Israël en guerre - Jour 236

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Yonatan Adler, de l'université d'Ariel, sur le terrain. (Autorisation)
Yonatan Adler, de l'université d'Ariel, sur le terrain. (Autorisation)
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Ce qui compte pour l’archéologue Yonatan Adler : Les origines du judaïsme

Le Pr. Adler, de l’université d’Ariel, dit que ses « fouilles » témoignent de la pratique du judaïsme et permettent de dire depuis quelle date Pessah est célébré

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

Yonatan Adler, de l'université d'Ariel, sur le terrain. (Autorisation)

Bienvenue à « What Matters Now » [Ce qui compte maintenant], un nouveau podcast hebdomadaire qui examine un sujet déterminant pour Israël et le monde juif.

Avec la fin de Pessah, alors que des Juifs du monde entier ont changé de vaisselle, nettoyé leur cuisinière par le feu et, bien sûr, recouvert de papier d’aluminium les moindres recoins de leur plan de travail, on peut légitimement se demander : depuis quand pratique-t-on cette religion démente ?

J’ai donc invité en nos bureaux de Jérusalem le professeur Yonatan Adler, directeur de l’Institut d’archéologie de l’université d’Ariel, pour parler de son nouveau livre, The Origins of Judaism (« Les origines du judaïsme »).

Au cours de notre longue conversation, nous apprenons qu’il envisage les origines de la pratique du judaïsme comme une fouille archéologique, en remontant le temps pour rassembler des preuves physiques et textuelles de l’observation des lois et commandements énoncés dans la Torah.

C’est un sujet qui passionne et occupe Adler depuis plus de dix ans – comme le prouve son sujet de doctorat « L’archéologie de la pureté » – et qu’il continue d’explorer dans le cadre de son projet « Les origines du judaïsme ».

Adler, qui a obtenu l’ordination rabbinique par le Grand-Rabbinat d’Israël en 2001, envisage cette question à travers un examen scientifique de données recueillies au fil des siècles et suivant le principe archéologique selon lequel « l’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence ».

Si Adler n’a pas encore découvert de preuves de l’existence de plans de travail de cuisine recouverts de papier d’aluminium, il évoque, à la fin de notre entretien, les premières preuves de l’observance de Pessah, et c’est, selon lui, ce qui importe aujourd’hui.

Notre entretien a été édité et condensé dans un souci de clarté et de concision.

Times of Israel : Yonatan, merci beaucoup de m’avoir rejoint aujourd’hui en nos bureaux de Jérusalem.

Merci de m’accueillir.

C’est un plaisir. En général, avant de plonger au cœur du sujet, je demande aux gens ce qui compte aujourd’hui, parce que le podcast est généralement consacré à l’actualité. Mais aujourd’hui, nous allons parler de « ce qui comptait à l’époque ». Nous parlerons, bien sûr, de votre nouveau livre, Les origines du judaïsme. Alors Yonatan, dites-moi, qu’est-ce qui comptait à l’époque ?

Eh bien, la question est de savoir ce que vous entendez par « l’époque ». La question que je pose dans mon livre est la suivante : quand le judaïsme a-t-il commencé ? Nous devrons donc également expliquer ce que nous entendons par « judaïsme ». Et en ce qui concerne la date des prémices du judaïsme, comment pouvons-nous l’étudier ? C’est la question dont nous parlerons aujourd’hui.

Évidemment. Ce que j’aime dans votre livre, c’est que vous êtes, bien sûr, un archéologue, et que le livre est, d’une certaine manière, conçu comme une fouille. Nous allons du haut vers le bas, comme vous devez certainement le faire lors d’une fouille. Il s’agit de trouver le moment le plus précoce possible où l’on a des preuves de la pratique du judaïsme. Nous ne les trouvons pas, bien sûr, chez Adam et Ève. Voyons un peu ce qu’il en est. Quelle est la première preuve physique de la pratique du judaïsme ?

Très bien. Nous allons donc commencer par la fin, puis nous reculerons à partir de là. En fin de compte, les premières preuves que j’ai trouvées datent de la période hasmonéenne, c’est-à-dire vers le milieu du IIe siècle, avant notre ère. Nous parlons donc d’environ 200 ans avant la destruction du Second Temple. Il n’y a aucune preuve de pratiques juives liées à l’observance de la Torah avant cela. Mais nous allons peut-être revenir un peu en arrière et entrer un peu plus dans les détails.

Fragment d’un bol de craie de la période hasmonéenne, sur lequel apparaît le nom de Hyrcanus. (Crédit : Clara Amit/Autorité israélienne des Antiquités)

Parfait. Nous devons, bien sûr, définir certains termes. Nous parlons donc du judaïsme, qui est la pratique humaine de l’idée de la religion juive, si l’on peut dire. Il s’agit davantage d’un regard sociologique. Est-il juste de dire cela ?

