Un drapeau de l’EI retrouvé dans le véhicule des terroristes de Sydney, un père et son fils
Le fils, Naveed Akram, 24 ans, a fait l'objet d'une enquête en 2019 pour ses liens avec l'État islamique ; l'Australie va enquêter sur un possible complot iranien
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L’un des deux auteurs de l’attentat antisémite perpétré dimanche sur une plage de Sydney a fait l’objet d’une enquête du service de renseignement australien en 2019 pour ses liens avec le groupe terroriste sunnite État islamique (EI), a indiqué lundi la chaîne australienne ABC.
Un père et son fils ont ouvert le feu dimanche sur la foule qui célébrait la fête juive de Hanoukka sur la plage de Bondi, prisée par des Australiens et des touristes du monde entier, faisant quinze morts et plus de quarante blessés.
Les médias australiens ont identifié les tireurs comme étant Sajid Akram, 50 ans, abattu par des policiers, et son fils Naveed Akram, 24 ans, hospitalisé dans un état critique et placé sous surveillance policière. S’il survit, il fera l’objet de poursuites judiciaires.
Selon la télévision publique ABC, qui cite un haut responsable anonyme de l’opération antiterroriste conjointe enquêtant sur la tuerie survenue dimanche soir, les services de renseignement australiens avaient enquêté sur le fils en 2019.
L’identité et l’histoire des deux terroristes ont été rendues publiques alors que l’Australie, sa communauté juive et le monde juif dans son ensemble continuaient de faire face aux conséquences de cette attaque, l’une des fusillades les plus sanglantes de l’histoire de l’Australie et le massacre antisémite le plus meurtrier hors d’Israël depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
Naveed Akram était soupçonné d’être étroitement lié à un membre du groupe terroriste EI arrêté en juillet 2019 et condamné pour avoir préparé un acte terroriste en Australie, a indiqué la même source.
Selon la chaîne publique, des enquêteurs antiterroristes estiment que les deux tireurs avaient prêté allégeance à ce groupe terroriste sunnite.
Des hauts responsables de l’équipe conjointe de lutte antiterroriste australienne ont déclaré à la chaîne ABC que deux drapeaux de l’EI avaient été trouvés dans la voiture des auteurs de l’attaque terroriste. La police a par ailleurs indiqué dimanche qu’un engin explosif improvisé avait été retrouvé dans une voiture liée à l’un des terroristes.
Le chef des services de renseignement intérieur australiens, Mike Burgess, a indiqué dimanche à la presse que l’un des tireurs était « connu de nos services, mais pas en tant que menace immédiate ».
Le père était arrivé en Australie pour la première fois en 1998 avec un visa étudiant, a indiqué lundi le ministre de l’Intérieur, Tony Burke, aux journalistes.
En 2001, il a obtenu un visa accordé aux partenaires de citoyens australiens ou de résidents permanents. Depuis, il s’est rendu à trois reprises à l’étranger, selon le gouvernement.
Les armes ont depuis été retrouvées, et le domicile du tandem a été perquisitionné, ainsi que l’appartement AirBnB où ils séjournaient avant l’attaque.
Selon ABC, Naveed avait fait l’objet d’une enquête de l’ASIO, l’agence de renseignement intérieure du pays, en 2019, en raison de ses liens étroits avec une cellule de l’État islamique.
Selon ce responsable, Naveed était proche des membres de cette cellule, notamment d’Isaac El Matari, un terroriste de l’État islamique arrêté la même année, qui s’était présenté comme le chef du groupe terroriste sunnite en Australie. Matari purge actuellement une peine de sept ans de prison.
« L’un de ces individus était connu de nos services, mais ne représentait pas une menace immédiate. Nous devons donc enquêter sur ce qui s’est passé ici », a déclaré dimanche Mike Burgess, directeur général de l’ASIO.
Le Premier ministre Anthony Albanese a confirmé lundi que Naveed Akram avait attiré l’attention des services de sécurité australiens en 2019.
« Il a été interrogé sur ses relations avec d’autres personnes, et l’évaluation a conclu qu’il n’y avait aucune indication d’une menace actuelle ou d’une menace de violence de sa part », a déclaré Albanese.
Possibles liens avec l’Iran
D’autres liens terroristes sont actuellement examinés. L’attaque est survenue environ un mois après que l’agence de renseignement du Mossad a informé les services secrets australiens de l’existence d’une « infrastructure terroriste » soutenue par l’Iran dans le pays, qui prévoyait de mener des attentats contre des cibles juives, selon la chaîne N12.
Selon le reportage, la quasi-totalité de cette infrastructure a été démantelée par les autorités australiennes après avoir reçu l’avertissement israélien. Les services de renseignement australiens enquêtent actuellement pour déterminer si les auteurs de l’attaque de dimanche faisaient partie du complot iranien.
En octobre, le Mossad avait publié des informations sur un réseau terroriste transnational contrôlé par la Force al-Qods du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, qui était à l’origine d’une série d’attaques récentes contre des sites juifs dans des pays occidentaux, dont l’Australie.
Selon l’agence de renseignement israélienne, le commandant supérieur de la Force al-Qods du CGRI, Sardar Ammar, dirige ce réseau, qui a intensifié ses efforts pour attaquer des sites juifs et israéliens à travers le monde depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.
En août, l’Australie a accusé l’Iran d’être impliqué dans deux incendies criminels commis en 2024 : l’un à la synagogue Adass Israel de Melbourne et l’autre dans un restaurant casher de Sydney. Ces attaques auraient été perpétrées par des criminels et des membres de gangs organisés.
