Eisenkot accusé par des manifestants d’avoir tué son propre fils : Yashar dénonce la politique « pourrie » de Netanyahu

Un manifestant a aussi menacé son épouse Hannah et l’a traité de 'traître' devant son domicile ; une affiche de Naftali Bennett aurait été incendiée à Tel Aviv la semaine dernière

Extraits d'une séquence montrant des manifestants de droite scandant des slogans devant le domicile de Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, à Herzliya, le 1ᵉʳ novembre 2026. (Crédits : Captures d'écran/N12)

Le parti de Gadi Eisenkot, Yashar, a accusé lundi les alliés du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’incitation à la haine, après qu’un manifestant, devant le domicile d’Eisenkot la nuit précédente, l’eut accusé d’être responsable de la mort de son propre fils.

Lors de cette manifestation, à laquelle participaient une vingtaine de manifestants, un homme a entonné des slogans qualifiant Eisenkot de « traître » et a accusé l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne d’être responsable de la mort de son propre fils au combat à Gaza, à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

Des images de l’incident montrent l’homme criant à plusieurs reprises à l’aide d’un mégaphone : « Vous avez assassiné votre fils », en référence au sergent-chef (Rés.) Gal Meïr Eisenkot, tué en décembre 2023, alors que Gadi Eisenkot siégeait au sein du cabinet de sécurité. Outre son fils, deux de ses neveux – le capitaine Yogev Pazy, 22 ans, et le sergent Maor Cohen Eisenkot, 19 ans – ont été tués pendant la guerre.

Le manifestant a également proféré des menaces et des insultes à l’encontre de l’épouse d’Eisenkot, Hannah, lui disant : « Vous serez la prochaine après votre fils. »

Selon la chaîne N12, la manifestation devant le domicile des Eisenkot s’est poursuivie pendant plusieurs heures, pour ne prendre fin qu’aux alentours de 21 heures. Aucune arrestation n’a été effectuée.

Dans un communiqué, Yashar a qualifié cet incident de « conséquence directe d’un leadership politique corrompu et sans limites qui a effacé toutes les lignes rouges pour rester au pouvoir ». Selon le parti, cette agression montre « à quoi ressemble une perte de repères ».

« C’est l’esprit qui émane du bureau de Netanyahu », poursuit le communiqué, appelant à ce que le gouvernement soit remplacé dès que possible « pour le bien de l’État d’Israël et de la société israélienne ».

« À ce stade, nous ne nous attendons même plus à une condamnation », a ajouté le parti.

« La honte est entièrement la vôtre. »

Yashar a déclaré par la suite avoir déposé une plainte officielle auprès de la police israélienne, affirmant que l’homme, identifié par les médias israéliens comme étant Yossi Cohen, un père en deuil, avait menacé Eisenkot et son épouse de « meurtre ».

Après la manifestation, une femme non identifiée est entrée dans l’immeuble d’Eisenkot et a passé plusieurs minutes à essayer de localiser son appartement, a rapporté N12 dans un reportage, ajoutant que des voisins auraient remarqué la femme et l’auraient fait sortir de l’immeuble.

Eisenkot était absent à ce moment-là, mais son épouse, Hannah, se trouvait chez elle.

Les motivations de la femme restaient floues et l’incident faisait l’objet d’une enquête, a ajouté le reportage.

Le Likud, le parti de Netanyahu, n’a pas commenté cette manifestation, et aucune personnalité de l’entourage du Premier ministre n’a condamné les insultes scandées à l’encontre d’Eisenkot.

Cette manifestation a eu lieu près d’une semaine après les élections du 27 octobre, qui n’ont permis à aucun des deux camps d’obtenir la majorité. Face à cette impasse, les partis anti-Netanyahu cherchent une voie pour former un gouvernement, et plusieurs dirigeants de partis soutiennent Eisenkot pour qu’il soit le premier à tenter de former une coalition.

À peine une semaine après les élections du 27 octobre, les partis anti-Netanyahu tracent la voie vers la formation d’un gouvernement. Si l’opposition détient une majorité de 67 sièges à la Knesset, qui en compte 120, elle est divisée entre les partis sionistes, qui en détiennent 48, et les partis arabes et anti-sionistes, qui en détiennent 19. La coalition sortante de Netanyahu détiendra 53 sièges.

Une pancarte en faveur de Bennett incendiée devant une maison du sud de Tel Aviv la semaine dernière

Juste avant les élections, une pancarte soutenant le parti Beyahad de Naftali Bennett a été incendiée devant une maison de Tel Aviv, selon son occupant. Une vidéo montrait de grandes flammes engloutissant la pancarte installée sur la maison d’Assaf Kazakov, dans le quartier sud de Shapira.

Kazakov a expliqué à la chaîne N12 avoir entendu un bruit tard dans la nuit et, comme celui-ci persistait, être allé vérifier ce qu’il en était.

« J’ai vu un immense brasier, exactement à l’endroit où se trouvait la pancarte. C’était très effrayant », a-t-il déclaré.

Kazakov a ajouté qu’il avait eu de la chance d’être réveillé à ce moment-là et qu’il n’y avait ni jeunes enfants ni personnes âgées dans la maison qui auraient pu souffrir de la forte fumée.

La police a indiqué dans un communiqué adressé à N12 qu’elle avait ouvert une enquête sur cet incendie présumé d’origine criminelle, mais n’a pas souhaité fournir davantage de détails.

Kazakov a indiqué la semaine dernière sur Facebook que lorsqu’il avait accroché la pancarte sur la clôture de son jardin, « je ne me faisais aucune illusion : Bennett n’est pas très populaire dans le quartier de Shapira, au sud de Tel Aviv, où je viens d’emménager ».

Il a déclaré qu’il espérait que la police retrouverait les auteurs : « Le quartier est truffé de caméras, et avec un peu d’effort, les pyromanes seront en garde à vue d’ici le week-end. »

« Je veux croire que les choses peuvent s’améliorer ici. Aidez-moi à continuer d’y croire », a-t-il ajouté.

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