Absolument. En réalité, ce que j’examine ici, c’est la question de l’histoire sociale. Je cherche à savoir ce que les gens font réellement. Je ne me pose pas la question de savoir à partir de quand la Torah existe. Nous pouvons donc avoir une Torah qui existe depuis de nombreux siècles avant que les gens ordinaires, les gens du commun, ne la pratiquent réellement. Je ne m’intéresse donc pas à la question de savoir quand la Torah a été écrite, quand la Torah a vu le jour. Ma question est de savoir quand les gens ordinaires, les gens que vous rencontrez dans la rue, les agriculteurs, les artisans, les femmes au foyer, les petites gens, quand ont-ils pris connaissance de la Torah et l’ont-ils mise en pratique dans leur vie quotidienne ?

Dès le XIXe siècle, les érudits ont constaté que, dans la Bible hébraïque, le Tanach, on ne trouvait pas de personnes qui observent les lois de la Torah. Ainsi, nous ne trouvons personne, par exemple, qui jeûne le jour de Yom Kippour, le jour du Grand Pardon. Nous ne trouvons pas de gens ordinaires qui respectent le Shabbat. Nous trouvons des prophètes qui s’insurgent contre les gens qui ne le respectent pas. Mais nous ne trouvons pas de références à des personnes qui respectent réellement le Shabbat.

Nous entendons parler du roi David qui construit un palais. Nous n’entendons rien à son sujet concernant la fixation de mezouzot sur les montants de sa porte. Nous n’entendons jamais parler d’un personnage du Tanach qui mettrait des tefillins ou respecterait les règles alimentaires de la casheroute. Nous n’entendons pas parler de quelqu’un qui s’abstient de manger du porc ou des fruits de mer. Ce sont des choses que l’on ne trouve pas dans le Tanach. Dès le XIXe siècle, les spécialistes de la Bible hébraïque ont remarqué que l’on ne trouvait pas cela dans le Tanach.

Ils supposaient que tout cela avait commencé à l’époque perse. Nous parlons donc du milieu du Ve siècle avant notre ère. Après la destruction du Premier Temple, les Juifs retournent en Judée et fondent une nouvelle province, le Yéhoud, où Jérusalem est reconstruite. Un Temple y est reconstruit. Il s’agit donc du Second Temple, selon les récits que nous trouvons dans le Tanach, dans des livres comme Esdras et Néhémie.

L’histoire que nous trouvons dans les livres d’Esdras et de Néhémie est celle d’un personnage nommé Esdras, venu de Babylonie et arrivé à Jérusalem avec la Torah de Moïse. Il lit cette Torah devant tout le peuple. Et le peuple est choqué d’apprendre qu’il existe une telle Torah. Et ils trouvent dans la Torah des lois, par exemple, qui commandent de construire des soukkot lors de la fête de Souccot. Et ils sortent et le font pour la première fois depuis l’époque de Yeoshua ben Nun.

Un fragment des manuscrits de la mer Morte du livre de Néhémie, dans le cadre du projet de recherche Scholars Initiative du Musée de la Bible, publié par Brill en 2016. (Crédit : Image de Bruce et Kenneth Zuckerman et Marilyn J. Lundberg, West Semitic Research, avec l’aimable autorisation du Musée de la Bible)

Ces chercheurs du XIXe siècle partaient du principe que le judaïsme commençait à ce moment-là. Il commence pendant cette période perse, vers le Ve siècle avant notre ère. Depuis lors, nous observons les lois de la Torah à grande échelle.

Dans mon livre, je pose la question suivante : est-ce vrai ? Observons-nous vraiment le judaïsme à partir de cette période ? Ou peut-être pas ? Quelles sont les preuves réelles dont nous disposons ?

Des preuves physiques ? 

Des preuves physiques, c’est-à-dire les vestiges matériels, comme l’archéologie, absolument. Et aussi les preuves textuelles. En d’autres termes, les choses que les gens écrivent et qui pourraient indiquer que les gens ordinaires respectent les lois de la Torah.

Pouvez-vous me donner quelques exemples ? Parlez-vous de lettres ou d’autres types de documents ou de monuments ?

Permettez-moi d’exposer la méthodologie du livre, puis nous pourrons entrer dans les détails. Comme vous l’avez dit, j’aborde cette question comme une fouille archéologique. Nous commençons donc une fouille, et nous commençons au niveau de la surface, la plus récente. Nous commençons à creuser le sol et nous trouvons des boîtes de thon et des bouteilles de Coca-Cola. Et au fur et à mesure que nous creusons, nous trouvons de plus en plus d’artefacts anciens.

