Des militants et des parents endeuillés appellent à manifester pour la fin de la guerre à Gaza

Une conférence de presse a permis à un panel d'Israéliens de s'exprimer sur la guerre à Gaza et leur volonté de la voir se terminer

De gauche à droite : Bat El, la mère d'un soldat au combat, Elchanan Danino, Noam Tibon, Rafi Ben Sheetrit, Effie Shoham et Einav Zangauker lors d'une conférence de presse le 15 juillet 2025, appelant Israël à mettre fin à la guerre à Gaza. (Capture d'écran / YouTube)

Un groupe composé de parents endeuillés, d’anciens membres des forces de sécurité, d’une mère d’otage et d’une mère de soldat a tenu mardi une conférence de presse, exhortant les Israéliens à se joindre à leur appel à mettre fin à la guerre à Gaza et à participer une grande manifestation la semaine prochaine.

Le major général de réserve Noam Tibon, qui s’est rendu le 7 octobre au kibboutz Kfar Aza pour sauver son fils et la famille de son fils, a déclaré qu’après la mort de trois autres soldats lundi, le gouvernement avait poursuivi ses manœuvres politiques à la Knesset.

« On envoie des soldats à Gaza pour des considérations politiques », a expliqué Tibon. « Nous sommes ici pour affirmer d’une voix claire que nous devons mettre fin à cette guerre à Gaza et ramener tous les otages, avec un unique accord. Les soldats sont plongés dans une guérilla sanglante à Gaza. Un autre soldat s’est suicidé hier. Nos cœurs se brisent. Nous devons prendre soin d’eux. L’armée est poussée dans ses derniers retranchements. »

Tibon a appelé les Israéliens à se joindre à la lutte. Une grande manifestation est en outre prévue le jeudi 24 juillet au soir, à Tel Aviv.

Des propos repris par l’ancien maire de Beit Shean, Rafi Ben Sheetrit, dont le fils, Alroy Ben Shitrit, a été tué au combat lors de la bataille de Nahal Oz, le 7 octobre.

Bat El, la mère d’un officier combattant à Gaza depuis près de deux ans, évoque avec force et émotion les conséquences sur les soldats de cette guerre, la plus longue d’Israël à ce jour.

« On les envoie encore et encore sur le champ de bataille, sans espoir, juste pour voir des dizaines de leurs camarades mourir », a expliqué Bat El. « Ils souffrent de traumatismes et de blessures. »

Pousser ces soldats jusque dans leurs dernières limite, c’est affaiblir l’armée, a-t-elle ajouté. Ils ne savent pas ce qu’ils font encore à Gaza.

« Ils voient des choses que la plupart de la population n’a jamais vécues »,a poursuivi Bat El. « Mais ils sont trop jeunes pour supporter ça. »

Einav Zangauker, dont le fils Matan, otage à Gaza, est encore en vie, a interpelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lui demandant de tenir sa promesse de lui ramener son fils. Elle a également invité les Israéliens à se joindre à la manifestation.

Elchanan Danino, père d’Or Danino, l’un des six otages tués à Gaza en août 2024, a fait valoir que la plupart des otages récemment libérés sont revenus grâce aux accords passés entre Israël et le Hamas.

Il a attribué ces libérations à l’envoyé américain au Moyen-Orient Steve Witkoff, qu’il a aussi qualifié de père endeuillé.

« Witkoff sait combien d’otages ont été tués à Gaza sous la pression de l’armée », a déclaré Danino, ouvrant sa veste pour montrer une photo de son fils, Or.

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