Baharav-Miara dit à Ben Gvir que sa politique de protestation est illégale et invalide
La procureure générale rejette le document d’orientation du ministre sur les manifestations ; Ben Gvir répond qu’elle 'veut voir couler le sang' et qu'il ne se laissera pas intimidé
La procureure générale Gali Baharav-Miara a déclaré jeudi au ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir que le document d’orientation rédigé par son bureau sur la manière dont la police doit gérer les manifestations était illégal, invalide et inapplicable par les forces de l’ordre.
Dans une quatrième lettre adressée à Ben Gvir en quatre mois, Baharav-Miara affirme que ses propositions constituent « une ingérence politique interdite » dans le travail de la police, « une ingérence interdite dans le pouvoir discrétionnaire opérationnel des forces de l’ordre », « une atteinte injustifiée au droit de manifester et à la liberté d’expression » ainsi qu’une « violation des principes » que le ministre s’est engagé à respecter.
Elle souligne que laisser aux commandants de police la responsabilité du maintien de l’ordre lors des manifestations est une condition essentielle au respect du droit à la liberté de manifester, et que le document politique de Ben Gvir ne prévoit aucune marge de manœuvre en ce sens.
« Le document d’orientation concernant les manifestations est entaché de vices de fond et de procédure qui ne permettent ni sa mise en œuvre ni son application. La question doit être réexaminée dans le cadre de la loi et de la jurisprudence en la matière », conclut Baharav-Miara dans sa lettre au ministre.
En réaction, Ben Gvir a attaqué la procureure générale, l’accusant « d’encourager l’anarchie » et de « vouloir voir couler le sang », en référence à un incident survenu début septembre à Kfar Saba, au cours duquel le député du Likud Eli Dallal est tombé à terre après avoir été bousculé, et des papiers lui ont été jetés lors d’une manifestation houleuse.
Au moins quatre personnes avaient été arrêtées à la suite de cet incident.
« Je ne me laisserai pas intimider par les méthodes criminelles et méprisables de Baharav-Miara, qui évite depuis des mois de discuter du document politique que j’ai soumis, puis prétend qu’il n’est pas valide parce qu’elle n’y a pas encore répondu », a déclaré Ben Gvir.
« À son grand regret, c’est moi qui ai reçu le mandat des citoyens, pas elle. Elle ne m’empêchera pas de faire mon travail. La population, qui subit la violence dans les rues, n’a pas le temps d’attendre Baharav-Miara. »