Je fais la même chose dans ce livre. Je pars d’une période où nous savons avec certitude que le judaïsme existait, que des gens ordinaires observaient les lois de la Torah. Et ce que je montre tout au long du livre, que le Ie siècle de notre ère était précisément ce type de période. Au Ie siècle de notre ère, nous trouvons donc de nombreuses preuves que des Juifs ordinaires respectaient les lois de la Torah. Ensuite, je remonte dans le temps à partir du Ie siècle de notre ère. Je regarde le Ie siècle avant notre ère, le IIe siècle avant notre ère, le IIIe siècle avant notre ère, et ainsi de suite, en remontant le temps, en cherchant où s’arrête la piste des preuves.

Yonatan Adler sur le site des fouilles de la carrière de pierre et du centre de production d’outils de Reina, en Basse Galilée. (Crédit : Samuel Magal/IAA)

Pour donner quelques repères, le Ie siècle de notre ère est, bien sûr, celui où Jésus aurait vécu et au cours duquel le [Second] Temple a été détruit, entre autres. Puis, en remontant dans le temps, quels sont les autres événements historiques que les gens connaîtraient ?

Le premier fait saillant se situe évidemment autour de l’an zéro, date à laquelle on pense que Jésus est né. Il a été crucifié vers l’an 30. Le Temple de Jérusalem a été détruit en l’an 70. Au cours du Ie siècle avant notre ère, des personnages comme Hérode le Grand ont rénové le Second Temple. Nous sommes à la fin du Ie siècle avant notre ère. C’est l’époque d’Auguste, de Jules César, etc.

Si nous revenons au IIe siècle avant notre ère, c’est l’époque de la dynastie hasmonéenne. C’est l’époque de la révolte des Hasmonéens, l’histoire de Hanoukka, bien sûr.

Le théâtre hérodien de Césarée. (Crédit : Doron Horowitz/Flash90)

Et si nous remontons encore plus loin dans le temps, nous arrivons au IIIe siècle avant notre ère. Il est un peu difficile de parler des événements de l’histoire juive auxquels nous pouvons penser, parce que cette période est une sorte de trou noir dans l’histoire juive. Nous ne disposons pas de beaucoup de sources qui nous renseignent sur cette période. L’un des événements qui me vient à l’esprit s’est produit au cours du IIIe siècle avant notre ère, soit à l’époque où la Torah a été traduite en grec.

La Septante [traduction de la Bible hébraïque en grec koinè] a été écrite en Égypte, n’est-ce pas ?

Oui, à Alexandrie. Si nous remontons encore plus loin dans le temps, au IVe siècle avant notre ère, c’est l’époque d’Alexandre le Grand. Et nous arrivons au Ve siècle avant notre ère. C’est l’époque où cette région du monde était contrôlée par les Perses.

Nous disposons maintenant d’une carte, une bonne chronologie, dans la tête. Continuez, s’il vous plaît.

Lorsque j’examine les pratiques les unes après les autres, les interdictions les unes après les autres, je constate que, sur le Ie siècle de notre ère, nous disposons de nombreuses preuves. Au Ie siècle avant notre ère, nous avons également des preuves de nombreuses pratiques basées sur les lois de la Torah. En poursuivant au IIe siècle avant notre ère, nous continuons à trouver des preuves, mais rien avant.

C’est donc vers le milieu du IIe siècle avant notre ère que l’on trouve les premières preuves que les Judéens ordinaires respectent les lois de la Torah, pratiques après pratiques, interdits après interdits.

Vous parlez des Judéens. Définissons, s’il vous plaît, ce terme.

J’utilise le terme « Judéens », parce que dans le milieu universitaire, il existe un débat sur le moment où l’on peut commencer à utiliser le terme « juif ». C’est un débat un peu amusant parce qu’il porte sur un mot anglais. Le mot « juif ». Les mots anciens dont nous disposons ne font pas de distinction entre Juifs et Judéens. Nous avons donc en hébreu, « Yehudim », en arabe, « yehuda », et en grec, « udae ». Il s’agit en réalité du même mot.

Il est important de souligner que nous avons des preuves de l’existence de ce groupe de personnes qui remontent très loin dans le temps. Nous avons des preuves qui remontent, je dirais, à la première moitié du premier millénaire avant notre ère. Cela fait donc plusieurs centaines d’années. Et je ne cherche pas à savoir quand les Juifs sont apparus pour la première fois dans l’histoire. Quand les Judéens apparaissent-ils pour la première fois dans l’histoire ? Parce que nous observons cela pendant plusieurs centaines d’années avant d’avoir la preuve que ces Juifs, ces Judéens, respectaient les lois de la Torah. Je me penche donc sur les origines du judaïsme. Je cherche à savoir quand ces gens, qui existent depuis des centaines d’années, ont commencé à observer les lois de la Torah.

