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Denis Ducarme, député belge libéral du Mouvement réformateur (Crédit : Facebook)
Denis Ducarme, député belge libéral du Mouvement réformateur (Crédit : Facebook)
Interview

Denis Ducarme décrit une Belgique sous tension et une « importation maximale du conflit » israélo-palestinien

Le député libéral revient sur l’islamisme politique, l’affaire Samidoun, l’antisémitisme croissant et l’évolution de la politique belge envers Israël après le 7-Octobre

Les récentes réactions suscitées par les commentaires de Denis Ducarme sur la crèche controversée de la Grand-Place de Bruxelles, dans lesquels le député libéral du Mouvement réformateur (MR) dénonçait un « wokisme déstructurant, jamais très éloigné de l’islamisme », résument bien la polarisation grandissante d’une Belgique dominée par l’importation du conflit au Proche-Orient et les débats sur l’islamisme, et le radicalisme.

La polémique des crèches de Noël est survenue quelques jours avant l’appel de Ducarme au gouvernement à « aller jusqu’au bout des moyens disponibles » dans le dossier Mohamed Al-Khatib, un demandeur d’asile palestinien soupçonné d’être un membre du groupe terroriste palestinien du Hamas, ayant participé au pogrom du 7-Octobre.

Ces déclarations interviennent aussi alors que l’Université libre de Bruxelles (ULB) a confirmé que l’agression d’un étudiant juif ne serait pas qualifiée d’antisémitisme, que des sanctions contre Israël sont en cours d’élaboration, et que les appels au boycott refont surface au Parlement dans le cadre de la coalition Don’t Buy Into Occupation.

Un « paysage politique complètement inflammable depuis le 7-Octobre » qui nécessite d’autant plus une bataille pour « rétablir la chronologie du 7-Octobre » et lutter contre « la confusion entretenue entre antisionisme et antisémitisme ».

La Belgique a par ailleurs déposé auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye une « déclaration d’intervention » dans le cadre de l’application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza soumise contre Israël par l’Afrique du Sud en décembre 2023.

Dernier acte en date illustrant les tensions croissantes entre Israël et la Belgique, le consulat de Belgique à Jérusalem a décidé de ne plus représenter les Belges vivant dans les implantations, mettant en application le paquet de sanctions négocié au moment de la reconnaissance conditionnée de la Palestine par Bruxelles en septembre, alors que les conditions n’ont pas toutes été encore remplies, comme le désarmement du Hamas.

Des manifestants devant la Cour internationale de justice, à La Haye, aux Pays-Bas, le 12 janvier 2024. Illustration (Crédit : Patrick Post/AP Photo)

Un élu au cœur des débats sur la sécurité et l’antisémitisme

Denis Ducarme, ancien ministre fédéral et figure du MR, s’est entretenu avec le Times of Israel à son retour d’une visite en Israël lors du deuxième anniversaire du pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, une visite durant laquelle il a tenu à se rendre dans les communautés les plus durement touchées. Accompagné de journalistes, il souhaitait rappeler les massacres commis sur le territoire israélien par les terroristes du Hamas, « un acte de guerre », précise-t-il, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été assassinées et 251 personnes kidnappées.

Depuis plusieurs années, Ducarme se consacre aux questions de terrorisme islamiste et de protection des minorités, en particulier de la communauté juive. Chargé de négocier les volets sécurité, défense et lutte contre l’islamisme du nouvel accord de gouvernement conduit par le nationaliste flamand Bart De Wever, il dénonce « un antisémitisme institutionnel » en pleine expansion dans le pays.

