps de guerre, à la Haute Cour de justice de Jérusalem, le 3 avril 2026. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Les partis ultra-orthodoxes Shas et Otzma Yehudit avaient condamné samedi soir la décision de la Haute Cour de rendre une ordonnance provisoire obligeant la police à autoriser des manifestations à Tel Aviv et dans d’autres localités. Ils se sont plaints que la plus haute juridiction du pays ait violé Shabbat pour permettre des manifestations de masse contre la guerre, tout en maintenant les lieux saints juifs fermés.

« Le mépris de la sainteté de Shabbat et de la loi sur les heures de travail et de repos par la décision de la Haute Cour, rendue en plein milieu de Shabbat, qui a permis le rassemblement de centaines de manifestants anarchistes sur la Place Habima, contrairement aux directives du Commandement du Front intérieur, alors que le mur Occidental et les lieux saints restent fermés, témoigne d’un grave détachement, d’une arrogance et d’une condescendance de la part de ceux qui siègent dans leur tour d’ivoire », a déclaré Shas, s’engageant à déposer une plainte contre les juges impliqués dans cette décision après la fête de Pessah.

Dans un communiqué distinct, Otzma Yehudit a affirmé que cette décision « mettra en danger les manifestants, la police et les combattants ».

« Le Commandement du Front intérieur n’autorise pas les Juifs à se rendre sur le mont du Temple, au mur Occidental et dans d’autres lieux saints, mais la Haute Cour rend, à Shabbat, une nouvelle décision qui porte atteinte à la sécurité des agents et des citoyens », a déclaré le parti, accusant la Cour de « permettre aux manifestants de faire fi de la loi simplement parce qu’ils protestent contre l’État d’Israël ».

« Les juges qui rendent de telles décisions sont-ils ‘du côté d’Israël’ ? », a demandé le parti.

Malgré la décision de la Cour, la police a dispersé une manifestation devant le théâtre Habima de Tel Aviv, selon la presse israélienne.

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