Il est donc important de souligner qu’il peut y avoir des Juifs, des Judéens, qui ne connaissent pas les lois de la Torah et qui ne les respectent pas. En soi, l’un n’est pas lié à l’autre. Et encore une fois, ce que je cherche à savoir, c’est quand ces Judéens commencent à respecter les lois de la Torah à une  grande échelle ?

Dieux domestiques au Musée des Terres Bibliques de Jérusalem (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Nous parlerons donc de toutes les preuves dont nous disposons. Mais en lisant votre livre, je n’ai cessé de penser aux idoles. À l’époque du Premier Temple, on trouve des idoles sur de nombreux sites archéologiques en Israël. Des idoles qui ont été brisées, peut-être intentionnellement ? Sur la base d’interdits bibliques ? Ou bien est-ce quelque chose que vous n’avez pas directement examiné dans le cadre de cette étude ?

Il faut bien comprendre que, dans les premiers temps, juste avant l’observance à grande échelle des lois de la Torah, les Judéens, les Israélites aussi, étaient polythéistes. Il y avait donc un dieu central en Judée, dont le nom est le Tétragramme. Mais les Judéens et les Israélites adoraient également d’autres dieux. C’est ce que l’on retrouve dans la Bible hébraïque. Les prophètes s’insurgent contre le fait que les Judéens et les Israélites adorent des dieux étrangers. Il y avait donc clairement des gens qui pensaient que les Judéens et les Israélites devaient adorer un seul Dieu. Et il est évident que nous trouvons cela dans la Torah également. Mais l’une des questions que je me pose est la suivante : quand avons-nous les premières preuves d’une observation à grande échelle de ce principe ?

En ce qui concerne les preuves actuelles, j’ai écrit un chapitre, notamment, sur l’art figuratif. Le deuxième des dix commandements interdit en effet de représenter des êtres humains ou des animaux.

Des images taillées, n’est-ce pas ?

Des images gravées. Au Ie siècle de notre ère, on entendait par là les œuvres d’art profanes. Des œuvres d’art profanes ordinaires. Il est interdit de représenter des êtres humains ou des animaux. Et nous trouvons des preuves archéologiques de cela : les Judéens ne représentent pas d’êtres humains ou d’animaux dans leurs œuvres d’art. Nous disposons de nombreuses œuvres d’art datant du Ie siècle de notre ère. Nous avons des sols en mosaïque. Nous avons de l’art funéraire sur des cercueils et des ossuaires – des boîtes d’os – des caveaux funéraires. Nous disposons d’un grand nombre d’œuvres d’art judéennes de cette époque.

En règle générale, cet art n’inclut pas d’êtres humains ou d’animaux. Nous avons donc des motifs géométriques ou floraux. Il n’y a presque jamais d’humains ou d’animaux représentés. Et cela est vrai pour le Ie siècle de notre ère. C’est vrai pour le Ie siècle avant notre ère. C’est vrai pour le IIe siècle avant notre ère. Avant cela, nous n’avons tout simplement rien de tel.

Le visage d’Antiochus IV sur une pièce de bronze trouvée dans la cour de la Citadelle de la Tour de David. (Crédit : Cité de David)

Les pièces de monnaie constituent l’un des éléments les plus remarquables. Les Judéens ont frappé des pièces de monnaie à plusieurs périodes. Nous avons des pièces de Judée datant du Ie siècle de notre ère, qui ne représentent jamais d’humains ou d’animaux. Il en va de même pour le Ie siècle avant notre ère. Au IIe siècle avant notre ère, les pièces les plus anciennes que nous possédons sont en fait bien datées, aux alentours de 132 avant notre ère. C’est l’époque de Jean Hyrcanos Ier, l’un des souverains hasmonéens. Ce qui ressort de ces pièces, c’est qu’en temps normal, nous supposons qu’une pièce de monnaie porte le profil, la photo du souverain. C’est le cas sur les pièces d’aujourd’hui. C’était également le cas dans l’Antiquité. Les pièces de monnaie portaient toujours le portrait du roi.

Sur ces pièces hasmonéennes, non seulement le portrait du roi ou du souverain est absent, mais nous avons ce que j’appellerais un « portrait textuel ». Cela signifie qu’il y a le nom du souverain, Jean Hyrcanus, le Grand Prêtre et le Conseil des Judéens. Cela fait beaucoup de mots sur une petite pièce. Et cela remplace une représentation graphique. Je pense que c’est vraiment notable. À mon avis, cela témoigne de la volonté de ne pas représenter un être humain sur les pièces.