Parmi les initiatives qu’il a portées depuis 2023 figurent la marche contre l’antisémitisme, son soutien à la diffusion du film Bearing Witness au Parlement et sa dénonciation de l’annulation, pour des raisons qu’il condamne comme antisémites, de l’affiche du Ghent Festival mettant en avant le chef d’orchestre israélien Lahav Shani.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez (G) et le Premier ministre belge Alexander De Croo (D) tiennent une conférence de presse conjointe du côté égyptien du poste-frontière de Rafah avec la bande de Gaza, dans le nord-est de la province du Sinaï, le 24 novembre 2023. (Crédit : AFP)

La Belgique redéfinit sa position après l’ère De Croo

Après le 7-Octobre, les relations entre la Belgique et Israël ont connu une inflexion notable, notamment sous l’ancien Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD), très critiqué par Jérusalem après sa visite à Rafah, en novembre 2023, aux côtés de Pedro Sánchez, durant laquelle il avait dénoncé « la destruction de Gaza » et appelé à reconnaître un État palestinien.

« Le retrait du Hamas de la gouvernance, le désarmement du Hamas, la libération des otages. Pour obtenir cela, on a dû se battre des mois. Nous avons tenu avec la N-VA, mais en face, les Chrétiens démocrates, francophones et néerlandophones, les socialistes flamands s’y opposaient. »

Le gouvernement actuel dirigé par Bart De Wever (N-VA) a adopté une ligne différente. Interrogé sur la reconnaissance d’un État palestinien approuvée par le gouvernement, Ducarme explique qu’il s’est battu pour que celle-ci soit strictement conditionnée : « Le retrait du Hamas de la gouvernance, le désarmement du Hamas, la libération des otages. Pour obtenir cela, on a dû se battre des mois. Nous avons tenu avec la N-VA, mais en face, les Chrétiens démocrates, francophones et néerlandophones, les socialistes flamands s’y opposaient. »

La reconnaissance conditionnée a finalement été obtenue en échange de sanctions, que Ducarme dit « assumer ». Si la Belgique s’est engagée à reconnaître un État de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations unies (ONU), dans un discours au nom du gouvernement, De Wever a précisé que la reconnaissance juridique et diplomatique officielle ne serait accordée qu’une fois toutes les conditions remplies.

Le Premier ministre belge Bart De Wever s’exprime lors d’une réunion de haut niveau à l’ONU au siège de l’ONU, le 22 septembre 2025. (Crédit : AP Photo/Yuki Iwamura)

Ducarme évoque également le bras de fer avec Maxime Prévot, ministre des Affaires étrangères (Les Engagés), partisan d’une reconnaissance non conditionnée de l’État palestinien. Interrogé au lendemain du cessez-le-feu, début octobre, Prévot assurait que la fin des hostilités ne signifiait pas la fin des sanctions. « Je me félicite d’avoir obtenu qu’enfin les trous dans la raquette qui existaient pour le transit d’armes potentielles vers Israël aient été comblés », déclarait-il sur RTL.

Le paquet de 12 sanctions prévoit l’interdiction d’importer des produits issus des implantations en Cisjordanie, le réexamen des contrats publics avec des entreprises israéliennes de la région, des restrictions consulaires pour les Belges sur place, des sanctions ciblées contre certaines figures politiques israéliennes, dont les ministres ultra-nationalistes Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, ainsi que des pressions à exercer au niveau européen. Il comprend aussi un embargo total sur l’exportation et le transit de matériel militaire, y compris les biens à double usage, à destination d’Israël.

Ces mesures seront, selon les experts, difficiles à mettre en œuvre au niveau belge. Et au niveau européen, prévient Ducarme, le défi sera d’autant plus grand, rappelant « qu’aucune sanction bilatérale n’est permise dans le cadre commercial européen ».

Antisémitisme : arsenal juridique fort, volonté politique fragile

Interrogé sur la vague d’antisémitisme qui a balayé l’Europe sans épargner la Belgique, Ducarme vante ce qu’il décrit comme « un arsenal juridique très fort », fondé sur la loi contre le racisme de 1981 et la loi anti-discrimination de 2007. « Mais il y a la loi, et ce qu’on en fait », déplore-t-il.

