Bismuth : « On ne peut pas forcer les gens à s’enrôler dans l’armée »

Dans une interview accordée à l'hebdomadaire Mishpacha, l'élu du Likud assure être 'quelqu'un qui aime et respecte les Haredim' et ne laissera pas les choses dégénérer

Le député Boaz Bismuth (Likud) préside une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le 3 septembre 2025. (Crédit : Noam Moskowitz, bureau du porte-parole de la Knesset)

Le député du Likud Boaz Bismuth, qui supervise le projet de loi réglementant la conscription des ultra-orthodoxes, a déclaré à un grand journal haredi qu’on ne peut pas forcer une personne à rejoindre l’armée israélienne.

« On ne peut pas forcer les gens à s’enrôler dans l’armée », a déclaré Bismuth dans une interview accordée à l’hebdomadaire Mishpacha, selon une citation publiée en première page ce matin. « Quoi, vous allez mettre tout le monde en prison ? Quelle absurdité. »

Le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset a précisé être « quelqu’un qui aime et respecte les Haredim. Je ne laisserai pas les choses aller aussi loin. »

La plupart des jeunes hommes en Israël sont tenus de s’enrôler dans le cadre du service militaire obligatoire.

Les commentaires de Bismuth interviennent alors que son projet de loi est critiqué par les législateurs de l’opposition, les groupes de réservistes et certains membres de sa propre coalition, car il maintient les exemptions du service militaire pour la plupart des hommes haredim et prévoit des sanctions jugées trop légères.

L’armée a déclaré qu’elle était confrontée à une grave pénurie de main-d’œuvre.


Les défenseurs du projet de loi ont fait valoir qu’il permettrait d’augmenter de plusieurs milliers les effectifs de l’armée, dans le cadre d’une approche favorisant le consensus. Bismuth l’a décrite comme une « loi équilibrée », « bonne pour l’armée » et « bonne pour les étudiants des yeshivot ».

La version de la législation proposée par Bismuth continuerait à accorder des exemptions de service militaire aux étudiants à temps plein des yeshivot tout en augmentant en apparence la conscription parmi les diplômés des établissements d’enseignement haredi.

Cependant, le texte supprime plusieurs dispositions de la version précédente qui visaient à vérifier que les personnes inscrites dans une yeshiva y étudient réellement, et annule toutes les sanctions à l’encontre des réfractaires lorsqu’ils atteignent l’âge de 26 ans. De nombreux observateurs font valoir qu’un grand nombre de jeunes hommes ultra-orthodoxes s’inscrivent dans une yeshiva sans y étudier, permettant ainsi à l’établissement de recevoir des financements et aux jeunes hommes d’échapper au service militaire.

La publication du projet de loi a suscité de vives critiques de l’opposition, qui y voit un texte conçu pour préserver le statu quo dans lequel la grande majorité des hommes ultra-orthodoxes ne servent pas dans Tsahal.

Sam Sokol a contribué à cet article.

read more:
comments