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Un manifestant brandissant une pancarte « Vous êtes tous complices du génocide » lors d’une marche de soutien aux Palestiniens de Gaza, pendant le Festival du film de Venise, en Italie, le 30 août 2025. (Crédit : Alessandra Tarantino/Invision/AP)
Un manifestant brandissant une pancarte « Vous êtes tous complices du génocide » lors d’une marche de soutien aux Palestiniens de Gaza, pendant le Festival du film de Venise, en Italie, le 30 août 2025. (Crédit : Alessandra Tarantino/Invision/AP)

En pleine guerre à Gaza, les cinéastes israéliens luttent contre l’isolement international

De Venise à Toronto, les créateurs israéliens, face aux protestations et boycotts, doivent choisir : produire des films « kakhol lavan » ou voir leurs œuvres projetées sous un autre drapeau

Pnina Halfon Lang a consacré plus de vingt ans à promouvoir, commercialiser et développer des collaborations pour le cinéma israélien à l’étranger. Depuis son bureau situé dans un immeuble délabré de Tel Aviv, la directrice exécutive de la fondation à but non lucratif CoPro constate aujourd’hui un bouleversement radical dans le secteur.

« Rien n’est plus comme avant », dit-elle.

Depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été assassinées et 251 autres enlevées pour être prises en otage dans la bande de Gaza, massacres qui ont déclenché la guerre en cours, et alors que l’antisémitisme connaît une recrudescence dans le monde entier, les cinéastes israéliens affirment que l’accueil qui leur est réservé est bien plus froid qu’auparavant. Les invitations aux festivals se font rares, les contrats sont plus difficiles à décrocher et la valeur artistique est éclipsée par le climat politique.

« Il est évident que cette situation est liée au conflit. Beaucoup de gens, notamment dans le monde du cinéma, qui est très marqué à gauche et plutôt libéral, ne veulent rien avoir à faire avec Israël », explique Dan Shadur, documentariste et réalisateur de longs-métrages.

Shmulik Duvdevani, professeur à l’université de Tel Aviv, critique de cinéma et rédacteur pour Ynet, est encore plus catégorique.

« Je ne pense pas qu’il soit possible de séparer l’art de la politique. De toute façon, personne ne se soucie vraiment de votre opinion en tant que créateur si vous venez d’Israël aujourd’hui, car pour beaucoup d’organisations, Israël est considéré comme un État paria, un pays à boycotter », explique-t-il.

Shmulik Duvdevani, professeur à l’université de Tel Aviv et critique de cinéma. (Crédit : Autorisation)

« Personne ne veut être associé au cinéma israélien en ce moment. »

Même si « personne » peut sembler excessif, beaucoup dans le secteur reconnaissent qu’il est devenu difficile de faire entendre leurs histoires.

Lundi, 1 800 acteurs et cinéastes ont annoncé leur intention de boycotter l’industrie cinématographique israélienne, parmi lesquels Mark Ruffalo, Emma Stone, Javier Bardem et Olivia Colman.

« Certaines organisations, même si elles ne sont pas nécessairement contre Israël ou ne prennent pas parti, ne veulent tout simplement pas avoir à gérer le casse-tête que représente la projection d’un film israélien, avec une foule de manifestants ou de partisans du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions [BDS] qui viennent perturber la séance », explique Halfon Lang.

Changement de discours

Halfon Lang, qui a des années d’expérience dans les festivals de cinéma étrangers, affirme que les critiques à l’égard d’Israël sont bien antérieures au 7 octobre, mais qu’elles se sont intensifiées depuis.

« De nombreux facteurs nous ont conduits là. Mais la propagande à l’échelle internationale qui a suivi les massacres a rendu le changement d’attitude envers Israël particulièrement visible dans le monde du cinéma », dit-elle.

Lors des festivals internationaux, elle a constaté que le narratif palestinien était largement accueilli, tandis que le narratif israélien était souvent mis de côté.

Pnina Halfon Lang, directrice exécutive de la Fondation CoPro. (Crédit : Katerina Elior)

Le prestigieux festival international du film de Toronto présentait habituellement cinq ou six films israéliens. En 2023, il n’en a sélectionné qu’un seul, « Bad Boy ». En 2024, deux : « Bliss » et « No Other Land », ce dernier traitant de la destruction de douze villages palestiniens par des soldats israéliens. Le seul autre film lié à Israël projeté l’an dernier était « The Bibi Files », un documentaire américain sur les accusations de corruption visant le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Cette année, un seul film israélien figure au programme : « Mama » du réalisateur Or Sinaï. Les organisateurs ont également suscité la controverse lorsqu’un documentaire canadien sur l’attaque du 7 octobre a été brièvement retiré en raison de prétendus « problèmes de droits d’auteur » liés aux images tournées par les caméras GoPro… des terroristes. Le festival est revenu sur sa décision : la première mondiale de « The Road Between Us : The Ultimate Rescue » est prévue le 10 septembre.