Publication de l’Union des étudiants juifs de Belgique (UEJB) dénonçant l’arrachage des affiches de sa campagne de lutte contre l’antisémitisme, sur le campus de l’Université libre de Belgique, le 18 avril 2025. (Crédit : Facebook / UEJB / utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Comme le rappelle le dernier incident à l’ULB, où un étudiant, co-président de l’Union des étudiants juifs de Belgique (UEJB), avait été agressé et visé par des propos à caractère antisémite alors qu’il filmait des étudiants occupant un bâtiment sur le campus pour protester contre « le génocide à Gaza ». La procédure interne de l’université a décidé de ne reconnaître que les violences, sans retenir le caractère antisémite de l’affaire, invoquant un « manque de preuves »…

« Beaucoup en Europe n’identifient pas le Hamas pour ce qu’il est, [une organisation terroriste » et se sentent légitimés par « les Rima Hassan », explique Ducarme, en référence à la députée européenne du parti radical anti-Israël de la France insoumise (LFI). « Hassan fait l’apologie du terrorisme et produit des appels à la violence en reprenant les slogans ‘Du fleuve à la mer’, tout en niant le caractère terroriste du Hamas ».

Rima Hassan avait été au cœur d’une polémique en août 2025 après avoir été choisie comme marraine de promotion par des étudiants de master en droit de l’ULB, un choix validé par un organe de gouvernance mêlant professeurs et représentants étudiants. Ducarme estime toutefois que le vote, non obligatoire, n’a mobilisé qu’une fraction des étudiants, et pourrait donc ne pas refléter l’opinion majoritaire de la faculté.

Ducarme cite aussi l’affaire de l’écrivain flamand Herman Brusselmans, non condamné après des propos antisémites publiés dans Humo le 7 août 2024. La justice a conclu à l’absence d’infraction, un exemple supplémentaire, selon lui, du décalage entre la loi et son application. Brusselmans avait écrit dans cette tribune : « Je veux enfoncer un couteau tranchant dans la gorge de chaque Juif que je rencontre ».

Herman Brusselmans. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Il critique le manque de volonté d’aller « au bout » des procédures et dénonce les discours politiques qui, « avec la complicité de certains médias, commencent à mélanger la signification de l’antisionisme et de l’antisémitisme ». Selon lui, un brouillage général s’est installé : « une fois sur deux, ce qu’on appelle antisionisme est en réalité un acte antisémite ».

Il en résulte, dit-il, une situation où les Juifs se sentent menacés en Belgique et » quittent le pays, pour aller vivre en Israël ou à Dubaï ».

Ces événements, parmi d’autres, sont pour lui « très symptomatiques du combat qui anime la Belgique aujourd’hui, avec le réveil du centre-droit sur ces questions et un ‘islamo-gauchisme’ qui a tissé sa toile en Belgique, et en Europe ».

Et comme s’il en fallait plus, dans un contexte où les actes antisémites ont atteint un niveau record en Belgique après le 7 octobre, le collectif Golem dénonçait au début de l’année la réduction du financement de l’UNIA, l’organisme public chargé de lutter contre les discriminations.

Islamisme politique et crispations identitaires

Face à cela, il déplore un « financement public d’organismes qui font du militantisme et parlent d’islamophobe toutes les trois phrases et qui ont très peu parlé d’antisémitisme ».

Récemment, la Chambre belge a officiellement pris en considération la proposition de Denis Ducarme visant à instaurer une commission d’enquête sur les financements publics accordés à des organisations liées aux Frères musulmans.

S’appuyant sur des rapports des services de renseignement transmis à la Chambre, Ducarme estime encore « qu’il n’est plus possible de détourner le regard face à ce risque comme s’il n’existait pas ! ».

Ducarme a notamment mis en avant que, selon ses informations, les Frères musulmans ont bénéficié de financements publics en Belgique à hauteur d’environ 250 000 euros, un montant qui, selon lui, ne représenterait que la pointe de l’iceberg.

Ses prises de position sur les Frères musulmans lui ont valu de bénéficier d’une protection policière temporaire cette année, après des menaces de mort.

