Le Premier ministre s’en prend aux manifestants anti-gouvernementaux après la chute d’un député du Likud
Le député Eli Dallal affirme avoir vécu une expérience semblable à un "lynchage", même s'il reconnaît être tombé après avoir heurté un manifestant, disant que personne ne l'a poussé
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et de hauts responsables de sa coalition ont accusé samedi les manifestants qui s’opposent au gouvernement « d’incitations délirantes à la violence » après qu’un membre du parti au pouvoir, le Likud, est tombé à terre alors qu’il traversait un groupe de manifestants qui s’était rassemblé devant la salle où devait se tenir un événement organisé par la formation politique dans le centre d’Israël.
Les manifestants ont nié avoir seulement touché le député, Eli Dallal, âgé de 70 ans, qui est tombé alors qu’il traversait la manifestation qui bloquait l’entrée du bâtiment où avait lieu l’événement. Dallal, de son côté, a toutefois évoqué un « lynchage ».
L’incident s’est produit à l’extérieur d’un événement festif organisé par le parti en amont de Rosh Hashanah, le Nouvel An juif, à Kfar Saba. Sur des images de la scène. Dallal est escorté par la police à travers une foule de manifestants — un grand nombre d’entre eux crient et klaxonnent — lorsqu’il tombe soudainement à terre.
Alors que les policiers se rapprochent de lui, un membre de l’entourage de Dallal – qui, selon les protestataires, était le conseiller du député – réagit avec colère et il pousse l’un de ses gardes du corps jusqu’à ce que les forces de l’ordre séparent les deux hommes.
Un manifestant vêtu d’un costume qui rappelle le scandale dit du « Qatargate », un scandale qui a éclaboussé les collaborateurs de Netanyahu, lance ce qui ressemble à de faux billets, des dollars, en direction du législateur du Likud au moment où ce dernier est enfin sorti de la foule par les policiers.
Alors que la vidéo se propageait sur les réseaux sociaux, les condamnations ont commencé à affluer de la part des députés du Likud et d’autres membres du gouvernement, qui ont appelé à traduire en justice les « agresseurs » de Dallal.
Dans une déclaration qui a été diffusée par le bureau du Premier ministre, Netanyahu a dit avoir parlé avec Dallal après l’incident, ajoutant qu’il a appelé à « traduire les agresseurs en justice et mis en garde contre les incitations à la violence qui sont lancées à l’encontre des membres de la coalition ».
« Ces incitation deviennent chaque jour plus extrêmes dans la mesure où les émeutiers qui l’encouragent se rendent compte que la majorité de la population n’est pas à leurs côtés », a ajouté Netanyahu. « Si les forces de l’ordre ne mettent pas fin à ces phénomènes dangereux, elles finiront par avoir du sang sur les mains ».
Dans un communiqué distinct qui a été émis par le Likud, les manifestants ont été qualifiés « d’émeutiers extrémistes ». Ils ont été accusés d’agir « comme des milices violentes et déchaînées dont le seul objectif est de réduire au silence et d’intimider les électeurs de droite ».
« Le prochain meurtre est imminent », a insisté le parti, qui a affirmé que la procureure-générale Gali Baharav-Miara se contentait de ne « rien faire contre la vague croissante des incitations à la violence ».
Dallal lui-même a paru hésiter à désigner des coupables dans le cadre de cet incident, disant à la Quatorzième chaîne qu’il avait heurté un manifestant et qu’il était alors tombé.
Il a néanmoins déclaré au site d’information Ynet qu’à ce moment-là, il avait eu l’impression d’être « lynché » par la foule de manifestants en colère.
La manifestation, a-t-il dit, « a franchi une ligne rouge ».
« J’ai vraiment vu le meurtre dans leurs yeux », a-t-il déclaré en évoquant les manifestants. « Tout le monde devrait être scandalisé au sujet de ce qui s’est passé. Quand on vit physiquement ce que j’ai vécu, personne ne peut garder le silence ».
Il a ajouté que la nation tout entière devait faire « son examen de conscience » car « nous devons changer d’attitude ».
Le président de la Knesset, Amir Ohana, n’a pas mâché ses mots. Il a fustigé, sur le réseau social X, « la racaille ‘démocratique’ répugnante » qui a « jeté des objets » sur Dallal — faisant apparemment référence à l’homme qui lui a jeté de la fausse monnaie alors que le député se relevait avec l’aide de la police.
Blâmant Baharav-Miara, Ohana a déclaré qu’elle était « prête à tout légitimer pour que le gouvernement tombe ».
La ministre des Transports, Miri Regev, a rappelé un incident survenu au début du mois de septembre, lorsque des militants antigouvernementaux avaient accidentellement incendié la voiture d’un réserviste de l’armée israélienne en brûlant des pneus et des poubelles alors qu’ils se trouvaient à proximité de la résidence de Netanyahu.
« Ce n’est pas une manifestation, c’est de l’anarchie », s’est-elle emportée, établissant une comparaison entre les deux incidents.
Elle a exhorté les forces de l’ordre à agir « avec une main de fer » contre les « émeutiers ».
Des politiciens d’autres partis se sont également exprimés, un député du parti Hatzionout HaDatit insistant sur le fait que cet incident était « une preuve supplémentaire que le prochain assassinat politique, comme celui de Charlie Kirk, est dorénavant plus proche que jamais ».
Kirk, un commentateur politique américain de droite, a été abattu alors qu’il s’exprimait sur un campus universitaire américain, il y a dix jours. Les motivations du suspect appréhendé dans le cadre de la mort de l’infuenceur restent floues.
La police israélienne a déclaré la manifestation illégale et ele a précisé que quatre personnes avaient été arrêtées « pour avoir attaqué des policiers et troublé l’ordre public ».
Dans un communiqué, elle a noté que les quatre personnes allaient être interrogées, tandis que les autres manifestants ont été expulsés du bâtiment.
Selon Ynet, le chef de la police, Daniel Levy, a ordonné une enquête sur les préparatifs opérationnels de la police en vue de cet événement, afin de s’assurer qu’il n’y ait plus de menace « pour la vie des élus ».
Les manifestants s’étaient rassemblés devant le lieu où se tenait l’événement du Likud pour protester contre la nomination prévue de l’ancien général de l’armée israélienne David Zini au poste de directeur du Shin Bet, ainsi que contre la décision d’élargir les combats à Gaza plutôt que de parvenir à un accord de cessez-le-feu qui ouvrirait la porte à la libération des otages.
La semaine dernière, la police avait dispersé de force des centaines de manifestants et elle avait arrêté au moins un protestataire lors d’un rassemblement similaire qui avait été organisé devant un rassemblement du Likud à Petah Tikva, auquel participaient plusieurs ministres appartenant au parti.
la Communauté du Times of Israël !