Cameron Bailey, PDG du Festival international du film de Toronto, s’exprime lors du gala d’intronisation au Walk of Fame canadien 2025, qui s’est tenu au Metro Toronto Convention Centre le 14 juin 2025 à Toronto, en Ontario. (Crédit : Jeremy Chan/Getty Images/AFP)

Halfon Lang souligne que, tandis que certains festivals ferment leurs portes aux films israéliens ou leur compliquent l’accès, les productions palestiniennes bénéficient d’un nombre croissant d’invitations.

La semaine dernière, au festival du film de Venise, « The Voice of Hind Rajab », un film sur le meurtre présumé d’une fillette palestinienne de 5 ans par les troupes israéliennes, a reçu une ovation de 23 minutes ainsi que le deuxième prix du Grand jury.

Le festival, qui s’est achevé le 6 septembre, a par le passé célébré le cinéma israélien : « Lebanon » de Samuel Maoz avait remporté le Lion d’or en 2009 et « Bethlehem » de Yuval Adler le prix FEDEORA en 2013. L’an dernier, le drame sur la Shoah « Soda » d’Erez Tadmor et le docu-fiction post-7 octobre « Of Dogs and Men » de Dani Rosenberg, une coproduction internationale avec la chaîne publique italienne RAI, représentaient Israël lors de l’événement.

Cette année, aucun long-métrage israélien n’a été retenu dans la sélection officielle. La seule présence israélienne s’est limitée à deux coproductions : « Eddie and I », une expérience de réalité virtuelle de Maya Shekel, et « Etty », une mini-série télévisée de Hagaï Levi.

Des milliers de personnes ont participé à une manifestation anti-Israël à la veille du festival. Plus de 1 500 signataires, parmi lesquels des personnalités de l’industrie, ont également signé une lettre ouverte demandant l’exclusion des acteurs Gal Gadot et Gerard Butler en raison de leur soutien à l’État juif.

De gauche à droite : Le producteur tunisien Nadim Cheikhrouha, l’acteur israélien Amer Hlehel, la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, l’actrice Saja Kilani, l’acteur Motaz Malhees, l’actrice Clara Khoury, la productrice Odessa Rae, Jim Wilson, l’actrice américaine Rooney Mara et l’acteur américain Joaquin Phoenix posent avec un portrait de la défunte Palestinienne Hind Rajab lors du tapis rouge du film « La voix de Hind Rajab », présenté en compétition à la 82ᵉ Mostra de Venise, au Lido, le 3 septembre 2025. (Crédit : Tiziana Fabi/AFP)

Le Times of Israel a sollicité les organisateurs de la Mostra de Venise, du festival international du film de Toronto et du festival de Cannes, mais n’avait pas reçu de réponse au moment de la publication.

Pas de nuance

Les porte-parole du CPH:DOX – le festival international du film documentaire de Copenhague – ont déclaré au Times of Israel que leur festival « est guidé par un engagement en faveur de la liberté artistique et de la présentation d’un large éventail de points de vue à travers le documentaire » et que leur approche curatoriale « n’a pas changé ».

« La guerre israélienne à Gaza, comme d’autres crises mondiales, résonne naturellement dans la communauté internationale du cinéma, ont affirmé les représentants danois. Mais il est devenu encore plus important pour nous de montrer la réalité du peuple palestinien, maintenant que des dizaines de milliers de civils ont été tués, que de nombreuses violations des droits humains sont documentées… et que des responsables politiques israéliens parlent ouvertement de nettoyage ethnique et de refus du droit du peuple palestinien à vivre dans son propre État. »

Le réalisateur israélien Dani Rosenberg. (Crédit : Yossi Zveker)

La guerre est tellement omniprésente qu’il est désormais plus difficile de trouver de la pertinence dans les films israéliens qui ignorent l’occupation et la vie des Palestiniens

Les porte-parole ont toutefois précisé qu’aucune modification de la politique de sélection des films israéliens n’avait été décidée lors de leur édition de mars, et qu’ils « continuaient à accueillir les films israéliens dans [leur] programmation, comme ceux de tous les pays ». Ils ont toutefois ajouté que « la guerre est si dévastatrice et omniprésente qu’il est désormais plus difficile qu’auparavant de trouver de la pertinence dans les films israéliens qui ignorent l’occupation et la vie des Palestiniens ».

Selon Halfon Lang, beaucoup dans l’industrie cinématographique passent à côté de cette nuance.

« La société israélienne est d’une grande complexité. Il y a différentes opinions, différentes personnes. Ce n’est pas simplement une question de victimes d’un côté et d’occupants de l’autre. Je pense que l’industrie cinématographique devrait proposer un récit plus large et ne pas le réduire », affirme Halfon Lang.

Rosenberg, dont le film « Of Dogs and Men » avait fait l’objet d’une pétition contre sa projection à la Mostra de Venise en 2024, partage ce point de vue.

« Aujourd’hui, le monde n’accepte plus la dichotomie entre les Israéliens qui critiquent le gouvernement et ceux qui le représentent. Selon eux, et peut-être à juste titre, les dirigeants israéliens commettent des actes si terribles qu’ils ne veulent plus entendre la voix israélienne, point final », explique Rosenberg.

Duvdevani estime, lui, que le problème tient moins aux films eux-mêmes qu’au climat qui les entoure.

« Ce n’est pas seulement que toutes les voix israéliennes soient mises dans le même panier, c’est aussi que les organisateurs de festivals semblent décidés à éviter toute controverse », observe-t-il.

« Les créateurs essuient des refus. La réponse ne sera pas toujours ‘parce que c’est Israël’ ou ‘à cause du 7 octobre’, mais des festivals qui acceptaient autrefois les films israéliens les refusent aujourd’hui. Même si ce n’est pas formulé ouvertement, c’est bien ce qui se passe. »

Le double tranchant des fonds cinématographiques israéliens

Avant le 7 octobre, les cinéastes israéliens bénéficiaient d’un accueil favorable à l’étranger, rappelle Rosenberg : le film d’animation dramatique « Valse avec Bachir » d’Ari Folman, sorti en 2008, avait remporté un Golden Globe ; « Foxtrot » de Samuel Maoz avait récolté plusieurs distinctions en 2017, dont un Lion d’argent à Venise ; et « Synonymes » de Nadav Lapid avait décroché l’Ours d’or à Berlin en 2019.

« Au début des années 2000, il y a eu une vague de curiosité. Le cinéma international a accueilli le cinéma israélien à bras ouverts », explique Rosenberg.

« Les Israéliens faisaient partie de la conversation. Il y avait des œuvres fortes, et elles étaient remarquablement bien reçues dans le monde entier. Certains films allaient très loin. Mais ces temps-là semblent désormais révolus. »

Halfon Lang a constaté ce ralentissement lors du CoPro Market, un événement annuel qui se tient en mai et qui permet de présenter des projets de documentaires israéliens à des responsables internationaux. Les années précédentes, l’événement avait attiré plus de 300 réunions, dit-elle. Cette année, CoPro n’en a organisé que 229, ce qui représente une nette baisse.

« Il existe ici, en Israël, un vivier très riche de cinéastes et de scénaristes talentueux. C’est la principale force de notre industrie », souligne Halfon Lang.

« Il existe un vivier très riche de cinéastes et de scénaristes talentueux ici en Israël »

Elle rappelle toutefois que la réalisation de films dépend avant tout du financement, et que celui-ci est aujourd’hui plus problématique que jamais.

Plusieurs fondations publiques soutiennent les cinéastes locaux, comme l’Israeli Film Fund (IFF), la Rabinovich Foundation for the Arts ou encore la Makor Foundation for Israeli Films.

« Dans de nombreux pays, en particulier en Europe, les films sont financés grâce à des fonds publics. Les réalisateurs y sont indépendants, et c’est également ainsi que les films sont financés en Israël », explique Halfon Lang.

Aujourd’hui, l’IFF est la principale organisation de soutien à la production nationale. En 2024, elle a alloué un total de 12,7 millions de shekels à différentes catégories de films, comme l’indique son site internet.

Une image tirée de la production du film « Of Dogs and Men » de Dani Rosenberg. (Crédit : UGM Productions)

Les premiers films peuvent recevoir jusqu’à 1,5 million de shekels, tandis que les autres peuvent bénéficier d’un financement allant jusqu’à 3,5 millions de shekels, la concurrence étant plus forte dans cette catégorie, selon un document sur les programmes d’investissement de l’IFF.

Si ces financements publics existent, leur utilisation peut parfois entraîner le boycott du film à l’étranger.

« Vous pouvez être un cinéaste israélien, mais dès que vous acceptez de l’argent du gouvernement, qui reste le seul moyen de faire des films, vous êtes catalogué », explique Shadur.

Les festivals internationaux de cinéma ont tendance à associer les financements publics à la propagande israélienne, surtout lorsque le matériel promotionnel du film arbore le logo gouvernemental, ajoute Halfon Lang.

« Vous pouvez être un cinéaste israélien, mais dès que vous acceptez de l’argent du gouvernement, qui reste le seul moyen de faire des films, vous êtes catalogué. »

« Parfois, je dois expliquer à une organisation que le fait qu’un cinéaste reçoive un financement de l’IFF ne signifie pas qu’il réalise un film au service de la politique ou de l’État », poursuit-elle.

« C’est simplement ainsi que les films sont financés ici en Israël. Je ne pense pas que quiconque puisse produire des films en Israël sans cet argent public. »

De nombreux films financés par l’IFF sont produits ou coproduits par des Arabes israéliens qui s’identifient comme Palestiniens et véhiculent des messages très critiques envers le gouvernement et les politiques israéliens. Ce phénomène irrite le gouvernement actuel, aux positions intransigeantes, et suscite la controverse dans le pays et à l’étranger.

Le site de l’IFF précise que les fonds sont attribués aux œuvres jugées les meilleures, sans considération idéologique. Si l’IFF finance également des productions dont le succès commercial n’est pas garanti, son objectif est de faire vivre la culture locale israélienne à travers des longs-métrages susceptibles de rencontrer un public international, d’après le site web.

Toutefois, au lendemain du 7 octobre, plusieurs partenaires internationaux ont commencé à se retirer des projets israéliens, rendant le financement et la distribution encore plus difficiles.

« L’industrie cinématographique israélienne a souffert du fait que beaucoup ne voulaient plus être associés à des contenus israéliens, notamment parce qu’une grande partie du financement provient de fonds publics, de fonds cinématographiques, de chaînes et de la télévision publique. De nombreux dirigeants et professionnels dans le monde ont eu du mal à travailler avec des Israéliens », explique Halfon Lang.

Elle ajoute toutefois qu’elle connaît des projets qui tentent malgré tout de s’affranchir de cette logique.

« Certains projets et certains cinéastes essaient d’éviter de recevoir des fonds publics afin de pouvoir projeter leurs films hors d’Israël, car sinon ils seraient boycottés », dit-elle.

Le cinéaste israélien Dan Shadur. (Crédit : Autorisation)

Mais pour Duvdevani, compter sur des financements étrangers ne constitue pas une solution viable pour b^ une industrie.

« Dès lors que les fonds étrangers ne veulent plus collaborer avec vous ou estiment que le moment n’est pas opportun, vous ne pouvez tout simplement plus bâtir d’industrie », souligne-t-il.

« La seule façon de contourner [le rejet international] est de ne pas accepter d’argent provenant d’Israël », explique Shadur.

« Mais dans ce cas, il devient extrêmement difficile d’obtenir des financements, et le film ne sera pas diffusé en Israël. »

« En résumé, nous sommes fichus, et je ne vois pas comment la situation pourrait changer de sitôt »

Les films israéliens financés localement bénéficient en effet de privilèges de diffusion dont ne jouissent pas les films soutenus par des organismes étrangers, qui privilégient souvent la distribution sur leur propre territoire.

Shadur affirme que renoncer au droit de diffuser une œuvre en Israël peut augmenter ses chances d’être projetée à l’étranger, mais sans garantie.

« Cela ne garantit pas que cela fonctionnera. Donc, en gros, nous sommes fichus, et je ne vois pas comment cela pourrait changer de sitôt », dit-il.

Les projecteurs braqués vers l’avenir

Malgré ce climat morose, les professionnels affirment qu’ils continueront à créer.

« Nous traversons une période très difficile pour l’art en Israël, et pour le cinéma en particulier », reconnaît Duvdevani.

Il ajoute toutefois : « Les crises, partout dans le monde et à travers l’histoire, ont toujours rendu l’art plus intéressant, plus audacieux et plus stimulant. J’espère que de cette terrible crise émergera un cinéma israélien capable de trouver de nouvelles directions et la force de se développer. »

Plus d’une dizaine de films consacrés au 7 octobre ont déjà été réalisés, parmi lesquels « October 8 » de Wendy Sachs, « We Will Dance Again » de Yariv Mozer (qui a remporté en juin un Emmy Award dans la catégorie Actualités et documentaires) et le prochain « October 7th », signé par les créateurs de « Fauda », Lior Raz et Avi Issacharoff.

Rosenberg, qui a rapidement porté les atrocités du Hamas à l’écran, confie ne « pas se sentir capable de faire autre chose. Tout ce qui n’était pas lié à cela ne me semblait pas pertinent, sauf en parler. »

Pour lui, le sujet semble inévitable.

« Le monde, à juste titre, ne voit aujourd’hui Israël qu’à travers le prisme de la guerre », dit-il.

« S’il regarde des films israéliens, il veut voir ceux qui traitent de la réalité du pays après le 7 octobre. »

Rosenberg, qui a connu les hauts et les bas du marché, reste convaincu que les histoires survivront.

« L’histoire montre que le courage finit toujours par porter ses fruits. Si vous voulez que vos œuvres soient vues dans 50 ou 100 ans, il faut avoir l’audace de les créer. »

Cet article a été rédigé dans le cadre de l’atelier « Art of Journalism » de la faculté de communication de l’université Reichman.

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