« Quand on aborde certaines thématiques, on doit mettre en place des services de sécurité privés additionnés à la police locale, à la police fédérale, ça devient parfois difficile de s’exprimer », explique-t-il.

Ducarme confie se faire qualifier de « négationniste » par des partis de gauche et accuse ces derniers « d’importation maximale du conflit », rendue possible par « un communautarisme au sein des partis politiques » dans un pays où la neutralité de l’État n’est pas explicitement garantie par la Constitution.

Dans ce contexte, il voit la crèche de Noël érigée sur la Grand-Place, qui avait remplacé la nativité classique par une installation qui se voulait plus « abstraite et multiculturelle » comme révélatrice d’un pays où la neutralité administrative est fragile, où les pressions communautaires sont fortes, et où l’idéologie « wokiste » rencontre parfois, selon ses termes, « une complaisance inquiétante envers l’islamisme » qu’il sépare clairement de l’islam, la religion contre laquelle il n’a rien et dit respecter au même titre que toute autre religion.

« Cette affaire, dit-il, est plus qu’un problème de crèche de Noël, c’est une nouvelle offensive du wokisme dans notre pays aux frais du contribuable ! »

Ducarme renvoie aussi à des organisations de la société civile qu’il juge problématiques : il cite le Collectif pour l’inclusion et contre l’islamophobie en Belgique (CIIB), qu’il accuse d’être « un relais des Frères musulmans ». Cette dernière aurait bénéficié d’un arrêté royal lui octroyant une subvention structurelle et de financements européens à hauteur de 206 000 euros dans le cadre de projets de lutte… contre le racisme. La Belgique a par ailleurs été décrite comme un « carrefour européen de la mouvance frériste ».

Ducarme dit avoir a mis en place une commission d’enquête parlementaire qui doit prochainement examiner ces financements.

Son cheval de bataille reste toutefois l’interdiction de groupes extrémistes comme Samidoun. Ducarme rappelle que l’organisation a déjà été interdite en Allemagne et que ses liens avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), inscrit sur la liste européenne des organisations terroristes, ont été établis. Il affirme avoir obtenu l’inscription, « en toutes lettres », dans l’accord de gouvernement, d’une base légale permettant enfin d’interdire en Belgique des groupes extrémistes et radicalisés, dont Samidoun.

Il évoque à ce titre « l’erreur commise » il y a dix ans avec Sharia4Belgium, autorisée à opérer jusqu’à ce que plusieurs de ses membres rejoignent la Syrie. Selon lui, le nouveau dispositif sera appliqué malgré certaines résistances politiques, car il relève directement de l’accord de gouvernement, qu’il compare à « la Bible, la Torah ».

Ce cadre légal permettrait d’interdire Samidoun, qui, souligne-t-il, « a aujourd’hui encore pignon sur rue dans ma ville de Charleroi » et s’appuie sur « toute une série d’associations connectées ».

« On n’est pas seulement sur Samidoun, on est sur ce que Samidoun génère comme radicalisme et comme islamisme. C’est une pieuvre. »

Une visite en Israël motivée par l’effacement du 7-Octobre

Ducarme explique que c’est cette réalité politique qui l’a poussé à entreprendre sa visite en Israël, dans les communautés touchées par le pogrom, et à rencontrer des survivants. Un mort ne vaut pas plus qu’un autre », assure-t-il. Mais il regrette que, dans le débat public européen, la dimension originelle du 7-Octobre soit occultée.

Des personnes portant des drapeaux israéliens le long d’une route, attendant le cortège funéraire de la famille Bibas dans le kibboutz Nir Oz, dans le sud d’Israël, le 26 février 2025. (Crédit : Jack Guez / AFP)

« J’ai eu le sentiment que, dans le débat public, cette partie de l’histoire a été complètement effacée par les images de drames dans la région liées à la guerre, au drame humanitaire dans la bande de Gaza… Mais que, dans le débat public dans mon pays ou en Europe, on ne puisse plus dire que c’est ce qui s’est passé le 7-Octobre à la frontière, dans les kibboutzim, sur le site du festival Nova, qui est la première cause de la guerre et du drame humanitaire que nous vivons aujourd’hui, ça me pose un problème, parce que c’est devenu complètement politiquement incorrect de le dire alors que c’est la réalité. »