Canberra a également expulsé l’ambassadeur iranien et a déclaré qu’elle inscrirait le CGRI sur la liste des organisations terroristes. Il s’agissait de la première expulsion d’un ambassadeur en Australie depuis la Seconde Guerre mondiale.
Par ailleurs, le Conseil de sécurité nationale israélien (NSC) a averti, après le massacre, que « l’expérience passée montre qu’il y a lieu de s’inquiéter des actions similaires qui pourraient être commises par des partisans terroristes inspirés par cet événement ».
L’alerte aux voyageurs recommande aux Israéliens à l’étranger d’éviter les rassemblements de masse non sécurisés, notamment dans les synagogues, les centres du mouvement Habad Loubavitch et les fêtes de Hanoukka. L’événement d’allumage de la première bougie de Sydney qui a été pris pour cible était organisé par Habad.
Réponse officielle
Plus de 300 policiers ont été déployés pour assurer la sécurité des institutions juives locales en Australie à la suite de l’attaque, dans le cadre de ce qui a été baptisé « Operation Shelter ».
« L’opération Shelter sera d’une ampleur considérable et pourrait causer des désagréments à la population dans les jours à venir, mais nous devons envoyer un message clair aux habitants de cet État et à la communauté touchée », a déclaré Chris Minns, Premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud, État dans lequel se trouve Sydney.
Il a ajouté que les Juifs « ont tout à fait le droit de célébrer leur foi et de profiter de cette période festive sans être assaillis par l’inquiétude et la tristesse profondes associées à ces terribles violences ».
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ainsi que la cheffe de l’opposition australienne, ont accusé le gouvernement australien de ne pas en faire assez pour lutter contre l’antisémitisme.
Albanese s’est rendu sur les lieux de l’attaque lundi matin, où il a déposé un bouquet de fleurs. Il a également annoncé que les drapeaux seraient mis en berne dans tout le pays.
« L’Australie ne cédera jamais à la division, à la violence ou à la haine, et nous surmonterons cette épreuve ensemble », a-t-il déclaré.
« Nous refusons de les laisser diviser notre nation. »
Albanese a été vivement critiqué par les responsables israéliens pour ses critiques à l’égard de l’État juif, ainsi que pour la décision de l’Australie de reconnaître un État « palestinien », à l’instar d’une série d’autres pays occidentaux plus tôt cette année.
Invité à répondre aux accusations de Netanyahu, Albanese a refusé de le faire, déclarant que « c’est un moment propice à l’unité nationale, un moment où les Australiens doivent se rassembler, et c’est précisément ce que nous allons faire ».
Interrogé sur le fait de savoir s’il avait failli à son devoir envers les Juifs australiens, le Premier ministre a déclaré que « mon gouvernement continuera à soutenir les Juifs australiens et à lutter contre l’antisémitisme sous toutes ses formes ».
Le gouvernement australien a également été critiqué par la cheffe de l’opposition, Sussan Ley, qui a dénoncé un « échec » dans la protection des Juifs après l’attaque.
« Nous avons constaté un échec manifeste à assurer la sécurité des Juifs australiens. Nous avons constaté un manque flagrant de leadership pour assurer leur sécurité », a-t-elle déclaré, selon les médias locaux.
« Nous avons un gouvernement qui considère l’antisémitisme comme un problème à gérer, et non comme un mal qui doit être éradiqué. »
« Il faut que les gouvernements changent leur manière de réagir dès aujourd’hui », a ajouté la dirigeante du Parti libéral d’Australie (LP), appelant le gouvernement à adopter pleinement les recommandations d’un rapport gouvernemental sur l’antisémitisme.
« Nous ne pouvons pas perdre espoir »
Alors que les Juifs australiens entamaient leur première journée après le massacre, les dirigeants ont encouragé la communauté à persévérer.
Lundi matin, lors de la prière, le beau-père de l’une des victimes a prononcé un discours émouvant dans lequel il a exhorté l’assemblée à poursuivre l’œuvre de ceux qui ont été assassinés.
« Quelle qu’en soit la raison, ils sont morts al kiddoush hashem [pour la sanctification du nom de Dieu] », a déclaré le rabbin Yehoram Ulman, cofondateur du Habad de Bondi, qui avait organisé l’événement pris pour cible. Son gendre, le rabbin Eli Schlanger, faisait partie des quinze victimes de cette fusillade.
« Et maintenant, ils comptent sur nous pour continuer, pour faire en sorte que tout ce pour quoi ils ont travaillé, tout ce qu’ils ont accompli, se poursuive avec toujours plus de force », a poursuivi le rabbin Ulman.
Incredibly moving
Rabbi Yehoram Ulman – Head of the Sydney Beth Din and Chabad Bondi -the community which was attacked speaks at Shacharit morning prayers, the day after the massacre.
Rabbi Ulman's son-in-law Rabbi Eli Schlanger and many of his congregants were killed. pic.twitter.com/LpnY6Vhi1t
— Australian Jewish Association (@AustralianJA) December 14, 2025
« Nous ne pouvons pas laisser les terroristes faire ce qu’ils veulent, à savoir étouffer notre vie en tant que juifs, nous abattre, nous détruire, nous décourager et nous faire perdre espoir. »
« Pour l’instant, nous nous demandons comment on peut aller de l’avant. Comment continuer ? Mais ce n’est pas ce qu’auraient voulu les kedoshim [martyrs]. Ils n’auraient jamais réagi ainsi, et nous devons nous lever et faire de même. Nous n’avons pas le choix. »
C’est en sanglotant qu’il a prononcé les mots « Dayan HaEmet », ou « Béni soit le vrai juge », qui sont traditionnellement prononcés lorsqu’on apprend le décès de quelqu’un.
la Communauté du Times of Israël !