Ce n’est pas le cas dans les périodes antérieures. Ainsi, sur les pièces antérieures, celles du IIIe siècle avant notre ère, du IVe siècle avant notre ère, chaque pièce frappée par les Judéens, en Judée, est ornée d’un motif figuratif. En fait, sur certaines de ces pièces, on trouve non seulement de l’art figuratif, mais aussi des dieux étrangers. Par exemple, Athéna, la déesse grecque, la chouette d’Athéna. Une pièce porte le nom du Grand Prêtre de Judée – « Yohanan Hakohen » y est écrit en hébreu – et au milieu de cette pièce, se trouve la chouette d’Athéna.

Ainsi, non seulement nous ne manquons pas d’art figuratif, mais nous avons également de l’art figuratif et des représentations de dieux étrangers. Ce sont les artefacts trouvés dans ces périodes antérieures à la période hasmonéenne.

C’est tout à fait fascinant. Beaucoup de gens supposent que les mitzvot, les commandements, ont pour but de séparer les Juifs des autres peuples. Et c’est ce que vous constatez dans les preuves matérielles que vous avez recueillies ? Parce qu’il semble que dans la pièce d’Hyrcanus que vous avez mentionnée, il était très davka, comme on dit en hébreu, très intentionnel, et qu’il se disait : « Non, je vais vraiment observer ce commandement. Je suis différent. Je suis un Juif fidèle à la Torah. Et c’est moi que vous devriez suivre parce que je suis votre vrai chef ». Et donc, si vous parlez des autres commandements, des lois juives dont vous recherchez les preuves, est-ce que tout cela est aussi intentionnel, très différent de l’attitude de leurs contemporains ?

Oui, absolument. Nous pouvons encore évoquer un autre exemple : les lois sur la pureté familiale. Une fois encore, lorsque nous parlons du Ie siècle de notre ère nous disposons d’un grand nombre de preuves que les Judéens respectent les lois de pureté. Nous avons des preuves textuelles, mais aussi archéologiques.

Le site d’un bain rituel juif ou mikveh, à gauche, découvert près du mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 17 juillet 2022. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Par exemple, nous avons des centaines de bassins enduits, en escalier, dans tout le pays, partout où vivent des Judéens, et il est clair qu’ils étaient utilisés comme bassins d’immersion. Des bassins d’immersion rituelle à des fins de pureté, ce que l’on a appelé les mikvaot.

Nous constatons également, à cette époque, l’utilisation à grande échelle de récipients en pierre, faits de craie. Les Judéens les utilisaient parce qu’ils estimaient, conformément aux règles du Lévitique, que la pierre ne se corrompt pas. Selon le Lévitique 11, la poterie, si elle devient impure, doit être brisée. Mais la pierre ne figure pas sur la liste des objets que l’on doit briser ou laver. Il était donc entendu que la pierre ne devenait jamais impure.

À cette époque, les Judéens fabriquent des récipients en pierre et les utilisent à grande échelle. Il existe une distinction très nette entre les sites judéens, où l’on trouve ces bassins d’immersion et ces récipients en pierre, et les sites non judéens, où l’on ne trouve pas ces objets.

Ces deux phénomènes commencent à émerger au IIe siècle avant notre ère, pendant la période hasmonéenne. Avant cette période, rien n’indique que les Judéens respectent ces règles.

Parlons des lois alimentaires, parce que c’est un point important. Je sais que vous aimez les données, et l’une des choses que les archéologues aiment faire lorsqu’ils font des fouilles est de mesurer la proportion, par exemple, d’os de porc, d’os de chèvre, d’os de poisson, et définir de quelle sorte de poisson il s’agit… Ces mesures remontent bien avant l’époque hasmonéenne. Les gens les ont souvent utilisées pour tirer des conclusions sur qui vivait où. Qu’en pensez-vous ?

Bien. J’ai écrit un chapitre sur les lois alimentaires. Tout d’abord, une remarque méthodologique : lorsque nous examinons les ossements d’animaux trouvés lors de fouilles archéologiques, nous savons ce que les gens mangeaient et ce qu’ils ne mangeaient pas. Mais il y a une différence entre le fait de ne pas manger quelque chose et l’existence d’un tabou autour de cet aliment. Je vais vous donner un exemple d’aujourd’hui. Mangez-vous de la viande ?

Oui, je mange de la viande.

Si vous allez dans un supermarché ici en Israël – je pense que c’est certainement la même chose aux États-Unis et dans la plupart des pays d’Europe, pour autant que je sache -, et si vous cherchez du bœuf ou du poulet, vous en trouverez. Si vous cherchez de la viande de chèvre, je pense que vous aurez du mal à en trouver. Avez-vous déjà vu de la viande de chèvre dans un supermarché ici en Israël ?

Peut-être dans une boucherie, mais pas dans un supermarché.

