Des manifestants exigent la fin de la guerre à Gaza et appellent les soldats à ne pas servir

Un acteur accuse Israël de génocide ; d'anciens pilotes de Tsahal appellent à ne pas commettre de crimes de guerre ; un homme est arrêté lors d'une altercation avec la police

Des manifestants participent à un rassemblement contre la guerre à Gaza et contre le gouvernement sur la place Habima, à Tel Aviv, le 31 juillet 2025. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Près d’un millier de personnes se sont rassemblées jeudi soir à Tel Aviv, sur la place Habima, dans le cadre d’une manifestation contre la guerre organisée par une coalition israélo-palestinienne de militants pour la paix et d’organisations de défense des droits humains. Les organisateurs appelaient notamment les soldats à refuser de servir dans cette guerre.

Les intervenants ont également critiqué les agissements d’Israël en Cisjordanie, ainsi que la libération d’un résident d’implantations accusé d’avoir abattu le militant palestinien Awdah Hathaleen cette semaine, alors que les proches de ce dernier sont toujours emprisonnés.

Fait rare pour une manifestation de cette ampleur à Tel-Aviv, l’un des orateurs, l’acteur Yossi Zabari, a explicitement accusé Israël de génocide, « ce mot qui nous effraie plus que l’acte lui-même », a-t-il déclaré.

Israël rejette depuis longtemps les accusations de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l’homme selon lesquelles il serait en train de commettre un génocide à Gaza, affirmant qu’il s’efforce de prévenir les dommages causés aux civils, mais que ses efforts sont entravés par l’utilisation, par les terroristes du Hamas, des civils de Gaza comme boucliers humains.

Les manifestants ont brandi des photos d’enfants gazaouis très amaigris et d’otages israéliens. Sur scène, un grand écran affichait, en hébreu et en arabe, « Assez de tueries, assez de famine, assez d’abandons ».

« En ce moment même, à Gaza, une petite fille a faim et un petit garçon a soif », a dit Rula Daoud, co-dirigeante du groupe socialiste binational Standing Together. « J’ignore quelle énergie il reste à ces enfants pour crier, mais je sais que je peux crier pour eux. » Elle a appelé Juifs et Arabes à lutter de concert « pour rendre la vie impossible au gouvernement ici, jusqu’à ce qu’il cède ».


« Nous ne devons pas penser que tout cela ne relève pas de notre responsabilité et que nous n’avons rien à faire. Il est possible de refuser. C’est même un devoir de refuser de servir dans cette guerre », a-t-elle ajouté, tandis que la foule scandait : « Refusez ».

La militante Ghadir Hani, qui s’est présentée sous les applaudissements comme « une citoyenne arabe palestinienne d’Israël », a indiqué qu’à partir de dimanche, des dizaines de groupes pacifistes installeraient une « tente de lutte » sur la place Dizengoff toute proche, « d’où seront lancées des actions de perturbation et de lutte incessantes ».

« Nous ne nous arrêterons pas tant que cette guerre d’extermination ne sera pas terminée et que ce gouvernement de la mort n’aura pas été renversé », a-t-elle martelé.

Hani a également projeté une vidéo dans laquelle un homme qu’elle a décrit comme étant « Rami, un habitant de la bande de Gaza, dont la famille a été expulsée de son domicile et qui lutte contre la faim », envoyait un message.

Rami a expliqué qu’il suivait de loin les manifestations contre la guerre en Israël, et qu’il appréciait que les manifestants montrent des photos d’enfants tués par Israël.

« Cela prouve que nous ressentons la douleur les uns des autres », a-t-il affirmé.

Deux anciens pilotes de l’armée de l’air israélienne, le major Hagai Tamir et le lieutenant-colonel David Yisraeli, se sont adressés aux pilotes actuels en ces termes : « Refusez de commettre des crimes de guerre. Ne fermez pas les yeux sur les conséquences de vos actes. »

La police a arrêté un manifestant après avoir ordonné à la foule de quitter le boulevard Ben Tziyon. Les manifestants ont ensuite marché vers le siège du parti du Likud, situé rue King George, devant lequel ils se sont assis et ont allumé un feu. Les forces de l’ordre ont poussé certains d’entre eux à terre.

Des manifestants participent à un rassemblement contre la guerre à Gaza et contre le gouvernement sur la place Habima, à Tel Aviv, le 31 juillet 2025. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

La guerre a éclaté entre Israël et le Hamas le 7 octobre 2023, lorsque des terroristes du groupe palestinien ont envahi l’État juif, tuant quelque 1 200 personnes et en kidnappant 251 autres. Sur les 50 otages restants à Gaza, 28 ont perdu la vie, a confirmé Tsahal.

Selon le ministère de la Santé de Gaza dirigé par le Hamas, plus de 60 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ces chiffres sont toutefois invérifiables et ne font aucune distinction entre les civils et les combattants. Israël affirme avoir tué environ 20 000 hommes armés au combat depuis janvier et 1 600 autres terroristes à l’intérieur d’Israël lors de l’offensive du 7 octobre.

La communauté internationale et les organisations de défense des droits de l’homme mettent en garde contre le risque imminent de famine à Gaza, en raison des quantités insuffisantes d’aide humanitaire parvenant dans l’enclave côtière.

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