CGT et Solidaires accusent Air France de livrer des armes à Israël, la compagnie dément

Selon les syndicats, le vol AF966 Paris-Tel Aviv devait transporter des composants mécaniques destinés à Elbit Systems ; Air France affirme n'avoir « pas de réservation pour ce type de marchandise »

Un Airbus A320 d'Air France s'apprête à atterrir à Lisbonne, au Portugal, le 10 octobre 2023. (Crédit : AP/Armando Franca)

Air France a démenti, jeudi 8 octobre 2026, transporter des armes ou des munitions vers Israël, au lendemain d’accusations formulées par plusieurs syndicats.

« Air France n’a pas de réservation pour ce type de marchandise sur ses vols », a affirmé la compagnie, citée par FranceInfo.

« Air France ne transporte pas d’armes ou de munitions sur ses vols à destination d’Israël », a ajouté le groupe, qui déclare se conformer « en tout temps à l’ensemble des réglementations internationales applicables au transport de marchandises ».

Mercredi 7 octobre, la CGT et l’Union syndicale Solidaires de Seine-Saint-Denis, ainsi que plusieurs syndicats aéroportuaires affiliés, avaient dénoncé dans un communiqué la présence annoncée d’une cargaison à bord du vol AF966. Selon eux, elle comprenait des « réducteurs planétaires », un type de composants mécaniques, destinés à la société israélienne de défense Elbit Systems.

Les syndicats disent avoir été « alertés » par les associations Urgence Palestine et Palestinian Youth Movement.

Selon les syndicats, cet appareil devait décoller jeudi matin de l’aéroport de Charles-de-Gaulle à destination de l’aéroport Ben Gourion.

Ce n’est pas la première fois que la question de la livraison d’armes de la France vers Israël fait l’objet d’une contestation.

En juin 2025, au port de Marseille-Fos, des dockers, portés par la CGT des ouvriers dockers, avaient refusé de charger des composants militaires qui devaient partir pour Israël, affirmant refuser de « participer au génocide en cours orchestré par le gouvernement israélien ».

En février 2024, le ministre des Armées d’alors, Sébastien Lecornu, avait affirmé, « objectivement, il n’y a pas de relation d’armement en tant que tel avec Israël ». Il avait cependant reconnu que des composants avaient pu être livrés, précisant qu’il s’agissait de « composants élémentaires », tels que « des roulements à billes, des vitrages, des systèmes de refroidissement, des potentiomètres, des capteurs de pression ».

« En général, ce sont des armements qui ont vocation à être réexportés depuis Israël vers d’autres clients », a-t-il poursuivi.

À l’époque, Sébastien Lecornu avait demandé aux services compétents « d’être encore plus rigoureux dans la manière d’interroger l’utilisation de ces composants ».

Par exemple, seules « quelques licences ont pu être données » pour le Dôme de Fer, le dispositif défensif permettant d’intercepter roquettes et missiles visant Israël.

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