Je ne l’ai pas non plus vu dans une boucherie. Je n’en ai jamais vu. Ici, en Israël, comme aux États-Unis, les gens ont tendance à ne pas manger de viande de chèvre. Je ne pense pas qu’il y ait de tabou à manger de la chèvre. Je n’aurais aucun problème à manger de la chèvre. Je pense que la plupart des gens dans la rue n’y verraient pas d’inconvénient, mais ce n’est pas le cas. Les raisons sont probablement économiques et écologiques.

Je ne sais pas, culturelles ?

Je ne pense pas que ce soit si culturel. Je pense que pour une raison ou une autre, les agriculteurs n’élèvent pas de chèvres pour la viande, et c’est tout. Mais cela ne signifie pas que les gens s’abstiennent de manger de la viande de chèvre. Il est tabou de manger des chiots ou des chats, mais il n’y a pas de tabou en ce qui concerne la consommation de chèvres.

« Ossements du cochon articulé, au laboratoire. (Crédit : Sasha Flit ;avec l’aimable autorisation de l’Institut d’archéologie Sonia et Marco Nadler, Université de Tel Aviv)

Pour revenir à votre question, le fait que nous ne trouvions pas certains types d’animaux à la consommation ne signifie pas nécessairement qu’il existe un tabou à ce sujet. Il peut y avoir d’autres raisons – économiques et écologiques, entre autres – pour lesquelles les agriculteurs décident d’élever tel ou tel animal.

Quelles sont les données dont nous disposons ? Au Ie siècle de notre ère, nous ne trouvons pas d’os de porc dans les sites judéens. Nous en trouvons sur des sites non judéens. Encore une fois, cela va dans le sens de l’idée que les Judéens ne mangent pas de porc à cause de la loi de la Torah, mais ce n’est pas nécessairement une preuve. Ce dont nous disposons à l’heure actuelle, ce sont des textes qui nous disent que tout le monde savait que les Judéens s’abstenaient de manger du porc en raison de la loi de la Torah.

Squelette de porc articulé trouvé dans les fouilles de la Cité de David. (Crédit : Oscar Bejerano/Autorité des Antiquités d’Israël)

Nous avons donc, par exemple, des auteurs romains qui racontent des plaisanteries sur les Judéens en disant qu’ils ne mangent pas de porc. L’une de ces blagues concerne le roi Hérode. Cette blague – qui aurait été racontée par Auguste, l’empereur Auguste lui-même – dit qu’il préférerait être le cochon de Hérode plutôt que son fils, parce que le cochon de Hérode a des chances de vivre. Mais son fils… Hérode était un sale type qui a tué tous les membres de sa famille.

Une telle blague serait tombée à plat si tous ceux qui l’avaient entendue ne savaient pas que les Judéens s’abstenaient de manger du porc à cause de la Torah. Il est donc clair qu’à cette époque, les Judéens respectaient les lois de la Torah en s’abstenant de manger du porc.

Dans les périodes antérieures, avant la période hasmonéenne, la situation devient un peu plus complexe.

Illustration : Dents et mâchoires d’une daurade royale (ou « denise » en hébreu) provenant de divers sites archéologiques en Israël. (Crédit : Université de Haïfa)

Nous manquons d’os de porc à l’âge du fer dans les sites des hauts plateaux de Judée. Nous avons des ossements de porc dans les sites des hautes terres du nord, le royaume d’Israël. Nous avons des os de porc dans les sites urbains philistins. Il n’y a pas d’ossements de porc dans les sites ruraux philistins. Dans les sites cananéens qui remontent encore plus loin, nous n’avons pas d’ossements de porcs et dans les sites de l’âge du bronze, à la fin de l’âge du bronze, lorsqu’il y avait une présence égyptienne sur le territoire, nous avons des ossements de porcs là où il y avait des Égyptiens.

Il est donc évident que les agriculteurs, à différentes époques et à différents endroits, décidaient d’élever ou non des porcs, probablement pour des raisons économiques et écologiques, qui n’ont rien à voir avec la Torah.

Nous avons constaté l’absence d’ossements de porcs sur les sites cananéens 1 000 ans avant que quiconque n’ait imaginé l’existence d’une Torah. L’absence d’os de porc n’est donc pas nécessairement une preuve que les gens respectent les lois de la Torah. C’est un point sur lequel il faut être très prudents.

Nous avons évoqué tout un tas d’éléments très différents jusqu’à présent, et nous allons les rassembler dans une sorte de théorie unificatrice. Que voulez-vous dire dans la conclusion de votre livre ?

Le livre est en fait très axé sur les données. Les six premiers chapitres sont exactement comme nous les avons décrits : le Ie siècle de notre ère sert de référence. Ensuite, nous remontons le temps. Ce que cela nous apporte, et pardon pour ce mot latin, c’est un terminus ante quem. Ce que cela signifie, c’est que là où la piste des preuves s’arrête, se trouve le terminus ante quem, la période antérieure à l’émergence du judaïsme.

J’essaie d’être très précis sur ce que les données apportent comme informations et ce qu’elles n’apportent pas. Nous savons que l’absence de preuve n’est pas une preuve d’absence. Cela signifie que le fait de ne pas avoir de preuves de l’observance de la Torah à grande échelle avant le IIe siècle de notre ère ne signifie pas nécessairement que le judaïsme a commencé à ce moment-là. Il se peut que les Juifs aient observé les lois de la Torah à grande échelle au cours de périodes antérieures, au IIIe siècle ou au IVe siècle avant notre ère. Mais les preuves ne sont tout simplement pas arrivées jusqu’à nous.

Dans le dernier chapitre, j’examine les preuves contextuelles de la période antérieure à notre terminus ante quem. J’examine les preuves entourant cette question pour voir ce qui se passait avec les Judéens à ces époques antérieures. Ce que je constate, c’est que ce que l’on considère généralement comme le début du judaïsme à l’époque perse, au Ve siècle avant notre ère, n’est pas accompagné de preuves d’une large observance culturelle, mais il existe des preuves négatives.

Deux étoiles à six branches sur une pierre calcaire appartenant à un temple de l’époque ptolémaïque dédié à Osiris sur l’île d’Eléphantine, dans le sud de l’Egypte. (Crédit : Ministère égyptien des Antiquités)

Je vous ai déjà donné des exemples de pièces de monnaie sur lesquelles figurent des dieux étrangers. Nous disposons également de textes provenant d’endroits comme Éléphantine.

Éléphantine est une île sur le Nil, dans le sud de l’Égypte, où vivait une colonie judéenne. Ils ont laissé de nombreux textes, de nombreux documents qui ont survécu parce que l’Égypte est une région sèche et que les papyrus peuvent se conserver dans ces conditions. Ces documents brossent le tableau d’une société judéenne qui ne connaît rien de la Torah et qui enfreint en fait un grand nombre de lois que nous trouvons dans la Torah.

Par exemple, une chose qui ressort vraiment est qu’ils ont construit un temple pour le dieu de Judée en Égypte.

Nous savons, bien sûr, que selon le Deutéronome, le temple ne doit se trouver qu’à un seul endroit, qui est finalement considéré comme étant Jérusalem. En construisant un temple en Égypte, les Égyptiens adorent le dieu de Judée, mais ils adorent aussi d’autres dieux, ou du moins reconnaissent d’autres dieux. Ils prêtent donc serment à des dieux autres que le dieu de Judée. Ils donnent de l’argent, ils font des dons à d’autres dieux que le dieu de Judée. Ils nomment leurs enfants à la fois par le nom de Dieu et d’autres dieux.

Ces gens ignorent manifestement l’existence de la Torah. Ils ne respectent certainement pas les lois de la Torah. Nous trouvons une situation similaire en Babylonie à cette époque. Nous parlons du Ve siècle avant notre ère, c’est-à-dire de l’époque où les érudits pensent généralement que le judaïsme est apparu pour la première fois. Nous disposons donc de toutes ces preuves de non-observance.

J’ajouterai qu’à cette époque, lors des fouilles à Jérusalem – vous avez parlé de preuves fauniques, d’ossements d’animaux – nous trouvons des arêtes de poissons, des espèces de poissons qui sont interdites dans la Torah. Ainsi, par exemple, des os et cartilages de poisson-chat et de requin ont été trouvés, qui correspondent aux Ve et IVe siècle avant notre ère. Ils sont interdits par la Torah, mais nous les trouvons à Jérusalem.

Ainsi, non seulement nous n’avons pas de preuve d’observance, mais nous avons en fait des preuves négatives, des preuves de non-observance, ce qui me laisse penser que cette période, la période perse, n’est pas la meilleure période pour rechercher l’émergence d’une observance à grande échelle de la Torah.

Photographie aérienne des fouilles d’une maison hasmonéenne, à Modiin, le 7 juin 2016. (Crédit : Griffin/Autorité israélienne des Antiquités)

Si l’on avance dans le temps, la période qui suit la conquête d’Alexandre le Grand est la période hellénistique précoce. Viennent ensuite la révolte des Hasmonéens et la période hellénistique tardive. Je pense que ces deux périodes sont des périodes beaucoup plus probables pour l’apparition du judaïsme.

Vers la fin du livre, je suggère que ce sont peut-être les Hasmonéens qui ont adopté la Torah comme loi du pays. Encore une fois, la Torah a très probablement existé pendant plusieurs centaines d’années, sans pour autant être très connue. Les masses ne la connaissaient pas nécessairement. Ce sont les Hasmonéens, peut-être, qui ont décidé d’adopter la Torah comme loi du pays et de répandre la connaissance de la Torah, de répandre l’observance de la Torah à partir du IIe siècle avant notre ère et par la suite.

Nous n’avons pas de preuve que ce sont les Hasmonéens qui ont fait cela. En revanche, nous avons la preuve que les Hasmonéens ont agi de la sorte avec les peuples qu’ils ont conquis. Nous savons, par exemple, que les Hasmonéens ont conquis les Iduméens dans le sud du pays. Il s’agissait d’un groupe ethnique non judéen qui adorait le dieu Qos. Les Hasmonéens les ont conquis vers l’an 112 avant notre ère et ont appliqué les lois de la Torah dans les domaines. Nous dirions aujourd’hui qu’ils ont forcé les Iduméens à se convertir. Mais ce que les sources nous disent – nous avons des sources textuelles qui nous le disent, [Flavius] Josèphe et d’autres – c’est que les Hasmonéens les ont forcés à se circoncire et à respecter les lois de la Torah. Nous savons qu’après Jean Hyrcanos Ier, Juda Aristobulus Ier a conquis un peuple au nord appelé les Ituriens. Il a fait la même chose. Il les a obligés à se circoncire et à respecter les lois de la Torah. Il s’agit donc d’une sorte de modus operandi des Hasmonéens, qui imposent les lois de la Torah aux peuples qu’ils ont conquis.

Des archéologues travaillant sur une fabrique de vases en pierre crayeuse de l’époque du Second Temple en Galilée, fouillée par l’université d’Ariel et l’université de Malte. (Crédit : Yonatan Adler)

Je pense qu’il n’est pas exagéré de suggérer que les Hasmonéens antérieurs, disons Simon, Jonathan ou Juda Maccabée, ont peut-être fait la même chose avec les Judéens eux-mêmes et ont apporté les lois de la Torah aux Judéens, ont appliqué les lois de la Torah aux Judéens eux-mêmes. C’est ainsi qu’est né ce que j’appellerais le « judaïsme ».

Puisque nous enregistrons pendant la fête de Pessah, je dois vous demander quelles sont les preuves de cette histoire ?

Bien. En utilisant notre méthodologie, le Ie siècle de notre ère, nous avons beaucoup de preuves, pas de preuves archéologiques en soi, mais des preuves textuelles que les Judéens observent Pessah. Ils s’abstiennent de manger des produits à base de levain, ils mangent du pain sans levain, ils mangent le produit du sacrifice pascal…

À titre d’exemple, les Évangiles racontent l’histoire d’un Juif célèbre, Jésus, et de ses disciples qui ont pris leur dernier repas, qui, du moins selon les Évangiles synoptiques, était ce que nous appellerions aujourd’hui le Seder, mangeant l’agneau pascal avec du pain sans levain… Nous disposons de ces preuves pour le Ie siècle de notre ère.

Nous disposons de quelques preuves datant du Ie siècle avant notre ère. Disons qu’avant cette époque, nous n’avons aucune preuve que les Judéens célébraient Pessah ou la fête des pains sans levain à grande échelle.

La Cène, Léonard de Vinci, 1494. (Crédit : Domaine public/Wikipedia)

Les chercheurs parlent souvent d’un supposé papyrus de Pessah originaire d’Éléphantine, l’île du Nil que nous avons déjà mentionnée. Ce papyrus est censé parler de Pessah. Il parlerait notamment de l’interdiction de manger des produits levés à l’occasion de Pessah et du fait de cacher les produits levés dans la maison. D’après ce papyrus, il semble que les Judéens vivant à Éléphantine respectaient les lois de la Torah. Ce papyrus est d’ailleurs assez bien daté, puisqu’il remonte à 419 avant notre ère.

Mais pourquoi utilisez-vous toujours le mot « supposé » ?

Pourquoi est-ce que je dis « supposé » ? J’ai dit que le papyrus est le supposé papyrus de Pessah. Le problème est que plus de la moitié du papyrus est manquante et que le papyrus a été reconstruit sur la base de ce que nous trouvons dans la Torah. Et il se trouve que toutes les parties qui parlent de Pessah sont des parties reconstruites.

Il est normal que les chercheurs reconstruisent sur la base de la Torah un papyrus mal conservé. C’est tout à fait possible. C’est envisageable. Mais on ne peut pas considérer cette reconstruction comme une preuve que la Torah était bien connue. Non ? C’est ce qu’on appelle un raisonnement circulaire. Ce n’est pas possible de faire cela.

Je dis donc qu’il s’agit du supposé papyrus de Pessah, parce qu’une fois que nous avons enlevé toutes les parties reconstruites, il n’est plus question de Pessah.

C’est vraiment fascinant. Merci beaucoup pour tout. Il y a là matière à réflexion, et même à réflexion casher.

Merci de m’avoir accueilli.

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