Il explique sa visite – la seule effectuée par un élu belge – comme une démarche à la fois d’hommage et de recueillement en tant que Belge, mais également comme un moyen de « rappeler que cette guerre prend sa source là, que ce n’est pas seulement une attaque terroriste, mais bien un acte de guerre ». Une attaque, dit-il, qui aurait provoqué des réactions similaires de la part de la Belgique, de la France ou de l’Italie si elles avaient été frappées de la même manière.

Il rappelle les nombreux soldats israéliens morts au combat dans l’enclave et critique la présentation des faits en Europe, où « on laisse à penser qu’il n’y a pas, en face de l’armée israélienne, des soldats du Hamas qui tirent ».

Pour autant, Ducarme critique le gouvernement israélien, qui n’a selon lui « pas pris ses responsabilités par rapport aux conséquences de la guerre dans la bande de Gaza », et ne cache pas ne « pas être un ami du gouvernement Netanyahu ».

Des manifestants tiennent une bannière et des drapeaux palestiniens lors d’une manifestation contre la candidate d’Israël pendant la cérémonie d’ouverture du Concours Eurovision de la chanson 2025 à Bâle, le 11 mai 2025. (Crédit Stefan Wermuth / AFP)

Culture, boycott et Eurovision : la Belgique dit oui au concours

Mais lorsqu’il aborde le terrain culturel, il pointe un autre phénomène : la manière dont, en Belgique, certaines institutions cèdent à la pression d’activistes radicalisés. Il cite notamment l’affaire Lahav Shani, le chef d’orchestre israélien dont la participation à l’affiche du Gent Festival avait été annulée après une campagne visant explicitement son identité israélienne, un épisode qu’il qualifie d’exemple « d’antisémitisme institutionnel ».

Seule note positive dans cette succession de tensions : la Belgique a confirmé qu’elle participerait bien au concours Eurovision, malgré la présence d’Israël et les pressions en faveur d’un retrait.

Une position qui contraste avec la division politique nationale, mais rejoint l’argument avancé par Ducarme selon lequel « la culture devrait rester en dehors de ces batailles ». L’an dernier, un expert belge de l’Eurovision avait déjà suscité une polémique en évoquant le « pouvoir de la communauté juive » après les succès d’Israël au concours. Ces dernières semaines, certains élus avaient de nouveau appelé à boycotter l’édition 2025 si Israël y participait. Ils n’ont pas eu gain de cause.

Pour le député, l’Eurovision doit rester un espace non politisé : « Boycotter la culture ne règle rien et ne fait qu’accentuer la haine », résume-t-il. Il souligne également que les artistes israéliens ne représentent pas le gouvernement : « Ce serait absurde et injuste de les prendre pour cibles. »

Un pays fracturé qui cherche encore son cap

À travers une crèche controversée, un festival annulé, des décisions judiciaires, la présence d’un terroriste présumé du Hamas se promenant librement au marché de Noël d’Anvers, et des débats parlementaires de plus en plus polarisés, une même inquiétude traverse les propos de Denis Ducarme : celle d’une Belgique qui, deux ans après le 7-Octobre, peine à protéger ses minorités, à nommer l’antisémitisme et à contenir l’influence de l’islamisme politique, tout en maintenant un dialogue critique mais réel avec Israël.

Pour l’élu libéral, les polémiques esthétiques sont désormais les symptômes visibles d’un malaise plus profond. La Belgique, dit-il, doit retrouver une cohérence entre sa neutralité, sa sécurité et ses valeurs démocratiques.

Il se dit néanmoins confiant : la « relation naturelle des Belges » nécessitera quelques réparations, mais « les Belges savent que ce qui ressemble le plus à leur système politique démocratique libéral dans cette région du monde, le seul exemple est en Israël ».

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