Ben Gvir et Smotrich n’ont pas été informés de l’augmentation de l’aide et des « pauses » à Gaza

Ces ministres ont été exclus de la réunion du cabinet parce que la décision a été prise pendant Shabbat ; 'furieux' le ministre de la Sécurité nationale qualifie cette décision de 'grave erreur'

Le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir dirigeant une réunion de sa faction Otzma Yehudit, à la Knesset, à Jérusalem, le 21 juillet 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La décision du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’ordonner à l’armée de respecter des « pauses humanitaires » quotidiennes dans les combats et d’augmenter l’aide humanitaire dans la bande de Gaza a été prise sans consulter ses partenaires ultranationalistes de coalition, selon un article publié dimanche.

La décision d’augmenter l’aide, notamment par des largages aériens effectués directement par Tsahal et plusieurs autres pays, ainsi que de suspendre les combats pendant dix heures par jour, a été prise samedi lors d’une réunion par téléconférence d’un petit nombre de ministres de haut rang, a rapporté Ynet.

Étant donné que la réunion s’est tenue le samedi, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, qui observent le Shabbat, n’y ont pas participé.

L’article précise que le ministre de la Défense Israel Katz, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar ainsi que d’autres hauts responsables de la défense ont participé à cette conversation téléphonique avec le Premier ministre.

Selon Ynet, Ben Gvir, farouche opposant à l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza, a été informé de cette décision par le cabinet du Premier ministre samedi soir et s’est dit « furieux ».

Selon un communiqué publié par le bureau de Ben Gvir, le cabinet du Premier ministre a préféré ne pas l’inclure dans la réunion car il « ne voulait pas qu’il profane le Shabbat ».

Des Gazaouis rassemblés lors du largage d’une aide humanitaire par un avion de transport militaire C-130 Hercules au nord de la bande de Gaza, le 27 juillet 2025. (Crédit : Bashar Taleb/AFP)

« Je suis disponible tout au long du Shabbat, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, car je suis ministre de la Sécurité nationale et je reçois des informations en permanence. Ce ne sont que des excuses », a-t-il déclaré.

Ben Gvir a estimé que cette décision était « une grave erreur » , ajoutant que Netanyahu « ne m’a pas inclus dans la conversation parce qu’il savait que j’étais opposé. C’est extrêmement grave ».

« C’est une capitulation devant la campagne mensongère du Hamas », a-t-il poursuivi, réitérant son appel à couper toute aide à Gaza, à conquérir l’ensemble du territoire et à encourager la population gazaouie à partir. Il s’est toutefois abstenu de menacer de quitter le gouvernement.

Smotrich, quant à lui, n’a pas encore commenté la décision d’augmenter le flux d’aide, ni le fait qu’elle ait été prise sans sa contribution.

Des Gazaouis transportant des sacs de farine près de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le 27 juillet 2025, après l’entrée de camions transportant de l’aide humanitaire dans le nord de l’enclave. (Crédit : Bashar Taleb/AFP)

Les deux ministres ont toujours appelé à ne permettre aucune aide à Gaza, estimant que cela profite au Hamas et empêche la reddition du groupe terroriste palestinien.

Cette décision, prise samedi, d’augmenter considérablement l’aide à la bande de Gaza, de faciliter les trêves et de commencer les largages aériens de colis humanitaires, est intervenue alors que l’indignation mondiale grandissait face aux informations faisant état d’une malnutrition grave et de conditions proches de la famine pour une partie importante de la population gazaouie.

Le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, a fait état vendredi de 56 décès dus à la malnutrition au cours des trois dernières semaines, dont 22 enfants.

Ce chiffre est en hausse par rapport aux 10 enfants morts de telles causes au cours des cinq mois précédents, selon l’agence du groupe terroriste palestinien. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.

Les autorités israéliennes ont rejeté les allégations de famine généralisée dans l’enclave, mais ont reconnu des problèmes d’accès à la nourriture, imputant les pénuries à un « manque de coopération » de l’ONU et d’autres organisations internationales.

Près de 60 000 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, selon le ministère de la Santé du Hamas. Les chiffres publiés par le groupe terroriste sont invérifiables, et ne font pas de distinction entre civils et terroristes.

Tsahal affirme prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

Depuis le début de l’incursion terrestre à Gaza menée contre le groupe terroriste palestinien du Hamas et lors des opérations menées le long de la frontière de Gaza, le bilan israélien s’élève à 459 morts. Ce bilan comprend également deux policiers et trois civils qui travaillaient pour le ministère de la Défense.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent toujours 50 otages, dont 49 des 251 personnes enlevées par des terroristes du Hamas le 7 octobre 2023.

Parmi eux se trouvent les corps d’au moins 28 personnes dont le décès a été confirmé par l’armée israélienne, et 20 seraient encore en vie. Les autorités israéliennes ont fait part de leurs vives inquiétudes concernant le sort de deux autres personnes. Le Hamas détient également le corps d’un soldat de Tsahal tué à Gaza en 2014.

read more: