En Syrie, un village célèbre le « héros » qui a sauvé des vies en Australie
Ahmed al-Ahmed s'est précipité par-derrière sur Sajid Akram, lui a arraché son fusil et l'a plaqué au sol, sauvant ainsi de nombreuses vue innocentes
Dans le village de Neirab, en Syrie, tous les habitants sont fiers de leur fils, Ahmed al-Ahmed, le « héros » de la plage de Bondi, en Australie, qui a réussi à arracher le fusil à l’un des auteurs de l’attentat antisémite.
« C’est une fierté pour nous et pour la Syrie », témoigne Mohammed, l’oncle de ce Syrien parti chercher une vie meilleure à l’autre bout du monde il y a près de vingt ans.
« Je regardais mon téléphone et j’ai vu une vidéo. Je me suis douté que c’était mon neveu. J’ai appelé son père et il m’a confirmé que c’était bien Ahmed qui avait saisi l’arme », raconte à l’AFP cet homme de 60 ans.
Dimanche soir, alors qu’une foule était rassemblée sur cette plage de Sydney pour la fête juive de Hanoukka, deux terroristes, Sajid Akram et son fils Naveed, ont ouvert le feu pendant une dizaine de minutes, tuant quinze personnes et en blessant 42 autres.
Alors que le père tire sur la foule, Ahmed, qui prenait un café avec des amis, s’approche de lui par derrière et le désarme dans un acte héroïque qui sera diffusé dans le monde entier.
« Que Dieu le protège »
Le Premier ministre australien Anthony Albanese s’est rendu mardi au chevet de l’homme de 44 ans, grièvement blessé et cloué au lit.
« Ahmed est Syrien et musulman, il n’avait d’autre mobile que l’héroïsme et le courage », salue son oncle.
Il raconte que son neveu, père de deux filles, a quitté Neirab, dans le nord-ouest de la Syrie, en 2007 pour l’Australie, où il a travaillé dans le bâtiment avant d’ouvrir un magasin de fruits et légumes.
Les parents d’Ahmed étaient partis lui rendre visite il y a deux mois et se trouvaient toujours en Australie au moment de l’attaque.
Quant à sa grand-mère, elle prie pour lui dans une maison modeste du village, qui n’a pas été épargnée par les bombardements de la longue guerre civile (2011-2024).
« Que Dieu le garde et le protège », répète-t-elle à voix basse, avouant qu’il lui manque.
La maison du « héros », elle, est abandonnée, sans portes ni fenêtres, et le toit a été endommagé par les bombardements.
Dans les rues du village, où des habitants ont commencé à reconstruire leurs logements, on ne parle que de lui.
« Cet acte héroïque n’aurait pas pu être accompli par n’importe qui », souligne Abdel Rahman Mohammad, 30 ans, qui travaille dans son atelier de réparation de pneus de voiture.
Il souhaite « une guérison rapide » à son compatriote. Une collecte de fonds en ligne initiée par des groupes juifs a permis de récolter plus de 1,9 million de dollars australiens (1,1 million d’euros) de dons pour couvrir les frais médicaux d’Ahmed.
Devant sa maison, Youssef al-Ali, 45 ans, un ami d’enfance, se remémore en empilant des caisses de pommes de son jardin les joyeuses soirées qu’ils passaient ensemble.
« Il a toujours été un homme courageux et chevaleresque », dit-il.
« Le peuple syrien tout entier est fier de son acte héroïque. »