Quels pays reconnaissent ou veulent reconnaître un État de Palestine ?
Selon les vérifications de l'AFP, au moins 145 pays sur les 193 membres de l'ONU reconnaissent déjà l'État palestinien, l'AFP n'ayant pas obtenu de confirmation récente pour 3 pays africains
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Après presque deux ans de guerre dans la bande de Gaza, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie ont reconnu un État de Palestine dimanche, et la France ainsi que d’autres pays devraient les suivre lundi à New York.
Questions-réponses autour des reconnaissances diplomatiques de cet État proclamé par la direction palestinienne en exil en 1988, alors qu’Israël contrôle la Cisjordanie et que la bande de Gaza est largement détruite.
Quels pays reconnaissent ou veulent reconnaître un État de Palestine ?
Les trois quarts des pays de l’ONU.
Selon les vérifications de l’AFP, au moins 145 des 193 membres de l’ONU reconnaissent déjà un État de Palestine, l’AFP n’ayant pas obtenu de confirmation récente pour trois pays africains.
Ce décompte inclut le Royaume-Uni, le Canada – premiers pays du G7 à faire une telle reconnaissance -, l’Australie et le Portugal. D’autres pays devraient les suivre, lundi, lors du sommet coprésidé par la France et l’Arabie saoudite sur l’avenir de la solution à deux États : la France, la Belgique, le Luxembourg, Malte, etc.
La Russie, les pays arabes, quasiment tous ceux d’Afrique et d’Amérique latine, ainsi que la grande majorité des pays asiatiques, dont l’Inde et la Chine, figurent déjà dans cette liste.
L’Algérie a été le premier pays, le 15 novembre 1988, à reconnaître un État de Palestine, juste après sa proclamation à Alger par le dirigeant historique de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat.
Des dizaines d’autres pays ont suivi peu après, puis, lors d’une seconde vague, vingt ans plus tard.
La guerre à Gaza déclenchée suite au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, a entraîné une nouvelle série de reconnaissances par douze pays.
Qui ne reconnaît pas ?
Actuellement, au moins 46 pays sont concernés, dont les États-Unis et Israël en premier lieu. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu rejette totalement l’idée d’un État palestinien et, en 2024, la Knesset a voté une résolution s’y opposant.
On compte également des pays alliés de l’un et/ou de l’autre, comme le Japon, la Corée du Sud ou Singapour en Asie, le Cameroun en Afrique, le Panama en Amérique latine, et la plupart des pays d’Océanie.
Le continent européen est le plus divisé, pratiquement à parts égales. Jusqu’aux années 2010, les seuls pays à reconnaître un État de Palestine étaient, outre la Turquie, ceux de l’ancien bloc soviétique. Mais certains, comme la Hongrie et la République tchèque, considèrent aujourd’hui ne pas avoir procédé à une reconnaissance bilatérale.
Jusqu’au début de la guerre à Gaza, l’Europe de l’Ouest et du Nord était unanime sur la non-reconnaissance, exception faite de la Suède depuis 2014. Mais en 2024, la Norvège, l’Espagne, l’Irlande et la Slovénie ont suivi la voie de Stockholm, avant le Royaume-Uni dimanche. À l’inverse, l’Italie ou l’Allemagne n’envisagent pas de le faire.
Qu’est-ce que la reconnaissance d’un pays ?
Une question complexe en droit international, « un peu à mi-chemin entre le politique et le juridique », selon Romain Le Boeuf, professeur de droit international à l’université d’Aix-Marseille.
« Les États sont libres du moment et de la forme de la reconnaissance », avec des formes « très variables », explicites ou implicites, explique-t-il à l’AFP.
« On n’a pas de bureau d’enregistrement des reconnaissances. L’Autorité palestinienne dresse sa propre liste des actes qu’elle estime être des actes de reconnaissance, de manière purement subjective. De la même manière, d’autres États vont dire qu’ils ont reconnu ou non, mais sans vraiment avoir à se justifier », poursuit-il.
En revanche, « le droit international est assez clair : la reconnaissance ne crée pas l’État, pas plus que l’absence de reconnaissance n’empêche l’État d’exister », poursuit Le Bœuf, rappelant que les éléments constitutifs d’un État sont un territoire, une population et un gouvernement indépendant.
Si la portée d’une reconnaissance d’État est « largement symbolique et politique », dans le cas de la Palestine, cela signifie tout de même que trois quarts des pays « vous disent que la Palestine réunit les conditions nécessaires » pour être un État, souligne-t-il.
« En termes de symbolisme, cela change en quelque sorte la donne », considérait mi-août dans le New York Times l’avocat et professeur de droit franco-britannique Philippe Sands.
« Parce qu’une fois que vous reconnaissez le statut d’État à la Palestine, […] vous placez essentiellement la Palestine et Israël sur un pied d’égalité en ce qui concerne leur traitement en vertu du droit international. »
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