Columbia suspend et expulse des dizaines d’étudiants suite à des troubles anti-Israël
Ces sanctions interviennent alors que l'université subit de fortes pressions du gouvernement pour endiguer l'antisémitisme sur le campus, qui lui coûte des fonds destinés à la recherche
L’université Columbia a déclaré mardi avoir sanctionné des étudiants pour avoir occupé une bibliothèque en mai et organisé un campement de protestation au printemps 2024.
Dans un communiqué, cette prestigieuse université new-yorkaise a indiqué que les sanctions comprenaient des expulsions, des mises à l’épreuve, des retraits de diplômes et des suspensions d’une durée allant d’un à trois ans. Selon Columbia University Apartheid Divest (CUAD), une coalition de groupes étudiants anti-Israël, près de 80 étudiants avaient été suspendus ou expulsés.
L’université a refusé de commenter les cas individuels et n’a pas révélé le nombre d’étudiants sanctionnés.
Ces sanctions ont été prises alors que l’université subit de fortes pressions de la part du gouvernement pour mettre un terme à l’antisémitisme sur le campus. Depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, Columbia a été le théâtre de fréquentes manifestations anti-Israël, souvent à caractère antisémite.
En 2024, un campement étudiant anti-Israël sur le campus a déclenché un mouvement national qui s’est terminé par une intervention policière dans un bâtiment qui avait été pris d’assaut par des manifestants.
L’université a de nouveau défrayé la chronique cette année, lorsque les autorités chargées de l’immigration ont arrêté Mahmoud Khalil, l’activiste anti-Israël à la tête du mouvement de protestation à Columbia. L’administration Trump a également gelé 400 millions de dollars de subventions et de contrats accordés à l’université en raison de l’antisémitisme qui y sévit. Columbia a entamé des négociations avec l’administration américaine afin d’obtenir le déblocage de ces fonds.
Des critiques de l’administration, comme le sénateur démocrate de New York Chuck Schumer, ont accusé Trump d’instrumentaliser le problème de l’antisémitisme pour attaquer ceux qu’il considère comme des adversaires dans l’enseignement supérieur.
Au cours des derniers mois, l’université a pris des mesures pour remédier à ce problème. En mars, elle a prononcé des sanctions similaires à l’encontre d’étudiants impliqués dans la prise de contrôle du bâtiment en 2024.
En mai 2025, des militants anti-Israël ont pris d’assaut la bibliothèque Butler alors que les étudiants révisaient leurs examens finaux, lors de l’occupation de la bibliothèque. L’université a appelé la police pour évacuer les manifestants, ce qui a donné lieu à 80 arrestations. L’université avait déjà suspendu provisoirement plus de 65 étudiants dans le cadre de cette affaire.
Au début de la semaine, l’université a réformé sa politique disciplinaire, conférant au bureau du vice-recteur des pouvoirs auparavant détenus par le sénat universitaire. Les membres de la communauté juive de Columbia ont salué cette décision comme une avancée majeure vers la responsabilisation des manifestants.
La semaine dernière, Columbia a annoncé une série de mesures pour lutter contre l’antisémitisme sur le campus.
« Columbia a encore des progrès à faire avant que les étudiants juifs puissent se sentir vraiment en sécurité sur son campus », a déclaré dans un communiqué Tim Walberg, représentant américain républicain du Michigan et président de la commission de l’Éducation et de la Main-d’œuvre de la Chambre des représentants.
« Nous continuerons à enquêter sur l’antisémitisme à Columbia et dans d’autres universités et à élaborer des solutions législatives pour remédier à ce problème persistant. Les établissements d’enseignement supérieur de notre nation doivent remplir leurs obligations légales en vertu de la loi fédérale contre la discrimination. »